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POURQUOI FAUT-IL INTERDIRE LES TAUX D’INTERETS ?


Extrait des discussions entre Olivier Rocca et un économiste universitaire, au sujet du livre « argent et conscience »




L’économiste :

Dans l’introduction et tout au long du livre. Il y a une confusion entre l’argent et la monnaie. Ce que vous appelez argent, les économistes l’appellent monnaie.
De toute façon, à part Galbraith à ma connaissance, les économistes n’utilisent jamais le mot argent mais utilisent le mot monnaie. Pour moi, l’argent est un métal précieux et si je le prends au sens populaire du terme, c’est de la monnaie.
Pour être monnaie, un bien doit pouvoir remplir trois fonctions :

- réserve de valeur
- moyen de paiement
- unité de compte

Faire une distinction entre argent, monnaie et unité de compte n’a pas de sens pour un économiste.
Concevoir l’argent comme le support matériel de la monnaie est très novateur. En règle générale, on distingue entre monnaie et forme monétaire. Par la suite, vous utilisez le mot argent indistinctement selon que vous parlez de monnaie ou de forme monétaire. Par la suite, vous délaissez le mot argent au profit de celui de monnaie. Bref, on s’y perd.

Olivier Rocca :

Pourtant, c'est assez simple :

Argent : support, matière.
Monnaie : information, signe.

On retrouve cette distinction dans toute la théorie de la communication, et notamment en informatique où l’on distingue la machine (hardware) et le programme (software).

Du simple fait qu’elle constitue une information, la monnaie ouvre la porte à tous les scénarios du possible. Les meilleurs comme les pires. Et c’est à nous d’en décider.

Puisque la monnaie est une information, cela signifie que ce n’est plus de l’énergie (force de travail, effort, matière première, or), et ce n’est plus de l’espace / temps (adieu l’ancien axiome « le temps c’est de l’argent », issu de la chaîne automatisée de production industrielle). Voilà quelque chose de très déconcertant et que nous avons bien du mal à admettre. Les explications de la monnaie basées sur des métaphores énergétiques, temporelles, matérielles, physiques, électriques, informatiques ne sont pas les plus heureuses…. La monnaie et son traitement sont finalement le reflet de notre niveau de conscience. Voilà pourquoi ce livre aurait dû s’appeler « monnaie et conscience », et non plus « argent et conscience ». Cette dimension nouvelle de la monnaie peut être une chose effrayante si nous continuons d’avoir des comportements semblables à ceux qui prédominaient lorsque la monnaie n’était qu’une chose matérielle, ou du temps de travail…

Lorsque je dis qu’aujourd’hui, l’argent est le support matériel de la monnaie, c’est parce que les banques produisent de la monnaie (de l’information) en faisant croire aux personnes qu’il s’agit d’une valeur réelle (de l’argent). Or il s’agit d’autre chose, il s’agit d’une information.

Traditionnellement, l’argent c’était le capital, c'est-à-dire les biens matériels utiles à la production et à la consommation, la terre, les maisons, les machines…. L’argent et l’or dont on se servait comme instruments pour les échanges ont longtemps joué le rôle que vous décrivez : réserve de valeur, unité de compte, et moyen de paiement. De façon ultime, ils jouaient aussi le rôle de garantie, car c’est sur eux que se fondait la croyance du système. L’Etat? se portait caution du système en garantissant l’acceptation de ces titres de paiement.

« L’argent » étant créé par le travail des hommes, on pouvait le considérer à juste titre comme une « capacité », puisqu’il provenait de biens réels ou de services réels rendus par l’homme.

Il n’en est pas de même avec la monnaie, qui peut être produite bien au-delà des richesses réelles créées par l’homme. Dans le système moderne, la monnaie se présente sous une forme que nous appelons « crédit ». Lorsqu’une banque fait un crédit, elle ne fait que créer de la monnaie par un jeu d’écriture et la détruire par un jeu d’écriture lors de votre remboursement. Si les personnes savaient que la banque passe son temps à créer et à détruire de la monnaie, qu’elles considèrent comme de l’argent (leur argent), elles ne seraient pas très contentes. Car on ne rembourse pas de la monnaie avec de la monnaie (sauf chez les spéculateurs), on rembourse de la monnaie avec de l’argent, avec les fruits de son travail, avec des biens réels. Afin de rembourser le capital et de payer le taux d’intérêt… Pourtant la monnaie, ce n’est pas de l’argent. Le crédit, c’est une promesse de richesse, c’est un acte de confiance en l’avenir.

Le crédit n’étant pas une opération matérielle, il ne peut pas s’équilibrer comme si on faisait une opération d’argent. Entre la banque et le client, le crédit n’est pas un échange matériel, mais un échange d’information. En exigeant un taux d’intérêt, les banques demandent aux personnes de rembourser plus de monnaie que ce qui a été créé. Elles transforment la monnaie en argent. Elles transforment l’information en matière. Elles font de la mauvaise monnaie.

Dans le système moderne, le crédit avec taux d’intérêt engendre une nouvelle forme de « mauvaise monnaie ». Cette monnaie a l'apparence de la richesse, mais ce n'est en fait que du capital négatif, du découvert. Du point de vue des banques, le taux d’intérêt a l'apparence de la production de services, alors que ce n'est en réalité que de l'endettement, de la dette inutile, de l’usure. Le crédit est vécu comme une perte permanente de capacité économique (ou privation de droit économique) au lieu d'être une augmentation temporaire de capacité économique (mobilisation de moyens en vue d’un projet) ; et faute d'être équilibré de façon correcte (c'est-à-dire comme échange d’information, et pas comme une transaction matérielle), d'une autre façon, cela doit être équilibré par l’asservissement de la population et la captation des richesses du plus grand nombre. C’est exactement la situation que nous vivons aujourd’hui, sans que personne ne proteste, ne s’en aperçoive, ou ne s’en étonne…

La totalité des biens et services représentent le capital réel appelé produit national brut, et la monnaie peut être imprimée à un niveau équivalent en continuant de représenter la capacitance économique réelle (PNB). Mais lorsqu’on parle de crédit (émission d’un niveau de monnaie supérieur à la capacité réelle), il faut être très vigilant, car avec les taux d’intérêts, la monnaie remboursée au-delà de ce qui a été créé devient vite soustractive, constitue une privation de liberté économique, et engendre des notes de créances et un endettement fatal…

L’économiste :

Quand vous distinguez l’argent que l’on obtient de la banque de celui qu’on obtient de sa famille, vous oubliez un point fondamental. Dans le premier cas, il s’agit d’argent « neuf », dans le second, d’argent « d’occasion ». Ca change tout. Créer de la monnaie est un service qui a un prix, le taux d’intérêt.

Olivier Rocca :

Les distinctions entre argent "neuf" et argent "d'occasion" en changent rien pour personne. C'est du théorique pur. La monnaie ne s'use pas (sauf pour les partisans de l'usure) pour une bonne et simple raison : il s'agit d'une information.

Dire que la création monétaire est un service qui a un prix, c'est confondre argent et monnaie. L'argent est matériel, pas la monnaie. Vous appréhendez la création monétaire comme une chose matérielle. Voilà pourquoi je vous dis que la science économique est encore une discipline très grossière, une pseudo-science.

