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Editos2005

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Table des matières





Editorial 23 - Pas de quartier pour l'échec scolaire - 31 décembre 2005


PAS DE QUARTIER POUR L’ECHEC SCOLAIRE
Privilège d’une minorité, l’éducation permanente doit devenir un droit pour tous les adultes

Octobre 1993, école Buffon, ZEP de Colombes, une réunion de parents dans ma classe de CE2. Ali raconte ses difficultés à expliquer chez lui devoirs et leçons à ses enfants. Tel un sésame, son intervention libère la parole d’autres parents. Qu’ils soient d’origine maghrébine, bretonne, ou auvergnate, ils témoignent tous des mêmes frustrations:
« L’école, c’est bien joli, mais comment aider nos enfants quand on a été soi même en échec scolaire, qu’on ne sait pas bien lire… »

Ali et moi, on se connaissait bien, avec d’autres parents et enseignants, cinq ans auparavant, nous avions créé un comité « école quartier » pour faire reloger une trentaine de familles vivant, comme Ali, dans des taudis insalubres générateurs de retard scolaire aggravé. Au nom du traitement économique de l’échec scolaire, les instits s’étaient mobilisés. Mais bien que relogés en HLM, les enfants continuaient à rencontrer de sérieuses difficultés en classe. De ce constat est née l’association Ecole Solidaire, décidée à oeuvrer au traitement économique mais aussi culturel des cités de banlieue. Un programme tenant en une formule: pas de quartier pour l’échec scolaire !

En tant qu’enseignant, j’envoie alors une lettre à Yves Calvet, Pdg de Peugeot où Ali est ouvrier, afin que ce papa obtienne des heures d’éducation permanente sur son temps de travail, pour soutenir scolairement ses enfants. Lors d’un entretien, le DRH propose un financement pour l’achat de livres. Sur le principe, Ali refuse. Ce qu’il veut, c’est être enseigné pendant la journée. Avec la fatigue du travail et les obligations familiales, il ne voit pas d’autres solutions.

Le 6 Mai 1994, Ecole-Solidaire? décide alors de rendre publique une proposition de loi pour le droit des adultes à l’éducation permanente, sur le temps de travail ou sur le temps de chômage (formation continue…maîtrise de la langue écrite…ouverture culturelle). En septembre 95, le journal Le Monde nous ouvre ses colonnes dans les pages « Horizon- Débats ».

Les pouvoirs publics sont restés sourds. Aujourd’hui, les banlieues explosent. En effet, il ne saurait y avoir de «sécurité sociale» digne de ce nom sans «sécurité culturelle». L’inégalité dans l’accès au Savoir génère de nombreuses autres inégalités. Au delà de l’urbanisme et de l’emploi, rien ne doit faire oublier l’indispensable et nécessaire traitement culturel gravé depuis 1946 dans le préambule la Constitution: «La Nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture ».

On a coutume de réduire le système éducatif à la seule école, alors que l’enfant ne passe que 10% de son temps en classe (sur une année civile) ! Rien d’étonnant alors que l’emploi du temps passé en dehors de l’école conditionne dans une si large mesure la réussite ou l’échec scolaire de l’enfant.

Dans les familles d’enseignants et de professions libérales, 80% des jeunes obtiennent un diplôme d’études supérieures, à peine 20% dans les familles d’ouvriers et de personnel de service. Dans les cités de banlieue, quantité de parents au cursus scolaire trop court, souffrent de ne pouvoir soutenir les enfants dans leurs études, de ne pouvoir les aider dans leurs devoirs et leurs leçons. Il s’ensuit un échec scolaire massif, cause de chômage, de désespoir et de violence. A l’inverse, dans les milieux favorisés, après leurs études supérieures, les parents bénéficient d’une dynamique d’éducation permanente, non seulement dans un métier qui les valorise socialement mais aussi dans la sphère familiale. Pour les enfants, c’est un facteur essentiel de réussite scolaire et d’insertion socio-professionnelle.

De nombreux emplois peu ou pas qualifiés disparaissent depuis trente ans, longtemps destinés à ceux qui n’avaient pas réussi à l’école, ces métiers sont balayés par la révolution informatique. L’échec scolaire est nu, il n’est plus masqué par le plein emploi. Quand on sait que l’enfant passe 90% de son temps en dehors de l’école, comment peut-on encore imaginer l’éducation des enfants indépendamment de celle des parents ?

Lutter sérieusement contre l’échec scolaire, c’est exiger la mise en place de structures d’accompagnement pour que tous les adultes continuent d’accéder à l’instruction bien après seize ans. Qu’ils continuent d’accéder à ces savoirs qui passent par la maîtrise de la lecture, outil indispensable de compréhension et de transformation du monde. Des savoirs qui vous font acteur de votre propre avenir.
Aujourd’hui, être solidaire, c’est se positionner publiquement pour permettre aux populations des cités de banlieue de tendre vers le confort culturel qui est celui des couches favorisées de la population :
L’élève ne doit plus masquer l’enfant…ni la famille qui est la première des écoles.

Tous les jeunes devraient bénéficier, chez eux, d’un confort culturel générateur de réussite scolaire. Pour cela, il faut que les parents obtiennent effectivement le droit d’accompagner culturellement les enfants sur les chemins de l’Ecole.

L’avenir démocratique de notre société se joue dans la volonté qu’auront hommes et femmes des milieux favorisés de tirer un trait d’union solidaire entre les centres-villes et les cités de banlieue. Dans la volonté de revendiquer l’éducation permanente pour tous les adultes, sur le temps de travail comme sur le temps de chômage.

Tant que ce droit ne sera ne sera pas acquis, l’école égale pour tous restera un mythe.

Alain Vidal, enseignant à Nantes, porte-parole d’Ecole-Solidaire
ecole.solidaire(at)wanadoo.fr



Editorial 22 - Le principe de la grenouille dans la marmite d'eau - 17 décembre 2005


Retrouvez la Grenouille et tous ses amis du pays d’Allégorie en librairie… et une présentation du livre sur http://www.olivierclerc.com/

Le principe de la grenouille dans la marmite d'eau (ou l'inconscience du changement)

Imaginez une marmite remplie d’eau froide, dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite. L’eau se chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue de nager. La température commence à grimper. L’eau est chaude. C’est un peu plus que n’apprécie la grenouille ; ça la fatigue un peu, mais elle ne s’affole pas pour autant. L’eau est maintenant vraiment chaude. La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle est aussi affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien. La température de l’eau va ainsi monter jusqu’au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir, sans jamais s’être extraite de la marmite.

Plongée dans une marmite à 50°, la grenouille donnerait immédiatement un coup de pattes salutaire et se retrouverait dehors.

Cette expérience (que je ne recommande pas) est riche d’enseignements. Elle montre que lorsqu’un changement négatif s’effectue de manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps pas de réaction, pas d’opposition, pas de révolte.

C’est exactement ce qui se produit dans la société où nous vivons. D’année en année, on observe une constante dégradation des valeurs, laquelle s’effectue cependant assez lentement pour que personne - ou presque - ne s’en offusque. Pourtant, comme la grenouille que l’on plonge brusquement dans de l’eau à 50°, il suffirait de prendre le Français moyen du début des années 80 et, par exemple, de lui faire regarder la TV d’aujourd’hui ou lire les journaux actuels pour observer de sa part une réaction certaine de stupéfaction et d’incrédulité. Il peinerait à croire que l’on puisse un jour écrire des articles aussi médiocres dans le fond et irrespectueux dans la forme que ceux que nous trouvons normal de lire aujourd’hui, ou que puissent passer à l’écran le genre d’émissions débiles qu’on nous propose quotidiennement. L’augmentation de la vulgarité et de la grossièreté, l’évanouissement des repères et de la moralité, la relativisation de l’éthique, se sont effectués de telle façon - au ralenti - que bien peu l’ont remarqué ou dénoncé.

De même, si nous pouvions être subitement plongés en l’an 2022 et y observer ce que le monde sera devenu d’ici là, s’il continue de dévaler la pente sur laquelle il se trouve, nous en serions sans doute encore plus interloqués, tant il semble que le phénomène s’accélère (accélération rendue possible par la vitesse à laquelle nous sommes bombardés d’informations nouvelles et en oublions le reste). Notons d’ailleurs que les films futuristes s’accordent pour ainsi dire tous à nous présenter un futur certes " hyper-technologique " mais surtout des plus lugubres.

Chaque fois qu’un changement est trop faible, trop lent, il faut soit une conscience très aiguisée soit une bonne mémoire pour s’en rendre compte. Il semble que l’une et l’autre soient aujourd’hui chose rare.

Sans conscience, nous devenons moins qu’humain.

Sans mémoire, nous pourrions passer chaque jour de la clarté à la nuit (et inversement) sans nous en rendre compte, car les changements d’intensité lumineuse sont trop lents pour être perçus par la pupille humaine. C’est la mémoire qui nous fait prendre conscience a posteriori de l’alternance du jour et de la nuit.

Gavée par trop d’informations inutiles, la mémoire s’émousse.

Abrutie par un excès de stimulations sensorielles, la conscience s’endort.

Et notre civilisation s’enfonce ainsi dans l’obscurité spirituelle, avec le délitement social, la dégradation environnementale, la dérive faustienne de la génétique et des biotechnologies, et l’abrutissement de masse - entre autres symptomes - par lesquels elle se traduit.

Le principe de la grenouille dans la marmite d’eau est un piège dont on ne se méfie jamais trop si l’on a pour idéal la recherche de la qualité, de l’amélioration, du perfectionnement, si l’on refuse la médiocrité, le statu quo, le laisser-faire.

Incidemment, ce principe fonctionne aussi au positif et même en cela il peut nous jouer des tours. Les efforts que l’on fait quotidiennement provoquent eux aussi des changements - positifs, cette fois - mais parfois trop faibles pour être immédiatement perçus ; ces améliorations sont pourtant bien là, et à ne pas les observer, certains se laissent décourager à tort.

Comment, alors, ne pas succomber au piège du principe de la grenouille dans la marmite d’eau, individuellement ou collectivement ?

En ne cessant d’accroître sa conscience, d’une part, et en conservant un souvenir intact de l’idéal et des buts que l’on s’est fixés.

L’entraînement et le développement de la conscience sont l’un des points communs de toutes les pratiques spirituelles : conscience de soi, conscience du corps, conscience du langage, conscience de ses pensées, conscience de ses émotions, conscience d’autrui, etc. Au-delà de tout dogme, de toute doctrine, de toute idéologie, l’élargissement et l’accroissement de la conscience devraient donc être considérés - bien plus que le développement des seules facultés intellectuelles - comme un comportement fondateur de notre statut d’humain et comme un moteur indispensable à notre évolution.

