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Introduction


Définir un projet consensuel

Au sein de la mouvance "alter", parmi les savoirs et les expériences héritées d'un mouvement seliste en pleine effervescence et en perpétuelle mutation, est née une idée: celle de définir et d'organiser la civilisation solidaire. Pour arriver à fédérer les mouvances éparses, le projet solidaire se doit de proposer avant tout un objectif consensuel dont l'expression toute simple soit traduisible en toutes les langues, dont la teneur soit transcendentale à toutes les cultures, un objectif contre lequel personne ne pourra se lever, ni dire qu'il n'est pas d'accord. Les sociétalistes, dans leur conception du projet écoocivique, ont posé comme base de départ ce simple droit: Tout Homme a le droit de vivre en paix et en dignité sur le sol de son choix.

Ceci est la base, le prémisse à partir duquel seront déduites, en une chaîne de conséquences logiques, toutes les implications menant au projet écoocivique. Pour commencer, il faut définir ce que doivent être les conditions d'une vie paisible et digne.

Pour les conditions de la paix, il n'y a pas trop de problème: plus de guerre, plus de conflits ethniques, plus de racisme. Ceci impose à son tour de prendre conscience que nous sommes une seule et même espèce, et que nous sommes, quoi que nous fassions, embarqué sur le même vaisseau, et qu'il s'appelle la Terre. Cette prise de conscience représente par elle même un très vaste programme, ce qui ne constitue qu'une raison de plus pour l'entreprendre le plus rapidement possible.

Pour la dignité, c'est plus difficile. Mais disons que le minimum qui puisse définir la dignité humaine a déjà été posé dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. On pourrait résumer et compléter en ces termes:

La dignité ne peut se concevoir pleine et entière si la personne ne possède pas la liberté de ses choix (de travail, de mouvement, d'opinion, de religion), ni si elle n'a pas accès aux conditions d'une vie saine et sereine (assurance de pouvoir au minimum, et sans condition, se nourrir, se désaltérer, se soigner, se loger et se vêtir). Enfin, la dignité n'existe pas si la personne ne peut se prévaloir de la défense de ces droits. Autrement dit, sans justice, pas de dignité.

En respectant ces principes, nous sommes obligés d'admettre non seulement la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (garante de la dignité de celui-ci), mais nous sommes aussi dans l'obligation de considérer de notre devoir l'instauration et le respect d'un système économique qui garantisse à tout un chacun de connaître la paix, quelque soit le lieu qu'il choisira pour vivre sa vie. Les immigrés, réfugiés et déplacés du monde entier n'ont, dans leur immense majorité, pas eu le choix de rester, ils ont seulement trouvé l'obligation de partir, le plus souvent suite à des conflits d'ordre économique, ou à cause de conditions économiques insupportables dans leur pays d'origine. Il semble donc bien que c'est essentiellement par des solutions économiques que se résoudront les problèmes les plus cruciaux de notre temps, solutions qui permettront, par un cheminement inverse, de trouver l'espoir de réaliser enfin notre projet consensuel. C'est à travers une refonte totale de nos conceptions économiques que pourra s'exprimer pleinement la mutation de civilisation qui se profile à travers le foisonnement hétéroclite et apparemment sans cohérence des comportements "alter", du selisme aux ONG. C'est pourquoi au sein du GRESSO, il a été discuté essentiellement d'économie et de systèmes économiques. Toutefois, une analyse économique ne peut produire qu'un outil au service d'un projet de société, outil qui a déjà été décrit et publié2. Bien que l'ouvrage de A.-J. Holbecq comporte de nombreuses références au mode de vie sociétal et à l'organisation de la société écosociétale, il lui manque à ce stade une expression formelle du projet de société qui correspond aux idéaux écosociétalistes: il faut adjoindre une âme à l'instrument. C'est là l'objet du présent ouvrage.

Le développement du projet écoocivique au cours des 4 dernières années a permis la confrontation des points de vue à partir de termes et de propositions non figées mais les plus explicites possibles, reposant sur les trois postulats suivants, qui ont été la base de la réflexion écoocivique:

Le capitalisme règne.

