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Editorial 6 - AU SECOURS ! NOUS NE COMPRENONS PLUS ! - ZOA - 30 décembre 2004


Texte circulant sur le net, écrit par ZOA, responsable des sites notremonde.org et alterdemocratie.org, envoyé aux associations, médias, députés français et à la Présidence de la République française. Ce texte a fait l'objet d'une émission radio "ici et maintenant" le 29 décembre 2004.


AU SECOURS ! NOUS NE COMPRENONS PLUS !

Nous, citoyens européens, américains, africains, australiens et asiatiques vivons dans un monde que nous ne comprenons plus. Nous sommes en 2005, l’aube du 21ème siècle chrétien, et tout ce que nous vivons ou voyons nous fait peur. Il existe de multiples formes de vie sur notre planète, animales, végétales, humaines, mais toutes semblent en danger, toutes semblent soumises à une évolution inéluctable qui ne favorisera pas leur pérennité.

Le constat sur l’état actuel de notre planète est horrible, inimaginable, inadmissible. Sans même évoquer le traitement infligé aux animaux et à la nature en général, il suffit simplement de se renseigner pour s’apercevoir que les trois quarts de la population vivent dans des conditions précaires, n’ont pas de nourriture ou simplement de l’eau potable. En 2004, un milliard d’enfants n’a pas accès au minimum vital et une cinquantaine de pays est considérée comme plus pauvre qu’en 1990 ! Le quart restant pollue le sol, le sous-sol et l’atmosphère, rendant impossible une amélioration future de l’ensemble de la population. Dans ce quart restant, nous trouvons des régimes politiques avancés qui sont sensés insuffler un modèle de vie où la liberté de pensée et le confort matériel règneraient. Il n’en est rien, puisque même aux Etats-Unis? ou en Europe la pauvreté augmente et nos enfants sont en danger (1 enfant sur 5 dans le besoin aux Etats-Unis?, 1 sur 6 en Europe). Pire, dans ces pays où les citoyens sont sensés être libres, s’informer et revendiquer des droits, la désinformation, la censure et la répression règnent en maître.

Nous vivons sur une planète magnifique où, malheureusement, une petite partie de la population, qui deviendra bientôt infime, consomme de plus en plus au détriment de milliards de personnes, au détriment des terres, de l’atmosphère et de nos ressources naturelles dont nous allons priver nos enfants et nos petits-enfants et qui, pourtant, seront indispensables à leur survie. La machine productiviste s’est emballée au mépris du plus élémentaire des respects, celui de la Vie. Nous ne comprenons plus !

Alors que les avancées scientifiques de nos civilisations permettraient aujourd’hui de nourrir 9 milliards d’individus et d’assurer un revenu minimum à l’ensemble de la population mondiale, tant les besoins sont grands, les écarts de richesse se creusent et les inégalités augmentent. Nous ne comprenons plus !

Nous, citoyens du monde, avons combattu les régimes monarchiques et leurs privilèges, les régimes autoritaires de l’Europe des 19ème et 20ème siècles, ceux de l’Afrique, les régimes totalitaires de l’Est de l’Europe, ceux de l’Amérique du Sud, les régimes fascistes des années 30, et nous ne vivons toujours pas, au 21ème siècle, dans de véritables régimes démocratiques à participation citoyenne directe. Nous ne comprenons plus !

Lorsque nous lisons un journal, écoutons la radio ou regardons la télévision, nous sommes tristes, bouleversés, horrifiés : attentats, conflits ethniques, guerres économiques, guerres préventives, génocides, mines antipersonnelles, missiles nucléaires, nouvelles armes (bactériologiques, chimiques, climatiques, semi-nucléaires, à uranium appauvri), extermination de certains peuples, crimes crapuleux, déchets radioactifs, catastrophes industrielles, réchauffement de la planète, effet de serre, trou dans la couche d’ozone, fonte des glaces, catastrophes naturelles qui s’intensifient, écosystèmes en danger, destruction de nos forêts, pollution de nos océans, rejets plastiques, pesticides, dégazages en mer, littoraux salis par le pétrole, nappes phréatiques souillées, baleines, éléphants ou grands singes exterminés ou tués pour le commerce, disparition définitive de milliers d’espèces, expérimentations animales cruelles, SIDA, cancer, famines, épidémies, choléra et paludisme, médicaments génériques refusés aux pays pauvres, maladies orphelines non traitées, malnutrition infantile, prostitution, esclavage moderne, ghettos, SDF, personnes âgées délaissées, retraités en danger, suicide des jeunes, drogues, chômage, délocalisation, mort de l’artisanat, mal bouffe, OGM, faillite de grands pays comme l’Argentine, concentration de la richesse, corruptions politiques, élections truquées, justice à deux vitesses, journalistes emprisonnés, traçabilité des êtres humains, Patriot Act aux Etats-Unis?, prosélytisme religieux (à l’école, dans les cités, dans certains Etats), censure, Hommes enfermés pour délit d’opinion, multiplication des sectes, racisme, clonage de l’humain. Nous ne comprenons plus!

Nous, citoyens du monde, affirmons haut et fort que nous ne voulons pas de ce monde rempli de haine, de violence physique et morale, de discrimination, d’intolérance et de soumission.

Ceux qui ont compris nous disent qu’un autre monde est possible. Ils affirment que les peuples doivent réagir, inventer de nouvelles formes de gouvernance politique et reprendre le pouvoir confisqué. Ils proposent des moyens de mise en oeuvre de programmes basés sur un commerce équitable, une économie saine et solidaire, un transfert des technologies, un partage des richesses et assurent que tout ceci profiterait à l’ensemble de l’humanité, qui pourrait s’enrichir et s’épanouir durablement. Alors pourquoi cacher, discréditer, enfermer tous ces scientifiques, ces économistes, ces humanistes, ces philosophes, ces hommes politiques en les traitant publiquement d’utopistes ou de terroristes ? Nous ne comprenons plus !

Pour nous aider à comprendre, certains nous disent : lisez ces deux livres, avant qu’ils ne soient brûlés : 1984 de George Orwell et Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley ! Mais peut-être que nous ne voulons pas comprendre !

Par contre, la seule chose que nous comprenons, c’est que l’on nous a menti. Nous savons maintenant que nos gouvernants nous ont menti en nous faisant croire :
-que le meilleur moyen pour enrayer la pauvreté et vivre durablement dans un monde libre et en paix était l’économie de marché, mondialisée et libérale,
-que l’économie libérale assurait la liberté des individus, la démocratie et respectait les droits de l’Homme,
-que les peuples d’Afrique, d’Amérique latine, d’Asie vivaient dans le besoin parce qu’ils ne s’étaient pas soumis aux lois de l’économie occidentale.

Nous savons maintenant que nos gouvernants nous ont caché :
-que toutes les conditions avaient été réunies pour soumettre, dans un premier temps par la colonisation, puis par d’autres formes de dépendance, ces mêmes peuples, c'est-à-dire les trois-quarts de la planète,
-que les politiques des gouvernements des pays du Nord ne servent que l’intérêt de quelques grandes familles, toujours plus riches, et non l’intérêt général,
-que, depuis Bretton Woods et surtout les années 80, les hommes politiques sont soumis aux décideurs économiques, qui influencent les lois,
-que, de manière générale, le but de la mondialisation, de plus en plus concentrationnaire, est le contrôle de la totalité des êtres humains par une oligarchie financière.

Nous, citoyens du monde, affirmons haut et fort que nous ne voulons pas de ce monde rempli de haine, de violence physique et morale, de discrimination, d’intolérance et de soumission.

Messieurs les décideurs économiques, Messieurs les décideurs politiques, vous êtes quelques centaines, nous sommes des milliards ! Bientôt vous ne pourrez plus continuer à ignorer, étouffer, broyer un nombre toujours croissant d’individus qui appellent au secours et qui, un jour, sauront et réagiront. Ce jour-là, vos privilèges, qui auront sali votre âme et qui resteront dans l’Histoire, deviendront une honte insupportable. Pour vous ce sera la fin, mais vous pourrez toujours être fier d’avoir réussi une chose : détruire ce qui est, et empêcher ce qui aurait pu être. Alors, vos petits-enfants seront, à leur tour, des victimes, victimes de vos folies.

Messieurs les décideurs politiques, Messieurs les décideurs économiques, vos politiques biocides irresponsables détruisent les écosystèmes et les relations humaines, elles ne respectent pas la Vie, elles vont jusqu’à mettre en péril la survie de notre espèce. Chaque vie est précieuse, la mienne et celle de mes enfants, la vôtre et celle de vos enfants. Prenez vos responsabilités d’élus, remettez en cause vos choix, changez la donne ! Rien n’est impossible à l’Homme. Soyez les premiers véritables démocrates modernes sur qui les puissants de demain prendront exemple ! Soyez courageux, soyez grands, levez-vous et faites l’Histoire ! Pour vous, pour nous, pour vos enfants, pour l’humanité et pour les générations futures.

