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Abondance

1 - BIENVENUE > 1.2 - Critique du liberalisme
la pénurie et l'abondance... et la compétition! Pages pointant cette page Imprimer
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En complément de cet article paru dans la revue BIOCONTACT en janvier 2004, je voudrais rajouter...

Nos modes de vie et notre système économique se sont façonnés autour de deux postulats: - Les ressources naturelles sont illimitées (au regard des faibles moyens de production à la disposition de l'homme à l'époque où le capitalisme est né).
- L'argent est rare (en raison de son rattachement à un étalon matériel, l'or, toujours à l’époque)

Ces deux postulats se révèlent aujourd'hui faux :
- Les ressources naturelles sur lesquelles s'appuie notre production sont limitées.
- L'argent moderne, complètement dématérialisé est potentiellement illimité.

Les programmes de tous les partis politiques sont souvent généreux et humanistes mais ils ne se donnent pas les moyens de réussir car ils s'appuient sur le principe de redistribution (de "charité") et:
1 - ils ne permettront pas de lever les fonds nécessaires pour financer l’immense mutation qui est à opérer dans le court laps de temps que nous avons puisque urgence il y a.
2 - ils maintiennent l’humanité dans un mensonge éhonté dont les conséquences sont à la source même de tous les maux dont elle souffre.
En d’autres termes, les hommes sont en train de marcher sur la tête, et les politiques proposent de marcher à l’endroit tout en veillant à maintenir en place ce qui nous fait marcher à l’envers; Bel exercice !

Décembre 2006

Il semble que seul un projet de type EMS puisse nous permettre de sortir de ce dilemme



LA PENURIE ET L’ABONDANCE


Autrefois, on produisait des biens utiles aux consommateurs : économie de pénurie inflationniste. Aujourd’hui, on crée de faux besoins pour vendre des produits inutiles ou excédentaires : économie d’abondance déflationniste. On produit à tout va, quitte à subventionner.

Lorsque Denis Papin découvrit les propriétés dynamiques de la vapeur d’eau, l’humanité se trouva engagée dans une aventure dont les conséquences bio-sociales ne tarderaient pas à s’affirmer : la productivité de son travail s’en trouva multipliée, faiblement d’abord, puis à une cadence accélérée. Il devait s’ensuivre ce qui s’est produit : à un régime de pénurie se substitua un régime d’abondance.
Nous sommes restés si bien adaptés au régime économique et social de la pénurie, qu’impuissants aujourd’hui encore à nous accommoder de l’abondance, nous recréons artificiellement la pénurie lorsqu’elle menace de nous faire défaut. Ce régime biologique de la pénurie est la chose la plus « naturelle » qui soit au monde. C’est le régime de la « loi d’airain », qui élimine les faibles. Malthus et Darwin ont observé et décrit ses déterminismes : « La nature produisant plus de bouches que d’aliments », affirme Malthus, « la faim est, et restera, le régulateur naturel de la démographie. La faim sera, pour jamais, le mal souverain des humains ».
« Pardon ! rétorque Darwin, c’est au contraire leur bien. La loi d’airain assure la survie des plus forts. C’est ainsi, par sélection naturelle, que l'Evolution progresse... ».
Rien n’a jamais été plus simple que le régime de la pénurie : nul n’y peut consommer qu’au détriment des autres.
Quand règne cette loi, quiconque fait un repas, réduit d’autant la part de quelqu’un. Le rôle des économistes et des chefs d’entreprises est clair : il s’agit d’obtenir le plus de production au moindre coût. Certes, il y faut du doigté : « Prenez garde, disait Ricardo aux patrons, les morts ne produisent rien. Donnez à vos ouvriers juste assez pour que votre main-d'œuvre reste bon marché... ».
Sans doute vous, lecteurs, n’appréciez-vous pas les vues de Ricardo, car depuis cent cinquante ans, certaines choses ont affiné notre sensibilité. Mais, à l’époque où il donnait ces conseils aux patrons, ils étaient les moins mauvais possibles. Qu’on se représente la sorte de nécessité qui pèse sur les collectivités soumises à la loi d’airain. Pour n’avoir pas à tuer, à mettre à mort les excédents de population, il fallait bien en charger la nature, et cela veut dire encourager la misère sous toutes ses formes. Pour que vivent quelques-uns, il fallait que des milliers crèvent de faim, de froid, de privations.
Les mentalités ayant évolué, l'avènement de la mécanisation a permis néanmoins aux ouvriers et employés d'acquérir le pouvoir d'achat leur permettant, pour ceux qui avaient du travail, de sortir leurs familles de la misère.