Tout empire, installé dans sa puissance et la certitude de son bon droit, sème violence et injustice au profit de sa classe dirigeante pour finalement récolter haine et trahison. L'empire capitaliste a désormais pour seule finalité la création de profit financier, profit capté par une minorité.

Le capitalisme est néfaste.

Le profit financier est la seule priorité à laquelle sont soumises l'économie et la politique, les travailleurs et les contribuables, quels que soient les dégâts suicidaires causés à la société et à l'environnement.

Le capitalisme va disparaître.

Économie et écologie sont définitivement inconciliables au sein du système capitaliste ultralibéral. Cet état de choses est intolérable .

Pour les femmes et les hommes de bonne volonté, le temps est venu d'élaborer une alternative sociétale, nommée d'après la racine sémantique ECOO. La racine ECOO du projet écoocivique symbolise la fusion de deux mots: économie et écologie, dans un esprit coopératif.

L'économie doit être marchande et solidaire. L'écologie doit être morale et politique. Le respect de l'équilibre et de l'harmonie entre l'économie et l'écologie est indispensable à la survie de l'humanité.

ECOO unit économie et écologie dans un projet de société durable débarrassé de l'horreur économique instaurée par le système établi.

ECOO résume la solidarité humaniste, coopérative, économique et écologique de l'écoocivisme.



Première partie

Les fondements, le projet



L'écoocivisme et l'utopie


Ecoocivisme, utopie et utopie réalisable

L'écoocivisme est-il une utopie?

Selon Yona Friedman3, une utopie devient réalisable lorsque sont réunies certaines conditions, à savoir que l'utopie puisse être diffusée en tant que choix désirable au sein de la population, qu'une frange majoritaire ou sub-majoritaire de la population adhère immédiatement à ce projet utopique (ce qui dénote un besoin exprimé ou latent de la part de la population de changer de cadre sociétal), et enfin que les outils technologiques disponibles permettent de réaliser cette utopie. Sous ces conditions, et sous ces conditions seulement, l'utopie devient réalisable. Si par exemple une avancée technologique manque pour réaliser une utopie, celle-ci ne pourra advenir en tant que réalité sociale (pensons au voyage dans l'espace et à la conquête de Mars). A l'inverse, une réalisation technologique attendue depuis longtemps peut ne pas entraîner l'émergence d'une utopie, simplement parce que les esprits ne ressentent pas le besoin d'un changement sociétal qui utiliserait cette technologie pour se réaliser.

Ainsi, une utopie bien expliquée et exposée, qui intervient dans une société technologiquement capable de l'appliquer, devient un projet de société alternative possible. Dès lors que ce projet touche à un ressenti négatif de la population par rapport au modèle social actuellement vécu, et se propose d'améliorer les points les plus négativement ressentis, le projet peut obtenir l'adhésion discrète ou publique de tout honnête citoyen inquiet du devenir de l'humanité. C'est à ce moment là que l'utopie devient réalisable. L'écoocivisme pourrait réunir l'ensemble de ces critères, et est donc une utopie qui se veut réalisable. Au moment d'écrire ces mots, il manque à l'utopie écoocivique un exposé clair de ses buts, et une diffusion large de ses idées au sein de la population. Le présent texte a pour but d'atteindre ces deux objectifs, qui porteront, en cas de succès, l'écoocivisme au rang d'utopie réalisable.

Chacun conviendra en effet que ce n'est pas utopiste de vouloir unir économie et écologie dans un projet de société durable débarrassé de l'horreur économique instaurée par l'impérialisme du système établi. Ce n'est pas utopiste de vouloir restaurer la solidarité humaniste naturelle, coopérative, économique et écologique dans une réorganisation politique, volontaire et pacifique de la société. Ces points sont même très fortement exprimés actuellement dans nombre de média, nombre d'actions et d'initiatives, allant du bénévolat pour les ONG aux SEL, en passant par tous les comportement dits "alter", tel que la consommation de produits labelisés biologiques, la vogue des médecine douces, le souhait de ralentir la vie dans nos villes, la sensibilité aux problèmes écologiques, etc, etc. Le terrain est donc fertile pour l'utopie écoocivique, pour peu qu'elle sache se faire connaître, et pour peu qu'elle démontre que les outils technologiques propres à sa réalisation sont actuellement disponibles.