ZOA - www.notremonde.org - © 2005

Editorial 5 - A propos d'une émission radio - Brieuc Le Fevre - 21 décembre 2004


Le 16 décembre 2004, entre 14 et 16 heures, heure de Paris, AJH a participé à une émission radiodiffusée sur la radio FM "Ici et Maintenant". Au cours des débats et échanges avec les auditeurs, il est apparu que certains d'entre eux ne concevaient pas que l'Homme puisse vivre sans publicité ni consommation, car il a besoin de rêver. Selon cet auditeur, nommé Christophe, le désir de consommation provient du besoin de rêver, car posséder l'objet de la publicité donne au consommateur l'espoir de posséder aussi un peu de la gloire, de la force, ou de la beauté de l'acteur publicitaire. Devant cet argument, certes fondé, je me pose la question suivante: qu'est-ce qui fait que le consommateur rêve sur l'objet de la pub?

Ma réponse vient de loin, et je partirai directement de la base du problème, pour arriver au rêve consumériste. La base du problème en Occident est double: culturelle, et structurelle. Du point de vue structurel, il y a la rareté artificielle de la monnaie, qui contraint les entreprises à courtiser les possesseurs du capital financier pour obtenir quelques miettes d'investissement. Pour y parvenir, elles sont placées en situation de concurrence féroce, de lutte à mort pour la dernière place. Le résultat, dû initialement à l'exigence des actionnaires d'avoir un rapport élevé, est que les entreprises entrent dans le cercle vicieux de la productivité/compétitivité, aidées en cela par l'exigence ambiante de la recherche de la "Croissance" pour la nation. Du fait que matière première, énergie et robotique ont des coûts peu ou prou indépendants de la volonté de l'entreprise, celle-ci agit naturellement sur le plus fort poste budgétaire en son pouvoir: le salaire. Elle va donc, au choix et sans exclusive, opter pour la compression de personnel et la délocalisation. Ce faisant, elle rejette hors du monde de la production industrielle et de service une part de plus en plus importante de la population.

Cette frange (qui aujourd'hui d'ailleurs, plus que de franger notre société, en gagne aussi le coeur) de population au chômage rencontre alors de plein fouet le problème cuturel, représenté par l'opprobe pesant sur "ceux qui ne f... rien" en nos pays d'Occident, traditionnellement portés à valoriser socialement le travail. Les chômeurs, outre de perdre une fraction importante de leur pouvoir d'achat, et donc de leur qualité de vie, perdent tout espoir de se réaliser personnellement, à travers l'action entreprise envers la société. Ils deviennent exclus de la participation sociale en étant exclus de la production, et se retrouvent donc dans la situation de "parasites", "d'inutiles", de "poids morts" pour le corps social. Ce n'est pas une situation enviable, ni valorisante, pour l'individu de bonne volonté que l'on jette ainsi comme un vieux Kleenex.

Dans le désarroi, dans la détresse, l'individu rejeté va tenter de trouver un moyen de se réaliser, et, observant ce que font ceux qui ont la chance de travailler, voient que ces derniers consomment, car ils en ont les moyens. Arborer les signes extérieurs d'un certain confort est donc l'expression d'une situation valorisante, celle d'un salarié. Dès lors, poussé en cela par les sirènes perpétuelles de la pub, l'exclus va chercher à consommer, en rêvant que la possession lui apportera la satisfaction personnelle, la réalisation de sa vie. Bien sûr, c'est peine perdue, car aussi bien l'évolution rapide des marchés (nouveaux modèles tous les quelques mois, voire semaines) que la nature profonde de l'Homme (qui ne se satisfait pas d'une réalisation personnelles sans effort) font que consommer n'aide pas à résoudre le malheur profond d'un être humain rejeté par la société.

Pour cela, il serait de bonne politique que l'Etat aidât ces personnes à trouver les moyens de leur réalisation personnelle, en leur offrant structures et organisations leur permettant d'exprimer leurs compétences au service du bien commun. Il y a environ trois millions de chômeurs en France (peu importe le chiffre exact, c'est l'ordre de grandeur qui compte); imaginez ce que serait notre pays si l'Etat pouvait donner à ces trois millions d'actifs potentiels, qui pour la plupart ne demande que ça, la possibilité de devenir pour un tiers des aides sociaux (médecins, aides maternelles, aides gériatriques, aides environnementaux, pompiers, infirmiers, enseignants, etc), pour un second tiers des chercheurs dans tous les domaines (biologie, médecine, physique, robotique, environnement, et tout le reste), et pour le derniers tiers, des artistes de tous les arts (musique, cinéma, architecture, paysagisme, peinture, etc). Quel beau pays serait alors le nôtre!

Mais las! l'Etat lui-même, devant payer dîme à la finance, n'a plus les moyens d'une telle politique. Tout juste peut-il concéder à quelques associations de quartier l'usage d'un local miteux ou de maigres subventions. Partant, les chômeurs, déjà dévalorisés par le rejet de la production privée, ne peuvent trouver auprès de l'Etat démissionaire l'espoir d'une réinsertion au service de la communauté. Reste la pub et ses sirènes aguichantes, mais tellement vaines...

En clair, il semble évident que tant que les Etats ne retrouveront pas le pouvoir de diriger l'économie en faveur de la société, il sera illusoire de faire baisser la consommation inutile et polluante, car aussi bien les entreprises qui doivent vendre du nouveau pour perdurer, que les citoyens au chômage qui n'ont d'autre espoir de se réaliser, forceront le système vers toujours plus de production/consommation, au seul profit (financier) de quelques uns. Il nous reste alors, à nous qui sommes conscient de ce problème, le devoir de changer les règles du jeu, pour rendre aux chômeurs actuels leur dignité au sein de la société, et pour permettre de peut-être enfin stabiliser, puis faire décroître, une production industrielle envahissante, dégradante et inutile.

brieuclef




Editorial 4 - Vous ne pourrez pas dire - A-J Holbecq - 23 novembre 2004


Vous retrouverez ce texte sur la page "Vous ne pourrez pas dire"


Lettre ouverte aux élus et à la population

Madame, Monsieur,

" Des milliardaires qui occupent les suites de luxe jusqu’aux immigrants entassés en fond de cale, tous sont embarqués dans le même voyage – et pour le même naufrage. Et pourtant, alors que l’iceberg approche et que le bateau devrait dévier de son cap, l’orchestre continue de jouer, les passagers de se distraire, et l’équipage de passer de groupe en groupe afin de rassurer tout le monde " écrit Nicolas Hulot dans " Le syndrome du Titanic " ( Chez Calman-Levy? – ISBN 2-7021-3418-1)

Mais nous ne serons pas les seuls à sombrer ; combien de milliards d’hommes ne pourront plus, avant la fin du siècle, survivre sur une Terre dévastée ?. Et vous ne pourrez pas dire à vos enfants ou à vos petits-enfants que vous ne saviez pas …

L'empreinte écologique est une mesure de la pression qu'exerce l'homme sur la nature. C'est un outil qui évalue la surface productive nécessaire à une population pour répondre à sa consommation de ressources et à ses besoins d'absorption de déchets (l''ensemble des coefficients qui sont pris en compte dans la détermination de "l'empreinte écologique" sont détaillés sur http://www.wwf.fr/empreinte_ecologique/ ). A l'échelle d'une personne, l'empreinte écologique est une estimation de la superficie nécessaire pour répondre à l'ensemble de vos besoins en ressources naturelles. L’empreinte globale a grimpé de 80% entre 1961 et 1999 pour atteindre un niveau de 20% supérieur à la capacité biologique de la Terre. Mais de fortes disparités existent: si tous les humains vivaient comme la moyenne des étatsuniens, il nous faudrait 5 Terres et 3 en vivant tous comme la moyenne des européens. Pour ne pas dépasser cette empreinte il nous faudrait vivre comme la moyenne des chinois ou des indiens. Alors, quelles solutions? Interdire à 3 milliards d'humains l'accès aux normes de confort ou de consommation occidentales? Pour nous, habitants des pays riches, diminuer par 3 ou 5 nos consommations ? Plus globalement, orienter une diminution drastique de la population terrestre par une grande campagne mondiale d'incitation assorties de garanties sociales?

La majorité des élus, la majorité des hauts fonctionnaires et la majorité des média ont refusé de prendre l’exacte mesure du problème qui transparaît depuis maintenant plus de 30 ans (en 1972, suite à la demande du Club de Rome une équipe de chercheurs du Massachussetts Institute of Technology diffuse le rapport Meadows connu sous le nom de "Rapport du Club de Rome" . Les conclusions des chercheurs sont simples : tant que le modèle global comporte certaines boucles "positives", notamment la recherche de la croissance annuelle de la production industrielle - ce qui est le projet de tout pays aujourd'hui - , l'effondrement est inévitable avant 2100 quel que soit l'optimisme prévalant sur les autres hypothèses.).