Deux périodes
Nous pouvons résumer deux périodes de l'évolution de l'environnement économique :
Une longue période de pénurie jusqu'en 1960 : la demande est supérieure à l'offre manifestée. On encourage la production qui génère le pouvoir d'achat. Il s’agit de produire plus et il faut « produire PUIS vendre ». La capacité de production est optimisée, les stocks et les délais sont importants. Les prix ont une tendance à la hausse.
Après une période de transition, c’est, depuis 1980 le début de l'ère d'abondance dans tous les pays industrialisés. L’offre est supérieure à la demande manifestée ou potentielle. Le marketing et la publicité sont dominant pour susciter une demande non manifestée, la production est instable, le process de fabrication est prioritaire. Il faut « vendre PUIS produire ». Les prix ont une tendance à la baisse, mais la conséquence est une diminution du pouvoir d'achat.
Depuis quelques décennies la production mécanisée a explosé. D’une société de pénurie, nous sommes passés à une société d’abondance : celle où les biens de consommation existent en quantités suffisantes pour satisfaire aux besoins de tous. Mais il ne suffit pas que les biens abondent ou surabondent. Il faut, en plus, que les consommateurs les achètent, qu’ils disposent d’un pouvoir d’achat (1).
> Sous un régime de pénurie, le pouvoir d’achat dépend de la production et il est suscité par elle.
> Sous un régime d’abondance, la production dépend du pouvoir d’achat et elle est suscitée par lui. Le pouvoir d’achat conditionne la prospérité.

La pénurie : une vieille croyance
L'idée de la pénurie nous a été transmise par nos parents et elle est en nous. La classe gouvernante (au sens large) maintient subtilement cette idée. Il y a « esclavage symbolique » dans la pauvreté (rapport du Programme des Nations unies pour le développement - PNUD : « 25 % des Américains sont en-dessous du seuil de la pauvreté... »). Où est t-elle cette pauvreté… dans le manque de « biens » ?
De nos jours, la production dépend si bien du pouvoir d’achat qu’on doit la freiner et même la détruire lorsqu’il fait défaut (destruction de produits agricoles, mises en jachères...).
Toute la pensée actuelle, que ce soit celle des économistes, du politique ou celle du « commun des mortels », reste bloquée aux idées et aux outils intellectuels de la période de pénurie. Et nous n'adapterons nos outils économiques que lorsque nous-mêmes rentrerons dans « la conviction de l'abondance » (2).

La course insensée à la productivité
Aujourd'hui, c’est le pouvoir d’achat qui détermine la production. Il faut avoir vendu pour investir afin de produire encore, ou bien, il faut réunir des capitaux provenant eux-mêmes de ventes, ou bien encore, il faut freiner ou détruire la production quand le pouvoir d’achat manque. La productivité, imposée par une concurrence sauvage, rogne à la fois le pouvoir d’achat des salariés, par baisse des salaires et celui des patrons, par baisse des marges. Le goulet d'étranglement est maintenant la capacité d’achat des clients. La baisse du pouvoir d’achat global entraîne la baisse de la production qui entraîne le chômage, qui aggrave la mévente, etc.
C’est ainsi que s’expliquent l’existence et la croissance du chômage dans nos sociétés très industrialisées :
Le libre échange et l’ultra-libéralisme est la dernière « évolution » qui se soit produite. Elle est, dans ses conséquences, de même nature que la révolution industrielle qui s’est produite avec l’arrivée de la machine. Mais aujourd’hui, ce n’est plus seulement cette dernière qui concurrence l’homme et le remplace, c’est aussi la main d’œuvre du tiers monde exploitée par le plus pur esclavagisme ancestral et qui condamne à l’exclusion notre main d’œuvre occidentale.

