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UtopieRealisable1

3 - TRANSITION DEMOCRATIQUE
D'après YONA FRIEDMAN - UTOPIES RÉALISABLES - contribuer à l’élaboration d’une alternative sociétale - page 1 Pages pointant cette page Imprimer
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Le présent texte est librement condensé par J-P Barbez à partir du TEXTE ORIGINAL de YONA FRIEDMAN - UTOPIES RÉALISABLES -


Page 1: Chapitres 1 à 6

Page 2: Chapitres 7 à 9

Page 3: Conclusions - Annexes


Avertissement de J-P Barbez : je n'invente rien ici : J'ai simplement "condensé" et présenté en style télégraphique ces textes qui me semblent convenir à tout projet sociétal alternatif.

L'ensemble est une sorte d'étude technique de ce que doit être une utopie """réalisable""", telle qu'elle ressort du bouquin (vu sur le net) de Yona Friedman qui est un architecte contemporain. Ne pas confondre avec Milton Friedman économiste célèbre.

L'esquisse "MiseEnOeuvre" (écooprojet) relève aussi de cette base conceptuelle.


Avertissement de l'administrateur du site "sociétal" : Ce document faisait au départ 11 pages. Il a été condensé en trois pages le 1 er juin 2005, sans aucune modification.


L’ambition de ce travail est de contribuer à l’élaboration d’une alternative sociétale.



PRÉFACE


L'analyse de certaines utopies sociales implique
- l'accusation et la critique des deux “méchants��?
- l'État mafia
- la Mafia des médias

État mafia
- impossibilité du maintien de l'État démocratique dès que les dimensions dépassent certaines limites.

La mafia des médias
- impossibilité de la bonne communication globale mondiale
- inadaptation humaine fondamentale à la communication généralisée

C’est l’échec des deux utopies généreuses
- démocratie
- communication globale

D’où formation de mafias qui agissent
- en notre nom
- contre nos intérêts

Ne donner ni consentement tacite ni aide à ces deux mafias.
- ce n’est pas une invitation à la révolution
- c’est une invitation à la résistance

Durant la guerre
- un seul soldat ou policier suffit pour imposer un comportement donné à quelques centaines “d'envahis��?
- dans certaines régions, ces occupants sont incapables de s'imposer aux occupés

État et médias
- ont une attitude moins brutale et plus adroite
- -> nous convaincre que c'est nous qui voulons ce qu'ils veulent
- leur activité principale est de nous mentir
- il n'est plus guère possible d'être dupe.

La dégradation de l'État et des médias résulte d’impossibilités fondamentales

Les dirigeants
- ne peuvent plus garder le contact avec des masses devenues trop grandes
- ne peuvent se résigner à devenir les gouvernants
- -> de petites organisations au caractère égalitaire
- -> d’un nombre réduit de gouvernés
- les gouvernés, abandonnés, organisent leur survie en petites communautés
- les gouvernements étiquettent comme mouvements marginaux ces tentatives

Les médias sont les critiques dramatiques des gouvernements

Les médias sont plus préoccupés de l'effet à produire que d'informer
- ils ne mentent pas, ils sont aveugles
- ils présentent comme essentiel des événements anodins
- autocensurés, ils souscrivent au mythe entretenu par les gouvernants
- gouvernants et médias sont isolés de ceux qu'ils cherchent à atteindre

Les professions de foi des gouvernants
- -> arriver à une planification bénéfique pour les grandes masses
- sont irréalisables à cause du “groupe critique��?

Les professions de foi des médias
- -> arriver à une communication et une information globales
- sont irréalisables à cause du “problème de l'accès��?

Aucune réorganisation, aucune idéologie ne peuvent changer cette situation

LA SEULE SOLUTION RESTE CELLE DES PETITS GROUPES

Le rôle des gouvernements et des médias devrait être d'encourager cette attitude
- chaque humain (six milliards) est l'expert unique et l'unique dirigeant qualifié de ses propres affaires
- les crises touchant les grandes collectivités sont de plus en plus graves

Les utopies d'autrefois se réalisent maintenant et sont dépassées avant même d'aboutir

Nos utopies réalisables
- seront déformées et dépassées d'ici quelques décennies
- sont nécessaires et urgentes en tant que médication
- relèvent moins de la futurologie que de la présentologie

Cette introduction a été écrite en 1974
- vingt-cinq ans plus tard, elle n'a rien perdu de son actualité
- nous sommes les victimes de notre incapacité à connaître nos limites
- notre mégalomanie est ridicule devant les moyens réels, non techniques, dont nous disposons

Communication et télécommunication ne sont pas synonymes

En télécommunications
- la distance ne compte pas
- la communication est instantanée
- je mésinterprète un message en communiquant face à face
- je mésinterprète tout autant en le recevant par les moyens techniques sophistiqués
- les moyens techniques apportent la facilité

Une grande partie de nos problèmes tient au fait que nous avons voulu créer une société de la facilité



CHAPITRE 1


I - LES UTOPIES RÉALISABLES

Notre époque est celle des utopies nombreuses
- american way of life, communisme, droits de l'homme
- elles mobilisent les foules
- elles restent des idées vagues, non définies.

Les vraies utopies sont celles qui sont réalisables.

Une utopie est, par excellence, réalisable.

1. Quand fabrique-t-on des utopies?

Les utopies existent depuis que le monde est monde
- elles sont soit tentatives d'utopies, soit utopies littéraires

Les utopies anciennes : Thomas More ou utopies chrétiennes
- sont considérées par leurs auteurs comme réalisables

Définir l’utopie réalisable
- 1) construire une théorie cohérente sur des axiomes a priori
- 2) regarder si cette théorie peut s'appliquer à des faits réels, observables
- 3) les expliquer

Ce qu'est une utopie
- une image simple:
- M** se sent terriblement insatisfait
- il réfléchit et imagine une amélioration de la situation
- - par un changement de sa seule conduite
- - par le changement de conduite d'autres personnes ou objets de ses relations

Première solution
- changer sa conduite personnelle
- ce changement réalisable
- ce ne sera donc finalement qu'un projet

Autre possibilité
- M** n'a pas assez de force de caractère pour changer sa conduite
- il rêve à cette autre conduite possible
- il imagine la satisfaction qu'il en retirerait s'il avait la force de se décider à agir

Ce changement de situation, qui semble réalisable, ne sera rien d'autre qu'un rêve, “wishful thinking��?.