Olivier Clerc


Editorial 21 - Lettre ouverte à Madame Paula Dobriansky - 12 décembre 2005


Madame,

En votre qualité de sous-secrétaire d'état aux affaires mondiales dans l'administration Bush, vous avez par votre intransigeance et votre morgue pratiquement bloqué le processus mondial de lutte contre les changements climatiques. Bien que le premier ministre canadien, M. Paul Martin, vous ait invitée au cours du sommet mondial de Montréal, qui s'est déroulé ces derniers jours, à "écouter la conscience du monde", vous fîtes la sourde oreille, refusant d'envisager un quelconque avenir des accords internationaux sur les gaz à effet de serre pour l'après Kyoto (protocole dont l'application ne prévoit pas d'action concertée au delà de 2012).

En plus de cette arrogance de fort mauvais aloi, vous n'avez pas hésité à citer des chiffres ridicules et honteux, dont tout autre nation aurait eu grand soin de taire l'existence. Alors que l'on accusait votre nation de ne rien faire pour lutter contre les changements climatiques globaux (dont votre nation a d'ailleurs elle-même été victime récemment), vous avez répondu que les USA investissaient chaque année 2 milliards de dollars pour la recherche sur les énergies propres et la réduction des gaz à effet de serre.

Madame, quand on vient d'un pays qui dépense chaque année près de 500 milliards de dollars pour préparer la guerre, et encore 5 autres chaque mois pour poursuivre la destruction d'un pays membre des Nations Unies, on ne se vante pas d'en dépenser 2 pour sauver l'avenir. Dans ce cas, on se tait, et on pleure.

Je ne vous salue pas,

Brieuc Le Fèvre, citoyen du monde.



Editorial 20 - Le Canard Enchaîné (7 décembre 2005) - 10 décembre 2005


Pour une fois, Chirac et Sarko parlent d'une seule voix. Lors du somment franco-africain de Bamako le week end dernier, le chef de l'Etat a annoncé que la France, tout en continuant de lutter contre l'immigration clandestine, accorderait des visas longue durée « aux chercheurs, universitaires, cadres et artistes ». En écho, Sarko a pesté devant l'Assemblée contre l'entrée sur le territoire national de « ceux dont on ne veut nulle part ailleurs », tout en affirmant que « l'immigration zéro, ça n'a aucun sens ». Le ministre de l'Intérieur est d'accord avec Chirac : en provenance du continent africain, il veut « davantage d'étudiants, davantage de chercheurs ». C'est ce qu'il appelle « l'immigration choisie ».

Il faudrait plutôt dire de premier choix. Si l'on comprend bien, la nouvelle politique de maîtrise des flux migratoires améliore la politique des « quotas » et adopte résolument le point de vue du consommateur. Que choisir à l'étal du grand marché africain ? Sarko a testé pour vous la racaille : à éviter. Il vous déconseille aussi le tout-venant des misérables. Meilleur choix : l'étranger éduqué, instruit, propre sur lui. Car notre économie en a besoin.

Détail qui n'a aucune importance, les économies squelettiques des pays africains en ont plus grand besoin encore. Un besoin vital. Mais on s'en fout : l'idée, c'est d'attirer les cerveaux, et de barrer la route aux loqueteux.

Cette politique réaliste commence même à être appliquée avec bonheur au problème des banlieues. Neuilly Auteuil-Passy? ne pouvant accueillir toute la misère du Val Fourré, on y fait venir les bons petits jeunes intégrés qui ont réussi. Il reste à clôturer les frontières du continent banlieusard.




Editorial 19 - Claire Aymes (Déléguée Europe Ecologie Paca) - 6 décembre 2005


Paris-Dakar : le rallye indécent

Lettre ouverte à Etienne Lavigne, Directeur du Dakar
Amaury Sport Organisation (ASO)
Thierry Sabine Organisation (TSO filiale d'ASO depuis 1991)

Monsieur Lavigne, je m’ennuie chez moi. Tenez j’ai une idée.

Comme ce n’est pas possible à mon domicile pour des raisons qu’il serait contre-productif de vous exposer,

Je me propose de débarquer chez vous avec quelques téméraires aventuriers de mes amis?

Programme des festivités : Envahir votre maison, jardin et garage compris pendant quelques jours en dévastant tout sur notre passage et en festoyant de temps en temps pour reprendre quelques forces. Vos enfants et le chien sont priés de ne pas se trouver sur notre chemin sous peine d’y laisser leur peau. Au terme de notre exploit collectif, le plus rapide et plus fin expert en crasseries définies sera désigné et nous pourrons alors repartir le cœur léger en vous laissant les miettes de...

Editorial 18 - BJP - 1 er décembre 2005


Dans un article (reproduit plus bas) <<Une guerre du XXIème siècle>> - El Universal. 31/12/2002 - (Chronique:"Tiempo Real"), Alberto Garrido analysait la démarche vénézuelienne du Président Chavez, démarche poursuivie depuis cette date.


QUELLE GUERRE POUR LE XXIème SIECLE ??

Le sociétalisme est une alternative socio-économique et politique radicale. Le sociétalisme implique l'accès au pouvoir de ses partisans. La comparaison avec la situation vénézuelienne permet d'envisager le type de stratégie à adopter pour que le sociétalisme puisse s'incarner et s'institutionnaliser.

Dans le contexte de l'hégémonie ultra-libérale mondialisée, hégémonie contestée par un terrorisme aveugle, la stratégie contestataire ne peut être frontale. Elle consisterait plutôt à organiser la résistance permanente au capitalisme pour le marginaliser autant que possible par l'organisation de l'économie solidaire sociétale.

Sur ce terrain aussi conflictuel pour le sociétalisme que pour Chavez, la politique est comme la guerre : quand le temps de la politique est révolu, c'est à la guerre de continuer par les moyens classiques. Ce constat assimile le concept de révolution permanente à celui de la guerre permanente.

Pour mener à bien son combat, dont le but est est la consolidation du processus de la Révolution Bolivarienne, Chavez a choisi de prendre le contrôle de l'Etat démocratique et représentatif par la voie électorale. Il s'agit de tirer la leçon des insurrections révolutionnaires et civico-militaires manquées : la meilleure façon d'assurer le triomphe de la révolution est de s'emparer des bases du pouvoir de l'ennemi, c'est à dire dans ce cas, de l'Etat proprement dit.

La nature du sociétalisme est révolutionnaire. Stratégiquement, tout ce qui va dans ce sens ne peut qu'acquérir un rôle tactique. S'il s'avère impossible de faire passer la révolution par la «grande porte» de l´histoire, on peut toujours essayer par la «fenêtre tactique».

Les révolutions sont hégémoniques par définition et la meilleure manière d'établir une hégémonie révolutionnaire, sous des apparences de démocratie représentative, est d'appliquer la recette de la concentration du pouvoir.

Le théoricien de cette formule novatrice a été au départ Norberto Ceresole.

Comme un «chef suprême», le chef d'État élu doit assumer le pouvoir, qu'il a reçu du peuple par la voie électorale, d'une manière tout à fait personnelle.

Comme le peuple est néanmoins une masse «inorganique», le chef suprême exerce directement le pouvoir et la seule institution capable de l'accompagner dans ce «processus» est en fait l'armée, dans la mesure où l'obéissance qu'elle doit au chef de l'Etat est précisément compatible avec le principe de concentration du pouvoir.

Un certain nombre d'«apôtres», parmi lesquels les institutions de l'Etat, servent d'intermédiaires pour faire passer le message officiel de la mission révolutionnaire du «chef suprême» au reste de la population.

Tous les objectifs seront atteints avec la collaboration efficace de ce qu'on appelle les opérateurs politiques convertis en «factotum» du processus.

Les différents «axes» et les «pôles» de pouvoir choisis pour affronter le monde unipolaire à travers la création d'une coalition multipolaire et révolutionnaire, sont ouvertement anti-capitalistes.

La lutte chavezienne contre la globalisation prenait alors la forme d'une «révolution globale», elle aussi disposant d'une arme plus puissante qu'un missile nucléaire : le pétrole.

Dans la mesure où la révolution est une fin en soi, tous les moyens qui peuvent contribuer à la mener à bien sont susceptibles d'avoir une valeur ajoutée. Depuis le militarisme jusqu'à la corruption, toutes les man¦uvres ont trouvé ainsi leur justification : la consolidation de la révolution. Mais le processus révolutionnaire que conduit le sociétalisme requiert des stratégies différentes des vieilles pratiques anti-systèmes.

Post-démocratie totalitaire à la Ceresole sous l'apparence trompeuse de démocratie représentative du style Dieterich, démocratie participative et néo-révolutionnaire, l'application Chavezienne a bien fonctionné. L'effet surprise fut complet au niveau national et international, comme cela se produit souvent. Chavez, adepte de la maxime de Robinson Crusoé selon laquelle «si l'on ne trouve pas quelque chose, on est perdu», a mis en place, avec l'aide de conseillers qui n'oublièrent pas au passage leurs projets personnels, un «processus» révolutionnaire inédit. Celui-ci se veut civico-militaire selon le concept « originel » du vieux chef guérillero Douglas Bravo, son maître à penser, c'est-à-dire à la fois «caudilliste» et militariste comme l'avait imaginé Ceresole mais aussi anti-américain dans l'âme car révolutionnaire. Chavez tiendrait alors la barre de l'OPEP, conduisant une nouvelle forme d'insurrection à l'échelle mondiale.

Dans ce nouveau contexte la Guerre du Pétrole a éclaté dans l'antichambre de la Guerre contre ce supposé «Axe du Mal». Il s'agit à la fois d'une guerre «préventive» contre le terrorisme et d'une lutte pour l'établissement d'une nouvelle carte mondiale du pétrole.

Le facteur surprise a joué surtout contre Chavez. La guerre du pétrole va beaucoup plus loin qu'une simple lutte pour le destin de "Petróleos de Venezuela, S. A.", l'entreprise pétrolière et gazière vénézuélienne dont l'Etat est le seul actionnaire. C'est la confrontation de la puissante entreprise pétrolière internationale vénézuélienne avec l'Etat pré-révolutionnaire «chaviste», ayant comme enjeu le pétrole, justement l'arme que Chavez pensait utiliser contre l'ultime ennemi de la révolution : les Etats-Unis?.

Dans une entreprise internationale qui utilise une technologie de pointe, où l'information est classifiée et l'opération automatisée, les logiciels deviennent l'équivalent d'une véritable armée et les codes d'accès aux programmes acquièrent la force de la «Garde Nationale» qui est un des quatre corps de l'armée vénézuélienne, et remplit entre autre le rôle des CRS en France. C'est la guerre du savoir acquis : une authentique guerre du XXIème siècle, à l'époque du clonage humain.

L'arrêt général des activités de la société civile, la création de la «Coordination Démocratique», Organisation de l'opposition regroupant l'ensemble des partis politiques et les ONG, la nouvelle ouverture que représentent les élections, la médiation de l'OEA, autant de circonstances qui légitiment, au Vénézuela, la confrontation. La grève de l'industrie pétrolière domine la scène, relayée dans la rue par l'opposition à laquelle ne manque qu'un allié pour se débarrasser de Chavez.