Pourquoi en sommes-nous arrivés là ?
Pour deux raisons essentielles qui s’ajoutent et se combinent, l’une en ce qui concerne les entreprises et l’autre en ce qui concerne l'Etat :
1- Au niveau des entreprises : la survie par une productivité effrénée. Nous sommes en période d’abondance, donc de « marché acheteur » et, pour survivre, les entreprises sont obligées de se faire une concurrence sauvage, sans merci, en baissant continuellement leurs prix. Sur quoi peuvent-elles jouer ? Exclusivement sur une recherche incessante de productivité qui, dans ce cas, nous venons de le voir, est mortelle pour tous, producteurs comme consommateurs, car elle oblige à diminuer les salaires, donc le pouvoir d’achat. L’autorégulation du marché ne pouvant plus fonctionner, on pense immédiatement à la mise en place de compensations et c’est là qu’intervient la seconde raison, au niveau de l’Etat.
2- Au niveau de l’Etat : le dogme du libre-échange. Alors que des compensations auraient dû être mises en place, on assiste à une poussée sans précédent d’un ultra-libéralisme imposant l’ouverture des frontières et la suppression de toute protection sur une majorité de produits finis, particulièrement ceux qui nécessitent beaucoup de main d’œuvre, ou sur les matières premières importées dont le « marché » est pipé par les ententes, les pays producteurs n’ayant d’autre solution que de vendre à des prix ridicules pour survivre. Sur le plan intérieur, des nations, on privatise et on « dérégule ». Sur le plan du commerce international on fait du libre échange un « dogme universel » alors qu’il s’agit d’une politique meurtrière aussi bien pour nous dans la destruction de pans entiers de notre industrie, que pour les pays qui sont obligés pour payer leurs dettes d’appauvrir leurs populations.

Protectionniste dedans, libéral dehors.
Ce que nous appelons « libre échange » et « libéralisme » ne le sont que dans les mots: il s'agirait plutôt d'une politique, soutenue par les pays occidentaux via l'Organisation Mondiale du Commerce, prônant « le protectionnisme pour nous, le libre-échange pour vous » . Par exemple : alors que la moyenne des droits de douanes fixés par les pays industrialisés pour les articles manufacturiers en provenance du Sud est quatre fois plus élevée que pour les mêmes articles émanant du Nord et alors que les pays industrialisés protègent et subventionnent leur agriculture, les pays du Sud se voient refuser de telles mesures. Au point que la principale demande (rejetée) des pays du Sud lors de la dernière réunion de l'OMC à Cancun en septembre portait sur la suppression des subventions sur les produits agricoles des pays occidentaux.
Rappelons également que les crédits alloués depuis 30 ans aux pays pauvres (environ 2500 milliards de dollars) l'ont été en grande partie en monnaie créée « ex nihilo » par le système bancaire, mais que les intérêts de la dette ainsi créée se doivent d'être remboursés en matières premières ou par la vente de leur production en « biens réels », comme le coton par exemple, alors que le transfert en productions vivrières locales permettraient à leurs populations de simplement vivre.
Comme l'écrivait Marc Dufumier : "Si vous me permettez quelques chiffres : en Haïti, un producteur dans la plaine de l’Artibonite produit du riz en repiquant à la main. Il repique 0,5 hectares par actif. Il ne peut pas en repiquer plus à la main. Les rendements, s’il ne met pas d’engrais, sont d’une tonne à l’hectare. Cela veut dire que un Haïtien produit 500 kilos de riz par actif et par an. Aux Etats-Unis?, juste à côté, en Floride, un agriculteur maîtrise 100 hectares ; il peut avoir 5 tonnes à l’hectare, ce qui fait 500 tonnes de riz par actif et par an. Le rapport est de 1 à 1 000 !
Et pour que le paysan haïtien puisse vendre son riz et vivre un petit peu, il est obligé d’accepter le même prix que le riz en provenance des Etats-Unis? : il est obligé d’accepter une rémunération donc 1 000 fois moindre que celle de son concurrent ! Et on peut faire la même analyse concernant le paysan thaïlandais, ou le paysan andin qui a bien du mal à vendre son blé à Lima
Il ne reste aucune alternative à ces petits paysans qui ne peuvent pas être compétitifs! Prôner le libre-échange, c’est dire à des pays du Tiers-Monde? comme le font les apôtres du libre échange: acceptez l’importation de nos produits, librement, et spécialisez-vous selon les « avantages comparatifs ». Et quand leur seul avantage comparatif c’est d’aller vendre leur force de travail chez nous on leur dit « pas de çà » , et quand les paysans péruviens migrent vers la forêt amazonienne pour planter la coca dans l’écosystème amazonien qui présente de très réels avantages comparatifs ou de ceux du nord de la Thaïlande qui produiront de l’opium : on dit « pas de çà non plus »."