Autre solution encore
- imaginer un changement de conduite des autres
- convaincre les autres de changer leur conduite n'est pas facile
- M** le sait, donc il n'essaye même pas

Ce projet est une véritable utopie, au sens courant du mot, à cause de la résignation préalable de M**

Dernière solution
- M** se met à réfléchir
- étudie quels aspects de la conduite des autres il peut réellement changer
- de quels moyens il dispose

S’il trouve une stratégie pour obtenir le changement recherché, son utopie devient une utopie réalisable.

2. Esquisse de la théorie

L'exemple de M** permet de construire une théorie axiomatique des utopies
- en partant de constatations fondamentales
- 1) les utopies naissent d'une insatisfaction collective
- 2) elles ne peuvent naître qu'à condition qu'il existe
- - soit une technique
- - soit un changement de conduite
- - c.à.d un remède connu susceptible de mettre fin à cette insatisfaction
- 3) une utopie ne peut devenir réalisable que si elle obtient un consentement collectif

Projet et utopie réalisable sont à peu près synonymes mais
- le projet n'implique pas nécessairement le consentement
- - considéré comme déjà accordé
- l'utopie réalisable nécessite un consentement
- - qui n'a pas été accordé d'avance

L'opération clé de l'utopie réalisable consiste
- pour gagner le consentement
- - de savoir utiliser une technique

L'utopie réalisable vient avant le projet
- la réalité du projet lui succède grâce à la technique
- technique sans laquelle l'idée de l'utopie réalisable n'aurait pas pu naître

Cette théorie explique l'apparition périodique des utopies
- il faut qu'une technique ou un comportement nouveau soient connus et assimilés
- l'apport consiste à chercher l'application d'une technique déjà connue
- - en remède à une situation qui provoque l'insatisfaction collective

Ceux qui formulèrent des utopies étaient moins des inventeurs que des réalistes

L'apparition d'une utopie implique un décalage
- il s’agit de mettre en application une technique déjà connue

C'est lorsque la nouvelle technique a été découverte et reconnue qu'une situation commence à apparaître comme insatisfaisante

L'idée qu'il serait possible de guérir n'apparaît qu'avec la découverte d'un traitement envisageable

La première loi des utopies est le décalage entre la maladie et le remède

3. La nécessité du consentement

La condition du consentement massif définit la possibilité de réalisation d'une utopie
- parce qu'il la transforme en projet
- qu’il ne suffit pas de découvrir un remède
- il faut que le malade consente à le prendre

La deuxième loi des utopies est le décalage entre la technique applicable et le consentement nécessaire pour l'application de cette technique

Ces deux lois ralentissent le développement de l'espèce humaine et impliquent
- une utopie ne peut jamais être l'invention d'une seule personne
- elle se transformera continuellement par mini-apports individuels
- la période des deux décalages est la traversée du désert

L’utopie réalisable est axée sur le consentement ou sur la possibilité de consentement à une proposition donnée

4. Utopies positives et utopies négatives

La maladie est insupportable
- si on cherche à la guérir c'est parce qu'elle est insupportable
- c’est l'insatisfaction qui provoque la recherche de l'utopie réalisable
- mais ce n’est pas toujours vrai

Un malade incurable peut essayer d'améliorer sa situation
- en faisant une réévaluation
- en considérant sa mort prochaine comme une délivrance
- il pratique une technique négative, de résignation, qui rend sa situation acceptable

Cette image distingue utopies positives ou utopies négatives

- elle répond aux trois conditions préalables
- - insatisfaction
- - technique possible
- - consentement collectif

- elle introduit une restriction dans le domaine de la technique possible
- - soit éliminer la source de la situation insatisfaisante
- - soit permettre l'appréciation de cette situation
- - et amener à l'estimer désirable et satisfaisante

La première technique caractérise les utopies positives
- -> la plupart des utopies scientifiques et sociales modernes

La deuxième, les utopies négatives
- -> certaines utopies religieuses et morales

Ces techniques sont également valables dans les contextes appropriés.

5. Utopies “paternalistes��? et “non paternalistes��?

Une autre loi concerne la collectivité.

La connaissance d'une technique applicable
- nécessaire au seul technicien-auteur-du-projet de l'utopie
- -> reste invention technique non appliquée
- -> peut-être non applicable, tant qu'elle n'est pas suivie du consentement collectif.

La relation entre l'insatisfaction collective et le consentement collectif est capitale
- elle définit la collectivité pour laquelle l'utopie a été conçue

Mais le technicien-auteur-du-projet appartient-il nécessairement à cette collectivité ou non?
- deux réponses types à cette question

- A) ne fait pas partie de la collectivité consciente de son insatisfaction
- - premier cas: utopie paternaliste
- - un individu, ou un groupe, bienveillant et extérieur, essaie d'imposer une voie à une collectivité
- - peut découler de la bonne foi, de la bonne volonté ou de l'hypocrisie

La technique applicable appartient à une poignée d'individus dénommée l'élite, quelle que soit la qualification subjective, donnée à cette dernière

- B) fait partie de la collectivité insatisfaite qui doit donner son consentement
- - deuxième cas: utopie non paternaliste
- - les mêmes connaissances sont détenues ou diffusées par tous et pour tous.

Les utopies réalisables sont en général
- des utopies non paternalistes
- même si elles n'existent qu'à l'état latent
- mais elles courent le risque de se transformer en utopies paternalistes

Ce danger menace directement notre survie.

6. Résumé

L'examen purement historique des utopies ne mènerait pas loin.

Nous avons préféré construire une théorie axiomatique:
- 1. les utopies naissent d'une insatisfaction collective,
- 2. les utopies supposent l'existence d'une technique ou d'une conduite applicable
- - pour éliminer la source de cette insatisfaction
- - ou bien réévaluer cette insatisfaction en la considérant comme une ouverture vers une meilleure situation
- 3. les utopies ne deviennent réalisables que si elles entraînent un consentement collectif

Une certaine durée doit séparer les trois stades
- le stade de l'insatisfaction
- le stade de l'invention d'une technique applicable
- le stade du consentement à cette application

Les utopies peuvent être paternalistes ou non paternalistes, suivant
- que la connaissance de la technique applicable est à la portée d'une élite
- ou à la portée de n'importe qui.