Nous avons vu poindre le danger d'échec dans cette confrontation de la puissante entreprise pétrolière internationale vénézuélienne avec l'Etat pré-révolutionnaire «chaviste», ayant comme enjeu le pétrole, justement l'arme que Chavez pensait utiliser contre l'ultime ennemi de la révolution : les Etats-Unis?.

Évitons au sociétalisme un tel scénario. L'industrie financière est, elle aussi, une entreprise internationale qui utilise une technologie de pointe, où l'information est classifiée et l'opération automatisée. Les logiciels y sont aussi l'équivalent d'une véritable armée et les codes d'accès aux programmes acquièrent la force d'une gendarmerie mondiale ayant mainmise sur la démocratie représentative. Entre catastrophes technologiques, climatiques, et clonage humain la guerre du savoir acquis est et restera une authentique guerre du XXIème siècle. Les fondamentaux pour qu'une démarche alternative soit et demeure fiable existent et sont exposés sous le titre <<utopie réalisable>>.

Le sociétalisme introduit ici l'originalité qui le différencie de la vision révolutionnaire chavézienne théorisée par Ceresole où le pétrole était l'arme fondamentale de la guerre pour la création d'un Nouvel Ordre Mondial, l'OPEP, dont les pays les plus engagés constitueraient une nouvelle «alliance stratégique» (Irak, Iran, Libye, Venezuela) intervenant en tant qu'organisation pivot de la quatrième guerre mondiale.

Pour le sociétalisme il s'agit de développer les mécanismes révolutionnaires d'intégration altermondialiste incorporant l'idéologie anti-globalisation pour renforcer ce nouveau pôle de pouvoir, auquel viendraient s'ajouter d'autres mouvements et gouvernements unis par l'idéal sociétal de <<marginalisation du capitalisme>>

Adopté, adapté, ce nouveau type de projet révolutionnaire puissant mais pacifique, peut alors prendre forme en même temps dans divers pays, le GRESSO demeurant l'architecte essentiel de ce modèle original : la «post-démocratie sociétale».

BJP

annexe : article original
Une guerre du XXIème siècle.
d'après Alberto Garrido - El Universal. 31/12/2002 - (Chronique:"Tiempo Real")

Pour Chavez la politique est comme la guerre : quand le temps de la politique est révolu, c'est à la guerre de continuer par les moyens classiques. Il assimile le concept de la révolution permanente à celui de la guerre permanente.
Pour mener à bien son combat, dont le but est la consolidation du processus de la Révolution Bolivarienne, il a choisi de prendre le contrôle de l'Etat démocratique et représentatif par la voie électorale.
Chavez a en effet tiré une leçon des insurrections révolutionnaires et civico-militaires manquées de Carupano et de Puerto Cabello, puis du 4 février et du 27 novembre 1992 : la meilleure façon d'assurer le triomphe de la révolution est de s'emparer des bases du pouvoir de l'ennemi, c'est à dire dans ce cas, de l'Etat proprement dit.
L'objectif stratégique de Chavez a été, jusqu'à maintenant, la révolution et tout ce qui va dans ce sens ne peut qu'acquérir un rôle tactique. S'il s'avère impossible par exemple de faire passer la révolution par la « grande porte » de l´histoire, on peut toujours essayer par la fenêtre : une façon inédite d'amener la révolution, connue comme « fenêtre tactique ».
Les révolutions sont hégémoniques par définition et la meilleure manière d'établir une hégémonie révolutionnaire, sous des apparences de démocratie représentative, est d'appliquer la recette de la concentration du pouvoir.
Le théoricien de cette formule novatrice a été au départ Norberto Ceresole. Comme un « caudillo », Chavez doit assumer le pouvoir, qu'il a reçu du peuple par la voie électorale, d'une manière tout à fait personnelle. Comme le peuple est néanmoins une masse « inorganique », le caudillo exerce directement le pouvoir et le seule institution capable de l'accompagner dans ce « processus » est en fait l'armée, dans la mesure où l'obéissance qu'elle doit au chef de l'Etat est précisément compatible avec le principe de concentration du pouvoir.
Un certain nombre d'« apôtres », parmi lesquels les institutions de l'Etat, servent d'intermédiaires pour faire passer le message officiel de la mission révolutionnaire du « caudillo » au reste de la population. Ceresole a baptisé ce modèle : la « post-démocratie ».
Tous les objectifs ont été atteints, avec la collaboration efficace de ce qu'on appelle les opérateurs politiques, convertis en «factotum» du processus.
Ce nouveau type de projet révolutionnaire commença à prendre forme en même temps dans plusieurs pays. Ceresole lui-même en fut l'architecte au départ. Les différents « axes » et les « pôles » de pouvoir choisis pour affronter le monde unipolaire à travers la création d'une coalition multipolaire et révolutionnaire, sont ouvertement anti-américains. Le pétrole devient alors l'arme fondamentale de la guerre pour la création d'un Nouvel Ordre Mondial. L'OPEP, dont les pays les plus engagés forment une nouvelle « alliance stratégique » - l'Irak, l'Iran, la Libye, le Venezuela - intervient alors en tant qu'organisation pivot de la quatrième guerre mondiale. La lutte contre la globalisation prend alors la forme d' une « révolution globale », elle aussi disposant d'une arme plus puissante qu'un missile nucléaire : le pétrole.
Pendant ce temps là, continuent de se développer les mécanismes révolutionnaires d'intégration latino-américaine et caribéenne, qui incorporent désormais l'idéologie anti-globalisation. En principe Cuba, le Brésil et l'Equateur font partie de ce nouveau pôle de pouvoir, auquel plus tard viendront s'ajouter d'autres mouvements et gouvernements unis par l'idéal bolivarien de la « Grande Patrie »1
Dans la mesure où la révolution est une fin en soi, tous les moyens qui peuvent contribuer à la mener à bien sont susceptibles d'avoir une valeur ajoutée. Depuis le militarisme jusqu'à la corruption, toutes les man¦uvres ont trouvé ainsi leur justification : la consolidation de la révolution. Il s'agit de l'étape actuelle du processus révolutionnaire que conduit Chavez, qui continuera d'ailleurs tant qu'il sera là, et même après lui, sous des formes différentes, à travers les vieilles pratiques anti-systèmes.
La formule de la post-démocratie totalitaire à la Ceresole, en fait une démocratie participative et néo-révolutionnaire sous l'apparence trompeuse de démocratie représentative du style Dieterich, a bien fonctionné. L'effet surprise fut complet au niveau national et international, comme cela se produit souvent. Chavez, adepte de la maxime de Robinson Crusoé selon laquelle « si l'on ne trouve pas quelque chose, on est perdu», a mis en place, avec l'aide de conseillers qui n'oublièrent pas au passage leurs projets personnels, un « processus » révolutionnaire inédit. Celui-ci se veut civico-militaire selon le concept « originel » du vieux chef guérillero Douglas Bravo, son maître à penser, c'est-à-dire à la fois « caudilliste » et militariste comme l'avait imaginé Ceresole mais aussi anti-américain dans l'âme car révolutionnaire. Chavez tiendrait alors la barre de l'OPEP, conduisant une nouvelle forme d'insurrection à l' échelle mondiale.
C'est dans ce nouveau contexte qu'il faut interpréter la Guerre du Pétrole qui a éclaté dans l'antichambre de la Guerre contre ce supposé « Axe du Mal ». Il s'agit à la fois d'une guerre « préventive » contre le terrorisme et d'une lutte pour l'établissement d'une nouvelle carte mondiale du pétrole.
Mais cette fois le facteur surprise a joué surtout contre Chavez. La guerre du pétrole va beaucoup plus loin qu'une simple lutte pour le destin de PDVSA 2 "Petróleos de Venezuela, S. A.", l'entreprise pétrolière et gazière vénézuélienne dont l'Etat est le seul actionnaire. C'est la confrontation de la puissante entreprise pétrolière internationale vénézuélienne avec l'Etat pré-révolutionnaire « chaviste », ayant comme enjeu le pétrole, justement l'arme que Chavez pensait utiliser contre l' ultime ennemi de la révolution : les Etats-Unis?.
Dans une entreprise internationale qui utilise une technologie de pointe, où l'information est classifiée et l'opération automatisée, les logiciels deviennent l'équivalent d'une véritable armée et les codes d'accès aux programmes acquièrent la force de la «Garde Nationale»3. C'est la guerre du savoir acquis : une authentique guerre du XXIème siècle, à l'époque du clonage humain.
L'arrêt général des activités de la société civile, la création de la «Coordination Démocratique»4, la nouvelle ouverture que représentent les élections, la médiation de l'OEA, autant de circonstances qui légitiment la confrontation. La grève de l'industrie pétrolière domine la scène, relayée dans la rue par l'opposition. Il ne manque qu'un allié pour se débarrasser de Chavez.
++++++ 1 L'unification de l'Amérique du Sud en une patrie unique comme l'avait souhaité Simon Bolivar (NdT).
2 "Petróleos de Venezuela, S. A.", l'entreprise pétrolière et gazière vénézuélienne dont l'Etat est le seul actionnaire (NdT).
3 Un des quatre corps de l'armée vénézuélienne, qui remplit entre autre le rôle des CRS en France (NdT).
4 Organisation de l'opposition regroupant l'ensemble des partis politiques et les ONG (NdT).




Editorial 17 - Raymond Monedi - 18 novembre 2005


Un texte de Raymond Monedi, tout à fait dans "l'esprit sociétal"
Texte original à la page :
http://www.cerclepep.com/cercle/actu/philo-novemb2005.html


Liberté, Egalité, Fraternité

Lors de la Révolution Française, Madame Roland, condamnée par le régime de la Terreur s’écria, en montant à l’échafaud :
Ô, liberté,…liberté chérie, que de crimes l’on commet en ton nom !

A n’en pas douter, à peine née la ‘Liberté’ connaissait déjà les excès qui depuis toujours en sont le corollaire. Et pourtant qu’ils sont beaux, dans leur simplicité et leur pouvoir d’évocation les mots qui composent notre fameuse devise républicaine: « Liberté, Egalité, Fraternité »! Aujourd’hui ce triptyque humaniste, créé par l’inspiration des révolutionnaires d’alors, a été adopté par le Monde entier. Et rappelons pour mémoire, tous ceux qui, gens du peuple et aristocrates, sont morts pour que ces trois mots là, vivent. Mais deux siècles après, que sont, ces mots, devenus ?