La place de l'utopie écoocivique dans le monde actuel

Le capitalisme libéral règne sur la planète. Les pays et les institutions mondiales sont soumises à l'emprise de décideurs anonymes soi-disant libéraux, amateurs de paradis fiscaux et de zones de non-droit.

Les institutions sont empêtrées dans un fatras de textes légaux longs, compliqués, contradictoires ou incohérents. Prévalent finalement, pays par pays, des jurisprudences locales opposables les unes aux autres.

Les peuples, opprimés et compressés par le règne de la concurrence, des restrictions de budget, de la productivité et de la compétitivité, se révoltent. Les gouvernements affrontent de plus en plus la rue en tentant des "réformes" qui enfonce les peuples un peu plus dans un système social dont ils ne veulent plus (il est inutile ici de décrire la "grogne" française à cet égard).

Affronter ce système établi serait engager un combat inégal, héroïque peut-être mais finalement vain. Il suffit de considérer les marges de manoeuvre laissées par les puissants de ce monde aux pourtant très populaires et très progressistes Présidents du Brésil et du Vénézuela, MM. Lulla et Chavèz. Ceux-ci, malgré leur élection démocratique sur des programmes sociétaux, se trouvent obligés d'amputer leurs ambitions et de rogner leurs actions pour pouvoir simplement laisser un minimum de décence aux plus pauvres de leurs pays respectifs. Sans ces concessions, accordées sous la pression, ils devraient affronter l'ire des institutions bancaires, financières et commerciales mondiales (BM, FMI et OCDE, essentiellement), qui sont tout à fait capable de prendre des mesures de rétorsion terribles contre les pays "déviants". A la suite de ces rétorsions, le temps de mettre en place un système alternatif viable, il serait trop tard pour beaucoup des plus économiquement faibles.

L'écoocivisme propose de laisser le système capitaliste mondialisé dériver vers son déclin ou son implosion, mais d'engager immédiatement la mise en oeuvre d'une alternative sociétale, capable de fédérer sur un objectif consensuel l'ensemble des groupes "alter" de la planète. Pour cela, l'écoocivisme doit exprimer et diffuser un projet concret, réalisable maintenant, économiquement viable, et susceptible de se mettre en place à travers un processus substitutif au capitalisme, plutôt que par un affrontement direct. Ce dernier point implique d'avoir conçu, outre le projet utopique sociétal, un plan d'action décrivant de manière théorique les étapes successives de la mise en place du projet écoocivique. Ce plan sera lui-même une utopie réalisable, dans la mesure où il saura répondre à un besoin exprimé parmi la population "alter", sera diffusé largement au sein de cette population, et portera les capacités technologiques de sa réalisation.


Le projet écoocivique


Les quatre capitaux
Depuis plusieurs années, un groupe de recherche universitaire états-unien (The Gund Institute for Ecological Economics, soit l'Institut Gund pour l'Economie Ecologique, Université du Vermont4) mène des travaux sur les relations entre économie, écologie et social. Leurs conclusions, dans la droite ligne du rapport Meadows, sont sans appel quant à l'avenir de notre planète si la société humaine poursuit sur la voie du capitalisme libéral mondialisé: le crash est inévitable. Par contre, de leur analyse profonde et multi-dimensionnelle de notre société et de ses relations à la biosphère, il ressort que ce dont dispose l'humanité pour assurer sa survie (et au-delà, son bien-être) peut se résumer en quatre groupes essentiels de valeurs. Ces quatre groupes sont donc quatre capitaux, qui ont des valeurs hétérogènes en ce sens que tous ne sont, par exemple, pas mesurables en monnaie, comme le bonheur ou le nombre d'amis. Les quatre capitaux reconnus par le groupe du Gund Institute sont:

Le capital naturel (natural capital), qui regroupe tout de que la Nature au sens le plus large peut nous offrir, depuis les minerais que nous exploitons jusqu'à l'air que nous respirons, en passant par les espaces de biodiversité préservée et les champs où aller pique-niquer en famille. Pour avoir une idée de ce que représente, en monnaie, temps de travail et énergie, le capital naturel pour nos industries, il suffit de se poser la question suivante: "Combien coûterait l'acte de pollinisation artificielle de toutes nos cultures fruitières et céréalières si les insectes ne le faisaient pas gratuitement pour nous?". Il en va de même pour un nombre incalculable de situations de production.