CHAPITRE 2


II - LES UTOPIES SOCIALES

Une société est une utopie réalisée, un projet accepté par les individus

Le comportement social
- est “inventé��? pour faciliter la survie de l'individu et non celle de l’espèce
- c'est l'individu qui a conçu et communiqué cette abstraction nommée “espèce��?.

1. Les utopies sociales impliquent un langage

Mécontentement, consentement, moyens mis en œuvre toute utopie est, au moins partiellement, sociale

Pour les décrire
- il faut un langage, un vocabulaire, précis
- pour reconnaître ou comparer les structures par un jugement personnel libre

2. Représentation de la société par des graphes

Nous appelons société un ensemble d'individus entre lesquels existe obligatoirement des relations

Pour l'image d'une société
- je dessine un point pour chaque personne
- puis les lignes reliant les personnes
- -> chaque individu sera relié, en passant par d'autres, à n'importe quel individu de cette société (graphe connexe)
- je dessine la direction d'une relation, suivant l’influence
- -> une flèche part de celui qui exerce l'influence (observable) vers celui qui la reçoit (graphe connexe orienté)

3. Les caractéristiques structurales des sociétés

Certaines propriétés topologiques caractérisent l'organisation d'une société
- influences (directes ou indirectes) exercées par un individu déterminé sur tous les autres
- influences exercées sur lui par les autres

Méthode simple de description de la structure de toute société imaginable.
- alliance ou dépendance
- structure sociale hiérarchique ou égalitaire
- différence entre la situation sociale d'une personne en présence ou après le départ d’un autre membre
- -> les adversaires bénéficient de la défection
- -> les alliés en sont victimes
- -> la hiérarchie se transforme.

4. La société “égalitaire��? et la société “hiérarchique��?

Deux concepts importants
- Égalitaire
- -> si tous ses membres ont la même situation sociale
- -> sans notables ayant de l'influence
- Une société égalitaire est possible et sera considérée comme stable si la dépendance de chaque membre de cette société au départ de n'importe quel autre membre est la même.

- Hiérarchique
- -> existe en très grand nombre
- -> est représentée par un arbre
- -> la personne racine est la plus puissante
- -> hiérarchie progressive des alliances à partir de la même racine

Deux schémas de propagation des influences diamétralement opposés

- égalitaire
- -> la propagation part de n'importe quel membre
- -> arrive à tous les autres

- hiérarchique
- -> il n'y a qu'un seul membre qui puisse assurer qu'une influence
- -> l’influence arrive à tous les autres

Ces deux types de société ne sont pas les seuls possibles mais leur importance est particulière:
- nos utopies actuelles ont pour but la société égalitaire
- nos organisations techniques sont fondées sur la société hiérarchique

5. La société contient des hommes et des objets

Un système d'influences mixte réunit personnes et objets
- un homme se préoccupe de sa situation dans une société
- un objet, par contre, n'en est pas conscient

Cette définition permet d'imaginer une société
- égalitaire par rapport aux hommes
- hiérarchique par rapport aux objets

6. “Société��? et “environnement��? sont des synonymes

Cette équivalence est
- ensemble contenant des personnes humaines et des objets
- c'est à dire “les autres��?
- l'environnement dépend de celui qui en parle mais s'en exclue lui-même

Les autres sont différents pour chacun de nous


CHAPITRE 3


III - TAILLE CRITIQUE DU GROUPE

La société s'est constituée par la communication
- les abstractions inventées et transmises deviennent des biens en commun
- ce transfert est compliqué et aléatoire mais réussit assez souvent

Ce transfert, à l'intérieur d'un groupe
- devient difficile, lent, sujet à malentendus, jusqu'à une limite
- au-delà, toute communication s'avère impossible

Cette limite est la contrainte la plus fondamentale, la plus naturelle, à la formation des sociétés

1. L'impossibilité de “l'utopie universaliste��?

La condition de toute utopie réalisable est
- soit la persuasion, à laquelle doit avoir recours l'auteur de l'utopie pour convaincre les acteurs dans la réalisation du projet.
- soit le commun accord: communication directe entre auteur et acteurs pour comprendre la nécessité de réaliser ce projet.

Au-delà de certaines dimensions, ces groupes ne seraient capables d'arriver à l'accord commun nécessaire à la réalisation d'une utopie que très lentement ou même jamais.

Cette grandeur fonctionnelle du groupe est un seuil très important quant aux utopies sociales
- il induit l'impossibilité des utopies universalistes
- seulement réalisables en fonction d'un consensus universel
- -> la paix mondiale, la croissance zéro, la justice sociale, les grands principes moraux
- mais la paix intérieure à une société de dimension limitée existe un peu partout
- les autres grands principes moraux sont tous réalisables au sein d'un groupe restreint

Les utopies sociales fondées sur les grands principes moraux
- sont réalisables quand elles ne concernent qu'un groupe de dimension réduite
- à l'intérieur duquel la persuasion entraînant le consensus reste possible.
Pour une humanité plus réduite en nombre
- répartie en groupes qui ne savent rien de l'existence les uns des autres
- cette situation de paix généralisée, de justice sociale, etc., semble être plus réalisable

2. Valence et dégradation de l'influence.

L'impossibilité des utopies sociales universalistes est la conséquence
- de certaines propriétés animales de l'homme
- de la structure physiologique de l'être humain
- de son cerveau.

La structure mathématique des sociétés
- -> et la structure sociale, fonction de la structure mathématique
- -> société égalitaire, hiérarchique, etc…
- permettent d’imaginer une société de dix millions d'individus
- -> dans laquelle chacun pourrait influencer directement tout autre
- -> ce qui est impossible dans la réalité

D’autres contraintes d'ordre biologique sont les limitations de l'animal humain

Le premier concept, la valence
- propriété de l'animal homme
- -> définit le nombre de centres d'intérêts
- -> sur lesquels un homme peut concentrer son attention consciente
- limite le nombre de personnes
- -> dont on peut recevoir
- -> ou sur lesquelles on peut exercer une influence.

Autre concept clé
- la dégradation de l'influence au cours de sa transmission
- -> dépend de nos capacités cérébrales
- la capacité de canal est particulière à une espèce ou à une sorte d'objet

La valence et la capacité de canal de l'être humain représentent des seuils naturels
- les organisations sociales ou environnementales
- -> dépendent de la valeur numérique de ces seuils

3. Le «groupe critique»

La connaissance de ces deux seuils
- valence et capacité de canal
- -> limite le nombre d'éléments (hommes et objets)
- -> pouvant appartenir à une société égalitaire ou hiérarchique
- -> sans gêner son bon fonctionnement

Le groupe critique
- est le plus grand ensemble d'éléments (hommes, objets et liens)
- -> avec lequel le bon fonctionnement d'une organisation de structure définie peut être assuré

La comparaison d'une organisation avec son groupe critique
- montre immédiatement si un projet ou une utopie sociale est réalisable ou non.