  • Une ‘Liberté’ poussée à l’extrême qui autorise tous les abus, toutes les injustices et tous les égoïsmes: c’est la Loi pure et dure des plus forts !
  • Une ‘Egalité’ mal comprise, qui ne peut amener qu’un nivellement par le bas qui provoque laxisme et là aussi injustice : c’est la Loi rêvée par les plus faibles !
  • Une ‘Fraternité’ qui devrait pondérer les excès des deux premiers concepts : c’est le souhait de tous les Hommes, pourvu bien sûr, que les efforts et les sacrifices soient faits …. par les autres !

De plus, ces trois concepts qui sont devenus les fantasmes de tous les miséreux d’un Monde en perdition, sont dans les faits, antinomiques : la ‘Liberté’ c’est une vie sans contraintes ni obligations, alors que ‘l’Egalité’ c’est au contraire pour beaucoup, une vie de contrainte qui les mets dans l’obligation de rester dans le rang.
Théoriquement, il y a la ‘Fraternité’ qui aurait la charge de rééquilibrer cet antagonisme. Mais fondée sur la morale et la conscience des Hommes qui, quoiqu’en dise J.J.Rousseau, ne sont pas « naturellement bons », que peut-elle faire seule, cette pauvre Fraternité ? Surtout tant que le business, l’argent et les ambitions exacerbées, perturberont le Monde.

Le Communisme, le Capitalisme, … et après ?
Il ne fait aucun doute que se sont les concepts de notre devise Nationale, qui ont influencé l’évolution de l’humanité tout entière et favorisé l’émergence des deux idéologies qui dominent la Planète, depuis la fin de la Révolution française :
  • Le Communisme, basé sur trop d’Egalité, pénalise l’évolution de l’humanité.
  • Le Capitalisme, basé sur trop de Liberté, ne génère qu’injustices et rivalités
Notre incapacité à gouverner la Planète provient de cet absurde antagonisme. Devant des cas aussi insolubles, une méthode philosophique propose de rapprocher et de comparer le gouvernement des Hommes, avec le Gouvernement de la Nature. En faisant cette comparaison on remarque de suite deux dissemblances fondamentales :

1°) L’Egalité? n’existe nulle part dans la Nature, où la Loi du plus fort prime ! Bien au contraire, il semble que l’inégalité soit le moteur de l’univers. Les différences entre individus seraient la base même de la fameuse ‘Théorie de DARWIN’ sur l’adaptation et l’évolutions des Espèces!
2°) La Liberté, elle, on croit la voir régner en maître dans la Nature ; Rien n’est plus faux ! Derrière l’anarchie apparente, président des lois et des règles d’une rigueur sans faille qui garantissent l’équilibre parfait de toute chose dans l’univers.
On peut en conclure que les concepts humains « d’Egalité totale » et de « Liberté totale » n’existent, nulle part ailleurs, que dans la tête de nos penseurs.

Pour le Communisme, fondé sur une Egalité totale, sa faillite avérée a démontré son incapacité à faire le bonheur des Hommes. Le nirvâna par force. Le bonheur égalitaire selon Saint Marx. Dans les régimes collectivistes, les individus n’ayants pas les mêmes désirs, les mêmes besoins, ni surtout les mêmes compétences, doivent passer sous les fourches caudines d’un pouvoir qui s’est arrogé le droit de faire leur bonheur malgré eux, par une égalisation généralisée. Vouloir tout uniformiser, tout égaliser est aussi absurde que de vouloir que tous les Hommes mesurent 1m.,75 ou que chaque arbre ait 2 624 368 feuilles. Car si, selon l’adage bien connu : « celui qui peut le plus, peut le moins », la réciproque n’est pas vraie, « celui qui peut le moins, ne peut pas le plus ». En conséquence, cette volonté d’égalisation passe obligatoirement par un nivellement par le bas. On part du ‘maillon le plus faible’ et tous les autres, plus forts ou pas, doivent rentrer dans le rang. Ce principe est absurde car, en freinant tous les progrès, il nous ramènerait rapidement à l’âge des cavernes. Non, la seule Egalité qui vaille pour les Hommes, c’est ‘l’Egalité des chances’ de tout un chacun, quelque soit son niveau de naissance ou sa couleur de peau !

Le Communisme ne peut trouver sa raison d’être que lorsque l’économie d’un Pays décolle. Car dans ce cas, rien de mieux que de se dire : « On travaille tous ensemble et on partage tous ensemble en parts égales. ». Mais dés que la situation s’améliore, il ne serait pas juste d’empêcher ceux qui, par leur travail, leurs efforts, leur volonté et leurs compétences, réalisent des résultats supérieurs, de vouloir des rémunérations supérieures ! Dés lors apparaissent les inégalités.
Mais peut-on et a-t-on le droit, au nom d’une morale Egalitaire, d’empêcher des Hommes ayant quelques facultés supérieures, (physiques ou psychiques), de les développer tout en en faisant, par voie de conséquence, profiter toute l’humanité ! C’est d’ailleurs dans ce sens que l’on peut dire que l’inégalité est le moteur de l’évolution et de l’optimisation de l’Espèce humaine. C’est ainsi que, par analogie avec les Lois de la thermodynamique, on pourrait énoncer que l’Egalité comme l’entropie c’est de l’énergie qui se dégrade et qui, peu à peu, ne parvient plus à produire de l’action !
On peut en déduire, et disons le, même si cela est choquant, qu’à l’image de l’entropie, l’Egalité c’est la mort, alors que l’inégalité c’est la vie. Mais précisons, afin qu’il n’y ait aucune méprise, qu’il faut distinguer : « L’Inégalité? positive », par laquelle un individu s’enrichit tout en enrichissant la collectivité, de la funeste « Inégalité négative », par laquelle au contraire, d’autres misérables individus s’enrichissent en appauvrissant cette même collectivité.

Pour le Capitalisme, fondé sur une Liberté totale, qui est même devenue excessive, après la chute du mur de Berlin et du Communisme est également incapable, nous le savons aujourd’hui, de faire le bonheur de l’humanité ! Nous avons maintenant la preuve qu’il a atteint ses limites, car « l’ultralibéralisme » socle de sa philosophie, ne fait qu’accroître les « Inégalités négatives », qui déséquilibrent dangereusement la vie sociétale dans les pays dits évolués. On sent en effet, depuis quelques temps et un peu partout, un important refus, pour ne pas dire un sentiment de révolte, de tous les « laissés pour compte » d’un système impitoyable, qui permet à quelques milliers de privilégiés d’exploiter des milliards d’Hommes et toutes les richesses planétaires!
Pourtant, il faut bien admettre que, comme la démocratie, le Capitalisme se révèle être le meilleur des régimes, …faute de mieux. Fondé sur la Liberté il peut s’apparenter aux Lois de la Nature, mais en partie seulement, car celles-ci nous l’avons dit, sont bien mieux régulées que les Lois Humaines. Pour peu que l’on y réfléchisse, nous pouvons y remarquer deux différences fondamentales :

- a ) Le Capitalisme ne possède pas, à l’encontre de la Nature, de dispositifs auto-régulateurs ou ‘limiteurs de croissance’ qui, à l’image de ‘l’homéostasie’ assurent le développement équilibré et harmonieux, de tous les organismes vivants.
- b ) Si la Nature privilégie l’Espèce au détriment des Individus, le Capitalisme, lui, privilégie des Individus au détriment de l’Espèce !

Et si nous remplaçons le mot ‘Espèce’ par ‘Collectivité’, nous comprenons aussitôt les raisons de l’incompatibilité de ces deux idéologies qui divisent le monde depuis longtemps. Pour défendre la Collectivité à tout prix, le Communisme coupe la tête à tous les individus qui dépassent des rangs. En revanche le Capitalisme, pour accroître toujours plus ses profits, pressure tous les rangs de la
Collectivité ! En effet, un libéralisme sauvage, sans règles et sans morale, qui ne génère qu’injustices et égoïsmes ne peut à terme, que détruire l’humanité entière. Trop de Liberté tue la Liberté !

Le Bonheur par la Fraternité et l’Equité.
Il faut se rendre à l’évidence, et les faits le prouvent tous les jours davantage, les deux premiers mots, Liberté et Egalité, de notre belle devise républicaine sont incapables à eux seuls, de faire le bonheur de l’humanité. Il reste heureusement la Fraternité. Mais ce concept, qui ne peut se développer que par l’esprit, la morale et la bonne volonté des Hommes est bien fragile. De nos jours des ‘libéralistes fraternels’ doivent être assez rare. Mais on peut penser qu’en associant la Fraternité au concept plus concret et plus réaliste de « l’Equité » nous parviendrions à une éthique de vie bien proche du meilleur possible. Car l’Equité c’est l’osmose harmonieuse du Dynamisme et de la Convivialité. Le dynamisme favorise le progrès de l’humanité et la convivialité permet à tout le monde d’en profiter ! De nouvelles règles économiques et sociales, seraient bien sûr à édicter, mais par leur sagesse et leur esprit de justice elles devraient être facilement acceptées de tous !

« L’Equité, c’est d’abord : à chacun selon ses besoins et ensuite, à chacun selon ses compétences, ses efforts et ses mérites ! »
- C'est-à-dire, d’abord : que le plus pauvre des plus pauvres, le plus miséreux des plus miséreux puisse, manger tous les jours à sa fin, se loger convenablement et s’habiller décemment.
- Et ensuite, ensuite seulement : que tous ceux qui le désirent puissent se bâtir un destin à la mesure de leurs compétences, de leurs ambitions et selon leur courage, leur travail et leurs mérites.

Et cela sans aucune limite, à la seule condition que ces challenges pour la réussite personnelle se déroulent, comme dans les compétitions sportives, avec le respect le plus absolu des nouvelles règles socio-économiques qui restent encore à inventer. Et surtout pas en effet, des règles, ou plutôt des ‘non-règles’ de l’idéologie ultra-libérale qui, par ses déréglementations, ses dérégulations, ses laissez-passer et ses laissez-faire, tend tout simplement à l’anarchie ; A un « libéralisme sauvage total » qui porte atteinte à la primauté de l’Homme !
On pourrait penser qu’ayant vingt siècles révolus, l’humanité actuelle a atteint sa majorité et qu’en conséquence ses problèmes matériels devraient être résolus ! Mais les Communistes et les Capitalistes totalement obnubilés par le matérialisme, ont retardé et retardent toujours, l’évolution logique de ‘l’Homo Sapiens’. Pourtant, après avoir, pendant des millénaires, conjuguer le verbe AVOIR, il serait peut-être temps pour les Hommes, de commencer à conjuguer le verbe ETRE !

( a suivre )
Raymond MONEDI Novembre 05



Editorial 16 - Janpier DUTRIEUX - 2 octobre


Autopsie d’un discours politique : De qui se moque-t-on ?