Faire un chèque entre membres d'une même famille est aussi épuisant que de créditer un compte pour un banquier. Votre argument est illusoire. Créer de la monnaie n'est pas un travail (production ou service), mais c'est un droit fondamental de la personne humaine (ou du moins ça devrait l'être). Lorsqu’un banquier fait un crédit, il distribue une monnaie qui n’est pas la sienne. Il donne quelque chose qu’il n’a pas, qu’il ne possède pas, et en plus il nous fait payer pour l’usage de cette chose ! En vérité, vous confondez le prêt et le crédit, car seul le prêt permet de donner quelque chose que l’on possède (et éventuellement de se faire rémunérer par un loyer pour cela). Le banquier n’est pas un prêteur. Il n’a donc pas droit à un taux d’intérêt. Si toutefois on maintient encore cette pratique, c’est simplement parce que toute la chaîne de distribution de la monnaie est fondée sur la pratique du taux d’intérêt. Mais celle-ci est profondément nuisible à tous les acteurs, publics et privés. Le taux d’intérêt est manifestement le plus gros facteur d’inflation, pour une raison simple : les emprunteurs doivent rembourser beaucoup plus de monnaie que ce qu’on leur a prêté. Et où la trouvent-ils cette monnaie, sinon en générant un endettement mutuel, une usure généralisée ? Et cette usure généralisée s’obtient par le gonflement artificiel des prix à la revente. Voilà pourquoi je dis que c’est la pratique bancaire toute entière qui devrait être réformée et encadrée. Le service de crédit bancaire ne devrait pas être rémunéré par un taux d’intérêt, mais par des honoraires versés au banquier en fonction du temps passé à accorder le crédit et à effectuer son recouvrement. En fait, le banquier devrait être rémunéré et encadré comme un médecin.

Lorsque vous me dites qu'aujourd'hui, c'est la demande qui créé la monnaie, je vous trouve bien naïf. Quand vous discutez avec les banquiers, vous vous apercevez que les banques refusent de financer des pans entiers de l'économie (et notamment tout ce qui touche au développement de l'entreprise, et au social). Et elles ne le font pas parce qu’elles ne savent financer que des actifs corporels. A tort ou à raison, tous les actifs incorporels leur échappent. Sans doute parce que tout le monde persiste à croire que la monnaie est une chose matérielle. Si nous abolissons la pratique du taux d’intérêt, alors nous re-découvriront ce que c’est que la monnaie : un droit universel. C’est la raison pour laquelle elle n’appartient à personne. La monnaie est l’instrument du peuple, elle est produite par la demande du peuple, pour son développement matériel, c’est à dire son travail économique et social, dans une Nation.

Sur un plan logique, je remarque que la position des banques modernes n’est pas claire. Comment peut-on être à la fois le garant de l’instrument universel des échanges et son utilisateur ? Cette position ressemble à celle d’un gardien de prison qui serait également le prisonnier, ou d’un juge qui serait à la fois juge et partie. Cette situation me choque, et je trouve totalement anormal que l’on ait confié la gestion de la politique monétaire à des banques commerciales. On ne peut pas à la fois « créer de la monnaie » et « faire de l’argent ». Cet illogisme serait résolu si nous acceptions l’idée de la monnaie gratuite, sans taux d’intérêt, gérée par un organisme indépendant de l’Etat (comme la BCE ou la FED). Car l’abolition du taux d’intérêt et le contrôle des engagements et des ratios de solvabilité sont les seules responsabilités de la politique monétaire. Une banque centrale peut facilement s’en charger, et conserver une totale indépendance, afin que la démagogie ne la pollue pas.

En ce qui concerne les initiatives des SEL visant à créer une monnaie fondante (donc à taux d’intérêt négatif), je pense que cela aboutit à créer une monnaie faible, ne pouvant servir qu’à de petits achats, dans des domaines très limités. Comment allez-vous acheter une maison avec votre monnaie fondante ? Elle aura fondu avant que vous ayez construit la porte…

Pour ce qui concerne les opérations de micro-crédit à 18% de taux d’intérêt, qui sont très à la mode actuellement, je pense simplement que ce sont les banques qui ont envie de faire un peu de social, et qui font du social avec de belles campagnes de communication. Ou pour donner une métaphore, le micro-crédit, c’est la droite française qui se met à faire du social. Je trouve l’intention louable. Mais là encore, on ne se préoccupe que de petits projets, en se gardant bien de remettre en cause la pratique pernicieuse qui sert de base au système.

On dit souvent que le taux d’intérêt a pour fonction de gérer l’offre et la demande de monnaie. Mais là encore, je vous répète que la monnaie étant ce qui fait fonctionner le marché, elle se trouve nécessairement hors marché : donc c’est un droit. Or les banques ne l’appréhendent pas comme cela aujourd’hui. Lorsque vous voulez faire un crédit, on vous demande toujours des garanties au moins égales à 100% des sommes empruntées. En réalité un tel système ne repose pas sur la demande, mais sur l'offre de richesses. Il ne permet qu’aux plus riches, qu’aux plus offrants d’accéder au crédit. Et c’est bien connu, la banque ne prête qu’aux riches, à ceux qui ont le plus « beau profil ». Le taux d’intérêt permet le maintien d’une situation économique inégalitaire, car il donne au capital les moyens de s’autofinancer sans avoir à recourir à un travail ou à un bien utile. Voilà pourquoi les anticipations sur les fluctuations des taux d’intérêts sont à l’origine de toutes les spéculations boursières et immobilières qui ont pour conséquence l’inflation. Certains disent que l’absence de taux d’intérêt va engendrer de l’inflation. Je pense que rien n’est plus faux. De toute façon le taux d’intérêt ne pourra être supprimé que progressivement dans le temps. Et si nous voulons faire cesser les bulles spéculatives, il suffit de prendre les mesures qui s’imposent, comme celle interdisant de revendre un bien immobilier dans un délai d’un an si on réalise une plus value.

Pour avoir une monnaie forte, utile, stable, à forte valeur ajoutée économique et sociale, nous devrons supprimer le taux d’intérêt. En ce sens, je prône la suppression totale du taux d’intérêt, et pas seulement du taux d’intérêt excessif que certains appellent l’usure. Et pour que l’explication de texte soit transparente, je signalerai que le terme « riba » signifie en arabe « ce qui ajoute au capital ». Ce terme désigne le taux d’intérêt, et non l’usure. Nous retrouvons d’ailleurs le même terme chez les Juifs et chez les Chrétiens ; ce qui me fait dire que sur ce point au moins, les décrets divins sont clairs quelle que soit la religion dont on se revendique. Tous ceux qui défendent aujourd’hui encore le taux d’intérêt le font par un manque de vision globale, qui traduit une tragique méconnaissance des mécanismes financiers, fiscaux, économiques et sociaux modernes. Savent-ils que c’est ce taux d’intérêt qui saigne tous les pays du tiers monde, qui ne peuvent pas rembourser leur dette ? Savent-ils que c’est ce même taux d’intérêt qui motive tous les dictateurs de la planète lorsqu’ils vont placer leur fric dans de grandes banques d’affaires internationales ? Savent-ils que tous leurs impôts sur le revenu ne sert qu’à rembourser les intérêts de la dette contractée en leur nom par leurs Etats (France, USA, Allemagne… etc). Connaissent-ils vraiment les rapports qui existent entre la gestion de la masse monétaire et les chiffres du chômage ? Non, évidemment.

