"Money as debt" => "L'Argent en tant que Dette"
Je vous suggère ce petit film d'animation de Paul Grignon
Réalisation : Paul Grignon
http://www.moneyasdebt.net
Traduction fr : Little Neo (merci à lui), janvier 2008 :
http://submoon.freeshell.org
*
Pour ceux qui préfèrent le visionner directement en anglais,
http://video.google.com/videoplay?docid=-9050474362583451279
Paul Grignon's 47-minute animated presentation of "Money as Debt" tells in very simple and effective graphic terms what money is and how it is being created. It is an entertaining way to get the message out. The Cowichan Citizens Coalition and its "Duncan Initiative" received high praise from those who previewed it. I recommend it as a painless but hard-hitting educational tool and encourage the widest distribution and use by all groups concerned with the present unsustainable monetary system in Canada and the United States.
Le gouvernement des États-Unis a besoin d'argent, appelle la Réserve Fédérale et demande, disons, 10 milliards de dollars. La FED répond : " nous vous achetons pour 10 milliards de dollars en obligations d'État".
Le gouvernement prend quelques morceaux de papier et les appelle bons du trésor, les évalue à 10 milliards de dollars et les envoie à la FED.
Les gens de la FED déploient un tas tout aussi impressionnant de morceaux de papiers cette fois appelés billets de la Réserve Fédérale, représentant également une valeur de dix milliards de dollars. La FED échange alors ces billets contre les obligations.
Le gouvernement prend les dix milliards et les dépose sur un compte bancaire.
Avec ce dépôt, les billets deviennent officiellement de l'argent légal, ajoutant dix milliards au stock d'argent étasunien.
Voilà comment dix milliards de dollars tous neufs sont créés par voie électronique, sans aucun papier car seulement 3% du stock d'argent étasunien existe physiquement.
Les obligations d'État sont par conception des instruments de dette. La FED achète ces obligations avec de l'argent qu'elle a créée de toutes pièces. L'État promet de rembourser cet argent à la FED. En d'autres termes, l'argent a été créé à partir d'une dette.
Ainsi dix milliards de dollars attendent sur un compte bancaire commercial. Dans la pratique des réserves fractionnaires, ce dépôt devient instantanément partie des réserves de la banque comme indiqué dans "Modern Money Mechanics" : "
Une banque doit légalement maintenir des réserves égales à un pourcentage obligatoire de ses dépôts". "En vertu de la réglementation en vigueur, la réserve exigée est de 10%". Pour un dépôt de dix milliards, un milliard est retenu en réserve obligatoire, neuf milliards sont considérés comme surplus et être utilisés comme base de nouveaux prêts.
Ces neuf milliards semblent générés à partir du dépôt de dix milliards. Ce n'est en réalité pas le cas, ces neuf milliards sont créés de toutes pièces en plus du dépôt de dix milliards existants. Comme indiqué dans "Modern Money Mechanics", les banques ne paient pas réellement les emprunts avec l'argent qu'elles reçoivent en dépôt.
Si elles le faisaient, aucun argent supplémentaire ne serait créé.
Lorsqu'elles réalisent des prêts elles acceptent des obligations "contrats d'emprunt " en échange d'avoirs "argent sur le compte transactionnel de l'emprunteur". En d'autres termes, les neuf milliards peuvent être créés à partir de rien, parce qu'il y a une demande pour un tel emprunt et qu'il y a un dépôt de dix milliards pour satisfaire les obligations de réserve.
Maintenant, supposons que quelqu'un arrive et emprunte les neufs milliards disponibles. Il va ensuite les déposer dans son propre compte bancaire et l'opération se répète.
Car ce dépôt faisant alors partie des réserves de la banque, 10% sont mis en réserve et 8,1 milliards sont disponibles comme argent nouvellement créé permettant de nouveaux emprunts. Et, bien sûr, ces 8,1 peuvent être prêtés et déposés à leur tour créant 7,2 milliards supplémentaires puis 6,5 milliards... puis 5,9 milliards... etc...
Ce cycle de dépôt-emprunt d'argent peut techniquement continuer à l'infini. Le résultat mathématique moyen résultant est que environ 90 milliards de dollars peuvent être créés à partir des 10 milliards d'origine. Pour chaque dépôt fait dans le système bancaire, environ neuf fois le montant peut être créé de toutes pièces.