Le capital humain (human capital), qui représente le nombre et la "qualité" de nos congénères. Ce capital est d'autant plus élevé que les humains qui le composent sont plus heureux, mieux nourris, en meilleure santé et mieux formés. Le capital humain se construit et s'amplifie donc avec l'amélioration des conditions sanitaires, alimentaires et avec l'instruction. Il y a forcément une dépendance de la valeur de ce capital au nombre d'humains sur Terre, sachant qu'il existe certainement un optimum en deçà et au delà duquel le capital humain se déprécie, soit par inefficacité des transferts de connaissance et des avancées technologiques (pas assez d'humains pour assurer un progrès efficace et une formation rapide aux nouvelles technologies), soit par promiscuité (trop d'humains engendre des conflits sociaux, accroît les risques épidémiologiques et provoque une pression trop forte sur le capital naturel, ce qui en retour affecte négativement la qualité de vie, donc le capital humain).

Le capital social (social capital), qui est une mesure du nombre moyen et de la qualité moyenne des relations inter-individuelles. Plus d'amis et plus d'entraide sont un facteur de meilleure chance de survie, aident à vivre mieux et à se sortir plus facilement des situations passagères difficiles (perte de ressources, maladie, deuil, etc). Inutile de s'étendre sur les drames de la solitude et de l'indifférence présents dans toutes les grandes villes du monde. Le capital social se construit par le développement d'une société qui favorise l'entraide et la coopération plutôt que la concurrence et l'opposition.

Le capital matériel (built capital), qui représente tout ce que nous produisons d'artefacts à partir des trois autres capitaux, via notre travail. La richesse matérielle ainsi définie englobe aussi des richesses non-physiques, comme la monnaie électronique, ou la valeur de marché d'un bien naturel (sol ou sous-sol par exemple).

En considérant les définitions de ces quatre capitaux, il est évident que la gouvernance actuelle se base essentiellement sur la valeur de ce qui se trouve dans le capital matériel, même si quelques exceptions se rencontrent dans les autres capitaux. Les capitaux naturel, humain et social n'entrent que très marginalement en ligne de compte dans les décisions politiques, et encore est-ce généralement à l'encontre de ce que voudraient les décideurs purement économiques. En effet, l'économie d'aujourd'hui déconsidère tout simplement, voire nie carrément, l'existence des trois capitaux autres que matériel. C'est pour cela que nous devons changer de mode de pensée, et remettre chaque capital à sa juste place, à travers le projet de société globale qu'est l'écoocivisme.


L'origine de l'écoocivisme

L'écoocivisme trouve son origine dans la nuit des temps, quand les Hommes ont dû s'unir pour survivre face à un environnement impitoyable, peut-être lors des grandes glaciations du Quaternaire. C'est probablement à partir de ce moment que la société humaine, de groupe lié par l'opportunité ou par lien familial direct, est passée à une collaboration obligatoire. Sans la coopération de chacun à la tâche pour laquelle il est le meilleur dans le groupe, sans la spécialisation individuelle qui implique l'interdépendance de tous, l'Homme n'aurait sans doute pas survécu, du moins sous les moyennes et hautes latitudes, aux assauts des glaces. Ce schéma de spécialisation/dépendance est encore au coeur de nos sociétés modernes, où personne ne sait ni ne peut tout faire par lui-même, vivre en parfaite autarcie industrielle, technologique, alimentaire.

L'écoocivisme observe que, durant les dernières décennies, nous avons assisté à une dérive de la relation de dépendance vers une exploitation systématique d'une majorité des humains au profit d'une très petite minorité. Cette configuration était apparemment déjà à l'oeuvre dans la féodalité, à ceci près que dans la féodalité, le puissant qui vit sur le travail des faibles doit en retour assurer la protection des faibles contre les ennemis extérieurs à la communauté. Il y a donc bien interdépendance, puisque sans les faibles, le puissant ne peut vivre, et donc il doit assurer leur survie. Réciproquement, le faible ne pourrait probablement pas survivre sans le puissant, et donc il doit assurer le ravitaillement du puissant.