Adam Smith n’avait jamais voulu cela
Toutes ces mesures vont bien au-delà de ce que préconisaient les pères du libéralisme économique, et Adam Smith en particulier, qui, moins dogmatiques et moins doctrinaires que nos technocrates d’aujourd’hui, recommandaient des protections douanières vis-à-vis des pays dont les règles du jeu n’étaient pas les mêmes que les nôtres.
La force de l’ultra-libéralisme a été d’être propagé et même imposé par les nations dominantes les plus puissantes pour justifier et moraliser leur suprématie.
Ce credo libre-échangiste repose d’ailleurs sur une base scientifique quasiment nulle. Il s’appuie sur :
- une contre-vérité : le règne d’une concurrence pure et parfaite,
- une erreur technique majeure : la monnaie n’est pas un simple voile, élément neutre de la théorie de l’équilibre général (loi de l’offre et de la demande),
- une situation historique périmée : la théorie de Ricardo sur les « avantages comparatifs » supposait la non-circulation du capital entre les pays
- nombre de postulats infirmés par la réalité (« le libre échange permet de créer des emplois ! »).

Vers un libéralisme totalitaire
Dans ce système imposé, alors que tous les biens nécessaires peuvent être produits, plus de 30 millions de pauvres en Europe n’y ont pas accès. La cause principale en est la règle de création monétaire qui gère nos économies et, comme l’a si bien démontré l’économiste allemande Margrit Kennedy (3), le poids des intérêts cumulés qui amputent en moyenne le pouvoir d’achat de 40 %… Mais ceci est une autre histoire qui nécessiterait un autre développement.
Cette « évolution » ultra-libérale n’est pas inéluctable. Dans un concept d'abondance, l'activité de l'homme doit être tournée vers le développement de l'être et non la production, et il faudra bien, d’abord dans nos sociétés puis dans le reste du monde au fur et à mesure de la mécanisation, dissocier le pouvoir d'achat du travail.

André-Jacques Holbecq.

Notes:
1 - Dans nos sociétés, depuis le début de la période 1980, ce ne sont plus les capacités de production (en « biens réels ») qui font défaut - en effet, car on trouve tout dans les magasins, en abondance - mais les moyens de paiement qui eux sont « symboliques ». Il n'en était pas de même avant 1960 pour ceux qui s'en souviennent.
2. Le débat n'est pas ici sur les « risques liés à l'abondance ». Les problèmes des conséquences écologiques induits par une surabondance (et donc une sur-consommation) sont en eux même certainement les plus graves auxquels notre civilisation va avoir à faire face lorsque quelques milliards d'habitants supplémentaires accèderont à la société de "sur-consommation".
3. Libérer l'argent de l'inflation, Ed Vivez Soleil, 1996.



La question est: "l'abondance peut-elle supprimer la compétition?"



Je me permet de recopier ici un article qui a toute sa place ici, article du Blog de Didier Lacapelle: http://didierlacapelle.over-blog.com/


La pénurie artificielle


Créer des crédits permet aux banques de s’accaparer à moyen terme les richesses. Ce faisant, elles accélèrent le mouvement de concentration du capital.

Ne pas en créer beaucoup permet d’augmenter le taux d’intérêt. Ceci dit, à part l’argument officiel de la lutte contre l’inflation, on ne voit pas où est leur avantage. Les banques touchent moins d’intérêts au total lorsqu’elles restreignent le capital prêté. Peut-être faut-il penser au fait que la restriction du crédit permet de restreindre l’investissement créatif.

En effet, l’investissement créatif a un énorme défaut pour les banquiers : il permet de transformer à terme une société de pénurie en société d’abondance. Car la pénurie est une condition de validité du capitalisme, qui est un système où les profits sont possibles.