Souvent, le succès initial attire de nouveaux adhérents
- le groupe s'accroît puis se détruit par sa propre expansion

4. La grandeur du “groupe critique��? est une caractéristique de chaque espèce

Le groupe critique résulte
- de deux facteurs biologiques
- -> la valence
- -> la capacité de canal
- et d'un facteur topologique
- -> la structure de la société

Ces facteur invariants ne dépendent que des lois de la nature
- la loi du groupe critique est une loi naturelle
- le groupe critique varie avec l'espèce
- sa grandeur numérique est une caractéristique de cette espèce

L'aliénation est une conséquence du dépassement du groupe critique
- nous cohabitons avec plus d'hommes que nous ne pouvons en supporter
- nous utilisons plus d'objets que nous ne pouvons en commander

5. La désintégration des grandes organisations

Ce phénomène du groupe critique dépasse l'hypothèse scientifique
- il s'agit d'un phénomène parapolitique
- -> la viabilité de toute organisation sociale
- -> le caractère réalisable de toute utopie
- -> dépendent des limites inhérentes à toute communication

Exemple
- dix utopistes décident de former un groupe égalitaire
- le groupe fonctionne bien, et d'autres humains veulent s’y joindre
- un des anciens deviendra meneur
- le groupe a dépassé la grandeur critique égalitaire
- il est devenu groupe hiérarchique.
- l'arbre hiérarchique s'installe
- quand le nombre des membres du groupe dépasse 900
- (dimension critique de valence 4 et capacité de canal 6)
- un des sous-groupes devient dissident

Quand le groupe dépasse la dimension critique correspondant à sa structure sociale, il se scinde.

Ce phénomène est plus complexe car d'autres facteurs entrent en jeu
- la valence dépend aussi de la durée de référence
- -> nombre d'influences assimilables suivant
- - -> la durée de référence: une minute, un siècle
- - -> le langage par lequel l'influence s'exprime
- de la durée nécessaire à un individu pour exprimer et pour assimiler une influence
- si codes très rapides
- -> langage militaire, les codes commerciaux, etc.,
- si codes très lents liés à l'expérience vécue
- -> codes artistiques, religieux, philosophiques, etc.

Autre variable
- la vitesse de réaction admise par le contexte extérieur
- -> un marin conduisant un frêle esquif utilise un gouvernail
- -> il peut le manier avec une certaine vitesse
- -> il ne sombrera pas tant que sa vitesse de réaction sera plus rapide que le rythme des changements du contexte extérieur.

La vitesse de réaction est un élément essentiel pour déterminer la grandeur critique des organisations
- unité militaire à grande vitesse de réaction et grandeur critique réduite
- Église dont la vitesse de réaction peut être mesurée en siècles

La grandeur du groupe critique sera donc une fonction dépendant
- 1) de la structure sociale du groupe
- 2) de la valence spécifique de l'espèce humaine
- 3) de la capacité de canal spécifique à l'espèce humaine
- 4) de la vitesse de réaction imposée par un contexte
- 5) de la vitesse caractéristique du langage utilisé par le groupe

Une organisation qui dépasse la grandeur du groupe critique peut
- 1) changer sa structure sociale
- 2) se scinder en plusieurs groupes qui garderont la structure sociale du groupe originel
- 3) ralentir sa vitesse de réaction

Ces trois réactions sont
- soit une révolution
- soit une sécession
- soit une sclérose

Elles représentent un changement politique
- phénomène parapolitique
- conséquence d'un dépassement de la grandeur critique

Exemples
- désintégration des empires: ingouvernabilité des grands États
- les pouvoirs centraux, États ou entreprises
- -> font de la politique étrangère
- -> sont incapables de faire de la politique intérieure

Les rencontres au sommet sont des clubs de dirigeants essayant de s'entresauver

6. La diversification

Le caractère parapolitique du groupe critique nous ramène à l'impossibilité des utopies universelles

L'utopie unique, l’attitude missionnaire
- héritage des Grecs et de la chrétienté
- est la caractéristique la plus autodestructrice imaginable

La clef des utopies serait la coexistence dans la diversité
- chaque groupe recherche son utopie
- ces utopies seraient particulières à chaque groupe
- la multiplicité d'utopies est une sorte de loi de la nature

Autre conséquence
- l'impossibilité de la communication globale

La désirabilité d’union, de compréhension, de communication entre tous
- s'est manifestée dans toute sa nocivité
- depuis que cette communication est réalisable

L'inadaptation biologique de l'animal humain
- rend impossible la communication générale
- l'Occident se remet difficilement de ce choc

La peur des catastrophes est un exemple
- la pénurie est imminente
- le recours est la création de conseils de sages
- leurs propositions sont inapplicables
- -> elles sont incommunicables
- -> dans le court laps de temps restant
- -> à l'humanité tout entière
- la vitesse de réaction correspondrait à plusieurs siècles
- délai est beaucoup trop long face à l'urgence des problèmes à résoudre

Par contre, les petits groupes sont capables de réussir le sauvetage par l'autodéfense
- les marchés noirs pallient les défections des marchés
- les organisations de quartiers réalisent les service que les gouvernements ne sont plus capables de fournir
- le troc remplace l'argent à l'époque des pénuries

L'isolement volontaire de petits groupes est un phénomène sain
- nous devons encourager leur émergence

7. L'autorégulation sociale

Les utopies sociales réalisables obéissent à la loi naturelle du groupe critique
- nous pouvons élargir le concept aux réseaux entre groupes
- ils sont régis par des lois identiques
- leur vitesse de réaction sera plus lente

Les lois naturelles de la biologie sont des exemples typiques
- l'existence d'une loi limite est le signe de l'autorégulation d'un système
- arrivé à sa limite il commence à se comporter différemment
- nos sociétés sont parfaitement autorégulantes
- l’organisation s'accroît, est obligée de changer sa structure
- changeant sa structure elle change de dimension

C’est un des facteurs les plus importants de la sélection naturelle
- une société qui garde sa structure et s'accroît
- ralentit sa vitesse de réaction
- se rend vulnérable
- se détruit à un rythme accéléré

Survivront ceux qui auront été orientés vers un autre type de structure
- peu nombreux ils constitueront le départ d'une autre lignée génétique

Pour se coucher
- le chien continue de bouger jusqu'à ce qu'il trouve son parfait bien-être

Pour s’asseoir
l'homme suit une image qu'il se fait de la parfaite façon de s'asseoir

Déduction
- les animaux possèdent la liberté individuelle en suivant des lois inviolables
- les hommes n'ont pas de liberté individuelle, mais leur système de lois est violable
- -> les animaux ont une supériorité sociale sur les hommes
- -> elle vient de l'autorégulation régie par des lois strictes et entre autres, celle du groupe critique.