Dans les dernières décennies que nous avons vécues cependant, la notion de protection du faible a totalement disparu du registre des puissants. En effet, sous l'action de la mondialisation, le délitement et l'uniformisation des cultures ont mis à la disposition des puissants une masse quasi inépuisable de main d'oeuvre bon marché et de consommateurs riches. La main-mise d'une oligarchie mondiale sur les ressources, les travailleurs et les consommateurs (ces derniers via la publicité) leur a permis, pour la première fois dans l'histoire, de pouvoir vivre en dehors de la relation d'interdépendance puissants-faibles. La relation actuelle des puissants aux faibles est une véritable relation de parasitisme, de vampirisme, apparentée à la levée d'un tribut par une population guerrière puissante sur une population industrieuse faible.

Le schéma est simple: les puissants font travailler les pauvres parmi les faibles, puis font consommer les riches parmi les faibles, et prennent à chaque étape une dîme sur les échanges. Ainsi, la relation d'interdépendance s'établit entre les travailleurs pauvres et les consommateurs riches, en excluant de fait les maîtres du jeu, qui sont les puissants. Ceux-ci s'arrogent le droit de guider la destinée des peuples, par la manipulation mentale (désinformation, fausses vérités économiques, publicité, etc), la corruption et le chantage sur les gouvernements, afin de maintenir aussi discrète que possible leur véritable situation. Une technique classique consiste pour eux à se poser comme des "victimes comme les autres" de la cruauté des lois qu'ils ont fabriquées. Et l'immense majorité des faibles les croit. Et sans doute qu'une part non négligeable de ceux qui sont à la limite d'être des puissants les croit aussi, ce qui fait que le jour où ils passent dans le camp des puissants, ils y entretiennent l'idée que le monde est ainsi fait et que nul n'y peut rien. Il semble n'y avoir plus personne aux commandes pour se poser la question de savoir qui fait les lois économiques ni si elles sont bien faites. Le Dogme "Industrie / Capital / Profit" est tout, et nul dans la sphère d'influence des décideurs politiques et économiques ne semble avoir la possibilité de penser à le remettre en cause. La paralysie mentale est totale. La rétroaction positive sur les faibles parfaite. L'auto-amplification du phénomène assurée. Jusqu'où pourrons tenir dans ce cercle vicieux?

Ainsi, le véritable ennemi de l'humanité aujourd'hui, ce n'est pas une nation, un groupe, ce n'est pas un peuple pirate ou leveur de tributs, que nous pourrions identifier et essayer de combattre ou de circonscrire. Non, le véritable ennemi, c'est une idée du monde, une fausse interprétation des valeurs qui conduit les Hommes, tels des lemmings, au suicide collectif. La perte de l'humanité tient là: une sorte d'hystérie collective, une maladie mentale, un virus conceptuel, servi jour après jour par un système mondialisé d'informations biaisées, entériné et conforté chaque heure qui passe par la publication de chiffres économiques sans fondement. Un ennemi qui agit sourdement au sein de chacun d'entre nous, à travers nos actes quotidiens, à travers un parfait conditionnement aux "lois" du marché.

C'est ainsi que nous acceptons sans broncher que la concurrence soit rude, que l'argent soit cher. Chacun étant absorbé par la recherhce d'un argent si rare et si indispensable, nul ne semble se poser les questions ici essentielles: "Pourquoi manque-t-on systématiquement d'argent? Qui fabrique la monnaie, comment et pourquoi?". Nous trouvons naturel que la voiture pollue, nous stresse et tue, parce que la voiture est le seul moyen d'aller au travail, que le travail est le seul moyen de gagner l'argent nécessaire pour aller travailler (eh oui! c'est ce qui se passe!), que fabriquer des voitures est le seul travail disponible, et que nous devons aller travailler en voiture. N'y a-t-il pas ici quelque chose d'insidieux? Ne serait-il pas plus simple d'arrêter de croire que nous avons besoin de la voiture, et que nous n'irions ainsi plus au travail, que nous ne fabriquerions plus alors de voitures, ce qui ne dérangerait personne puisque de toute façon nous avions décidé que nous n'en avions plus besoin? Et ainsi, nous ne risquerions plus nos vie sur les routes, ne polluerions plus notre planète, et supprimerions une cause majeure de stress.