Après le référendum du 29 mai 2005, le ministre de l’économie Thierry Breton s’exprima « librement » en public, le 21 juin.
Que disait-il : :« Il faut dire la vérité aux Français, l’impôt sur le revenu ne sert pas à financer des écoles ou des hôpitaux, il ne sert pratiquement qu’à payer les intérêts de la dette publique ».
Que constatons nous : La charge de la dette publique s’élevait en 2004 à 45,3 milliards d’euros et l’impôt sur le revenu à 53,885 milliards d’euros.
Que disait-il : « La dette publique (Etat, collectivités locales, organismes de sécurité sociale) atteint 1067 milliards d’euros. Il y a 25 ans, il n’y en avait pas. Cette dette est le travail d’une génération. »

Que disons nous : Comme chacun sait, la dette publique était avant cette période des « 25 calamiteuses » financée par ce que les économistes ont appelé l’impôt d’inflation. La Banque de France finançait directement avant 1973 le budget de l’Etat et lui faisait des avances sans intérêt. Depuis cette date, notamment avec le nouveau statut de la Banque de France de 1993, et son intégration dans le Système européen des Banques centrales (SEBC) et l’adhésion de la France au traité européen de Maastricht, toute avance directe de Banque centrale à des organismes publics est interdit.

L’article 104 de ce traité interdit à la BCE et aux Banques centrales des Etats membres « d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales et locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des Etats membres. » Il leur interdit également « l’acquisition directe auprès d’eux des instruments de leur dette ».

Dans ces conditions, la dette ne peut qu’exploser !

Avant, elle était invisible, mais elle pouvait entretenir l’inflation notamment quand les banques secondaires dispensaient du crédit dans des opérations douteuses et peu créatrices de richesses physiques, mais elle n’enrichissait personne au détriment du plus grand nombre, car elle ne portait pas d’intérêt. Elle était émise GRATUITEMENT.
Aujourd’hui elle est bien visible, et ses intérêts bouffent l’argent destiné à nos hôpitaux et à nos écoles. Car elle porte un intérêt. Intérêt qui n’enrichit que quelques créanciers, banques, fonds de pensions, etc, au détriment du plus grand nombre.
Alors, Monsieur Breton, s’il vous plait, sortez de la pensée unique monétariste. Rendez nous nos hôpitaux et nos écoles !

Que constatons nous encore : La dette publique représentait 39.000 euros par actif en 2004 ou encore 17.000 euros par Français, et pourrait passer à 40.000 euros par actif en 2008 si rien n’est fait. Il faut sortir de cette spirale infernale.

Monsieur Breton voit deux solutions, soit baisser les dépenses de l’Etat de façon draconienne, mais il remarque que « tout le monde sait que ce n’est pas facile ni souhaitable, soit on fait de la croissance. Mais pour avoir de la croissance dans l’économie comme dans la famille, il faut travailler plus. (….) On fait croire aux Français que l’on pourrait travailler moins et avoir un système plus protecteur, ce n’est pas vrai ».

Que disons-nous ? Tout d’abord l’économie (entendez de la nation) et la famille sont deux choses bien différentes. Manier l’analogie peut être pédagogique, mais en l’occurrence cette dernière est faussée, donc trompeuse, car l’économie nationale fonctionne avec de la monnaie, l’euro, et pour ses échanges extérieurs avec des devises, dollar, yen, etc. Mais l’économie de la famille fonctionne SANS MONNAIE et règle ses échanges extérieurs en euros.

Rappelons donc à Monsieur Breton que :

Sur la croissance :
La croissance économique s’exprime par la progression arithmétique des valeurs ajoutées par les branches de production. Autrement dit, chaque fournisseur ajoute au service ou au bien qu’il vend une valeur (monétaire) qu’il ajoute à son coût initial. La vente se négocie sur un marché. Nous pouvons donc avoir une croissance en valeur (monétaire) ou une croissance en volume (quantitatif). Par ailleurs, la croissance n’est pas qualitative, elle exprime la progression d’un flux de production indépendamment de son utilisé sociale (ce que nous appelons valeur d’usage) et du stock patrimonial (ce que nous appelons capital national)
Par exemple, signalons la croissance du marché de l’immobilier (dont la valeur croît alors que le volume décroît), celle du marché boursier (dont la valeur croît alors que le taux d’entreprises en faillite augmente), etc.
Par exemple, si une explosion détruit une ville, le capital national en sera amoindri mais la production nécessaire à sa reconstruction (même de valeur sociale, artistique, ou même marchande moindre) augmentera la croissance économique.
Nettoyer des tags et des graffitis, porter secours aux blessés de la route, faire repasser son linge par des services marchands augmente la croissance. Mais, s’il n’y a pas de tags, de blessés, et si vous repassez vous-même votre linge, qui fera la croissance ?

Sur l’économie et la famille
a) L’économie (nationale) emploie et paye des salariés pour retirer les tags des murs de nos villes, tondrent les pelouses des jardins publics, transporter les blessés de la route, produire des ordinateurs, des voitures….
b) En famille, l’économie n’est pas monétisée. On essuie la vaisselle gracieusement, on tond la pelouse tout aussi gracieusement et on prépare des repas et sert des tisanes sans bourse délier. C’est une économie SOLIDAIRE, dont la production progresse dans une logique de dons et de contre-dons.

Sur le travail et la croissance
Tout d’abord, le travail et l’emploi (a) sont deux choses différentes Ensuite, la croissance et l’emploi (b) ont des liens qui s’avèrent de plus en plus distants au fil du temps.
a) L’emploi suppose la vente de son travail sur un marché : le marché du travail. Mais tous les travaux ne se vendent pas sur des marchés. Les services rendus par les agents publics, l’instituteur, l’agent hospitalier ou le policier n’ont pas de valeur marchande. Il en est de même de la production domestique et sociale. Pourtant, cette production pourrait cependant être appréciée, par exemple, relativement au temps occupé à la mettre en œuvre, par évaluation au coût du marché, ou par le gain potentiel que ses auteurs pourrait en tirer.
Une étude effectuée par 2 économistes en 1981 (Ann Chadeau et Annie Fouquet, Economie et Statistiques n¹ 136, septembre 1981, INSEE) concluait que si cette prodcution était valorisée et monétisée, elle atteindrait entre 54 % et 65 % du Produit intérioeur brut. Notamment, comme a pu le souligner l’économiste américaine K.E. Walter « si les indices économiques nationaux tenaient compte de la valeur des travaux domestiques, les femmes en bénéficieraient aussi bien psychologiquement qu'économiquement, car la valeur monétaire des biens et des services est, dans notre société, un indice reconnu de valorisation » .Et si on essayait ?
b) La croissance économique est issue de l’accumulation du capital et du progrès technique, soit Croissance = Investissement + Productivité. L’emploi y contribue à la marge.
La preuve : depuis le début du 20e siècle, le produit intérieur brut (PIB) par habitant s’est multiplié par 7 tandis que la quantité du travail fourni diminuait de 55 à 36 milliards d’heures par année, malgré une augmentation de volume de l’emploi de 16 à 22 millions. (cf. Fragmentelles juin 2005, Faut-il travailler plus)
Sans doute à productivité et à investissement constants, la croissance économique peut nécessiter conjoncturellement davantage de postes employés dans les branches de production, mais sur le long terme, cette équation ne se vérifie pas.

Que conclure alors de ces remarques ?

1- Réformer l’article 104 -Assurément, il faut réformer l’article 104 du Traité de Maastricht cité plus haut afin de permettre à la BCE et aux autres Banques centrales nationales d’accorder des crédits sans intérêt aux institutions et organismes publics (Etat, Collectivités locales…).
On pourrait, si nécessaire, limiter la diffusion de ces crédits de la BCE aux seules dépenses d’investissement des institutions publiques afin qu’ils ne financent pas leur budget de fonctionnement. On pourrait même en limiter le volume par rapport à la croissance monétaire globale. Mais on devrait le faire !

2- Capital national et Développement humain -.La France pourrait initialiser et promouvoir de nouveaux indicateurs économiques patrimoniaux et qualitatifs afin de pondérer les résultats de l’artificiel, quantitatif et omniprésent produit intérieur brut (PIB). Je ne dis pas qu’il n’est pas intéressant de savoir que la production a augmenté d’une année sur l’autre, sur 10 ou 20 ans, de X %. Mais je pense qu’il est un peu court de fonder tous les raisonnements macroéconomiques sur ce ratio.
Je pense qu’il est tout aussi intéressant de connaître les évolutions du capital national (ou valeur du capital public et privé des Français). Que signifierait de produire plus d’une année sur l’autre si collectivement notre patrimoine national régresse ?
Je pense qu’il est tout aussi intéressant de connaître l’évolution du développement humain. L’indice du développement humain mise en place par la Conférence des Nations Unies pour le Développement (CNUD) et ses variantes pondèrent les résultats d’une production quantitative par des éléments de qualité de vie comme le taux de scolarisation, le taux de pauvreté, la longévité des habitants. Voir sur ces sujets les sites http://www.pauvrete-politique.com/ et http://globeco.fr/ . Que signifierait de produire davantage d’une année sur l’autre si les écarts sociaux, l’insalubrité, la violence augmentent, si la paix, la justice et la démocratie régressent ?

3- Un dividende pour tous – Ne doit-on pas considérer que le travail n’est pas exclusivement l’occupation d’un emploi dans une branche de production ? Ne doit-on pas considérer que le travail marchand n’est pas la seule richesse de la nation ? Ne doit-on pas considérer que le progrès technique et la croissance de la productivité, issus de notre génération et de celles qui l’ont devancée, doivent profiter à tous ? Ne doit-on pas considérer qu’un dividende de la production, servi à tous, actifs ou non actifs, riches ou pauvres, diminuerait les écarts sociaux, faciliterait l’écoulement des stocks, assurerait un revenu continu pour un salaire discontinu et arbitrerait aimablement les conflits entre revenus du travail et revenu du capital ?

Janpier Dutrieux, le 29 septembre 2005




Editorial 15 - AJH - 2 octobre 2005=-


Quelques citations

« Dans le cas de la création monétaire l’avantage serait toujours pour ceux qui émettraient la monnaie de crédit ; et comme le gouvernement représente la nation, la nation aurait épargné l’impôt, si elle, et non la banque, avait fait elle-même l’émission de cette monnaie... Le public aurait un intérêt direct à ce que ce fût l’Etat, et non une compagnie de marchands ou de banquiers, qui fit cette émission ».(David Ricardo, Principes d’économie politique)

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« La puissance d'argent fait sa proie de la nation en temps de paix et conspire contre elle en temps d'adversité. Elle est plus despotique que la monarchie, plus insolente que l'autocratie, plus égoïste que la bureaucratie. (...) Les groupes financiers et industriels sont devenus tout puissants, il s'ensuivra une ère de corruption aux postes élevés et la puissance d'argent du pays cherchera à prolonger son règne en utilisant les préjugés du peuple jusqu'à ce que la fortune soit concentrée en un petit nombre de mains et la république détruite »( Abraham Lincoln).