L'utopie réalisable la plus importante consisterait à admettre l'équivalence de toutes les utopies
- ce n'est possible que dans un système de lois naturelles – qui est inviolable – du type des lois limites
- l'utilité et la réalisabilité des utopies s'ensuivraient naturellement

Nous vivons bien actuellement dans un système semblable et nous y avons toujours vécu

Reconnaître le monde dans lequel nous vivons pour ce qu'il est
- “animal��? dans le sens noble du terme
- est fort important pour notre survie

L'hypothèse du groupe critique
- point de départ d'une écologie sociale


CHAPITRE 4


IV - L'ENVIRONNEMENT

Notre comportement est façonné pour faire face à un monde réduit
- -> parce que notre imagination est limitée

1. L'idée de l'écologie sociale

Comme un écosystème régule la coexistence des espèces
- groupe critique et impossibilité de survie des grandes organisations
- -> régulent la coexistence des sociétés

D'où l'expression écologie sociale
- un élément concerne la croissance du groupe
- un autre concerne la sélection sociale

Dans un même groupe génétique
- le système de règles est inventé
- -> dans le but de maintenir un certain type de situation
- ce système semble aller de pair avec la sélection naturelle
- -> qui postule la survie des plus aptes.

L'écologie sociale est un système de
- groupe critique : limites quantitatives
- sélection sociale : limites qualitatives

2. L'environnement, c'est "les autres"

En écologie l'équilibre réagit à toute perturbation
- soit en retournant à l'état d'équilibre qui avait précédé
- soit en retrouvant un autre équilibre, très différent

C'est un mécanisme mixte
- personnes et objets

La notion d'environnement remplace celle de société.

L'utopie
- non paternaliste envers les personnes
- paternaliste quant aux objets
- peut-être réalisable en faveur des personnes au détriment des objets.

Par exemple
- une classe égalitariste dirige et exploite des esclaves/objets
- mais dépendance par rapport aux "objets"
- -> en cas de grèves ou de carence : électricité, voiture, chauffage central…

3. "Individus" et "objets"

Objet
- élément qui n'a pas de buts propres, communicables
- -> le paternalisme est admissible

Personne ou individu
- élément pour lequel les propres buts sont importants
- -> le paternalisme est inadmissible.

4. L'infrastructure, c'est le nombre

Sont essentiels :
- le nombre des éléments "personnes et objets",
- leur proportion dans une société ou "environnement"

Ces éléments déterminent
- le répertoire des organisations sociales ou environnementales possibles
- et les utopies réalisables.

5. Le problème de "l'accès"

Partant de l'utopie tout court
- nous parvenons à l'utopie sociale non paternaliste réalisable
- nous avons défini l'infrastructure liée au problème de l'accès.

Exemple
- chercher une personne dans une foule dépend
- -> du nombre de personnes
- -> de la vitesse de l'opération de sélection
- -> du temps dont dispose l'opérateur
- -> du nombre d'informations ou d'influences qu'une personne peut recevoir durant une période déterminée

Les utopies réalisables dépendent de "l'accès" ou propagation de l'influence.

6. L'impossibilité de la communication généralisée

Accès et groupe critique montrent
- l'importance de la persuasion comme critère principal de la réalisabilité des utopies
- syndrome de la Tour de Babel, organisation aux buts démesurés
- l'ordre préexistant attend que la loi du groupe critique fasse son effet.

Exemple
- un message télévisé diffusé mondialement
- -> n'est pas encore une influence
- -> la réaction est imprévisible
- le message devrait être ré-adapté et re-répété
- -> au fur et à mesure des réactions reçues en retour
- -> ce qui est inimaginable

Exemple
- les décisions prises par un gouvernement
- -> au vu d'un rapport quotidien
- -> sur les comportements des gouvernés
- dépendent beaucoup plus des omissions
- -> volontaires ou non
- -> que de la volonté ou du programme des dirigeants

Il en résulte, dans un système social, que
- le comportement marginal de quelques individus peut être plus caractéristique
- -> que le comportement statistique du système entier

Les dirigeants négligent les pays existants
- en faveur de symboles de pays nommés France, Angleterre…
- puis forment un club des porte-parole de ces entités
- dont le nombre de membres est inférieur au groupe critique approprié

Pendant ce temps l'humanité agit en petits groupes
- très faiblement reliés entre eux.

7. Le phénomène Gandhi

L'autoségrégation dans le Japon des Tokugawas
- dresse des rideaux de fer autour du pays
- entre les provinces
- la migration n'était pas autorisée
- la non-communication résultait de la pression policière

L'autoségrégation en Inde
-500 000 villages indépendants
- 50 000 sous-castes compartimentées
- ceci exclut l'illusion d'un gouvernement central

La survie, les décisions sont débattues et réglées
- par village et sous-caste
- ne mettent pas en danger l'ensemble des petits groupes.