Cet exemple simpliste et réducteur est pourtant une illustration parfaite de notre comportement de shaddock. Pompons, pompons, car si nous arrêtons de pomper, il risque de se passer quelque chose. Mais quoi? Nul ne le sait, mais justement, pompons plutôt que de risquer de le savoir.

Pour continuer à courir le long de ce cercle, ou plutôt cette spirale infernale, nous avons détruit tout ce qui faisait obstacle à notre vitesse. Nous avons démantelé notre capital social, nous avons sérieusement entamé le capital naturel de la Terre, nous avons plus que rongé le capital humain. En échange, nous avons tenu une comptabilité scrupuleuse d'un capital matériel, constitué pour l'essentiel aujourd'hui de cochonneries à trois sous, sans utilité, sans avenir, car fragiles, et de toute façon démodées en quelques jours, semaines ou mois. Nous avons construit un modèle dogmatique sur la croissance du PIB, sans tenir compte que le PIB ne mesure en rien la réalité de la vie des gens. Le PIB ne dit rien du bonheur ou du bien-être des populations. Nous avons négligé trois de nos capitaux, et devrons en payer chèrement le prix.

Toutefois, il est peut-être encore temps de limiter les dégâts, en cherchant dès maintenant à instaurer un nouveau système de gouvernance, un système qui saurait prendre en compte tous les capitaux de l'humanité. L'écoocivisme est un tel système.

L'écoocivisme est une synthèse qui unit la pratique associative et la théorie économique. A travers la pratique associative, l'écoocivisme cherche à rétablir le capital social des communautés, en recréant des liens de collaboration et d'interdépendance au sein des communautés, et entre les communautés. Par la recherche d'une gestion raisonnée des ressources, l'écoocivisme veut rééquilibrer nos relations à la Nature, et reconstituer le capital naturel. Par la lutte contre l'exploitation, la misère, la faim, la maladie, et à travers l'instruction des populations, l'écoocivisme rétablira le potentiel du capital humain pour l'avenir. La conservation du patrimoine et l'orientation des productions futures vers plus d'écologie et de durabilité nous assureront un capital matériel de qualité, construit pour nous et pour nos descendants, permettant d'intégrer le cycle de vie de nos artefacts à celui des grands cycles biogéochimiques qui assurent le renouvellement des ressources à la surface de la Terre.

Pragmatique, l'écoocivisme se base sur, et reprend tout en les prolongeant, les pratiques sociales solidaires, telles qu'elles se pratiquent au sein des communautés électives, des associations d'entraide, ou encore des ONG dans tous les domaines (alimentaire, santé, développement, formation, instruction, justice, etc). En outre, l'écoocivisme promeut et développe autant que possible les initiatives économiques d'autogestion de monnaies locales, telles qu'elles se pratiquent au sein d'associations SEL. En effet, il a été démontré plusieurs fois dans l'histoire que la création de monnaies, temporaires ou non, spécialisées et autogérées, pouvait considérablement améliorer le bien-être des populations (par exemple, Marans (France, 1958); Lignières en Berri (France, 1956); Wörgl (Autriche, 1933); Schwanenkirchen (Allemagne,1931)5). Il existe aussi quelques exemples de monnaies complémentaires côtoyant sans heurt les monnaies nationales, dont la plus célèbre est sans doute la Ithaca Hour, de la ville d'Ithaca, près de New York (Etats-Unis6), active depuis 1991. Ces monnaies ont le considérable effet de rendre caduque la rareté structurelle (et stupide!) de l'argent capitaliste.