Ou alors ils le savent très bien… et dans ce cas l’abolition du taux d’intérêt est le plus beau symbole du combat contre l’esclavage généralisé du capitalisme industriel et financier.

Pour terminer sur ce sujet, je vous propose de méditer sur quelques chiffres assez édifiants qui permettront d’illustrer mon propos et de le rendre plus compréhensible.

Lorsqu’on fait un prêt de 600.000 euros sur 12 ans à 5% de taux d’intérêt, le montant d’intérêt total versé à la banque si le crédit est mené à terme s’élève à 199.105 euros. Cela signifie que ce crédit coûte environ 20.000 heures de travail à 10 euros de l’heure. Je doute fort que la banque soit obligée de fournir 20.00 heures de travail lorsqu’elle fait une opération de crédit. Et pour celui qui emprunte, je trouve que le service est très cher payé ! En fait, le prix de ce service est totalement erroné par rapport à la réalité productive. Il coûte beaucoup trop cher et engendre une fragilité structurelle de tous les appareils de production dans l’économie.

Lorsqu’on fait un prêt de 600.000 euros sur 12 ans à 10% de taux d’intérêt, le montant d’intérêt total versé par « l’emprunteur » s’élève à 432.547 euros si le prêt est mené à terme. Cette somme représente tout de même 72% de la somme empruntée ! La somme d’intérêt versé à la banque équivaut à 43.254 heures de travail à 10 euros de l’heure. C’est à peu près le salaire actuel d’un conseiller bancaire. Mais je doute que ce dernier passe 43.254 heures de travail pour s’occuper de votre crédit. En effet, si un conseiller bancaire consacrait autant de temps sur chaque dossier de crédit (pour l’ouvrir et faire le recouvrement), il ne pourrait faire qu’une opération de crédit… tous les 25 ans !

L’économiste :

Dans votre livre, au chapitre sur le profit partagé, vous avez mentionné le signe +,+. Votre raisonnement +,+ doit faire référence à la théorie des jeux.

Olivier Rocca :

Votre interprétation s’appuie sur le travail d’autres économistes, et elle n’est pas correcte. En écrivant +,+, je dis simplement que la qualité d’un échange économique dépend du fait que toutes les parties prenantes soient gagnantes, et c’est ce que l’on appelle établir une relation gagnant-gagnant. J’écris dans mon livre « le profit partagé nous amène à découvrir un plus grand champ d’échange, qui ne peut créer du sens, de la qualité, de la transparence et une sécurité économique permanente (sans même avoir à recourir à des prévisions) que parce qu’on réalise un gain où nul ne sera perdant ». Ces paroles me semblent assez claires, et je ne comprends pas que vous essayez d’assimiler mon travail à celui d’autres personnes.

Pour que vous compreniez bien le sens et la portée du profit partagé, je vais l’illustrer par des exemples chiffrés, qui une fois encore se fondent sur la pratique du taux d’intérêt et sur le « prix » à payer pour qu’une telle règles puisse s’appliquer dans le champ des échanges internationaux. Quels sont les effets du taux d’intérêt au niveau macro-économique ?

50 milliards d’euros : c’est ce que l’Etat français a versé en 2005 au titre des intérêts de la dette publique. Je dis bien au titre des intérêts, et pas au titre du remboursement du capital, car la mécanique infernale de l’endettement public a rendu impossible tout remboursement du capital de la dette. 50 milliards d’euros, c’est le deuxième poste du budget de l’Etat, et cela représente 95 % des recettes fiscales provenant de l’impôt sur le revenu. L’argent des impôts est détourné pour servir des intérêts financiers gérés par des banques d’affaires privées. Il ne sert plus à construire des écoles, des routes, des hôpitaux, mais à rembourser des intérêts financiers que l’on ne pourra jamais solder. Le cauchemar de Louis XIV s’est réalisé : les bailleurs de fonds de l’Etat ont pris le pouvoir. Cette situation financière invraisemblable n’est d’ailleurs pas une spécificité française : tous les pays dits développés sont actuellement dans cette impasse. A titre d’exemple, les USA ont versé en 2005 la somme phénoménale de 336 billions de dollar au titre des intérêts de la dette publique. Et l’on constate ainsi que même la plus grande puissance du monde s’est laissée prendre au piège, malgré le dollar. En ouvrant la boîte de pandore du financement privé, les Etats qui prétendent être des modèles de démocratie ont laissé s’installer une situation qui est une véritable violation des principes fondamentaux de la vie démocratique. Cette situation est d’autant plus intolérable que, malgré la croyance des élites intellectuelles en ce domaine, la formation des taux d’intérêts ne se fait plus sur le marché des obligations d’Etat qui ont tant fasciné des générations de boursiers. Depuis 10 ans, les taux d’intérêts se forment sur le marché des produits dérivés (SWAPS), qui est contrôlé par une vingtaine de grandes banques d’affaires internationales. Soit dit en passant, ce marché est le plus spéculatif qui soit. Comment peut-on concilier le désir de rentabilité immédiate des spéculateurs sur le pétrole qui achètent des warrants à la Société Générale, avec les exigences décennales d’une politique publique d’aménagement du territoire ? En vérité, l’Etat a totalement perdu le contrôle de sa monnaie, de ses engagements, et de l’argent des contribuables. Certes, l’Etat peut encore augmenter les impôts (tout en prétendant les diminuer), mais il est contraint dans l’usage des fonds qui lui sont confiés.

En 1980, la dette totale des pays en développement (PED) s’élevait à 603 milliards de dollars. 10 ans plus tard, elle doublait pour atteindre 1473 milliards de dollars. En 1997, elle grimpait à 2317 milliards de dollars. Elle atteint aujourd’hui le chiffre faramineux de 2500 milliards de dollars. Pour 1 dollar dû en 1980, les pays en développement ont remboursé 8 dollars mais en doivent encore 4. De nombreux crédits ont été accordés à des taux d’intérêts exorbitants (notamment pendant la crise pétrolière), et le plus souvent à des régimes corrompus. Cette vision politique à très court terme est encouragée par la mécanique des taux d’intérêt dits composés, qui ne cessent de s’accumuler au cours des années. Ainsi, lorsqu’un pays en développement emprunte 600 millions de dollars à 10 % de taux d’intérêt sur 10 ans, sa première échéance mensuelle comportera 5 millions de taux d’intérêts et 2,170 millions de capital. Sa douzième échéance mensuelle comportera 4,792 millions de taux d’intérêts et 2,377 millions de capital, ce qui est logique puisque le taux d’intérêt diminue en fonction de la proportion de capital remboursé. Les proportions de capital et de taux d’intérêt remboursé ne s’équilibreront qu’à partir de la soixantième échéance, soit au bout de 5 ans, ce qui nous place quasiment au milieu de la durée totale du crédit (3,541 millions de capital pour 3,628 millions d’intérêts). Cette mécanique diabolique des taux d’intérêts a pour effet d’encourager le surendettement des pays en développement, notamment avec les reports de paiement et les nouveaux crédits mis en place avant même que les anciens aient été remboursés. Car le comble dans cette histoire est que les crédits accordés aux pays en développement sont principalement le fait des pays du Nord, qui trouvent là un moyen lucratif pour financer… leurs dettes publiques, et le cas échéant pour recycler leurs excédents commerciaux (bons du trésor ou pétrodollars, monnaies pourries et privilèges exorbitants des pays du nord). C’est un cercle vicieux, car la dette des uns ne peut se combler que par une augmentation de la dette des autres. On voit là le résultat des règles du commerce international mises en place lors de la Conférence de Bretton Woods, règles basées sur l’asymétrie et la compétition internationale, règles dans lesquelles tous les pays doivent réaliser un excédent de balance commerciale, ce qui est par définition une chose impossible puisque tous les pays ne peuvent être simultanément excédentaires. Donc pour que certains fassent un excédent, il faut que d’autres fassent un déficit, pour que certains aient des devises, d’autres ne doivent plus en avoir… L’économie dite « moderne » vit encore sur de tels mythes qui la déshonorent.