Le phénomène Gandhi représente l'exception
- l'individu essaye de propager une idée
- -> via les radios et les journaux
- -> mais les messages n'arrivent pas à la masse

Gandhi donne l'exemple, l'exemple est suivi
- son message parvient - au moins partiellement - à la masse des 300 millions d'Indiens

On peut en déduire que la communication généralisée
- est possible
- -> s'il s'agit de faits, de choses que tout le monde connaît déjà
- n'est pas possible
- -> pour la propagation des idées nouvelles

8. La communication de masse étouffe les idées nouvelles.

La sélection des idées nouvelles ne peut être que mal faite
- la terminologie n'est pas établie et exige un temps de réflexion
- la sélection conservera automatiquement le plus médiocre, le déjà connu

La communication la plus efficace reste celle du face à face
- les petits groupes possèdent chacun leur langage propre
- la mimique et les gestes aident à réduire les malentendus

9. La surproduction de "déchets"

Auparavant, notre relation à la production de déchets était inobservable

Chaque organisme
- sélectionne les composants qui lui sont utiles
- en rejette une quantité très supérieure

Un être vivant est une usine à déchets
- une partie est recyclable
- au delà, la pollution commence

Environ 70 % de l'énergie humaine est consacrée à la production de déchets

10. "Rubbish is beautiful" ou de l'utilisation des déchets

Réduire la surproduction des déchets
- changer l'opération-clé
- changer la sélection des composants qui sont utiles

Changement d'attitude face l’accumulation de déchets au-dessus de la quantité critique
- il est plus facile de changer notre attitude que d'éviter ce dépassement.
- la quantité critique est caractéristique à une espèce
- l'organisation peut changer, une fois la quantité critique dépassée.

11. Le "groupe critique" de la production

Groupe critique des espèces vivantes
- les facteurs ne sont pas facultatifs
- l'homme ne peut rien pour les changer

Groupe critique des déchets
- les facteurs dépendent
- -> presque complètement de l'homme
- -> à peine de l'objet

Le retour des groupes sociaux au-dessous du groupe critique
- résoudrait-il les problèmes de pollution?
- entraînerait-il la disparition du commerce et de l'échange
- -> causes du dépassement du groupe critique?

Il est justifié de supposer
- que le retour à des groupes critiques typiques
- -> pour une structure sociale donnée
- résoudrait la plupart de nos problèmes économiques
- -> c'est à dire les relations entre la production, la propriété et les échanges


CHAPITRE 5


V - L’ORGANISATION DES AUTRES

La plupart des animaux savent s'organiser eux-mêmes

Impulsion irrésistible de l’humain:
- vouloir “organiser��? les autres
- -> société, environnement
- vouloir améliorer��? le monde

Vouloir rapprocher le monde de l'image du monde que chaque individu façonne pour lui-même

Se changer soi-même ou changer le monde, donc le “conquérir��?… Est-ce inévitable?

1. Une axiomatique des liaisons entre personnes et objets

Société et environnement sont une même entité
- “les autres��? sont un ensemble différent pour chacun
- cet ensemble possède un mécanisme

L'utopie non paternaliste
- vaut pour les ensembles petits et organisés
- si un système s'accroît
- -> il doit s'organiser
- -> ou se désintégrer pour former des sous-ensembles

Ces organisations, utopiques et réalisables, sont le sujet de ce chapitre.

Liaisons entre personnes et objets
- 1. un objet n'appartient à un environnement que s'il fixe l'attention d'un individu
- 2. un objet nécessaire à la survie d'un individu fixe son attention
- 3. cette attention se fixe également sur les liens existants entre cet objet et les autres personnes ou objets

Corollaires:
- a. l'environnement peut être différent pour des individus différents en fonction de leur faculté d'attention
- b. l'opération génératrice des liens et de la construction du langage est donc l'attention
- c. la survie, sans cette attention, n'est pas possible
- d. la différence entre individus et objets est une différence d'attention
- e. les limites d'attention comportent des seuils différents selon les individus ou les objets

Essentiel des chapitres précédents:
- 1. l'attention est fixée par une situation insatisfaisante
- 2. il est nécessaire de changer cette situation pour survivre
- 3. l'attention est fixée sur les liens entre cette situation et les autres

2. Une axiomatique de l'organisation

Le mécanisme mixte individus et objets comporte trois types de relations
- entre personnes et personnes
- entre personnes et objets
- entre objets et objets

Les deux premiers types concernent cette relation fondamentale
- la propriété

La propriété, au sens général, n'est qu'une fiction
- je sais qu'un objet est ma propriété
- cet objet, lui, ne le sait pas

La propriété se réduit
- à une relation passive personne-objet
- à une relation de convention personne-personne
- ne concernant que l'utilisation de l'objet

- 1. Un individu ne peut faire autre chose avec un objet que de l'utiliser
- 2. l'utilisation d'un objet implique le consentement des autres
- 3. le consentement et l'utilisation sont transférables d'un individu à l'autre

1. Un individu peut utiliser un objet
- a. en exclusivité
- b. simultanément avec d'autres

2. Le consentement permettant cette utilisation
- a. requiert l'attention des autres
- b. échappe à l'attention des autres

3. Le droit d'utilisation d'un objet est transférable
- a. avec le consentement des autres
- b. sans le consentement des autres

Toutes les organisations de la propriété représentent une réponse, consacrée par l'habitude, à certaines conséquences du problème de l'accès propre à la variété actuelle de l'espèce

humaine.

3. Une théorie de “stockage-réglage��?: aspects de l'utilisation

La plus grande partie de la propriété de chaque individu
- est représentée par des objets (souliers, chambres à coucher, etc.)
- est réservée à son usage exclusif
- est rarement utilisée vingt-quatre heures sur vingt-quatre

Pendant leur non-utilisation par leur propriétaire
- les objets sont stockés
- personne ne peut les utiliser

L'utilisation n'occupe qu'une infime fraction de la durée d'existence
- -> ce qui représente un gaspillage
- les objets occupent une place de stockage
- -> autre gaspillage

Autre manière de poser le problème
- -> un homme n'occupe jamais un volume de plus de quelques 40 m3
- pour un million d'habitants
- -> ce volume réellement utilisé correspond à 2 km x 2 km x 10 m
- donc à Paris
- -> dix-huit arrondissements sur vingt
- -> ne servent qu'au stockage

Objets à la disposition de tous
- le métro, le réseau d'électricité
- ils n'ont pas la capacité de servir tous les individus simultanément
- pour éviter le désordre
- un système de réglage
- -> enregistrant les priorités est nécessaire

Ces deux organisations sont proches
- elles concernent l'attente

Dans le cas du stockage
- c'est l'objet qui attend

Dans le cas du réglage
- c'est la personne qui attend

Ce qui rend ces systèmes coûteux est l'infrastructure du stockage ou du réglage
- le prix d'une armoire est souvent plus élevé que celui de tout ce qu'elle contient