Les explications de ces films sont-elles "indiscutables"?
Bien sur, rien n'est indiscutable, néanmoins le lecteur intéressé par la créations monétaire peut:
1 - télécharger ce document en anglais http://www.societal.org/docs/ModernMoneyMechanics.pdf, document émis par la "Federal Reserve Bank of Chicago". Certains extraits de ce documents sont les supports de la démonstration dans Zeitgeist 2 : Addendum
2 - Lire le petit livre de Dominique Plihon " la monnaie et ses mécanismes" (moins de 10 euros), éditions "La Découverte" (Dominique Plihon est Professeur à l'université Paris Nord où il dirige un master "banque, finance, gestion des risques" après avoir été économiste à la Banque de France et au Conseil d'analyse économique.
Mais j'aurais, si vous le souhaitez, au moins 5 autres ouvrages vulgarisateurs de la création monétaire à vous conseiller!
3 - Pour le moment, un petit extrait de l'Encyclopædia Universalis 2006 (je n’ai gardé que les paragraphes qui nous intéressent…)
Situons le raisonnement dans une économie nationale. Soit la banque de dépôt B1. L’entreprise E, qui emploie le travailleur A, demande à sa banque (B1) de verser un salaire de 100 unités de monnaie à A, en paiement du bien a, son produit de la période considérée. Afin de mettre le processus de la création monétaire en pleine lumière, supposons que la banque B1 ne dispose chez elle d’aucun dépôt préalable, dans lequel elle pourrait puiser le salaire de A. En effet, l’utilisation par une banque d’un dépôt préalable ne définirait pas une création monétaire. Il est évident que le raisonnement serait pris dans un cercle vicieux si les créations monétaires n’existaient pas ; en effet, en l’absence de toute création monétaire, le public ne pourrait disposer d’aucune somme positive de monnaie bancaire ; en conséquence, les dépôts constitués dans les banques seraient forcément nuls. Il est donc logiquement nécessaire de reconnaître que les banques prêtent au public des sommes de monnaie que le public ne leur a pas prêtées. C’est justement le cas de B1, qui paie le salaire de A en créant 100 unités de monnaie.
Les économistes ont longtemps pensé que toute monnaie bancaire est créée par les banques centrales, encore appelées instituts d’émission. Depuis au moins un siècle, les auteurs reconnaissent que les banques de dépôt (ou banques secondaires) sont, elles aussi, créatrices de monnaie. Partout dans le monde, la monnaie scripturale, émise par les banques de dépôt, a même nettement pris le pas sur la monnaie fiduciaire, émise par les banques centrales. Une observation un peu plus avancée établit le fait que les banques de dépôt ont le monopole de l’émission monétaire, sauf en ce qui concerne les opérations sur devises. En outre, s’il est vrai que des billets de banque circulent dans le public, ceux-ci sont « injectés » dans l’économie, comme d’ailleurs les pièces de monnaie, par des annulations équivalentes de dépôts dans les banques secondaires.
Lorsque les banques créent une somme de monnaie, elles « monétisent » une partie équivalente de la production de leur pays ; ce faisant, les banques reçoivent en dépôt un produit équivalent, qui est en attente d’être écoulé. C’est le produit nouveau de chaque période qui est la contrepartie des nouvelles créations monétaires.
4 - Et puis, un autre extrait d'un opuscule édité par la banque de France en février 1983 intitulé “La banque de France et la monnaie”
Voici l’OCR des pages 29, 30 et une partie de la page 31
CHAPITRE II
LA CREATION MONETAIRE
La création monétaire s’effectuait traditionnellement par l’intermédiaire d’opérations de crédit bancaire consistant à transformer des créances en moyens de paiement. Ce phénomène de monétisation des créances apparaît encore de façon parfaitement claire lorsqu’il est réalisé par l’escompte d’une lettre de change - ou traite - tirée, par exemple, à l’occasion d’une vente, par un industriel sur un commerçant en gros. L’industriel qui a besoin de monnaie cède la lettre de change à son banquier qui le crédite en compte de son montant, déduction faite d’intérêts.