Aujourd’hui, beaucoup de personnes prétendent combattre la pauvreté, sans jamais s’intéresser aux causes de la pauvreté. La règle du profit partagé semble nous enseigner la chose suivante : tant que dans un échange, une partie sera gagnante, et l’autre perdante, il y aura de la pauvreté dans le monde. Les choses en économie sont aussi simples que cela…

A travers les exemples chiffrés que j’ai donné plus haut, nous voyons que l’existence des taux d’intérêts de profite à personne, car ces derniers incitent les Etats à s’endetter mutuellement, de façon totalement artificielle. La structuration asymétrique du commerce international accentue encore ce phénomène en empêchant toute initiative de solidarité entre les Etats, condamnés malgré eux à accumuler toujours plus de devises que leurs voisins. Cette situation comporte un non-sens tragique qui génère des dommages collatéraux entre des Etats condamnés à se livrer un combat permanent qui ne les mène à rien. C’est un peu comme si au sortir de la seconde guerre mondiale, nous avions transféré notre violence militaire dans les règles du commerce international. Les Etats modernes sont enfermés dans une arène. Ils en sont réduits à se comporter entre eux comme des gladiateurs dont seulement quelques uns auront le droit de vivre, alors que les autres mourront. Quel bilan pouvons nous faire de tout cela ? Si je devais donner une note aux règles des échanges internationaux, ce serait un +,-. Si par ailleurs, vous me demandiez de donner une note aux taux d’intérêts, ce serait un - ,-. Nous devrions penser sérieusement à établir une charte internationale de désarmement financier. Nous vivons dans l’équilibre de la terreur financière, dans une situation où les économies interdépendantes se condamnent mutuellement au crack. Nous sommes tous sur le carreau. L’abolition des taux d’intérêts est la mère de tous nos droits socio-économiques ; et tant que les taux d’intérêts subsisteront, quelque part dans le monde, nous seront les esclaves d’un système économique et financier, qui si on le regarde lucidement, ne profite à personne.

L’économiste :

Pour un économiste, la monnaie n’est pas un objet matériel avant tout mais un objet résolument social. Regardez par exemple les travaux de Robert Clower (1969).

Olivier Rocca :

Désolé, je ne connais pas ce monsieur ! Et pour tout vous dire, j’en ai plus que marre de toutes ces pommades théoriques que vous vous passez à longueur de journée. Vous me dites que la monnaie n’est pas un objet matériel, mais vous traitez le crédit comme une chose matérielle. Vous prétendez que la monnaie a une dimension sociale, mais dans les faits elle n’en a absolument aucune. Et je vais une fois encore vous en donner la preuve par les chiffres.

Reprenons si vous le voulez bien l’exemple du crédit de 600.000 euros sur 12 ans à 10% de taux d’intérêt. Celui-ci coûtera la modique somme de 432.547 euros à l’emprunteur si le prêt est mené à terme. Le coût du crédit représente 72% de la somme empruntée. La somme d’intérêts versés à la banque équivaut à 43.254 heures de travail à 10 euros de l’heure. Cela représente 25 ans de travail, 25 ans pendant lesquels l’intégralité des salaires ne servira qu’à payer de l’intérêt…. Si nous étions dans une fable ou une légende, nous pourrions sourire de ces chiffres, et les considérer avec humour. Mais le problème est que nous ne sommes pas dans une fable : ces chiffres sont ceux que nous utilisons pour concevoir nos activités économiques dans la vie matérielle quotidienne. Le rapport entre le revenu du capital et le revenu du travail ne se fonde même pas sur une inégalité, comme certains voudraient le penser, en fait c’est encore pire : il y a une incommensurabilité entre les deux grandeurs, qui sont pourtant en rapport permanent, puisque le capital a besoin du travail, et le travail a besoin du capital. Mais nous sommes dans un rapport totalement illogique, dénué de fondement et finalement absurde. Je vois dans cette absence totale de rapport entre le capital et le travail l’origine de la fracture sociale, car aussi longtemps que subsistera un tel non-sens, nos activités matérielles seront génératrices de toute la violence aveugle que nous connaissons à notre époque. Tant que cette absurdité absolue subsistera, nous ne pourrons pas parler de science économique, mais d’un état de fait totalement anarchique, qui n’est absolument pas structuré, ni défini, ni cadré, ni régulé, ni porteur d’une quelconque vertu sociale, malgré les théories optimistes de ce Monsieur Robert Clower que vous vous plaisez à citer. Je pense que seule la volonté humaine serait capable de remédier à cet état de fait, en rendant les ordres de grandeur entre capital et travail moins absurdes, et c’est là le domaine de ce que l’on nomme économie politique. Pour que l’économie ait un sens, nous devons lui fixer certaines limites.

Cette réflexion en appelle une autre : la monnaie est un excellent instrument pour consommer, c’est un bon instrument pour épargner, c’est un instrument médiocre pour évaluer le travail, et c’est le pire des instruments pour donner. Certes, vous pourrez toujours me dire que beaucoup de personnes gagnent plus de 10 euros de l’heure, et que le revenu du travail comporte également un profit, tout comme le taux d’intérêt est le profit de la banque (selon votre pensée). Mais je vous répondrai que la plupart des personnes dans ce monde gagnent moins de 10 euros de l’heure (ça fait 1.400 euros par mois, c’est plus que le SMIC), alors que les taux d’intérêt du capital, pour leur part, ne varient pas, car ils sont toujours fixés en proportion du capital, et relativement homogènes. C’est la raison pour laquelle je pense que le taux d’intérêt régule les mouvements du capital, mais certainement pas ce qui se passe sur le marché du travail. Le marché du travail nous est totalement inconnu. Il nous échappe. Est-ce un marché ? Je ne le sais pas. La science économique non plus. Les organismes de gestion du chômage le reconnaissent eux-mêmes : 80% des offres d’emplois se communiquent hors marché. C’est le travail qui a une dimension sociale, pas la monnaie, ni le capital. Si la science économique cherchait vraiment à s’intéresser au monde du travail, elle s’ouvrirait à des disciplines qui lui sont étrangères : sociologie, histoire, politique, communication, et elle chercherait à donner ou inventer une autre représentation du travail que celle du marché.