D'autres objets ne sont pas soumis au stockage ou au réglage
- ce sont les moyens de subsistance élémentaire
- -> économiquement les plus faciles à obtenir

cas I - Dans le cas du “stockage��?
- 1. l'objet est réservé à un seul individu
- 2. cet usage exclusif est consenti par les autres
- 3. l'objet est transférable sans consentement

cas II - Dans le cas du “réglage��?
- 1. l'objet est utilisable, simultanément ou à tour de rôle, par plusieurs personnes
- 2. cet usage est accepté par les autres
- 3. le droit d'usage est transférable avec consentement

cas III - autre cas
- 1. l'usage de l'objet est réservé à un seul individu
- 2. cet usage ne nécessite pas de consentement des autres
- 3. mais ce consentement est nécessaire pour le transfert

Ce cas pourra représenter
- la propriété de notre propre corps
- de notre propre capacité de travail

Une personne ne peut se louer (louer son travail)
- donc transférer cette propriété (son travail)
- qu'avec le consentement des autres
- mais la nécessité de ce consentement n'entraîne pas une contestation de cette propriété

cas IV:
- 1. l'objet est réservé à un seul individu
- 2. le consentement est nécessaire
- 3. l'objet est transférable avec consentement
- Ce cas représente tout système de privilège de type héréditaire: noblesse, nom, etc.

cas V:
- 1. l'objet appartient à une seule personne
- 2. sans nécessité de consentement des autres
- 3. il est transférable sans consentement des autres

Ce cas concerne toute propriété immatérielle (software)
- connaissances, informations, etc.
- obtenue et distribuée sans avoir à demander le consentement des autres.

Cas VI.
- 1. l'objet est utilisé par plusieurs personnes
- 2. un consentement n'est pas nécessaire pour avoir l'objet
- 3. cet objet n'est transférable qu'avec le consentement des autres

Il s'agit d'un droit de jouissance
- assister à un spectacle, à une réunion
- lié à une invitation particulière

Cas VII :
- 1. l'objet est utilisé par plusieurs personnes
- 2. un consentement est nécessaire pouvoir l'utiliser
- 3. l'utilisation de l'objet est transférable sans le consentement des autres

Ce cas correspond à l'utilisation d'une infrastructure
- réseau routier, réseau de distribution d'eau, électricité, etc.

Enfin, le cas VIII :
1. l'objet est utilisable simultanément par plusieurs personnes
2. l'utilisation n'implique pas le consentement des autres
3. le transfert n'implique pas le consentement des autres

Ce cas est tout simplement le cas de notre biosphère
- la surface de la terre, la mer, l'air à respirer
- but de toute utopie idyllique de retour à la nature
- de toute utopie d'abondance, produite par une technologie
- utopies nobles par excellence
- impliquent toutes un système de réglage poussé jusqu'à ce degré extrême

4. Conclusions sur la théorie de “stockage-réglage��?

La première constatation est que tous ces systèmes sont réalisables
- toutes ces possibilités existent déjà partiellement
- chaque société ou environnement en contient parallèlement plusieurs
- qui ne sont jamais suffisamment raccordés

Une société ou un environnement ne peuvent comprendre qu'un seul de ces systèmes de propriété

Conformément au modèle non paternaliste
- les membres d'une société doivent savoir à laquelle de ces huit organisations ils ont affaire
- le passage d'une organisation à une autre est toujours possible avec un simple accord ou consentement
- à chacun de remodeler société ou environnement dans le sens de l'une ou l'autre de ces organisations
- cette remarque contredit beaucoup de théories politiques ou pseudo-politiques

Éviter tout jugement de valeur à propos des organisations de la liste
- évaluer le coût de la transformation d'une organisation en une autre

Cette liste des organisations possibles des relations personnes-objets est exhaustive
- résulte du seul examen de la modalité d'utilisation des objets

L’erreur est une réification de cette utilisation
- Propriété, avec un P majuscule
- Objet, avec un O majuscule
remplacent l'idée de modalité d'utilisation de cet objet

La théorie du “stockage-réglage��?: quelques autres aspects

Cette théorie du stockage-réglage comporte encore d'autres aspects
- le gaspillage de l'espace
- les pertes de temps

Neuf dixièmes de la surface de la ville servent uniquement au stockage
- le système de réglage, moins encombrant, nécessite de l’espace
- stockage des objets qui sont à la disposition de tous
- très grande perte de temps d'attente, lié au problème de l'accès

Dans un système de réglage bien organisé
- l'encombrement des objets peut être réduit

Encombrement de la surface terrestre mais aussi dans le temps de la durée de la vie.

Une grande partie des utopies a pour but
- augmenter la durée de vie humaine
- augmenter l'efficacité d'utilisation de cette durée
- -> grâce à des inventions technologiques, comme l'avion, la voiture, le téléphone, etc.

Comparer
- un vol de 45 minutes
- demande environ 4 heures
- attentes émiettées inutilisables

- parcours en train
- durée 6 heures
- pas été émietté
- possibilité de lire, écrire, dormir, etc.

Aspect des systèmes de stockage et de réglage
- l'utilisation du temps

- les organisations de stockage émiettent le temps
- les organisations fondées sur le réglage
--> comportent plus d'attente, mais celle-ci est utilisable.

Selon le modèle de l'utopie non paternaliste
- signaler les propriétés des organisations principales
- en référence aux capacités préétablies et immuables
- -> de la surface terrestre
- -> de la durée de la vie humaine


CHAPITRE 6


VI - LA SOCIÉTÉ SANS COMPÉTITION

Vouloir organiser les “autres��?
- c'est vouloir être supérieur
- devenir le-plus-fort, par la lutte ou par la compétition

Est-il possible de réglementer la compétition ou de réduire la nécessité de la concurrence?

1. La “lutte pour la vie��? est-elle indispensable?

Deux chiens en présence d'un os se battent
- le vainqueur emporte l'os

Deux chiens et deux os
- les chiens se battent
- le plus fort prend les deux os

Alternative possible
- chaque chien prend un os, sans combat

Deux chiens et deux cents os
- bataille pour la préséance
- lequel sera le premier à avoir droit au festin?

- soit l'abondance des moyens de survie
- soit la réduction de l'ensemble d'individus
- peuvent mener à un équilibre
- la manipulation de cet équilibre importe pour la survie d'un ensemble d'individus

Quatre schémas possibles:
- a. abondance naturelle, donc équilibre.
- b. abondance naturelle et provocation d'une rareté artificielle, outil de puissance.
- c. rareté naturelle et lutte pour la vie: réduction du nombre des individus.
- d. rareté naturelle et réponse technologique qui augmente la quantité de la denrée

On ne peut éviter la lutte que si les moyens d'utiliser la technologie sont connus de tous et appartiennent à tous.