Actuellement la prédominance de l’escompte commercial a disparu, les banques préférant, pour des raisons de simplicité et d’économie, financer un ensemble de besoins plutôt que des opérations particulières. Il n’en reste pas moins que, ce faisant, elles continuent à anticiper des rentrées de fonds dont elles versent aux créanciers une fraction plus ou moins importante.
La monnaie ainsi créée est résorbée quand le débiteur principal fait face à ses engagements.- La création monétaire se développe cependant car la progression de l’activité économique détermine un accroissement continuel du montant des concours accordés.
Les organismes créateurs de monnaie sont les banques, le Trésor public et la Banque de France. Les développements, qui suivent s’attachent à définir les rôles respectifs de ces divers organismes; ainsi que celui d’institutions financières qui, sans créer à proprement parler de la monnaie, participent cependant au processus d’expansion monétaire. Le problème de la responsabilité de la création monétaire sera enfin évoqué.
I - LES BANQUES
A - LEUR POUVOIR DE CREATION MONETAIRE
Contrairement à une idée encore trop répandue, la fonction des banques consiste beaucoup moins à collecter des dépôts dans le public qu’à créer de la monnaie au profit des entreprises, des particuliers et de l’Etat.
Une banque pourrait même créer indéfiniment de la monnaie si les crédits qu’elle consentait servaient à régler des particuliers ou des entreprises ayant un compte chez elle. Le crédit accordé, inscrit à l’actif du bilan de la banque au fur et à mesure de son utilisation, a alors pour contrepartie l’augmentation, au passif, des disponibilités de la clientèle.
Cette hypothèse extrême semble, à première vue, un peu caricaturale ; elle est cependant proche de la réalité si l’on considère l’ensemble du système bancaire car une très large part des paiements s’effectue bien en créditant des comptes bancaires. Il reste que, dans les faits, existent deux limitations.
La première provient des transferts de fonds opérés lors de la création monétaire. Les comptes des bénéficiaires des règlements opérés par l’emprunteur seront parfois situés dans la banque qui a accordé le crédit mais, le plus souvent, ils le seront dans d’autres établissements.
La seconde limitation provient de la transformation en billets de banque d’une partie de la monnaie créée. Le public, conformément à ses habitudes de règlement, maintient, du moins à court terme, un rapport relativement stable entre la monnaie qu’il confie aux banques et celle qu’il conserve en billets. Si la monnaie additionnelle est généralement créée sous forme de dépôts, le comportement du public tend à rétablir rapidement la répartition habituelle entre billets et dépôts.
Ces deux limitations n’ont pas la même portée. La première comporte une contrepartie : si la création monétaire d’une banque entraîne des transferts vers d’autres banques, les opérations de crédit réalisées par ces dernières provoquent un flux de sens opposé. Néanmoins, pour une banque déterminée, il n’y a pas nécessairement égalité entre les fonds reçus des autres banques et les virements qu’elle doit effectuer à leur profit, ce qui peut poser un problème de trésorerie. Mais si, au lieu de considérer une seule banque, on prend en compte l’ensemble du système bancaire, la limitation se borne aux transferts réciproques avec les chèques postaux ou le Trésor public et elle n’a guère d’effet contraignant ; parfois même la trésorerie bancaire est, au contraire, alimentée par des fonds originaires du secteur public. Tel est notamment le cas lorsqu’un déficit budgétaire est couvert par un concours direct de la Banque de France à l’Etat.
Il en va autrement pour les billets que seule la Banque centrale émet et que les banques doivent se procurer auprès d’elle en lui cédant certains actifs. A la contrainte exercée sur les banques par les prélèvements en billets s’ajoute l’obligation, qui sera évoquée ultérieurement, de constituer des avoirs en compte à la Banque centrale.
B - LES OPERATIONS BANCAIRES
La création monétaire par les banques se réalise par trois voies principales : les crédits aux entreprises et aux particuliers, les concours à l’Etat, les achats de devises étrangères. Dans les deux premiers cas il s’agit de création monétaire interne directe par le crédit, dans le troisième de la transformation en moyens de paiement intérieurs de créances monétaires sur l’étranger.