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« Qu’est-ce que le crédit, sinon le simple pouvoir d’acheter en échange d’une promesse de payer ? La fonction d’une banque ou d’un banquier est d’acheter des dettes avec des promesses à payer.... La pratique seule du crédit amène ainsi par l’abus qu’on est porté à en faire, aux crises commerciales.... Le crédit est le principal moteur, il donne l’impulsion ; c’est lui qui, par la signature d’un simple effet de commerce, d’une lettre de change, donne une puissance d’achat qui parait illimitée. »( Clément Juglar, Les crises commerciales).

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« Le fait de faire revivre maintenant l’ancien système de couverture intégrale des dépôts (...) empêcherait effectivement l’inflation et la déflation suscitées par notre système actuel, c’est-à-dire stopperait effectivement la création et la destruction irresponsables de monnaie par nos milliers de banques commerciales qui agissent aujourd’hui comme autant d’instituts privés d’émission (...).
L’essence du plan 100 % monnaie est de rendre la monnaie indépendante des prêts, c’est à dire de séparer le processus de création et de destruction de monnaie du prêt aux affaires » (Irving Fisher, 100 % money).

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« Le jugement éthique porté sur le mécanisme du crédit bancaire s'est profondément modifié au cours des siècles. (...) A l'origine, le principe du crédit reposait sur une couverture intégrale des dépôts. (...) Ce n'est que vers le XVII e siècle, avec l'apparition des billets de banque, que les banques abandonnèrent progressivement ce principe. Mais ce fut dans le plus grand secret et à l'insu du public » (...) «'En abandonnant au secteur bancaire le droit de créer de la monnaie, l'Etat s'est privé en moyenne d'un pouvoir d'achat annuel représentant environ 5,2 % du revenu national » (Maurice Allais, Prix Nobel d’économie 1988, La réforme monétaire 1976).

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« Je prétends que, dans la conjoncture actuelle, à condition d’entourer l’opération de garde-fous, l’émission de monnaie ex nihilo par la Banque de France, sans qu’existe aucune créance en contrepartie, est indispensable pour sortir notre économie de son anémie. (...) Il s’agirait de fournir aux ménages un pouvoir d’achat supplémentaire, qui n’alourdisse en rien les coûts de production. (...) Cette monnaie ne pourrait être remise au Trésor, ce que les accords européens interdisent. (...) C’est donc directement aux habitants du territoire français que la monnaie créée devra aller. (...) Le mot capitation désignant un impôt uniforme prélevé par tête d’habitant, l’allocation versée serait une capitation inversée. (...) 1000 ou 2000 frs. seraient versés à toute personne résidente, quel que soient son âge et ses revenus. La Banque (centrale) réserverait le droit de renouveler ou non l’opération si la conjoncture le demande » (Jean-Marcel Jeanneney, Fondateur de l’OFCE, Ecoute la France qui gronde - 1995).

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« On pourrait avoir une productivité plus grande des secteurs tertiaires, et générer en aval du pouvoir d’achat, si l’on avait plus de demande en amont. Mais la dite demande suppose déjà du pouvoir d’achat. Il faut donc qu’intervienne une demande exogène pour que reprenne la croissance, et que (...) lorsqu’une injection de monnaie de la Banque centrale paraît opportune au Conseil de la Politique Monétaire, que les modalités en soient étudiées entre ce dernier et le Gouvernement, étant entendu qu’elles pourraient viser à stimuler la demande privée aussi bien que la demande publique » (Jacques Méraud, Fondateur du CERC, Le Monde du 5/08/1997 et du 02/09/97).



Editorial 14 - AJH - 1 er octobre 2005


Les dons et les effets…

Amélie est assistante de direction. Elle gagne 2’000 euros nets par mois, soit 24’000 euros par an. Ses impôts sur le revenu se montent à 7’200 euros (j’ai choisi 30% d’impôts car il faut bien prendre l’argent quelque part en bas, si on veut le donner en haut…). Il lui reste donc 16’800 euros pour vivre.
Avec ses 7’200 euros d’impôts, Amélie a financé le programme nucléaire, l’armement, la dégradation sociale,
les subventions aux entreprises multinationales, les délocalisations, la propagande constitutionnelle, les inévitables frais de bouche et autres activités de prestige et quelques miettes pour le programme social et les énergies renouvelables, etc.

Sophie, sa sœur est également assistante de direction mais doublée d’une activiste et militante. Elle gagne aussi 2’000 euros nets par mois, donc 24’000 euros par an. Mais Sophie fait des dons de 350 euros par mois à diverses associations et personnes, soit 4’200 euros par an. Ses impôts sur le revenu se montent tout d’abord aussi à 7’200 euros. Mais ses dons lui permettent une réduction d’impôts de 2’772 euros (66%). Ainsi, ses impôts après dons se montent à 4’428 euros. Il lui reste donc 15’372 euros pour vivre, soit 1’428 euros par an de moins que sa sœur qui ne se préoccupe pas du devenir de ses concitoyens.
Sophie n’a laissé que 4’428 au lieu de 7’200 euros et avec grand regret à la destruction sociale orchestrée par le pouvoir et a contribué avec 4’200 euros à la construction d’un monde de justice sociale.
Pour cet engagement, elle a renoncé avec plaisir à ces 1’428 euros que sa sœur gaspille en futilités au mépris de la vie des autres.

J'ai "volé" cette excellente démonstration sur la "lettre d'Alter France N°39" (site internet http://www.iddicea.alter-france.net ... merci Sonia wink )



Editorial 13 - AJH - 7 août 2005


ECONOMIE ET MONNAIE DANS LA ZONE EURO: UN PEU DE BON SENS S'IL VOUS PLAIT ! BonSens?

Le rejet par la France et les Pays-Bas? du Traité Constitutionnel amène une chance nouvelle de revoir de fond en comble l'organisation économique de la zone euro.
Que la future Constitution européenne n'intègre que les pays fondateurs ou les douze de la zone euro, ou d'autres qui accepteront cette Constitution dans sa totalité (y compris la monnaie unique), il sera indispensable que les rédacteurs de cette Constitution revoient, dans leur philosophie même, les articles qui régulent la monnaie et l'économie. Voici quelques pistes de réflexion, mais c'est évidemment avant tout de bon sens dont nous avons besoin.


Sur l'indépendance et le mandat de la BCE

Le projet rejeté de Constitution, en confirmant l'article 104 du Traité de Maastricht (qui reste pour le moment en application), affirmait que la B.C.E. ne peut "solliciter ni accepter des instructions des institutions, organes ou organismes de l'Union, des gouvernements des États membres ou de tout autre organisme des Etats" (Article III-188).
De ce fait l’Europe serait devenue la seule et unique "structure" au monde et dans l’histoire où l’indépendance absolue d’une Banque Centrale aurait été constitutionnalisée dans un cadre définitif d'une politique prédéterminée que les citoyens ne pourraient même plus orienter.
Il semble de bon sens qu'une Banque Centrale soit au service des Etats et non pas l'inverse.


Sur le rôle de la BCE au sein de la zone euro

Egalement, depuis le Traité de Maastricht ( mais est ce qu'une erreur doit être, pour autant, constitutionnalisée ?), "Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées "banques centrales nationales", d'accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l'Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres ..." (Article III-181)

Donc, puisque les Banques Centrales n'ont pas le droit de prêter de "monnaie centrale" aux Etats, ceux ci sont tenus de financer leurs déficits par des emprunts sur le marché financier. De ce fait, chacun des citoyens de nos pays doit payer un intérêt au système bancaire privé, pour l'usage de sa propre monnaie qu'il pourrait émettre lui-même sans intérêt!

L'augmentation de la masse monétaire qui nous permet de produire des équipements collectifs d'utilité publique a donc pour seule contrepartie les emprunts émis auprès des banques privées, emprunts chargés d'intérêts conséquents...

Thomas Edison écrivait déjà: "Il est absurde de dire que notre pays peut émettre des millions en obligations, et pas des millions en monnaie. Les deux sont des promesses de payer, mais l'un engraisse les usuriers, et l'autre aiderait le peuple. Si l'argent émis par le gouvernement n'était pas bon, alors, les obligations ne seraient pas bonnes non plus. C'est une situation terrible lorsque le gouvernement, pour augmenter la richesse nationale, doit s'endetter et se soumettre à payer des intérêts ruineux."

Il semble de bon sens qu'une Banque Centrale devrait être mise au service du développement et de l’harmonisation. Sa priorité devrait être l’emploi et, le plus important, elle devrait pouvoir financer les politiques structurelles.


Changer d'instruments de mesure:

Les politiques économiques et financières sont influencées par la comptabilité de l’Etat et des Collectivités Publiques, ainsi que par les méthodes de calcul du sacro-saint P.I.B.

1 - La comptabilité
Les Collectivités Publiques enregistrent recettes et dépenses un peu comme le ferait un ménage. Dépenses de fonctionnement et d’investissements (investissements d'équipements qui vont pour certains rester utilisables des dizaines d’années) font partie de différentes rubriques de budgets annuels qui doivent s’équilibrer: Dépenses d'un coté, recettes fiscales plus déficit de l'autre.
Cette manière de faire entraîne de lourdes conséquences, par exemple sur la fameuse notion d’équilibre budgétaire et de critères de stabilité (limite du déficit à 3% du PIB) imposés par les Traités en vigueur.

Dans la comptabilité des entreprises le compte d’exploitation n’enregistrant dans l’année que les amortissements est bien plus représentatif.

Il semble donc de bon sens que le budget de fonctionnement soit équilibré par les impôts et taxes, mais le budget d’investissement devrait l’être par des emprunts dont la durée de remboursement serait égale à celle de la durée de vie de l'équipement. Pour qu’il en soit ainsi, il faudrait que les Etats européens adoptent la comptabilité à partie double, celle des entreprises.

Et s'il est admissible que certains investissements soient financés par des emprunts, ils devraient l'être, pour beaucoup d’entre eux, par une création monétaire centrale non productive d'intérêts. Est-il normal que les dépenses d’achats des terrains du littoral pour éviter le bétonnage de nos côtes le soient sur le budget annuel alors que les terrains ne s’amortissent même pas ?

Avec l’adoption de la comptabilité à partie double complétée par la création monétaire d’Etat, la puissance publique se doterait non seulement d’un instrument plus juste de connaissance de la réalité, mais également d’intervention pour financer des programmes de grands travaux permettant une réduction drastique du chômage.

Il y a des armoires pleines de projets d’investissements, facteurs de créations d’emplois, de réduction de dépenses énergétiques ou de productions plus sociétales et écologiques, mais on ne sait pas les financer, faute de ces réformes nécessaires.

2 - Le calcul du PIB

Notre représentation de la richesse est pour le moins "anormale". Plus il y a de blessés sur les routes, de naufrages de pétroliers, de tempêtes dévastatrices, de drogués ou d’alcooliques à soigner, de dégradations diverses, plus le PIB augmente grâce au travail rémunéré de tous ceux qui doivent intervenir suite à ces catastrophes.