L’économiste :

Votre idée de crédit gratuit s’apparente pour moi à une simple politique de relance budgétaire keynésienne. Si ça pas cela, il faut expliquer davantage et dire en quoi c’est différent de Keynes.

Olivier Rocca :

La politique de relance de Keynes est le symbole d’une certaine époque (aujourd’hui révolue). A l’époque de l’Etat Providence, et pour faire face à la pauvreté, Keynes a demandé aux Etats de mettre en place des politiques de grands travaux pour donner du travail aux gens et relancer l’économie (en augmentant le pouvoir d’achat et la consommation). Ces politiques de grands travaux étant très coûteuses, leur financement ne pouvait pas reposer seulement sur l’impôt. Les Etats ont donc fait des crédits pour financer la partie excédentaire de leur dépense. C’est ce qu’on appelle le déficit budgétaire. De nature essentiellement sociale, l’utilisation du déficit budgétaire qui était au départ une chose exceptionnelle est vite sortie de son objet premier pour devenir un usage habituel dans le vote du budget, au grand détriment des Etats qui se sont ainsi considérablement endettés. Je vous remercie de m’avoir posé cette question car elle montre bien l’origine de l’explosion de la dette. Chose curieuse, les Etats achetaient à crédit, en payant un taux d’intérêt, les moyens d’accomplir leur mission d’intérêt général, dans un domaine social qui ne leur rapportait aucun profit particulier, puisque l’Etat n’a pas vocation à devenir une entreprise…. Encore une anomalie qu’il convient de souligner. Avec le temps, le recours à la politique de relance keynésienne a été complètement dénaturé. Le dernier grand Keynésien de la planète est… G. W. Bush, qui a obtenu en 2005 une très importante rallonge budgétaire du congrès américain… pour faire la guerre en Irak, et aussi pour soutenir les marchés financiers ! Ce qui explique que le déficit public américain a pratiquement doublé de volume pendant les deux mandats de Bush. Du jamais vu dans l’histoire américaine, pourtant si habituée à avoir de mauvaises équipes gouvernementales.

Bien évidemment, vous comprendrez que la monnaie gratuite a peu de rapport avec la politique de relance Keynésienne. C’est peut-être l’opposé d’une politique de relance Keynésienne, ne serait-ce que sur la question de la gestion de la dette publique. Ce qui est certain, c’est qu’il me semble totalement illogique de demander aux Etats de payer des taux d’intérêts pour développer des services d’intérêts généraux, puisque ce type d’activité ne génère par définition aucun profit, aucun surplus économique qui permettrait de payer un taux d’intérêt. Ce qui explique l’escalade de la dette à laquelle nous assistons de façon impuissante depuis des années. Pour remédier à cela, les ultras libéraux voudraient soumettre toutes les activités de l’Etat à la loi du marché, pour « optimiser les coûts de transaction ». On voit bien l’hypocrisie et la lâcheté immense qui se cache derrière de tels principes. Car soumettre toutes les activités de l’Etat à la loi du marché, cela signifie concrètement ne plus donner de soins aux plus pauvres, laisser chacun se débrouiller pour le logement, rendre l’école payante, sélectionner les personnes en fonction de leurs origines socio-économiques et plus selon leur travail, mettre des péages sur toutes les routes du pays pour rentabiliser les infrastructures, faire travailler les prisonniers pour une misère afin de rentabiliser les prisons, mettre la politique sanitaire au service des grandes firmes pharmaceutiques, ou la politique de la culture au service des grands annonceurs publicitaires… Vous pourrez me dire que ces choses existent déjà, et qu’elles se sont déjà peu ou prou réalisées. En effet, on peut voir à quel point la construction européenne est sous l’emprise d’une idéologie ultra-libérale, qui ne jure que par le marché, sans doute pour obtenir peu à peu le dépérissement des Etats et le regroupement dans une entité transnationale. Personnellement, je doute de la volonté politique des ultra-libéraux, et je n’ai jamais vu ou entendu un ultra-libéral qui ait une vision politique. Je pense que la recherche du dépérissement de l’Etat et de la dérégulation en toute chose n’est motivée que par un seul but ; qui est d’assurer la suprématie absolue du marché pour faire toujours plus de fric. Chez l’ultra-libéral, le marché est devenu le seul et ultime critère de décision. C’est pourquoi ces personnes sont des gens dangereux, comparables à des ayatollahs, c’est à dire à des fanatiques religieux. Mais ce n’est pas ce visage là que l’on retient d’eux, puisque les ultra-libéraux et leurs lobbies disposent de moyens suffisants pour se payer de belles campagnes de communication qui les feront passer pour de doux agneaux.

L’économiste :

Le taux d’intérêt a pour fonction de réguler l’offre et la demande de monnaie. Votre monnaie gratuite va générer de l’inflation.

Olivier Rocca :

Pour maîtriser l’inflation, il suffit d’interdire la création monétaire. Le traité de Maastricht a interdit aux Etats de créer de la monnaie pour financer leur dette. Donc les seuls organismes habilités à créer de la monnaie sont les banques commerciales. Ce qui signifie que nous avons confié la gestion de notre monnaie à des banques commerciales. Celles-ci prêtent de l’argent avec un intérêt. J’observe que dans tous les domaines économiques où l’on a eu recours massivement au crédit avec taux d’intérêt, il y a eu : 1) de la spéculation et 2) de l’inflation. Par conséquent, en interdisant les taux d’intérêts et leurs corollaires, à savoir les produits de placements à taux garantis (bons du trésor, obligations… etc), et en fixant une limite à l’endettement de chaque catégorie de personne (privée, publique, physique, morale), nous combattrons l’inflation d’une manière bien plus efficace qu’en laissant la gestion de notre masse monétaire à des banques privées qui ne la manipulent qu’en fonction du taux d’intérêt.

Je pense qu’une telle mesure aurait non seulement des vertus financières, mais qu’elle serait également une excellente façon de relancer l’économie sans générer de l’endettement ou des impôts supplémentaires. Supprimer les taux d’intérêts du crédit reviendrait en quelque sorte à supprimer l’impôt des banques, impôt privé dont le résultat social est de générer une terrible inégalité devant l’argent et devant le capital, alors que la mission traditionnelle d’un impôt est de combattre les inégalités. Cette inégalité des hommes devant le capital est d’autant plus détestable qu’elle a aussi des conséquences très néfastes sur la dynamique économique. En effet, le taux d’intérêt du crédit va obliger les personnes à payer un bien beaucoup plus cher que ce qu’elles auraient eu à payer si l’argent avait été gratuit, ce qui va les inciter à avoir entre elles des rapports d’usure, notamment en escomptant une rentabilité sur toute chose. Peu à peu, nous sommes rentrés dans une société d’usure généralisée, une société purement mercantile où le temps n’est plus rythmé par un projet commun, mais par les variations chaotiques du taux d’intérêt. Curieusement, la perte d’efficacité se conjugue avec la perte de sens. La subsistance du taux d’intérêt est un non-sens individuel et collectif. L’illusion du taux d’intérêt ne cessera que lorsque nous nous déciderons à donner du sens à l’économie.