Nous vous reprochons, vous élus, de ne pas, aujourd'hui, prendre les problèmes à bras le corps … qu’attendons-nous ? qu’il soit trop tard, que les problèmes ne puissent plus être traité qu’autrement que par l’extermination des ¾ de la population, dernière solution possible pour la survie de la Terre dans un système capitaliste?

Nous vous reprochons de ne pas réagir, et de nous laisser engagés dans de multiples impasses: nous en citerons quatre qui sont d'ailleurs interdépendantes!

L'impasse énergétique : ( Voir les détails sur le site du polytechnicien Jean-Marc? Jancovici, spécialiste des questions énergétiques : http://www.manicore.com/)
La production de pétrole culminera aux alentours de 2020, pour inexorablement décliner ensuite.
Avec un taux de croissance de 2% par an (et on peut se poser la question de savoir si la Chine et l'Inde, avec leurs plus de 2 milliards d'habitants qui eux aussi souhaitent pouvoir se déplacer en automobile, avoir chaud l'hiver et frais l'été, partir en vacances et manger de la viande, construire et consommer, voudront bien se limiter à cette croissance) , c'est en 2050 que nous aurons consommé toutes les réserves mondiales prouvées (800 Gtep) et vers 2100 que nous aurons consommé toutes les réserves mondiales prouvées et supposées (4000 Gtep)
Ah, bien sur, on peut espérer la découverte d'une nouvelle source d'énergie aussi pratique que le pétrole, et si possible sans émission de CO2 … vous prenez le risque de ce pari ?

L'impasse climatique:
Jean-Marc? Jancovici écrit "Si l'évolution climatique que nous avons enclenchée devait aboutir à appauvrissement des écosystèmes, à la disparition de ressources naturelles (sols cultivables, ressources maritimes, etc), à des désertifications, à une division par trois de la production agricole, à une recrudescence de phénomènes extrêmes, à des migrations, voire à des guerres, il est évident qu'il y aurait des répercussions sur la santé, et que l'espérance de vie baisserait…./… A cause de la très grande inertie de certaines des composantes de la machine climatique, l'évolution que nous avons mise en route aura donc des conséquences pendant quelques milliers d'années, quoi que nous fassions désormais…./… Toutefois il est encore entre nos mains d'avoir une évolution forte ou faible, un changement d'ère climatique ou peut-être une simple modification gérable de l'ère actuelle."
La prolongation des tendances concernant nos émissions de CO2 conduit à une élévation de température moyenne de la planète: le haut de la fourchette dépasse maintenant les 8 °C en un siècle. Personne ne sait prévoir les terribles conséquences probables d'une telle élévation.
Et l'application du Protocole de Kyoto, s'il est un premier pas positif, ne changera pas grand chose au problème: pour compenser nos émissions de CO2 en excès, il faudrait boiser l'intégralité des terres aujourd'hui cultivées dans le monde, un quart des terres émergées (c'est aussi l'équivalent des forêts actuelles).

L'impasse alimentaire:
"Si nous voulons pouvoir nourrir 6 milliards d'êtres humains sans détruire la planète qui nous héberge, il nous est impossible de poursuivre dans la voie de l'agriculture productiviste telle qu'elle est pratiquée depuis un quart de siècle sous la gouverne des industries alimentaires.
Car ce mode de production est aujourd'hui en partie responsable de l'érosion des sols, des changements climatiques, de la dégradation de la qualité de l'air et de l'eau, de la disparition de milliers d'espèces de plantes et d'animaux sauvages et domestiques. Dans nos assiettes, notre alimentation, polluée par des pesticides et des engrais, compromet l'avenir de nos enfants et affecte notre santé ( 76 produits toxiques dans le sang des parlementaires européens ! ) . Trente-cinq mille exploitations agricoles disparaissent encore chaque année en France, soit une toutes les quinze minutes. Au-delà de nos frontières, les lois du marché basées sur ce modèle d'agriculture ont aussi contraint des millions de gens à abandonner leurs cultures vivrières au profit des cultures occidentales affamant davantage des populations déjà démunies" résume en quatrième de couverture de "l'impasse alimentaire ?" le Comité de veille écologique et Karine Lou Matignon ( "L'impasse alimentaire" Fayard – ISBN: 2-213-62084-9) …. Il est inutile de citer ici tous les chiffres et toutes les pollutions citées dans ce livre, mais il y a quand même un chiffre à retenir: les 27 milliards d'euros distribués aux grandes exploitations par l'Europe, lesquels proviennent évidemment de vos impôts, correspondent exactement au total des achats de pesticides et d'engrais…. simple transfert de subvention!
Rappelons qu'il ne reste plus que 10% des grands poissons dans l'Atlantique Nord, par rapport au début du siècle dernier.

L'impasse monétaire: . C'est à notre avis le nœud gordien qu'il faudrait couper, c'est cette impasse qui est la cause de toutes les autres impasses.

Le principe fondamental sur lequel repose notre système monétaire, est que la monnaie est générée uniquement par l'endettement et non pas, comme elle le devrait, par la production des richesses. En avril 2004, la dette de l'Etat est de 998 Md€ (le seul paiement des intérêts de cette dette de l'Etat - sans même parler de rembourser une partie du capital - est le 2è poste budgétaire, avec plus de 10% des dépenses), la dette des entreprises de 1114 Md€, la dette des particuliers de 612 Md€, et le total est donc de 2724 Md€. A la même date, l'épargne représentait 737 Md€. La différence est de 1987 Md€ . Il est facile de conclure que l'endettement collectif est moralement injustifié et mathématiquement impossible à résorber: en effet, pour rembourser, c'est-à-dire alléger la dette, il faut disposer de monnaie elle-même obtenue par un endettement. L'opération serait neutre s'il ne fallait verser des intérêts qui au final alourdissent la dette, mais du fait de l'intérêt, dont la monnaie n'est jamais émise en même temps que le capital qui le génère, vouloir résorber la dette par des économies est mathématiquement sans espoir.
Pourquoi le gouvernement devrait-il payer un intérêt à un système bancaire privé pour l'usage de sa propre monnaie, qu'il pourrait émettre lui-même, sans intérêt?
La réponse - qui prouve bien l'énorme manipulation dont nous sommes tous victimes - est dans l'article 104 du Traité de Maastrisch qui stipule " il est interdit à la BCE et aux Banques Centrales des Etats membres d'accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publiques des Etats membres...". Il sera bientôt intégré, sans que personne ne s'y oppose, dans la future constitution européenne défendue par nos grands esprits de droite comme de gauche. S’il est adopté, l’Europe deviendra le seul et unique pays au monde et dans l’histoire où l’indépendance absolue d’une Banque Centrale aura été constitutionnalisée. L’article vaut d’être cité : " Ni la BCE, ni un membre quelconque de ses organes de décision ne peuvent solliciter ni accepter des instructions des institutions, organes ou agences de l’Union, des gouvernements des Etats-membres ou de tout autre organisme. Les institutions, organes ou agences de l’UE ainsi que les gouvernements des Etats-membres s’engagent à respecter ce principe et à ne pas chercher à influencer les membres des organes de décision de la BCE dans l’accomplissement de leur mission ".
Thomas Edison écrivait déjà: "Il est absurde de dire que notre pays peut émettre des millions en obligations, et pas des millions en monnaie. Les deux sont des promesses de payer, mais l'un engraisse les usuriers, et l'autre aiderait le peuple. Si l'argent émis par le gouvernement n'était pas bon, alors, les obligations ne seraient pas bonnes non plus. C'est une situation terrible lorsque le gouvernement, pour augmenter la richesse nationale, doit s'endetter et se soumettre à payer des intérêts ruineux."

Les quatre impasses citées ont un dénominateur commun : le système capitaliste
Ce système qui permet le transfert permanent des richesses des plus pauvres vers les plus riches, des emprunteurs vers ceux qui disposent des capacités préalables d'épargne.
Le coupable, c'est ce système où l'obsession du "toujours plus" de la consommation prime chaque fois sur le "toujours mieux" pour la société, ce système où l’avoir prime sur l’être, ce système de l'accumulation et de la "satisfaction" des envies et jouissances immédiates au détriment de la génération qui nous suit directement et du futur de la Terre.

Et puisque le dénominateur commun de ces impasse se trouve être le système capitaliste, c'est celui ci qu'il faut changer. Ni avec des rustines de ci de là, ni par un système marxiste ou communiste, mais par le sociétalisme, et son système monétaire "l'écomonétarisme".

Il est encore temps de redresser la barre, mais il faut faire vite. Oublier les prochaines échéances électorales et la démagogie qu'elles imposent. Vous, les politiques, il va falloir prendre des décisions qui ne seront pas souvent appréciées par vos électeurs. Vous, les électeurs, vous, les citoyens, il va vous falloir voter courageusement pour les voies nouvelles, malgré la remise en question profonde de toutes vos certitudes en matière d'économie, malgré la crainte de l'inconnu que pourrait vous inspirer une voix divergente dans le concert ultra-libéral.