Les milliards d'euros que nous coûtent ces destructions sont comptabilisés comme des apports de richesses puisqu’elles génèrent des activités économiques exprimées en monnaie.

Ce serait le bon sens de modifier nos "thermomètres" comme le fait justement remarquer Patrick Viveret dans son rapport "Reconsidérer la Richesse" (Ed. de l'Aube – 2005)

Ceci nous amène au rôle du système bancaire dans cette Europe que nous souhaitons.

Une Constitution européenne doit inclure dans ses articles la possibilité, par une double majorité (et non pas "l'unanimité") du Parlement et des Etats, de modifier le mandat de la Banque Centrale, y compris de débattre de la masse monétaire centrale (monnaie permanente). Bien évidemment des articles comme celui précédemment cité (Article III-181) ne devraient jamais être inclus dans n'importe quelle Constitution.
C'est également au Parlement et aux Etats de définir le rôle des banques privées, tant il est vrai que c'est l'aspect monétaire qui détermine l'avenir d'un pays ou d'un groupe de pays.

Ne serait-il d'ailleurs pas de bon sens d'écouter cette fois Maurice Allais, le seul prix Nobel de Sciences Economiques que nous ayons jamais eu, qui propose dans "La crise mondiale aujourd'hui" (Ed. Clément Juglar - 1999):

1 - Une réforme du crédit:

- Toute création monétaire doit relever de l'Etat et de l'Etat seul. D'ailleurs Allais écrit "Dans son essence la création de monnaie ex nihilo actuelle par le système bancaire est identique … à la création de monnaie par des faux monnayeurs. Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents"
Les gains provenant du transfert de cette création monétaire par les banques privées vers l'Etat permettraient d'alléger très sensiblement les impôts actuels: par exemple de réduire la charge de la dette (les intérêts) qui représente plus de 70% du montant de l'Impôt sur le Revenu (39,9 milliards d'euros d'intérêts pour 55 milliards d'euros d'IRPP en 2005)

- Tout financement d'investissement à un terme donné doit être assuré par des emprunts au moins de même terme: aucun emprunt à long terme ne peut être financé par des emprunts à court terme.

2 - Une réforme du système bancaire par une dissociation totale des activités bancaires et leur attribution à 3 catégories d'établissements distincts et indépendants:
- Les banques de dépôts dont le rôle est celui d'encaissements, de paiements et de garde de dépôts de leurs clients,
- Les banques de prêts pour lesquelles le montant global des prêts ne peut excéder le montant global des fonds empruntés.
- Les banques d'affaires seules autorisées à investir dans les entreprises les fonds empruntés au public ou aux banques de prêts.

Certains considèrent Allais comme un gentil hurluberlu. Bernard Maris dans "Lettre ouverte aux gourous de l’économie qui nous prennent pour des imbéciles" (Albin Michel -1999), ne fait guère de cadeaux aux économistes en général, mais il écrit (pages 136/137) : « On va chercher Allais en 1987, après le krach, on le coiffe d’un chapeau pointu de devin, et on le ressort en 1998. Il dit la même chose, de bon sens, “que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel‿. Il ne prévoit rien : il fait de remarquables comparaisons historiques, point. Il donne la même analyse limpide de la crise de 1929, mais peu importe ; ce n’est pas sa capacité d’analyse historique que l’on met en scène, mais son coté vieux sage, vaguement sorcier et un peu loufoque : museler le système bancaire, interdire aux banques de créer de la monnaie, dire que la monnaie bancaire est de la “fausse monnaie‿, empêcher les banques de prêter à plus long terme que leurs fonds… si les gens lisaient vraiment ce qu’a écrit Allais, ils seraient stupéfaits ! Allais n’est pas un expert, mais un grand économiste… »

Allais lui-même écrit à propos de ces réformes et d'autres (principalement boursières) qu'il préconise: "Il s'agit de réformes fondamentales qui intéressent la vie de tous les jours de millions de citoyens. Ces réformes indispensables n'ont été réalisées, ni même envisagées, ni par les libéraux justement préoccupés de favoriser l'efficacité de l'économie, ni par les socialistes justement attachés à l'équité de la distribution des revenus…. Les uns et les autres n'ont cessé d'être aveuglés par la répétition incessante de toutes parts de pseudo vérités et par des préjugés erronés."

Rien que du "bon sens" !



Editorial 12 - Mais où va le monde? - brieuclef - 7 juillet 2005



Conditions économiques effroyables. Pollution invasive et imparable pour nous tous. Règne de l'égoïsme, du fric facile et de la grosse voiture (entre autres!). Eau imbuvable pour cause de pesticides, nitrates et autres bactéries pathogènes. Changement climatique. Baril de pétrole à 60 dollars. Guerres préventives. Terrorisme. Totalitarisme. Dette du tiers-monde. Transport routier effréné. Surarmement. Air vicié jusque sur le Toit du Monde.

Voici une liste non exhaustive des maux de notre temps. Quel beau siècle que celui-ci, qui s'ouvre sous de telles auspices!!! Rien qu'avec cela, le XXIème sècle a le potentiel pour dépasser en horreur le pourtant très fécond XXème du nom.

Mais où va le monde?

La question se pose pour nous, Humains, en tant qu'espèce. Car soyez sans crainte: la Vie en tant que telle ne disparaîtra pas de ce monde à cause de nous. Elle en a vu d'autre, a plusieurs fois failli disparaître, et s'en est toujours remise. Pour preuve? L'extinction majeure du Permien a conduit, selon les estimations des paléontologues, à la disparition de plus de 98% des espèces terrestres et marines. A côté, l'extinction des dinosaures fait pâle figure: "seulement" 80% des espèces vivant alors auraient péri avec les Terribles Lézards, dont certains ont même survécu (les ancêtres des actuels oiseaux). Donc, si même l'Homme entraîne à sa suite dans la mort la moitié des espèces actuelles, quelle importance pour la vie? Il lui reste encore 5 milliards d'années pour tenter une autre expérience, avant que ne meure notre étoile, le Soleil. 5 milliards d'années, c'est aussi ce qui nous sépare de la naissance de la Terre. Donc, de ce côté là, pas de panique: la vie ne finira pas avec nous.

Mais nous, justement, qui sommes nous? Et surtout, puisque nous avons la possibilité de nous poser cette question, que voulons nous en tant qu'espèce? Voulons nous notre propre fin dans d'affreuses souffrances? Voulons nous la guerre à outrance entre les survivants du cataclysme qui s'annonce, guerre pour le contrôle des quelques ressources qui resteront encore dans trente ou cinquante ans? Voulons nous d'ici là nous contenter d'un monde de confrontation permanente, de guerre économique et de stress tous les jours?

Qui voudrait aujourd'hui savoir que ses enfants vivront un monde infernal, fait de polllutions, de cancer, de misère, de chômage, d'exploitation, d'esclavagisme? Personne. Et pourtant, c'est bien ce qui va arriver si nous ne réagissons pas. Aujourd'hui, je l'avoue, j'ai peur pour mes enfants.

Quel est le but actuel de l'espèce humaine? Aucun. L'humanité n'a pas, n'a jamais eu de projet, de but. Elle a longtemps avancé en aveugle, éliminant au coup par coup les obstacles sur son chemin, accumulant expérience et connaissance. Son nombre a crû, son emprise sur la biosphère aussi, et des noyaux de civilisation sont nés, chacun avec une idée, un projet, à réaliser là, maintenant, sur son territoire d'influence. Aujourd'hui, enfin, naît une première civilisation mondiale. Sans projet, sans but, sans objet. La raison de sa naissance? L'argent, le fric, le pèze, le flouze, le jonc, le blé. La monnaie. Le profit. C'est au nom de cette seule idée (le profit) que s'est répandue sur le monde la vague "civilisatrice" partie de l'Occident chrétien du moyen-âge, aidée en sa tâche par les promoteurs de la foi chrétienne. Dans le sillage de ces conquêtes s'est développé un système mondialisé d'échanges, avec ses codes, ses règles, ses traditions, son langage, ses circuits administratifs et ses protocoles. Bref, une civilisation d'ampleur globale, mais une civilisation sans âme.

Et nous voici arrivés au point crucial. Soit nous continuons sans but, cherchant sans relâche à maximiser le profit de quelques uns au détriment de la vie de tous les autres, soit nous prenons enfin conscience de nous même en tant qu'espèce, et nous cherchons à mettre sur pied, tous ensemble, un projet d'avenir. L'espèce humaine tient son avenir au creux de sa main.

Oh, je les vois venir, les grincheux. "Quel projet? Comment arriver à mettre d'accord tous les gouvernement de tous les pays? La raison économique est la plus forte". Gna gna gna.

Un projet tout simple, contre lequel personne ne pourra se lever, ni dire qu'il n'est pas d'accord, consiste à poser comme base ce simple droit: Tout Homme a le droit de vivre en paix et en dignité sur le sol de son choix.

Bon. Voilà une bonne base. Et ensuite? Et bien il reste à définir ce que doivent être les conditions d'une vie paisible et digne.

Pour définir les conditions de la paix, pas de problème: plus de guerre, plus de conflits ethniques, plus de racisme. Ceci impose de prendre conscience que nous sommes une seule et même espèce, et que nous sommes, quoi que nous fassions, embarqué sur la même galère, et qu'elle s'appelle la Terre.

Rien que là, vaste programme. Raison de plus pour l'entreprendre immédiatement.

Pour la dignité, c'est plus difficile. Mais disons que le minimum qui puisse définir la dignité humaine a déjà été posé dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. On pourrait résumer et compléter en ces termes:

La dignité ne peut se concevoir pleine et entière si la personne ne possède pas la liberté de ses choix (de travail, de mouvement, d'opinion, de religion), ni si elle n'a pas accès à des conditions d'une vie saine et sereine (assurance de pouvoir au minimum, et sans condition, se nourrir, se désaltérer, se soigner, se loger et se vêtir). Enfin, la dignité n'existe pas si la personne ne peut se prévaloir de la défense de ces droits. Autrement dit, sans justice, pas de dignité.

Alors, l'Humanité est-elle prête aux sacrifices inévitables qu'engendreront pour les nantis la réalisation de ce projet somme toute fort raisonnable? Sur les grands principes, d'un point de vue individuel, chacun sera d'accord. Sur la réalisation pratique, quand vous saurez que cela imposera très certainement que vous arrêtiez de rouler en voiture tous les jours, de prendre l'avion pour les Bahamas chaque Noël, de cesser de changer d'ordinateur tous les deux ans et de téléphone cellulaire tous les six mois, que cela veut dire la fin des soldes, l'arrêt de l'usage de très nombreux produits à base chimique (peintures, cosmétiques, produits d'entretien ou de jardinage), l'arrêt de l'arrosage de votre beau gazon l'été, etc, et bien très certainement, vous ne serez pas prêt à faire le geste qui s'impose.