Et pour que vous puissiez le comprendre, je vais (encore) vous donner des exemples chiffrés. Lorsqu’une personne en France veut acheter une habitation, par exemple un deux pièces, pour 220.000 euros, avec un crédit in fine à 5% de taux d’intérêt sur 12 ans, elle va payer 11.000 euros de taux d’intérêt par an, soit 132.000 euros sur 12 ans, ce qui fait plus de la moitié du prix. Si cette personne gagne le SMIC, alors c’est très clair, elle ne pourra jamais être propriétaire. Si cette personne achète le bien immobilier pour le louer, elle va devoir gonfler ses loyers pour payer les taux d’intérêts. D’autre part, on peut se demander combien de taux d’usure sont incorporés dans le prix de vente du bien immobilier, car si les promoteurs et les différents corps de métier du bâtiment ont eu recours au crédit pour la construction du logement, l’intérêt qu’ils ont payé va forcément se répercuter sur le prix de vente pour l’augmenter. Ainsi, nous voyons bien que le taux d’intérêt est à l’origine d’une inflation généralisée, dont la théorie économique ne tient jamais compte, comme si l’existence du taux d’intérêt était un phénomène qui allait tellement de soi qu’il ne peut jamais être remis en cause. Or nous voyons combien l’explication de l’inflation se rattache au phénomène de la spéculation - spéculation des taux d’intérêts générant un profit disproportionné des organismes de crédit, un profit qui n’est basé ni sur leur travail, ni sur le risque, ni sur leur patrimoine, un profit n’ayant donc aucun fondement économique, et n’ayant finalement aucune raison d’être. La subsistance de telles pratiques usuraires à tous les niveaux de la vie socio-économique n’est pas sans effets dans la qualité de notre vie quotidienne. L’inflation masquée des taux d’intérêts génère de l’exclusion sociale, car elle empêche des franges entières de la population d’accéder au logement dans des conditions décentes. Car ce n’est pas seulement le fait d’accéder au logement qui est le critère décisif, c’est également celui de ne pas être endetté sur deux générations, et de ne pas payer son bien deux fois au lieu d’une.

Les pays en développement devraient eux aussi comprendre que l’abolition des taux d’intérêts dans leur gestion monétaire intérieure leur donnera une bouffée d’oxygène et leur offrira des solutions de relance économique bien plus fructueuses que les crédits payants et conditionnés du FMI ou de la banque mondiale, conditionnalités qui n’ont d’autres objectifs que d’ouvrir par la force les marchés des pays en développement à des capitaux privés incontrôlables qui ne sont animés que par la recherche du meilleur taux de rentabilité sur leurs investissements. Pourquoi, dans des pays comme la Thaïlande ou le Maroc, les taux d’intérêts atteignent-ils 18% ? Ces pays sont déjà très fragiles sur un plan intérieur et créent eux-mêmes les conditions de leur propre destruction. Au nom de quoi prennent-ils de telles décisions ? Comment ne pas voir que maintenir 18% de taux d’intérêt sur une monnaie nationale, cela revient à écarteler toute une société, c’est condamner des pans entiers de la population au chômage, c’est ruiner la compétitivité internationale de ses entreprises, c’est s’attirer les seuls capitaux spéculatifs qui repartiront aussi vite qu’ils sont arrivés, et finalement, pour les pays musulmans, c’est choisir une politique qui ne respecte pas les saintes prescriptions du Coran ? Pour permettre à un nombre plus grand de personnes d’entrer massivement sur le marché du travail, sans que cela ne génère de l’inflation, la seule solution est de supprimer progressivement les taux d’intérêts et d’organiser une politique nationale de crédit basée sur des incitations économiques et une fiscalité maîtrisée. Supprimer les taux d’intérêts, cela signifie re-faire de la politique en rétablissant une hétérogénéité de l’argent, car sa distribution ne sera plus conditionnée par un taux de marché homogène et insignifiant, mais par de véritables projets économiques - comme par exemple le fait de prêter gratuitement un capital à tous ceux et celles qui souhaitent créer leur outil de travail, faire des crédits gratuits aux entreprises qui veulent embaucher (au lieu de leur donner des subventions payées par l’impôt)…. Supprimer les taux d’intérêts ne signifie pas que les pays en développement ne recevront plus de capital financier venant de l’étranger, simplement, les personnes qui investiront dans les pays en développement entreront dans le capital de sociétés qu’ils connaissent, où ils percevront des dividendes, et n’agiront plus en fonction du taux d’intérêt que leur offre le marché financier.

Evidemment, de telles mesures politiques supposent une bonne dose d’intelligence économique et une certaine imagination, car sinon on risque vite de tomber dans le clientélisme et le gaspillage. Au lieu de demander à leurs créanciers internationaux d’effacer leurs dettes, les pays en développement feraient preuve d’un plus grand courage et d’une plus grande liberté en demandant à leurs banques centrales de supprimer graduellement les taux d’intérêts sur leurs monnaies et tous leurs crédits, pour retrouver la maîtrise réelle de leurs échanges et de leurs politiques économiques intérieures. Ces pays devront faire un choix : soit continuer à dépendre des grands organismes financiers internationaux en espérant attirer les investisseurs étrangers par des taux d’intérêts élevés (c’est la politique qu’ils mènent depuis 20 ans, et on en connaît les résultats, surtout pour les Hedge Fund de Mr Soros), soit ils devront tenter autre chose, prendre une direction nouvelle, inconnue, et pour la première fois, faire confiance à leur propre population, à leur propre système éducatif, à leur propre ressource, à leur propre culture, pour concevoir un véritable projet de développement interne basé sur la restauration des forces vives des pays et leur alliance transnationale si nécessaire.

Dans un même mouvement, les pays dits développés seraient bien inspirés de limiter leur endettement public, comme l’ont déjà fait certains pays du Nord de l’Europe, en interdisant purement et simplement la constitution d’un déficit primaire dans le vote du budget. Il est assez frappant de constater que ce sont encore les pays du Nord de l’Europe – et notamment la Norvège – qui sont parvenus en premier à annuler les dettes dites « illégitimes » qu’ils avaient sur les pays en développement, démontrant par l’exemple que l’abolition de l’endettement généralisé et des pratiques usuraires n’est pas une question de moyens, mais de volonté politique. Si les pays qui ont le plus recours au déficit budgétaire, selon une pratique financière révolue, sont aussi ceux qui ont le moins de « prédispositions » pour annuler la dette de leurs voisins, il faudra bien se demander pourquoi ils ne le peuvent pas, en remontant vers la cause de tout ce grand désordre : le taux d’intérêt, cette pratique financière révolue.

L’économiste :

La gestion de la monnaie par les taux d’intérêts a toujours produit de bons résultats sur le plan économique et financier. Pendant les années 1990, l’augmentation des taux d’intérêts a permis de maîtriser l’inflation et de disposer d’une monnaie forte.

Olivier Rocca :

Je pense sincèrement que nous devrions considérer le taux d’intérêt comme une illusion économique. Vous êtes comme ces astrologues qui persistent à croire que la terre est au centre de l’univers. Votre taux d’intérêt ne fait pas tourner l’économie ; il la détourne à ses fins, et vous continuez à chercher toutes sortes de justifications pour maintenir son existence.