Nous, les sociétalistes ( http://www.societal.org ), nous accusons le système ultra-libéral et capitaliste, ce système où la seule valeur est la consommation, ce système où le toujours plus prime chaque fois sur le toujours mieux, ce système où l’avoir prime sur l’être. Nous avons démontré qu'il n'est nul besoin de capital pour produire, que la quantité de monnaie doit suivre la production et être détruite lorsque la production est consommée, qu'il n'y a aucune raison de l'épargner, mais que la production doit être détaxée en fonction de son effet sociétal.

Les progrès de la mécanisation nous permettent aujourd'hui de produire tout ce dont nous avons besoin.
Mais aujourd'hui, tout ce dont nous avons besoin, ce n’est jamais assez … il nous faut en plus tout ce dont nous n’avons pas besoin dans une spirale sans fin, et tant pis pour les ressources non renouvelables, les conséquences du réchauffement et des gaz à effet de serre, les pollutions des sols et des rivières, l’épuisement du pétrole, la pauvreté absolue de plus d'un tiers de la population terrestre. Et pourtant, comme dit le sage: "Le bonheur n'est pas dans la possession maladive de tout ce qui existe. Le bonheur réside dans la jouissance paisible du nécessaire".

Ce sont les marchandises (ou services) qui font la valeur de la monnaie. En produisant toutes les marchandises, une Nation fait la valeur de la monnaie; il revient donc - pour chaque Nation ou groupe de Nation - , à un organisme public de créer la monnaie gratuite au nom de la collectivité.

La seule application de ce dernier principe changerait la face du monde

''Diffusez ce texte , faites le circuler, il faut que chacun sache!
(Texte écrit par A-J Holbecq, économiste, auteur de "Un regard citoyen sur l'économie", Éditions Yves Michel - ISBN:2 913492 11 8 et par des membres du GRESSO" - Groupe de Recherches Économiques pour un Système SOciétal ).''




Editorial 3 - AU COMMENCEMENT, LE SELISME - Barbez J.P - 30 octobre 2004


Exalté par l'expérience LETS de Calderale (G.B) et autres articles diffusés par François Terris, initiateur des SEL en France, j'avais proposé, en 1996, le texte repris et remanié ci après.
Il faut admettre aujourd'hui qu'un "mouvement SEL" ou issu des SEL ne verra pas le jour.

J'ai trouvé un nouveau prolongement de l'option socio-économique post capitaliste en gestation dans le GRESSO. Un mouvement sociétal peut naître, porteur d'un projet économique alternatif radical. Le sociétalisme verra-t-il le jour ? Je le souhaite et j'offre ce texte, revu en 2004, aux guetteurs d'espérance.


AU COMMENCEMENT, LE SELISME.

Depuis 1995, à l'inspiration des LETS, la mouvance SEL en France innove et fermente l'organisation économique et sociale établie. Les rapports humains dans les communautés nationales et les collectivités sont organisés, structurés, régis par le système politique dit démocratique. Mais hélas, force est de constater que ce système, soumis à des facteurs mondiaux, laisse sur le bord de la route quantité de miséreux, de chômeurs, rejetés, exclus de la vie économique et sociale, réduits à quémander l'assistanat humanitaire lorsque l'assistance sociale publique leur est refusée.

Le discours politique n'est plus porteur d'espérance. Les pratiques et les carrières politiques mènent trop souvent devant les tribunaux. Faut-il pleurer, faut-il en rire ou essayer d'en sourire ? Faut-il se mobiliser et lutter ? Ce n'est pas la motivation des Selistes ni l'objet des SEL. Il est évident que ce qui fait marcher ces associations n'est en aucun cas l'esprit combattant quoique les valeurs de dévouement, de solidarité, ou de bravoure puissent aussi y être mises en oeuvre.

Le seliste n’est pas nécessairement un militant décidé à expérimenter et promouvoir une règle du jeu socio-économique générale différente. Le SEL est un comité restreint, organisé dans la proximité humaine du cadre de vie journalier propice à l'intérêt de chacun des participants. L'adhésion ne comporte aucune décision de soutenir une forme nouvelle, expérimentale, de rapports de solidarité économique et sociale.

Le selisme est et demeure Solidarité Economique Locale multiple et discrète. Les SEL survivent ainsi. Car toute organisation nouvelle é caractère économique et social se trouve confrontée à des règlements et des prérogatives bien établies : administratives, financières, judiciaires, etc. dont il faut courageusement et constamment tenir compte. L'environnement du mouvement SEL, en 1996, perdure, angoissant, et fait obstacle au développement d’un véritable mouvement. Mais au sein de chaque SEL, des adhérents soucieux de l'aspect "politique" de leur démarche solidaire participent à la réflexion et s'expriment sur le sujet.

AMERE CONSTATATION : LE CAPITAL DICTE SA LOI.

Le système de propriété capitaliste a conquis le monopole de gestion des échanges économiques mondiaux.
Sa règle inflexible impose le développement prioritaire du profit financier du capital. Sa survie génère de terribles crises succédant à des périodes de "reprise" : c'est la "roue carrée" souvent évoquée. Le "bien-être" de l'espèce humaine et de son environnement sont, de fait, des critères secondaires.

Les pouvoirs politiques de tous les pays développés sont chargés d'assurer la survie des exclus du système en taxant et en empruntant e contribuable paiera les dettes sociales. Pour la première fois (en 1996) dans l'histoire de l'activité économique de l'humanité, un seul et même système, le système capitaliste, et sa monnaie-étalon, le dollar, vont, avec l'intégration prochaine du marché chinois, s'étendre à l'ensemble de la planète.

Le capitalisme s'épanouit dans la spéculation où se réinvestissent les plus-values du capital obtenues par l'expansion du machinisme, la réduction de la part de main-d’œuvre, la conquête de monopoles.
La dévotion due au "profit" est concélébrée par le système bancaire et les compagnies multinationales ; ensemble, ils exploitent à outrance les ressources naturelles, disséminent les déchets, soutiennent financièrement les carrières politiques, "cornaquent" les pouvoirs, corrompent les décideurs et les élus pour que se généralise et perdure cet ordre des choses ; ensemble, ils veillent à contrer toute initiative susceptible de réduire ce profit ou d'imposer un partage ; ils subjuguent les églises, alimentent et utilisent les mafias, suscitent les troubles et tirent bénéfice des conflits.

Ni explication ni justification ici. Force est seulement de constater lucidement la suprématie, la globalité, la puissance du dieu "profit capitaliste".

AUTRE CONSTATATION : L'ECHEC DES UTOPIES.

Après beaucoup d'autres projets de société, et durant quelques décennies, l'alternative marxiste a tenté de contester l'organisation capitaliste de la société. Vinrent les désillusions et échec de l'expérience étatique communiste. Le manifeste fondateur du parti communiste était toutefois source de réflexion pour envisager l'évolution sociale planétaire. Revenons-y un instant. Marx, dans le projet communiste, donnait à "ceux qui produisent" (c'est à dire les prolétaires), la mission d'abolir la forme "bourgeoise" de propriété et de transformer le caractère social de celle-ci. Objectif : empêcher le travail de se transformer en capital, donc en puissance sociale susceptible d'être monopolisée. Le but annoncé n'a pu être atteint, méme dans les pays socialistes.

Et l'on continue d'observer sur toute la planète le jeu des ambitions politiques, dans tous les régimes, démocratiques ou non ; les meneurs, leaders, dirigeants, pseudo révolutionnaires, intégristes, nationalistes appellent partout au combat. Les trésors de guerre et les stocks d'armes se constituent et s'accumulent. Les promesses au nom desquelles nous sommes journellement conviés à nous mobiliser, à combattre telle "majorité", à dominer telle "opposition" sont de moins en moins crédibles et finalement, chacun, s'il le peut, prend position dans la course au profit.

Dans les démocraties comme ailleurs, l'immense corps des affamés, miséreux, demandeurs d'emploi, exclus, est condamné à "se débrouiller" ! Dans le Tiers-monde, Moyen-Orient?, Amérique Centrale et Amérique Latine, s'éternisent la misère, les guerres, les épidémies, les intégrismes, etc. Partout, les édiles alimentent en dollars leurs comptes en Suisse.

Ni explication ni justification ici. Mais force est de constater l'échec quasi-total du projet communiste, l'enlisement des alternances socialistes démocratiques, la disparition des idéologies porteuses d'espoir social.
Apparemment, plus la moindre utopie en perspective !

LES ALTERNATIVES SE DEVELOPPENT.

Et pourtant! Malgré l'absence de projets sociaux, politiques ou idéologiques crédibles, malgré les "lézardes" des démocraties, apparaissent, comme en tâtonnant, des pratiques étonnantes. Elles semblent être porteuses é la fois de valeurs humaines désintéressées et de dérives sectaires inquiétantes.