Théorique, l'écoocivisme tient compte du travail fourni par le GRESSO7 dans la conception du projet écoosociétal. Le GRESSO, initié par André-Jacques? Holbecq, est un regroupement de citoyens qui se sont donné pour but de concevoir et démontrer la faisabilité d'un système économique compatible avec l'éthique sociétale. Ce système économique, baptisé écosociétalisme, est une des pierres angulaires de l'écoocivisme, où nous le retrouvons sous le nom plus purement économique de "écoomonétarisme". Il en sera question longuement un peu plus loin.


Les objectifs du projet écoocivique

L'écoocivisme vise à l'instauration d'une organisation pacifique et mondialisable de la vie collective par une juste répartition de la richesse existante et des revenus de l'activité économique. L'écoocivisme se veut une règle de vie commune, basée sur des concepts humanistes. Il veut recentrer les priorités politiques et économiques sur l'Humain, et en particulier placer au coeur de son action non plus la seule comptabilité financière, mais aussi la comptabilité du bonheur, du bien-être. Il se base pour cela sur la prise en compte des quatre capitaux essentiels à l'humanité, que nous avons décrits plus haut. L'écoocivisme veut rétablir un équilibre dans la prise en compte de ces quatre capitaux, et chercher les moyens d'augmenter la somme des bénéfices qui en est retirée simultanément par l'humanité. Il est évident aujourd'hui que la prise en compte dans les politiques de gouvernance d'indices qui sont presque exclusivement basés sur la mesure du capital matériel, entraîne une baisse significative des bénéfices retirés des trois autres capitaux, et même le plus souvent un déficit considérable, une atteinte profonde à ces trois autres capitaux. Il en résulte un bénéfice global inférieur à celui mesuré par les indices comme le PIB. De fait, des politiques qui conduisent à mesurer comme un bénéfice une marée noire, une catastrophe naturelle, une surexploitation des ressources ou l'épuisement de celles-ci (par l'augmentation des marges de profit liées à la baisse de l'offre), sont des politiques qui ont oublié de prendre en cause la douleur, la misère, la faim, la mort, la destruction. Bref, des politiques qui ont oublié de comptabiliser les bilans catastrophiquement négatifs sur les capitaux social, naturel et humain, et qui le plus souvent, aveuglées par la lumière du capital matériel, ont tout simplement volontairement provoqué la déprédation massive des autres capitaux.

Pour parvenir à rétablir un certain équilibre, l'écoocivisme propose l'instauration de l'écoomonétarisme, un système monétaire alternatif, sans capital financier ni intérêt sur la monnaie, sans propriété privée des moyens de production, sans appropriation privée du sol et des biens communs (eau, énergie, transports, ressources minérales, mais aussi connaissance, communication, éducation, défense, justice, santé, etc). La gestion communautaire des moyens de production et des ressources primaires par un système socio-politique de solidarité permet de maintenir à un niveau raisonnable la dépréciation du capital naturel, tout en autorisant le maintien du capital matériel. La gestion communautaire des ressources primordiales (santé, connaissance, communications, éducation, transport, défense, justice) par le même système socio-politique permet de maintenir à un haut niveau les capitaux sociaux et humains. Avec une intégration plus poussée des cycles industriels et biogéochimiques, il est raisonnable de penser que nous parviendrons à un équilibre à très long terme (siècles ou millénaires) des niveaux d'exploitation-reconstitution des stocks de ressources primaires, tout en gardant la possibilité d'accumuler progressivement du capital matériel.

Pour ce qui est de la nature du capital matériel produit, l'écoocivisme maintient la libre entreprise, source unique de diversité et donc d'adaptabilité de la société. En effet, nous sommes convaincus que l'économie dirigiste n'est pas viable, particulièrement parce qu'elle cherche à imposer un niveau de capital matériel identique pour tous. En faisant cela, elle ne permet pas la pleine expression des capitaux social et humain. Il en découle une baisse du bénéfice combiné des quatre capitaux, et donc in fine un blocage de la société. Nous pensons que seule l'entreprise individuelle est à même de répondre, localement et globalement, à l'ensemble des besoins de la population, et de s'adapter en des temps raisonnables aux changements de ces besoins, dans le respect et l'équilibre du bénéfice global retiré des quatre capitaux.


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Créé par: AJH Dernière modification: Jeudi 07 de Août, 2008 15:51:25 CEST par AJH


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