Si la monnaie n’était pas conçue seulement comme un droit quantifié (c’est à dire une chose matérielle), mais que nous avions l’ambition d’en faire un droit universel (en lui redonnant une valeur symbolique), elle pourrait enfin devenir un instrument au service de l’être humain.
Si l’on considérait la monnaie non plus comme une ressource payante, mais comme un droit, la question de l’inflation disparaîtrait automatiquement, car les biens retrouveraient leur juste prix, et les personnes cesseraient de faire des anticipations spéculatives sur les taux d’intérêts. Si la monnaie n’était pas rémunérée artificiellement, mais en fonction d’un projet, les mouvements de capitaux retrouveraient une cohérence et serviraient mieux les intérêts vitaux. Si la monnaie ne travaillait pas à la place des hommes, les entreprises retrouveraient leur compétitivité, et la ressource humaine serait plus recherchée pour la création de la richesse.

Si les Etats disposaient d’une monnaie gratuite, ils seraient en mesure de rembourser leurs dettes et retrouveraient des disponibilités pour mener à bien leur mission de service public. Nous serions capables de libérer les pays en développement de la dette insoutenable qui pèse sur eux et les empêche de répondre aux besoins imprescriptibles de leurs peuples souverains.

L’existence des taux d’intérêts sur le crédit est l'autre nom que l'on donne au fait que les gens riches arrivent à l'être et l'être encore plus aux dépens des gens pauvres : que les gens qui ont de l'argent arrivent à le vendre, plus cher que sa valeur à ceux qui n'en ont pas (d'autant plus cher que ceux qui l'achètent n'en ont pas ; crédit personnalisé à long terme cf Coluche) mais en ont besoin car dans le système économique que les pays occidentaux ont mis en place, même les besoins vitaux élémentaires s'achètent, comme tout : là EST le problème de fond.

Personnellement, je suis scandalisé de constater qu’au nom de la lutte contre l’inflation, des banques centrales indépendantes et ne devant rendre de comptes à quiconque s’autorisent à augmenter les taux d’intérêts, tout en demandant aux gouvernements de geler les salaires. En diminuant la rémunération du travail et en augmentant la rémunération du capital, les banques instaurent une inégalité de traitement d’autant plus inacceptable que les augmentations de taux d’intérêts sont des facteurs d’augmentation des prix bien plus puissants que les salaires. Pourquoi est-ce toujours les mêmes personnes (et en l’occurrence les plus démunis) qui sont obligées de faire tous les sacrifices pour contribuer à la consolidation des comptes nationaux ? Il est vrai que les banques centrales s’intéressent plus aux courbes statistiques de l’efficacité marginale du capital qu’aux souffrances quotidiennes du peuple. J’observe que durant les années 1990, les banques centrales américaines et européennes ont mené des politiques d’austérité monétaire qui ont plongé tout le monde dans le chômage. Quel beau résultat ! Au nom de la monnaie forte, les banques centrales se sont crues investies d’un pouvoir leur donnant le droit de saigner les peuples à blanc. Il serait temps de leur demander des comptes. D’une façon générale, je crois que l’heure est venue de réformer les institutions financières internationales dans le sens d’une plus grande transparence, pour faire régner la démocratie.

Quelques chiffres : sur un crédit de 12 ans, une augmentation de 1% du taux d’intérêt fait augmenter le prix final d’un bien de 9%. Ceux qui n’ont pas besoin de faire des achats n’ont qu’à attendre, ce sont les spéculateurs, les nantis, les détenteurs du capital, par contre, ceux qui doivent acheter immédiatement, comme les entreprises (consommations intermédiaires, matières premières), et les particuliers (achat d’un logement, d’une voiture) paieront leur bien plus cher. C’est donc une telle mesure qui est censée faire diminuer les prix ; en vérité tout cela ne fait que générer des crispations sur le marché, qui peuvent préfigurer de graves crises.

Les banques centrales condamnent les hausses de salaires, alors que leurs manipulations des taux d’intérêts sont les pires facteurs de l’instabilité économique. Pourquoi les secteurs du marché qui connaissent actuellement les plus grandes flambées des prix (immobilier, bourse, art) sont aussi ceux dans lesquels on a le plus recours au crédit ? Une question dérangeante à laquelle aucun économiste officiel ne veut répondre. A l’heure actuelle, si les taux d’intérêts longs termes se sont stabilisés à 4% dans la zone euro et la zone dollar, il n’en est rien pour les pays émergents : des pays comme le Maroc, la Thaïlande… etc sont actuellement à 18% de taux d’intérêt. Par ailleurs, de nombreuses sociétés financières continuent de prêter à 18 % de taux d’intérêt en France, on appelle cela le crédit revolving rechargeable, le financement de découvert, et il paraît que c’est très bien car ainsi on relance la consommation des ménages. Alors il faudra m’expliquer la chose suivante, parce que je suis un peu idiot : pourquoi faut-il geler les salaires pour éviter l’inflation, tout en permettant aux organismes financiers de faire du crédit à 18% pour relancer la consommation ? Pour la petite histoire, sachez qu’un crédit consommation de 10.000 euros à 18% de taux d’intérêt sur 5 ans vous coûtera 9.000 euros d’intérêt. Au lieu d’acheter votre bien à 10.000 euros, vous le paierez 19.000. Plaisant, non ?

Conclusion : pour lutter contre l’inflation, il faut ne plus disposer d’argent afin d’être obligé de faire des crédits qui vous donneront le privilège de payer les biens deux fois leurs prix.

L’économiste :

Vous ne faites jamais référence à un auteur de science économique. Pensez-vous qu’il soit possible de construire une réflexion sérieuse sans vous appuyer sur des auteurs reconnus ?

Olivier Rocca :

Je ne m’appuie pas sur des auteurs économiques pour une raison simple : je n’ai pas appris l’économie à l’école, et je trouve que les auteurs dont vous me parlez ne sont pas très recommandables, si j’en juge à ceux qui s’en servent dans leurs discours.

Mon approche de la question monétaire est beaucoup plus politique… C’est la raison pour laquelle je vais vous donner en guise de conclusion quelques citations d’hommes politiques qui corroborent ma vision et lui donneront la légitimité requise.

A mon sens, et comme je vous l’ai dit plus haut, le problème de la dette provient essentiellement du fait que la monnaie n’appartient plus aux peuples. Elle n’appartient même plus aux Etats, contrairement aux apparences. La monnaie appartient à une vingtaine de banques dans le monde qui fixent son prix de vente en définissant les taux d’intérêts à partir du marché le plus spéculatif qui soit : le marché des produits dérivés. Difficile dans de telles conditions de concevoir une politique publique à long terme, vous en conviendrez…

La banque centrale européenne, ainsi que la FED sont des sociétés anonymes, cela donne un peu froid dans le dos vous ne trouvez pas ? En fait le sujet de la monnaie est tellement tabou en économie que je ne sais pas sur quel auteur économiste je pourrais m’appuyer…

L’autre problème de la monnaie moderne, c’est que l’argent n’existe plus… Il est devenu virtuel. Lorsque le ministre s’écrie « nous avons remboursé deux milliards de dette », il n’a fait que payer des taux d’intérêts ; donc au fond c’est de l’argent qui part au NEANT, alors qu’il aurait pu être utilisé intelligemment, dans des investissements publics par exemple. C’est la question de l’absence de dimension symbolique de la monnaie qui se pose là. Car le problème de fond qui se pose à tous les Etats modernes, ce n’est pas l’existence de la dette, à la limite, cela est une situation normale pour tout acteur économique riche, mais c’est la persistance des taux d’intérêts qui rendent cette dette totalement ingérable et improductive.