L'utilisation mondiale du réseau informatique Internet pour la diffusion et la circulation de l'information, le bénévolat et l'apparition d'Organismes Non-Gouvernementaux? de lutte contre les fléaux mondiaux, l'arrêt des essais nucléaires et l'utilisation des forces militaires au profit du "maintien de la paix" sont plutôt de bons exemples.

Le surprenant renouveau de la pratique du troc semble participer de la méme démarche et concerne aussi l'émergence des associations SEL.
Ni explication ni justification ici. Force est de constater et d'observer son rapide développement en des zones très diverses de la planète

UN ESPOIR : LE TROC NOUVEAU EST ARRIVE

Depuis quelques années apparaît un troc "nouveau" à côté de la survivance du troc traditionnel, complémentaire et non-antagoniste du monétarisme généralisé des échanges. Il reflète un état d'esprit en évolution chez les commerciaux, mais aussi chez les particuliers, producteurs-consommateurs de biens et de services, dans le contexte des crises économique réelles ou entretenues. Le troc "bartering" est-il réel facteur de développement économique dans le contexte capitaliste ? Le troc LETS et SEL est-il bouée de sauvetage, solution de survie, pratique-test efficace pour jauger la sincérité des acteurs de transactions économiques, établir de nouveaux rapports de confiance entre particuliers ?

La réciprocité confiante a déserté nombre d'associations. (Souvenez-vous: l'ARC!). Les relations sincères d'échanges non-monétaires sont rares. Des adhérents se côtoient loyalement, "à condition de réciprocité", s'y engagent pour promouvoir l’être individuel et collectif en des pratiques rigoureuses dans leur simplicité apparente. S'y rencontrent les militants ulcérés par les magouilles politico-financiéres, et encore celles et ceux qui n'ont pas renoncé é un projet écologique simplement humain pour la planète de nos petits-enfants.

Il ne s'agit pas pourtant, en faisant un détour par le troc, de vouloir abolir la forme "bourgeoise" de propriété, de transformer le caractère social de celle-ci, de tenter d'empêcher le travail de se transformer en capital, en puissance sociale susceptible être monopolisée. Non! Même si le troc peut, en principe, y contribuer, cela semble être le dernier des soucis des participants aux "foires SEL" où s'échangent bijoux artisanaux contre cochonnailles garanties fabriquées à la maison sans colorant. Les SEL proposent prosaïquement à celles et ceux qui ont pu ou su s'intégrer au système, ouvriers, employés, cadres, intellectuels ainsi qu'aux plus démunis, descendants des prolétaires marxistes, cols bleus et cols blancs, aux damnés de la terre, aux laboureurs de la mer, de jouer différemment une partie du temps que nous avons à passer ensemble, "ici-bas".

Cette nouveauté extraordinaire, un temps, a attiré nos incontournables médias-capitalistes et leurs enquêteurs sincères-sympas toujours bien accueillis. C'est nouveau, croient-ils, ça devrait donc se vendre bien.

LE TROC EST MEDIATIQUE.

En France, dans le courant de l'année 1993, la journaliste Anne FIESS assure la conception et la parution d'une rubrique consacrée au troc dans un cahier mensuel de la revue "ACTUEL". Les annonceurs étaient tenus de soigner la rédaction des textes et d'assurer la réciprocité des offres et demandes dans les échanges proposés.

Cette première tentative laborieuse fut suivie par celle du quotidien "Le JOUR", disparu depuis. Une rubrique "troc" suscite une cinquantaine de lettres quotidiennes et concerne surtout le petit électroménager et les services. Les participants semblent motivés par le souci d'éviter les "gâchis", de ne pas jeter des objets "en double", ou démodés mais encore en état de servir.

Cette tendance est ensuite confirmée par les lecteurs du journal TROC TOUT, lancé en mars 1994, par un journaliste qui réalisait là un vieux rêve. Consacrée exclusivement au troc, cette publication fut un véritable succès de curiosité pour ses premiers numéros, mais a du cesser sa parution pour une durée non déterminée. TROC TOUT a permis de cibler un lectorat composé de collectionneurs, de propriétaires de choses "invendables", et aussi de personnes démunies proposant, en hiver surtout, des échanges de services contre nourriture ou vêtements.

La télévision a offert une émission hebdomadaire (troc-moi-tout, chaîne 3) assez marginale par rapport à la masse des programmes diffusés. Un certain nombre de reportages sur les SEL se succèdent sur les diverses chaînes, dans nos quotidiens et revues. Alors, le troc, nouvelle règle du jeu ou vrai projet social ?

LE TROC - PROJET SOCIAL

Il se confirme, en 2004, que le troc n'est pas, en lui méme, un projet politique et social capable d'affronter les machineries capitalistiques ou autres : il est tout au plus un lieu de résistance, (de Résistance pour les plus anciens d'entre nous). Point de brillant intellectuel médiatique pour y voir le laboratoire où se prépare l'émergence d'un futur planétaire différent, composante de ce 21éme siècle mystique annoncé par l'un de leurs célèbres prédécesseurs. Celles et ceux qui ont encore foi en la sagesse humaine, et pas deux pieds dans le méme sabot ont simplement, croyons-nous, initié entre-eux, doucement, gentiment, une véritable divergence et nous invitent à les rejoindre.
L'analyse permet de penser que l'humanité, menée par son instinct de survie, expérimente, avec le retour au troc, la mise en oeuvre d'un véritable changement de civilisation.

L'HUMANITE, DE CIVILISATION EN CIVILISATION

Les civilisations sont les chapitres de l'histoire de l'humanité. Leur succession raconte l'évolution des sociétés, des croyances, des arts, des techniques et des relations humaines. Chaque civilisation a puisé une énergie collective dans la volonté de s'étendre à une zone géographique de plus en plus large, jusqu'à ce que la civilisation vieillissante soit supplantée par une autre organisation sociale, de nouvelles techniques et une évolution culturelle venues d'autres régions de la planète Chaque nouveau projet, importé par les armes, devait alors obtenir la soumission puis l'adhésion de plusieurs générations d'individus.

Pour naître et s'implanter, se développer et durer, un projet de civilisation doit, au minimum, répondre à trois conditions fondamentales pour satisfaire l'intime conviction des individus et la conscience collective des communautés.
- Première condition: Assurer la survie individuelle immédiate. Assurer la possibilité d'acquérir un savoir et d'exercer une activité qui en soit la garantie.
- Deuxième condition: Offrir la possibilité de s'élever dans la hiérarchie sociale. Que ce soit par le travail ou la mise en valeur de dons personnels, artistiques, techniques scientifiques, ou encore par l'exercice de responsabilités, méme si cette ascension sociale est en méme temps une voie d'accès aux pouvoirs.
- Troisième condition: Offrir la meilleure alternative de "être" pour les générations futures. Même si les conditions présentes sont difficiles, l'espérance collective, mystique, de progression vers ce bonheur sous-tend tout projet "gagnant" de nouvelle civilisation.

Et inversement, lorsque ces conditions ne sont plus satisfaites, une autre civilisation peut apparaître, DOIT apparaître, pour dominer, balayer ou remplacer la précédente.

UNE CIVILISATION MALADE, EN SURSIS

Pour la première fois dans histoire humaine, une civilisation - la civilisation industrielle - s'est étendue à l'ensemble de la planète. Le système capitaliste qui lui est associé a monopolisé la gestion de la richesse et des échanges du monde entier. Cette civilisation, comme toutes les précédentes, poursuit sa volonté d'expansion. Elle a exploré le sous-sol, le fond des océans, occupé le champ orbital de la planète, posé l'homme sur la lune ! Elle expédie ses vaisseaux vers de plus lointaines planètes, elle poursuit sa prospection par les ondes, utilise microscopes et télescopes pour élargir ses champs d'action.

La civilisation industrielle remplissait les trois conditions fondatrices:
Première condition : La civilisation industrielle offrait une foule d'emplois nouveaux nécessaires au remplacement des emplois agricoles.
Seconde condition : La civilisation industrielle offrait la réussite sociale é tout être "entrepreneur" et non plus seulement aux Maîtres, propriétaires du sol.
Troisième condition : La civilisation industrielle offrait une perspective de production massive de biens de consommation, leur distribution rapide é des prix accessibles é tous, l'espoir de bonne utilisation finale des sciences et des techniques malgré leurs applications guerrières. Elle autorisait les libertés de pensée, de culte, et les pratiques démocratiques.

Cette sorte de contrat moral, à présent rompu, est la cause profonde du désarroi des individus et des communautés humaines de la planète Ces options fondamentales ont été dévoyées, oubliées ou rejetées par le système de gestion capitaliste. La civilisation industrielle est assignée, avant toute autre considération, é produire du "profit financier".
La civilisation industrielle est parvenue à son apogée. Vieillie, elle génère en ce moment plus d'inconvénients, de nuisances, d'exclusion, de désespoir que de raisons d'espérer, d'attirer et de retenir la confiance nécessaire é sa survie.
La civilisation industrielle, puissante et efficace, à son apogée, est progressivement affaiblie. Elle est secouée par les luttes internes ; luttes acharnées entre les différentes composantes légales ou illégales, connues ou occultes, industrielles ou commerciales, financières ou politiques, culturelles ou soi-disant "sociales" ; toutes sont créées, organisées et dirigées en vue de la course - prioritaire ou exclusive - au profit financier.