2. La lutte pour la domination, la préséance.

La rareté, artificielle ou naturelle
- génératrice d'inégalité
- outil pour conquérir la puissance

L'équilibre naturel
- seule organisation ou non-organisation égalitaire
- sujet à la lutte pour la préséance

La rareté fictive par invention d'une distinction

- rare par définition
- résulte d'un consentement tacite
- est un des pires fléaux de l'humanité

Exemple
- les timbres rares, objets inutilisables

L'abondance inattendue
- enlève toute valeur à cette chose rare
- -> car elle n’est pas nécessaire à la survie

La rareté fictive concerne la situation sociale élevée
- par définition, rare, désirable
- outil de puissance qui introduit la compétition
- obstacle tenace à la réalisation des utopies sociales égalitaires

La société de non-compétition
- -> organisation sociale qui supprime la rareté fictive

3. La “société de non-compétition��?

Utopie sociale la plus importante, en théorie et en pratique
- théorie: constater sa nécessité ou prévoir son imminence
- pratique: constater son apparition, ou son émergence latente

- pas de lutte intérieure pour la survie ou la préséance
- peut résulter de l'indifférence individuelle
- agressivité naturelle canalisée vers l'extérieur, envers les autres groupes
- En interne, une mythologie, théorie intuitive, impose l'attitude anti-lutte

Un groupe de non-compétition

- A) ne se forme que s'il existe un équilibre naturel ou artificiel de moyens de survie abondants
- en fonction de conditions naturelles particulières pour les utopies idylliques
- quand les futurs membres de ce groupe viennent de sociétés possédant une technologie très développée

- B) est égalitaire
- aucun des membres n'exerce ou ne subit d'influence supérieure à tout autre membre du groupe
- communication déterminée par égalitarité et valence spécifiques à l'espèce humaine

- C) est soumis automatiquement aux conditions de seuil
- il ne peut contenir un nombre de personnes supérieur au groupe critique
- il ne peut posséder un nombre d'objets supérieur à la grandeur critique
- C’est une société de petits groupes

- D) organise la propriété, mais surtout l'utilisation des objets
- utilisables simultanément par tous
- l'utilisation n'implique pas le consentement des uns ou des autres
- le transfert n'implique pas non plus le consentement des autres
- fait de la pauvreté une vertu
- est communautaire et opposant de tout système fondé sur la rareté fictive

- E) se forme facilement mais reste fragile
- par manque de langage objectif qui permette l’information interne
- par son langage intuitif né d'une mythologie et trop insuffisant
- sans langage objectif, ils est paternaliste

Le premier danger vient du succès
- plus il grandit, plus ils dépasse le seuil critique
- plus il s'enrichit et plus le nombre d'objets possédés dépasse, à son tour, la grandeur critique.

Le deuxième danger tient au paternalisme des mythologies
- Scissions et luttes idéologiques pour la préséance d'une idée sont à peu près toujours fatales

- En 2000, la “non-compétitivité��? est encore plus utopique que jamais
- L'humanité est-elle axée sur la compétition
- -> pour raisons biologiques
- -> ou par un long conditionnement?

Pour nuancer “l’utopie de la non-compétitivité��?, différencier
- compétition “intra-groupe��?, inévitable
- compétition “inter-groupe��?, plus dangereuse
- -> pourrait être réduite, ou éliminée, ou sublimée

4. Une condition technique de non-compétition “l'économie des réservoirs’

La société de non-compétition est une utopie réalisable
- on peut la découvrir, l’enseigner et l’appliquer

Sortir d'une situation insatisfaisante
- se manifeste par la contestation
- -> devenue affirmation de soi
- -> plutôt que volonté de changement

Rien ne change. Pourquoi?
- L’abondance artificielle va de pair avec rareté fictive

Les régions d’abondance se raréfient par
- accroissement du nombre de ceux qui y affluent
- accroissement des naissances qui fait disparaître l'abondance naturelle

L'abondance artificielle
- est assurée le système des primes
- la prééminence sert de stimulant

L'inflation s'abat inévitablement sur l'abondance artificielle
- une personne rend un service, travaille
- elle est rémunérée en obtenant
- -> une distinction, une prime: salaire, puissance, statut, etc.
- les autres veulent la même prime, ou plus
- soit ils participent à la surproduction
- -> d’où dévalorisation des primes
- soit ils établissent la rareté fictive

Historiquement toute organisation politique et économique tend à retomber dans ce scénario.

Esquisse d’un contre-projet.

L'abondance naturelle
- existe si tous les biens nécessaires à la survie se trouvent sans effort

L'abondance artificielle
- commence avec l’animal qui se fait une réserve

L'attitude humaine est identique
- se construire une réserve au moyen de greniers
- qui assurent l'abondance naturelle pendant les périodes difficiles
- qui sont source de rareté fictive: ils permettent au gardien du grenier d'établir sa puissance
- un système de grenier centralisé permet une dictature centralisée
- un grand nombre de greniers spécialisés entraîne une certaine apparence de liberté

Remplaçons grenier-réservoir par Trésor public
- alimenté en argent par les contributions de chacun
- n'empêche pas l'introduction de la rareté fictive

Sous la pression que tous exercent sur les gardiens du réservoir
- l'argent doit être de plus en plus largement distribué
- phénomène d'inflation généralement bien exploité par les gardiens du réservoir

En contre-projet
- à la place d'un réservoir généralisé-Trésor public
- grand nombre de réservoirs spécialisés contenant les biens eux-mêmes
- -> inflation impossible pour les biens de survie
- -> inflation admise pour les biens superflus

Les groupes de non-compétition
- essayent d'organiser une sorte de trésor public
- sous forme de réservoirs des produits nécessaires à leur survie

5. Conclusions concernant la société de non-compétition

Dans un système d'abondance naturelle ou artificielle
- une société égalitaire est possible
- mais habituellement empêchée par la compétition

La contestation idéologique de la rareté fictive
- sépare rareté fictive et rareté réelle
- déplace la frontière entre les deux raretés

La société de non-compétition n’est pas l'unique utopie réalisable


Suite Page 2: Chapitres 7 à 9

Créé par: AJH Dernière modification: Jeudi 08 de Mai, 2008 18:24:00 CEST par AJH


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