La dette qui pourrait être un formidable instrument de gestion à long terme des Etats est devenue une sorte de malédiction collective qu’il faudrait absolument supprimer. Quelle hérésie ! L’annulation de la dette publique est un leurre, tout comme l’idéologie ultra-libérale qui fait de la réduction des dépenses publiques l’alpha et l’oméga de toute réforme politique. On peut d’ailleurs se demander si le stratagème qui consiste à culpabiliser le peuple en lui imposant toutes sortes de politiques d’austérités ne sert pas à éviter la question centrale de la propriété de la monnaie ; et dans un monde régi par les taux d’intérêts, à qui profite le crime ?

S’il faut maintenant m’appuyer sur des citations pour vous convaincre, en voici quelques unes, qui proviennent de personnes dont les compétences ne sont plus à démontrer :

"Lorsqu'un gouvernement est dépendant des banquiers pour l'argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent la situation, puisque la main qui donne est au dessus de la main qui reçoit. (...) L'argent n'a pas de patrie ; les financiers n'ont pas de patriotisme et n'ont pas de décence ; leur unique objectif est le gain." Napoléon Bonaparte (1769-1821), Empereur français, initiateur et co-rédacteur du Code Civil.

“Si vous désirez être les esclaves des banques, et payer pour financer votre propre esclavage, alors laissez les banques créer l'argent.” Josiah Stamp (1880-1941), Gouverneur de la Banque d'Angleterre, 1920

"Donnez-moi le contrôle sur la monnaie d’une nation , et je n’aurai pas à me soucier de ceux qui font ses lois." Amchel Mayer Rothschild.

"Si les gens de cette nation comprenaient notre système bancaire et monétaire, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin." Henry Ford Sr.

"Je crois que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés qu’une armée debout." Thomas Jefferson.

Finalement, et pour conclure, c'est tout le système financier international qu'il faudrait remettre en cause si l'on veut VRAIMENT sortir d'une crise kafkaïenne. Et comme l'a très bien remarqué Bourdieu, on reconnaît celui qui est de gauche à celui qui est de droite en fonction de son rapport à l'ordre établi des puissants. On reconnaîtra ainsi ceux qui répondront que non, l'argent doit rester où il est, et que son utilisation ne doit pas radicalement changer.



http://www.amazon.fr/Argent-conscience-%C3%A9conomie-progr%C3%A8s-humain/dp/2848251344

Présentation de l'éditeur
La finalité de l'économie n'est pas de nous inciter à produire toujours plus, pour accumuler des richesses en quantité infinie, elle est de nous apprendre à partager, afin de donner du sens à notre vie. Telle pourrait être la vision de ce livre, qui n'est pas une théorie économique, mais un dialogue ininterrompu, une histoire dans laquelle l'auteur part à la rencontre des conditions de travail en entreprise, des pratiques financières internationales, de la représentation que nous avons de l'argent et de la monnaie, de la révolution des technologies de communication, et des chances d'intégration sociale et politique qu'elles suscitent. Se révèle ainsi, par touches vibrantes et sensibles, une idée romantique de l'économie, qui réjouit le cœur des hommes, et engendre une vie matérielle plus équilibrée.

Biographie de l'auteur
Olivier Kocca, a publié des articles sur des sujets divers: religions, sciences politiques, arts plastiques, économie. Argent et conscience est son premier livre.

Editeur :
France Europe Editions (13 mars 2006)
Langue : Français
ISBN-10: 2848251344
ISBN-13: 978-2848251349

Table des matières
Qu'est-ce que la monnaie ?
Création et actualisation
La monnaie ne se mesure pas
Qu'appelle-t-on partager ?
Qu'est-ce qui m'appartient ?
La monnaie est mortelle
Temps durable et création
La pensée collective n'existe pas encore
Se développer à son propre rythme
La théorie de l'économie distributive
Dette publique et démocratie réelle
Deux monnaies pour une nation
Quelle monnaie sociale ?
Quelles pratiques pour une pédagogie économique ?
Le contrat social individuel
Le choix de l'âme
La danse de la société
Une économie du progrès humain




Créé par: admin Dernière modification: Samedi 10 de Mai, 2008 10:31:01 CEST par admin


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  24. Argent, dettes et banques
  25. Stochocratie et argent
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  31. Arnaque
  32. droit de création monétaire
  33. Arnaque dette 2
  34. Lettre Deputes
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  36. Arnaque dette
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  44. Impots et taxes
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  47. Crise et monnaie
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  71. Ecosocietalisme0
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  162. PIP
  163. Association ACS
  164. ComparatifCoopSel
  165. Viol politique
  166. Traite Simplifie
  167. Similitudes
  168. Demembrement
  169. Monnaie et Souverainete
  170. Lettre a Sarkozy
  171. LesAutruches
  172. MonnaiePublique
  173. RevenuCitoyen2
  174. RevenuCitoyen1
  175. TSC
  176. Evolutions du Societalisme
  177. Vouloir le pouvoir
  178. DiversSEL
  179. Societalisme
  180. PouvoirEtSavoir
  181. Actions
  182. Surveillance
  183. PlanMedia
  184. CharteGraph
  185. SyntSites
  186. OrgaArbo
  187. Forfaiture
  188. EMS-18points
  189. UtopieRealisable3
  190. UtopieRealisable2
  191. UtopieRealisable1
  192. ActuelPIB
  193. CorinneLepage
  194. Pacte N Hulot
  195. Scenarii2050
  196. Energie2
  197. Energie1
  198. EnergieJancovici
  199. MoraleRealiste
  200. MiseEnOeuvre
  201. Charte
  202. EcoMonetarisme2
  203. EcoMonetarisme1
  204. EcoMonetarisme0
  205. Idees Fausses
  206. CoutDuProgramme
  207. PageVIDAL
  208. Parti Vivant
  209. PageCHOUARD
  210. Manifeste CIPMF
  211. Comparatif
  212. Le NAIRU
  213. PageLUIGI
  214. PageDL
  215. Richesses
  216. TitanicOuMetamorphose
  217. Hyperliberalisme
  218. Tueur-a-gage
  219. FONAES
  220. FauxMonnayeurs
  221. DicoSocietal
  222. QuelJeuDeC
  223. Non Monsieur Fillon
  224. CerveauxDisponibles
  225. Etat-Dette-Monnaie
  226. PatrickViveret
  227. QuitterOMC
  228. AccordTacite
  229. FiscaliteEmploi
  230. Monnaie Nationale
  231. Allais
  232. FracturesSociales
  233. CharteLaHavane
  234. BailEmphytheotique
  235. Ecosocietalisme3
  236. Ecosocietalisme2
  237. Ecosocietalisme8
  238. Ecosocietalisme7
  239. Ecosocietalisme6
  240. Ecosocietalisme5
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