Dés lors, il est aisé de prévoir que les dynasties, les états-nations, les compagnies multinationales, les monopoles de production, les églises transformées en sectes, les sectes nouvelles et anciennes, les intégrismes, les mafias, les sociétés occultes, les partis politiques, etc., de par leurs luttes intestines, contribueront à sa disparition.
Tous sont maintenant soumis aux règles non-écrites d'un jeu visant à un seul but : produire le profit financier et le profit du profit. Les armées, les milices, les hommes de main à la solde de ces différents pouvoirs continueront de s'affronter aussi longtemps que des armes seront en vente. Tous seront attentifs à localiser, à soudoyer, à écraser les alternatives ne relevant pas de la méme règle du jeu. Mais ils ne pourront empêcher l'implosion de ce système. La civilisation industrielle souffrante de ces maux internes, sera de plus en plus affaiblie par la désaffection des individus, mais blessée, ses réactions seront de plus en plus é craindre.

Aujourd’hui, en 2004, il semble évident que le terrorisme et les guerres-croisades antiterroristes confirment ce processus.

Aux révoltés et allergiques, s'ajouteront, de plus en plus nombreux, ceux qui se trouveront écartés de la "course au profit et au profit du profit » qu'ils avaient entrepris. Autre désaffection déjà sensible, celle des jeunes. Ils observent chez les personnes âgées, l'énorme disparité des retraites, après une longue carrière et l'adhésion au contexte "industrie / capital / profit". Pour eux, la perspective d'une vie professionnelle emplie d'incertitudes, amputée de l'espoir d'une fin de vie tranquille pour eux-mêmes et d'un être pour leur descendance est proprement insupportable.

La civilisation "Industrie / Capital / Profit" survivra tant qu'elle aura la possibilité de créer du profit par l'exploitation de la matière première, de la production agricole et industrielle, l'exploitation des vices humains, de la crédulité, de la cupidité, de l'agressivité.
Cette analyse pourrait conforter le bien-fondé de toute proposition alternative porteuse d'espoir. Dans le méme temps, elle doit inciter é la plus grande circonspection dans notre démarche militante dans cet environnement.

QUE PRESERVER DU NAUFRAGE ?

La civilisation industrielle, liée dorénavant à son système de gestion capitaliste, poursuivra jusqu'à son extinction l'implacable "course au profit" qui reste sa seule justification. Cette civilisation "Industrie / Capital / Profit" est gangrenée par la concurrence permanente que se livrent différentes branches ou organisations mondialistes occultes et anonymes. Chacune s'appuie sur une forme particulière de pouvoir : économique, financier, politique, culturel, intégriste, terroriste, mafieux ! Toute autre forme d'idéologie, de déontologie, de moralité susceptible de contrebalancer ou de contrecarrer ces agissements est impitoyablement soumise, dévoyée par corruption, ou éliminée, détruite. Ultime "raison d'état" justifiant tout cela : le "profit financier".

La civilisation "Industrie / Capital / Profit" a remplacé "l'utilisation" des richesses naturelles, de l'intelligence, de l'art et du travail humain par leur "exploitation" systématique.
Elle ne propose plus d'assurer à chaque individu, en échange de son travail, de sa science, de son art, la sécurité monétaire élémentaire nécessaire é sa propre survie, ou, à défaut, la solidarité nécessaire au sein de la collectivité. Elle exige "le profit" avant tout en proposant à l'individu une association temporaire, provisoire, pour collaborer au seul but de générer un profit maximum. Dés que la performance diminue ou peut être obtenue par un autre moyen, le contrat cesse ! le "profit" avant tout. L'individu, après avoir tenté le remède "lutte des classes", est réduit à l'alternative soumission ou exclusion. Devenu "money-positif" par contagion ou de façon héréditaire, l'individu, se soumet.

La course au profit financier, véritable SIDA de la civilisation industrielle relève, somme toute, d'une sorte de justice immanente qui est le châtiment de la rupture du contrat moral initial. Serait-ce l’imminence d'une véritable justice divine, jusqu'alors promise par les tenants du système pour rendre "supportable" le plus longtemps possible l'état actuel des choses, ici-bas, en attendant des jours meilleurs " dans un autre monde "

Cette civilisation et son système de gestion, obsolètes et caducs, ne vont pas disparaître magiquement du jour au lendemain, mais vont être remplacés par l'émergence de nouveaux projets. Osons avancer que, pour la première fois dans l'histoire, une civilisation ne sera pas "attaquée" par une civilisation différente "venue d'ailleurs". Pour la première fois elle sera supplantée par l’un des projets en gestation en son sein et qui saura répondre aux trois conditions fondatrices. Les peuples vivent dés à présent dans cette attente. De ce point de vue, si les SEL déçoivent, le Sociétalisme ranime l'espoir. Le projet sociétal comporte une alternative économique tout à fait complémentaire de l'autogestion monétaire SEL.

Ici commence l'aventure à laquelle chacun peut et doit participer s'il n'est pas égoïstement attaché à maintenir de légitimes avantages acquis et autres privilèges obtenus par la course au profit financier. Le droit de s'enrichir à tout prix, sous prétexte d'assurer la survie de notre descendance mène au risque de disparition de l'humanité toute entière.

Il faut avoir à l'esprit les trois conditions fondatrices pour déceler les vrais changements de société à venir et orienter nos actions individuelles. Intellectuels, penseurs, sociologues, futurologues vont jouer un rôle important dans ce changement, soit pour le supporter, soit pour le freiner ou le combattre. Chacun doit se préparer à sauver du naufrage le patrimoine matériel, les valeurs conquises et accumulées par l'humanité depuis l'aube des temps. La démocratie est l'une de ces valeurs élémentaires car elle est la base morale sur laquelle repose, pour chaque citoyen, la liberté de pensée et d'opinion nécessaires pour contribuer au processus de changement de civilisation.

Cette prochaine civilisation mondiale, pour la première fois, ne se développera plus sur des objectifs "quantitatifs", mais sur des propositions "qualitatives". Les espaces restant à conquérir sont ceux de la prise de conscience et du libre arbitre individuel, de la sauvegarde et de la protection de tous les patrimoines, de l'organisation de l'accès de chacun au "être" collectif.

CIVILISATION ALTERNATIVE OU VIRTUELLE ?

Les exclus du système "Industrie / Capital / Profit", les victimes de ses méfaits, expérimentent déjà les "formules de remplacement" d'où le profit financier est à priori exclus. Ce sont le bénévolat, le troc, les organisations humanitaires! Cette évolution fait appel à des valeurs morales ou spirituelles fortes, telles que la solidarité, la tolérance, le civisme, l'écologie !

De nouveaux types de relations supra-nationales semblent se développer. L'utilisation des troupes armées par l'ONU à des fins de retour à la paix est dans son principe un indice de cette évolution. Ces interventions sont en réalité limitées par les imbrications entre la hiérarchie militaire, les pouvoirs politiques et les lobbies militaro-industriels. Ces composantes étant chacune engagées dans le maintien d'une course au profit financier, ces opérations sont dévoyées vers ce méme but: vente d'armes, contrôle des réseaux commerciaux, conquête de marchés de travaux, etc. Les interventions anti-mafia ou anti-drogue de troupes nationales se heurtent au méme contexte, mais au fond, la tendance vers une évolution, vers une implication humanitaire de la force armée internationale est perceptible.

Ce changement a été perçu par les milieux financiers. Nous avons déjà parlé du troc-bartering qu'ils développent. Autre indice : en France, les produits "FCP" (fonds communs de partage) attirent l'épargne dont une partie du profit est consacrée à la solidarité, à la générosité sous forme de dons à des associations chargées de la répartir. Mais ici encore, les rats défendent leur fromage ! Tout au long de la chaîne financière, gérants anonymes et conseillers éclairés orientent l'investissement spéculatif et ne renoncent jamais à leur pouvoir de décision et à leur part de profit !

Une alternative de civilisation se mettra progressivement en place et supplantera la précédente lorsqu'à travers le monde une majorité d'individus adhérera personnellement à un projet nouveau, différent, qui doit maintenant s'exprimer, s'exposer. Par l'exercice des droits démocratiques, seront alors portés aux pouvoirs les représentants élus qui feront évoluer les systèmes économiques et sociaux.

Les tenants de la civilisation en place, du système établi ont à leur disposition les trois composantes du pouvoir, c'est à dire la richesse, la force et le savoir. Pour accéder aux pouvoirs, le savoir a désormais le rôle prépondérant. L'informatique et les techniques de transmission de l'information offrent et permettent l'accès au savoir. Le partage du savoir a été la plus grande victoire de la laïcité pour l’émancipation populaire. La vigilance reste nécessaire. La rétention du savoir est une technique de domination fort prisée en technocratie.