La baisse des profits s’observe en tendance en régime capitaliste. Pour y faire face, nous avons présenté de nombreux moyens, dont l’un relève de la « croissance » : la conquête de nouveaux marchés. La nécessité de la « croissance » pour les néo-libéraux ne relève pas d’un constat de baisse tendancielle des profits, mais de plusieurs principes capitalistes imbriqués : nécessité d’avoir plus d’argent que l’autre pour acheter, nécessité du progrès technologique pour rester compétitifs tant sur les prix que sur le niveau des produits…

La Grande Relève écrit que l’impératif de croissance est aussi lié à la nécessité de payer les intérêts du crédit. Là, je ne suis pas d’accord. La sphère productive ne produit pas d’argent.

Mais à côté de la croissance, le capitalisme a un autre besoin : la pénurie de biens. En situation de pénurie, un vendeur peut en effet augmenter ses prix et maintenir ses profits. En situation d’abondance, il ne le peut pas.

Ce n’est pas contradictoire avec la nécessité de croissance. La « bonne » croissance pour le capitalisme passe par la création de nouveaux marchés. Mais l’augmentation excessive de la production dans une branche donnée est une mauvaise croissance, parce qu’elle mène à la surproduction. Il ne s’agit pas de crises de surproduction classiques, liées à des prix trop élevés pour des salaires trop bas. Il s’agit de surproduction permanente, due au fait que les besoins ont été satisfaits.

Historiquement, jusque vers 1960, nous vivions dans une économie de pénurie, largement inflationniste.

Depuis 1980 environ, les pays industrialisés connaissent une économie d’abondance, théoriquement déflationniste et fatale pour les profits.

Nous avons vu que les différents secteurs de l’économie ont tous besoin de subventions au résultat, traduisant une surproduction généralisée.

Dans ce cadre, la référence à Ricardo, Malthus ou au darwinisme social manque de pertinence puisque ceux-ci ont toujours considéré la pénurie comme allant de soi. Or le discours politique actuel est encore le discours d’une économie de pénurie.

Par exemple, aujourd’hui plus que jamais il n’y a aucune difficulté à fournir à tous les retraités de France une alimentation plus que convenable jusqu’à leur mort, avec ce qui est produit dans le pays, de leur fournir à tous télévision, réfrigérateur et cafetière avec les surplus existants. Mais le débat ne porte pas sur les biens mais sur l’argent, et là curieusement, il est de plus en plus difficile de leur donner quoi que ce soit. (Quoi que, même en acceptant de raisonner monétairement, il y aurait encore beaucoup d’arguments pour contredire l’existence du prétendu problème des retraites.)

Certains le perpétuent de manière consciente car ils aiment les vertus de la pénurie., Outre ses vertus de sauvegarde du capitalisme, sans la pénurie, les faibles survivent et l’espèce dégénère. Ricardo préconisait de donner juste assez aux ouvriers pour qu’ils produisent.

On va jusqu’à recréer artificiellement la pénurie : en inventant de faux besoins, et en supprimant l’accès au patrimoine, voire en le détruisant.

Par exemple, le saumon était un poisson abondant, destiné aux domestiques. Il est devenu rare et cher, ce qui permet aux fermes piscicoles de dégager des profits supérieurs. Il n’y a pas de luxe sans pauvres. Il faut y penser quand on parle de pénurie de pétrole.

En plus du ralentissement du taux de croissance du à la baisse naturelle non compensée par les nouvelles découvertes, le capitalisme organise de lui-même un ralentissement plus fort encore pour éviter de connaître l’abondance.

Ce qu’il faut retenir :

La rareté artificielle de la monnaie fixe permet aux banques de placer des crédits et de concentrer la richesse dans leurs mains.

La rareté artificielle des crédits est autre chose : elle permet aux banques de limiter les progrès scientifiques et de freiner le passage à la société d’abondance. Ceci contrebalance l’effet favorable au progrès du à l’appât du gain en régime capitaliste. Ainsi le seul petit avantage du capitalisme disparaît.

La rareté artificielle des biens permet de recréer une société de pénurie.

Dans une société d’abondance, où la surproduction est de nature, le profit capitaliste est impossible. Voilà pourquoi le capitalisme qui veut survivre est devenu un frein au développement, après en avoir été un moteur.

Sans pénurie, la croissance est devenue inutile. Au contraire, limiter celle-ci pour éviter de détruire la planète est une nécessité.



Créé par: admin Dernière modification: Jeudi 10 de Avril, 2008 23:45:19 CEST par admin


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