Des projets épars tels le SEL ou Sociétal apportent des éléments indispensables à une réelle alternative de civilisation. Mais jamais il ne faudra compter sur un soutien volontariste des pouvoirs en place, sauf à obtenir, être, quelques soutiens limités, ou de façade, exceptionnellement encore quelques soutiens confidentiels d'édiles probablement assortis de contreparties inacceptables.

Le véritable développement d'une alternative passe nécessairement par l'adhésion et la coopération des individus aux systèmes parallèles émergents. Sans oublier que d'autres tentatives initiales (radios-libres par exemple !) sont récupérées au fur et é mesure de leur apparition par le système dominant. En terme de "marketing", la demande, la technique et le produit existentée mal est diagnostiqué, le remède existe, il faut que le corps social, malade, accepte dénigrer la médecine.

Un projet alternatif de civilisation a maintenant ses meilleures chances de voir le jour, et méme le "grand jour". Le temps est venu pour les tenants des "savoir-faire" de reprendre la prévalence sur les tenants du "savoir faire-faire et en tirer profit"! .

Le temps est venu de réparer l'énorme gâchis sur lequel survit la vieille civilisation, de sauver ce qui peut encore être des patrimoines naturels et culturels de l'humanité. Les conséquences climatiques, la dépollution nucléaire sont caractéristiques d’énormes et inévitables travaux à venir. La technique financière actuelle externalise ces coûts laissés à la charge du contribuable. Les petits investisseurs et les contribuables refuseront nécessairement de voir générer le "profit financier" direct de quelques privilégiés. De grands travaux de survie collective attendent l'humanité. Ils ne pourront être entrepris et poursuivis que par une civilisation dédiée à l'art de vivre. A chacun-e d'en décider. Agir dans les SEL ou élaborer le sociétalisme sont d'innovantes façons d'initier un nouveau jeu de société dont les règles sont discrètement en train de s'écrire.

UN AUTRE JEU DE SOCIETE

Le défi est d'organiser dans un esprit ludique, pacifique, tolérant, un réseau de plus en plus étendu de solidarité, d'entre aide sous réserve de réciprocité, entre individus volontaires. La condition est de respecter et sauvegarder tous les patrimoines, de procurer la fierté de vivre et d'agir "humainement"! La stratégie est de remplacer, enfin, et pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, la lutte pour la survie par la mise en oeuvre d'un "art de vivre" dans la solidarité entre volontaires participants. Enfin, le but du jeu est de contribuer à l'épanouissement d'une nouvelle civilisation de " l'art de vivre ".

Ce postulat relève de l'acte de foi et du projet politique mis en oeuvre, de façon réaliste et pragmatique, dans de nouvelles relation économiques instaurées entre participants. Le but sera approché après probablement une ou deux générations, suivant la sincérité, l'intelligence et l'ardeur des volontaires qui s'y consacreront.

La règle - fort simple - de ce jeu propose à chacun d'infléchir, d'adapter sa propre façon être en fonction du but à atteindre. L'art de vivre "global" commence par un art de vivre individuel, et la prise de conscience des obstacles à surmonter. Les règles impératives du profit et du gâchis régissent encore pour quelque temps nos sociétés ! chaque volontaire doit nécessairement envisager, pour lui-méme, les mesures à prendre pour se dissocier de cet état de choses.

SEL et Sociétalisme proposent des espaces de liberté indispensables pour dégager les individus et les communautés des innombrables dépendances imposées par le système dominant. Dans ce jeu, l'acquisition de la "non-dépendance" découle de la "non-soumission". La non-soumission implique à son tour la "non-domination" et la "non-violence".

Non-dépendance <> non-soumission, non-domination <> non-violence, impliquent entr'aide et solidarité organisée et autogérée. Ces mêmes rapports de non-dépendance <> non-soumission, non-domination <> non-violence, pourront s'étendre aux communautés, lorsque les représentant(e)s selistes, sociétalistes, et celles et ceux d’autres mouvements similaires qui ne manqueront pas d'éclore, y seront en majorité "démocratique". Cette étape sera le passage à un nouvel état des relations sociales au sein de l'humanité. Le post-capitalisme est en marche. Il n'est pas irréaliste d'imaginer d'ores et déjà la post-démocratie. Le sociétalisme est inventé. Il est à incarner.

Les devoirs fondent les droits. Les volontaires participant à cette entreprise de salut humanitaire ont à s’imposer les devoirs de non-dépendance <> non-soumission, de non-domination <> non-violence. Et ces devoirs fondent leur droit à se déclarer en état virtuel de légitime défense.

Légitime défense partout où les responsables "aux affaires" et au pouvoir ne peuvent empêcher les conflits, l'exclusion, les pollutions, la misère de mettre en péril la santé, l'existence méme des individus, celle des êtres vivants et de l'environnement naturel nécessaires à la survie sur la planète, légitime défense pour l'organisation d'une solidarité humanitaire de survie dans le prolongement du selisme. Cette règle du jeu est la seule sur laquelle il soit possible de fonder de nouveaux rapports entre les individus et les peuples, face à la dégradation de la situation générale sur notre petite planète

JEU OU STRATEGIE ?

Ce jeu n'est pas et ne peut pas devenir une confrontation stratégique.
Pas de "conquêtes", pas de "mobilisation", pas de "luttes" pour ou contre ceci ou cela, ces mots peuvent être exclus du projet sociétal.

Pas de stratégie, puisque ce jeu ne nécessite pas de ruse, pas de mensonge, pas de dissimulation, pas de trésor de guerre.
La Nature et les Patrimoines préservés deviennent le Trésor de Paix du sociétalisme.

Pas d'organisation "partisane" avec réunions de cellules, meetings, cotisations, fédérations, carte d'adhésion.
Pas de primaires, pas de délégués, pas de slogans !
Pas de "mot d'ordre" ni d'affichage !
Pas de Président d'honneur, de Secrétaire général, de permanents, de signe distinctif, d'apartheid.

Le sociétalisme est un jeu de construction.
Il n'y est pas question de prendre d'assaut, de brûler ou d'écraser la vieille société.
Cette civilisation est encore notre maison avec tout ce qu'elle contient.
Elle va d'elle même vers son évolution au fur et à mesure de la désaffection des gens sensés et des luttes internes.
Jeu de construction: bâtir, agrandir, embellir la demeure neuve du système Savoir-faire / patrimoine / art de vivre.

Ce projet sera dédaigneusement qualifié d'utopiste par ceux qui au nom de "l'ordre établi" continueront de défendre leurs privilèges dans la course aux profits " à tout prix ".
La mise en œuvre est commencée : écologistes, humanistes, futurologues, sociologues et scientifiques, inquiets de nos erreurs et de notre devenir, en ont déjà exprimé les fondements.
L'immense majorité silencieuse ne pouvait, ou ne savait comment s'exprimer et agir.
Le selisme a défriché une voie, celle du sociétalisme.

Le monde a l'œil fixé sur la France, tant est grande et évidente sa vocation et sa capacité à mettre en œuvre, à concrétiser, à organiser ce qui n'est, ailleurs, qu'idées diffuses et expériences éparses.



1996/a - 7/8/03/b - 10/04/c
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Editorial 2 - OGM et faim dans le monde - Brieuc Le Fèvre - 28 septembre 2004


OGM et faim dans le monde: quelle relation entre les deux?

Le 25 septembre 2004, une manifestation de citoyens français, visant à détruire une culture "expérimentale" (mais en plein champ!!!) de maïs génétiquement modifié, a été sévèrement accueillie par des tirs nourris de grenades lacrymogènes et grenades assourdissantes, lancées par une force de gardes mobiles comptant environ 500 policiers.

Cette manifestation avait certes pour but de détruire un bien privé, mais elle se voulait aussi un appel à nos dirigeants, concernant le fait que, en terme de culture OGM, rien n'a été fait selon les règles de la démocratie. Que la démocratie soit aujourd'hui un vain mot en notre "vieille Europe", nous le savions déjà. Le pas suivant est désormais franchi, en ce sens que les gouvernements ne prennent désormais même plus la peine de faire semblant d'écouter leurs citoyens: leurs décisions arbitraires, et parfois erronées, sont applicables immédiatement, sans concessions, en tout temps et en tout lieu. Point. Manifestants, rentrez chez vous, sans quoi vous serez fichés, surveillés, humiliés.

Mais qui se cache derrière la culture OGM? De puissants lobbies industriels, des géants de la semence brevetée, qui cherchent à embrigader les peuples au nom d'un avenir plus radieux, d'où auront disparu famine et misère. Fi! quelle manque de discernement (à tout le moins!), voire quelle absence de sens moral (plus sûrement), et même, quel cynisme éhonté (certainement). En effet, la "lutte" de ces lobbies pour l'imposition aux peuples des organismes génétiquement modifiés semble partir d'une bonne intention, et pour le démontrer, repose sur ce raisonnement, en apparence valable:

Devant le pénurie alimentaire chronique observée dans le monde, certains pensent qu'il serait utile de cultiver des plantes de meilleure qualité, plus productives en même temps que moins ravagées par leurs ennemis naturels. Gagnant donc sur deux plans (plus de production, moins de pertes), l'Homme pourrait enfin trouver de quoi manger à sa faim tout au long de l'année. Les plantes OGM seraient cette panacée, nonobstant le fait qu'elles sortent tout de même de la boîte de Pandore.

Seulement voilà, ce raisonnement, tenu par des capitalistes ultra-libéraux avides de part de marché et de contrat d'exclusivité bien juteux, est faux de bout en bout, car il est construit sur un postulat de base qui est faux en lui-même. La pénurie alimentaire, de fait, n'existe pas. En effet, les terres cultivées du monde entier produisent bien assez de céréales pour nourrir l'humanité. Mais il existe un triple problème quant à l'accès des peuples à ces ressources, qui se résout en une unique conclusion: c'est le système économique qu'il faut modifier. Pas le génome des plantes.

Triple problème, donc:

1- La répartition de la production

2- La nature de la production

3- L'usage de la production

Reprenons en détail:

1- La répartition de la production. Nul ne contredira que, par essence même, le problème de la répartition des denrées alimentaires est bien un problème économique, et pas un problème agricole. Le fait que l'Afrique soit en déficit chronique de vivres, quand les pays riches gèlent les terres pour maintenir les cours des céréales, c'est aussi un problème économique. Qui me dira que les OGM (soi-disant plus productifs encore) résoudront ce problème?

2- La nature de la production. Les gouvernements des pays pauvres, dits "du sud", ont eu le malheur d'écouter les sbires ronflants de l'OMC, de la Banque Mondiale, et autres tenants de la "liberté d'entreprendre" (entendez "liberté de se faire plumer par plus méchant que soi"). Le résultat est que, pour résorber une dette de toute façon mathématiquement inextinguible, pour maintenir le déficit public à un niveau ridicule, et pour attirer des capitaux étrangers (soi-disants "poumons de l'économie locale"), les gouvernements ont confisqué les terres pour y faire pousser coton, tabac, café ou cacao, destinés à l'exportation contre devises. Hors, quoi qu'on en dise, le coton, le tabac, le café et le cacao ne constitue pas une ressource alimentaire riche et équilibrée. Ajoutons à cela le fait que la vente à l'export de ces produits n'éteint rien du tout, ni la dette du pays, ni les conflits inter-ethniques, et nous avons des situations de ce type: des paysans sans terre, des cultivateurs sans vivres, des terres arables sans culture. Qu'y peuvent changer les OGM, à part augmenter les rendements du coton, et altérer la qualité gustative du café?

3- L'usage de la production. Dans l'Europe des 15, et sans doute déjà dans celle des 25, la majeure partie des céréales va à l'alimentation animale, élevés pour la consommation humaine. La consommation directe des céréales entraînerait une baisse significative de la demande, donc du besoin de produire, et donc de la "charge" pesant sur chaque hectare de terrain. Dès lors, il serait possible de limiter l'usage des engrais et pesticides, et il serait acceptable de "perdre" une fraction plus importante de la récolte, laissée aux ravageurs. De plus, l'alimentation humaine se devant d'être diversifiée, le maïs et le blé serait partiellement remplacés par d'autre féculent ou oléagineux, éclatant par là-même le parcellaire des cultures, ce qui, in fine, le rendrait moins sensible aux attaques concentrées des ravageurs (il est très nettement établi que plus une culture est monolithique, plus la diversité biologique diminue, et plus la probabilité de voire éclore une vague de ravageur est élevée). Ici encore, le problème étant essentiellement économique et social, point besoin d'OGM pour le résoudre.

Par suite de la démonstration ci-dessus, il vient que la seule solution pour limiter, voire éradiquer, la faim dans le monde est forcément d'ordre économique. Il nous faut un système qui permette la distribution équitable des denrées de base, qui permette la culture de subsistance dans les pays pauvres, et qui permette enfin l'alimentation directe de l'Homme, plutôt que celle des porcs et des poulets. Ce système ne peut exister en ambiance capitaliste ultra-libérale.

En conclusion, rappelons nous bien ceci: les milliers d'enfant qui meurent de faim chaque jours dans le monde ne meurent pas de la qualité des plantes qui sont cultivées, mais bel et bien de l'iniquité de notre système économique. Les OGM n'y changeront rien.

BLF

Ajout du 5 septembre 2006
lien vers le site "Anti-OGM", avec des articles, des commentaires, des vidéos. A voir absolument pour comprendre tout ce que les média officiels nous cachent...



Editorial 1 - Tout être humain à le droit ... - Brieuc Le Fèvre - 30 août 2004


J'ai réfléchi ces derniers jours à certains points très critiques de notre société, et j'en suis arrivé à cette conclusion (connue de, mais malheureusement inconsidérée par nos dirigeants): les conflits sur Terre ont pour la plupart comme origine la rencontre de deux ou plus cultures qui se déchirent pour un territoire, une ressource, etc. Les conflits entre immigrés et populations locales n'existeraient pas si les immigrés n'existaient pas. Le Front National français l'a bien compris, lui qui prône un rejet complet de toute forme d'immigration. Seulement voilà, les cerveaux vides qui adhèrent à ses idées n'ont pas pris la peine de réfléchir à ce point simple et évident: les immigrés ne sont pas là par volonté de nous nuire, mais bel et bien par obligation, pour essayer de ne pas mourir.

Nul doute que la plupart des personnes qui quittent famille et patrie pour aller s'entasser par millions dans les bidonvilles des mégalopoles n'ont guère envie de partir, et n'ont d'autre désir, une fois connues les conditions de vie dans les squatts, que de rentrer au pays. C'est pourquoi je propose de fonder toute notre réflexion éthique sur le respect de ce premier principe fondamental du droit humain, qui devra à terme être le point de départ de toutes les déclarations déjà existantes, ou à venir:

"Tout être humain à le droit de vivre en paix et en dignité sur la terre de ses ancêtres".

En respectant ce principe, nous sommes obligés d'admettre non seulement la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (garante de la dignité de celui-ci), mais nous sommes aussi dans l'obligation de considérer de notre devoir l'instauration et le respect d'un système économique qui garantisse à tout un chacun de connaître la paix, quelque soit le lieu qu'il choisira pour vivre sa vie. La plupart des conflits sont économiques avant tout. Il me semble évident que dans tous les cas, la prospérité partagée entraîne la cohabitation pacifique. Seul l'abus de quelques-uns, au détriment de tous les autres, provoque des scissions entre les communautés. A nous, hommes de bonne volonté, de faire en sorte que le partage de la prospérité puisse enfin garantir à chaque être humain la possibilité de réaliser ce souhait fondamental et universel: vivre en paix et en dignité sur la terre de ses ancêtres.

Bien sûr, réaliser ce souhait n'est en rien une obligation, et d'autres principes, contenus essentiellement dans le Déclaration des Droits de l'Homme, garantissent la liberté de mouvement, la liberté de pensée, etc. Mais il me semble que, malheureusement, dans la plupart des cas, cette liberté de mouvement se résume à une simple possibilité de fuir.
Les immigrés n'ont pas eu le choix de rester, ils ont seulement trouvé l'obligation de partir. Ce n'est pas normal, d'où ma proposition.

Je propose que cette phrase soit inscrite en clair quelque part sur chaque page de notre site, comme rappel de notre objectif final, et comme rappel du plus grand de nos principe: donner à chacun le droit de vivre pacifiquement et dignement où bon lui semble.

De retour de Florence, où l'histoire se vit dans la rue, et où les arts et les sciences, protégés par des puissants ouverts au monde, ont donné en trois cent ans quelques unes des plus belles réalisations du monde (dois-je rappeler que Florence protégea Michel-Ange?, Donatello, Léonard de Vinci, Dante, Amerigo Vespucci, Machiavel, Galileo Galilei, dit Galilé, et tant d'autre que les rues de la ville ne suffisent même pas à les honorer tous?), je me suis trouvé pris de vertige en imaginant ce que serait notre monde si, par le miracle d'une économie de prospérité partagée, les arts, les sciences et la philosophie avaient de nouveau toute liberté pour s'exprimer et se rencontrer. Que deviendraient nos villes dans un système économique entièrement dédié au bien être matériel de chacun, et où par conséquent tout le monde pourrait s'adonner, selon ses désirs, à la pensée? Imaginez-vous Florence ou Cordoue, transposées dans la science du XXIème siècle? Nul doute que, une fois établie, la nation sociétale rayonnera sur le monde pour longtemps, et deviendra un phare, un exemple pour l'humanité.
A nous de donner à ce rêve la force de se réaliser.

Brieuc

Créé par: AJH Dernière modification: Mercredi 28 de Mai, 2008 14:29:38 CEST par AJH


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