Et pourtant, l'équation est simple: la Terre ne peut pas supporter plus de deux milliards de personnes vivant au même rythme que nous autres, Européens occidentaux d'aujourd'hui. Si tous les Humains vivaient comme les Etats-Uniens? d'aujourd'hui, la Terre n'en pourrait porter plus de 800 millions environ. Hors nous sommes presque 7 milliards. Conclusion? Tant que nous n'aurons pas volontairement, en tant qu'espèce consciente d'elle même, réduit notre nombre à une charge supportable pour l'environnement, nous serons au bord du gouffre. Notre seul choix actuel, pris que nous sommes entre l'urgence de la situation et la lenteur de l'évolution naturelle de la population: réduire notre train de vie.

Ce que nous pouvons faire? C'est simple: cesser de consommer de l'énergie (et surtout de l'énergie fossile) pour rien. Cesser de consommer inutilement. Changer le système économique pour permettre la production de biens moins nombreux et plus durables. Changer notre rythme de vie pour nous éviter les transports, si gourmands en temps, en énergie et en pollution induite. Consommer de préférence des aliments dits "biologiques" (pour ceux qui peuvent encore se le permettre: ils sont parfois chers), afin de favoriser une agriculture plus respectueuse de nos sols.

Et malgré cela, nous souffrirons, car le dégradation des conditions de vie sur la planète Terre est inéluctable, du fait de l'inertie des systèmes impliqués (la reconstitution d'un sol détruit par une agriculture inadaptée prend parfois des siècles, le changement climatique dû à l'augmentation des concentrations de gaz à effet de serre se prolongera sur des siècles lui aussi, l'action des CFC sur l'ozone de la haute atmosphère continuera pour au moins 150 ans, etc). Nous avons déjà trop tiré sur la corde, et ne pouvons plus que minimiser l'ampleur des dégâts en cessant notre traction. Nous ne pouvons désormais plus croire que nous nous en sortirons sans bobo. Là encore, la conscience que nous devons acquérir de nous même en tant qu'espèce est indispensable, car seule la solidarité planétaire nous permettra d'affronter la tempête avec le minimum de mal.

Et pour finir, un ultime aperçu de l'état de notre planète, de ses drames, de ses futilités et de son incompétence: aujourd'hui, 7 juillet 2005, Londres, capitale économique de l'Europe, est à la fois le siège de manifestations anti-G8, la cible de violents attentats terroristes et l'heureuse élue du comité olympique pour l'organisation des jeux de 2012.

N'aurions nous pas dû faire en sorte que nos journaux n'aient que cette dernière nouvelle à annoncer?


Editorial 11 - Comment en est-on arrivé là ? - Jacques Hallard - 26 juin 2005



Voilà : tout est dit là et répété une fois de plus par quelques-uns de nos correspondants.

Entendez-vous les appels de tous les bords politiques (y compris ceux du PS qui n'ont vraiment rien compris !) pour "relancer la machine économique", "faire plus de croissance", et ça vient de sortir chez "ceux d'en face" : "travaillez plus, pour amasser plus, pour consommer davantage", en un mot finalement : pour gaspiller davantage et polluer encore plus ? Il y a bien encore quelques "attardés" pour se rappeler de René Dumont et consorts (Rapport du "Club de Rome") dans les années soixante, déjà si loin, et de leurs formules : "L'Afrique noire est mal partie", "L'Afrique étranglée" (1980), "Un monde intolérable – Le libéralisme en question" (1988) et puis encore ce slogan pour la campagne des élections présidentielles au milieu des années soixante-dix : "Pour un monde écologique, tiers-mondiste et pacifique". "Quel pessimiste et quel utopiste !", criait-on déjà, à propos de René Dumont, chez les bien-pensants et autres bien-lotis de cette époque ! "Trente ans de perdus" faisait remarquer l'un d'entre-nous récemment avec amertume !

Trois crises pétrolières majeures, la catastrophe de Tchernobyl, et les pollutions sans cesse croissantes des nos rivières, de nos nappes souterraines, de notre atmosphère, de nos sols cultivés ... n'ont pas fait beaucoup avancer les choses entre temps. Une question que je me pose souvent : pourquoi tous ces politicards (excusez ce raccourci, chers politiciens, mais je l'entends souvent ainsi) de tous horizons, vraiment de tous horizons, depuis des décennies, ne veulent-ils pas regarder le monde réel, tel qu'il est et qui s'offre à eux ? Ravagé par le fric facile, les affaires douteuses, les mafias florissantes et la corruption trop flagrante qui est placée au rang de l'habilité suprême chez tous ces malfrats ... chez certains élus de la République et dont certains se font réélire, quelquefois avec entrain et enthousiame par leurs électeurs sourds et aveugles. Constatons simplement que tous ces personnages de la "classe politique" , ("une classe d'éléments en difficulté", comme dit une enseignante du voisinnage) d'une manière générale, ne sont plus du tout crédibles auprès d'une trop grande majorité de nos contemporains. Alors qu'il doit bien en exister quelques uns et quelques unes qui sont sincères, compétents(s) et courageux(ses).

Des sociologues ou autres philosophes nous expliqueront peut-être un jour, comment des populations entières, par de très puissants et sots médias interposés, continuent d'être programmées, anésthésiées, formatées, trompées, manipulées et que des forces vives contestataires, des opposants ou des dissidents convaincus ont tant de mal à se faire entendre et à se faire comprendre. Pourtant, à l'occasion d'exposés devant quelques dizaines d'auditeurs, souvent déjà convertis à ces constats et et aux mesures envisageables et indispensables, il faut en convenir, des propos écologiques passent très bien, mais ils restent trop souvent sans lendemain, et surtout avec trop peu d'engagement de la part des auditeurs à l'issue. Une prise de conscience s'est faite là, certaines fois, mais l'action de suit pas.

Et si c'était tout simplement parce qu'il y manque une vision du monde, globale, claire, simplement explicitée et exprimée par des êtres sincères et convaincants, parce que convaincus, pour proposer un monde et des rapports interpersonnels tels qu'ils pourraient être construits et vécus, pas à pas, parfois dans l'effort besogneux à déployer pour comprendre et avec le courage et l'audace de s'associer pour imaginer des alternatives et pour entreprendre ensemble, dans un cadre solidaire, en vue d'un partage plus juste, non seulement des biens matériels indispensables, mais vraiment indispensables, mais aussi des services de toute nature dans le sens du bien commun, et non pas captés et détournés par un trop petit nombre de nantis, et également des valeurs culturelles et sprirituelles qui fondent une société et donnent sens à notre humanitude. "Encore un doux rêveur" ! "Encore un utopiste" ! Combien de fois ai-je entendu ces jugements. Je me console en constatant que je ne suis plus si isolé que ça ! Vous avez lu mon récent TOP 5 ? Je vous le refourgue à la fin et vous pourrez y revenir si vous ne l'avez pas découvert ! Et, pour terminer deux propos d'actualité :

- Transport et pollution atmosphérique. Avez-vous entendu cette alarme en plusieurs régions en raison de pics de pollutions insoutenables : "Oui, c'est la canicule. Alors roulez moins vite et ne sortez pas de chez vous en milieu de journée !!!". Alors, stoppez tout, pauvres humains, et terrez-vous entre vos murs en attendant le rafraîchissement automnal ! Quelle perspective ! Sans oublier que d'autres pollutions gigantesques de l'air affectent gravement la santé des populations dans certaines villes industrielles de la grande Chine , dans des villes de plusieurs millions d'habitants, déclarées populairement "les cités des cancers".

- Qualité de l'eau : "L'eau devient rare, l'été n'est pas fini, ménagez-la; ne lavez plus vos bagnoles et n'arrosez plus votre gazon", martèle-t-on dans certains départements. Pendant ce temps on s'active autour de "grands prix automobiles" autour de pistes conçues pour cela et les "greens" de nos splendides terrains de golf continuent de recevoir leurs aspersions programmées pour tenir dompte de l'évapotranspiration de nos chaudes journées ... et nuits d'un été un peu précoce. Sans oublier que 1,1 milliard de Terriens, dont 400 millions d'enfants, sont privés de cette eau d'une qualité si vitale.
Et puis encore : "L'eau de votre réseau est devenue imprope à la consommation pour les bébés, les femmes enceintes, les vieillards, les malades (j'ai envie d'ajouter "Et ceux qui vont le devenir"). Voilà déjà trois décennies que l'on entend ces discours officiels dans notre bel hexagone.

- .L'eau et l'air, même constat : composants essentiels de notre biosphère, notre monde qui est en péril.

Comment en est-on arrivé là ? Malgré toutes les mises en garde antérieures, les enquêtes officielles, rapports parlementaires, autres états des lieux et travaux des agences spécialisées, tous très objectifs et tout à fait alarmants, et tous ces projets de lois, longuement discutés et jamais mis en place, ni appliqués ? Quelle lâcheté chez tous ces politicards (pardon, politiciens) en quête de leur élection ou de leur réélection ! Electeurs, électrices, consommateurs, consommatrices, citoyens, citoyennes, ayons-les à l'oeil ! Engageons-nous quelque part et pour quelque chose qui va dans le sens "du bien commun" : il y a urgence à le faire et n'attendons rien "du ciel", pas de "Inch Allah !" en la matière. L'avenir sera ce que nos comtemporains auront décidé d'en faire. Pester contre les gouvernants du moment soulage un bon coup, le "bouc émissaire" a toujours sont côté salutaire. Mais il n'esxiste de solutions que globales, honnêtement expliquées et solidairement partagées. Mais il nous faudra pour cela, probablement aussi "changer de paradigme". Ceci est une autre histoire. "Vaste programme" ; raison de plus pour s'y engager avec raison et détermination.

Bonne journée quand même, et bel été à suivre.... Les abricots du jardin sont un délice et les brugnons vont suivre très vite à cause de la canicule. Les premières pommes "De juillet" font d'excellentes compotes. Les figues précoces passent en confiture ; et puis haricots et courgettes sont à ramasser ... à la brouette, pratiquement chaque matin
Je pars surveiller mon goutte-à-goutte !

Jacques Hallard.

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TOP 5 de JH du 22 juin 2005 :

1. Jean-Louis? Gaby de "Solaire 2000" :
http://perso.wanadoo.fr/solaire2000/index1.htm

2. Eric Souffleux et "Générations Futures" :
http://www.generationsfutures.net/idx_auteur.htm

3. Corinne Lepage et l'organisation, à visée plus politique, CAP 21 :et le site
http://www.cap21.net/

4. AJ. Holbecq "pour un monde sociétal" :
et en particulier ceci sur son site :
http://tiki.societal.org/tiki-index.php?page=Popullulation

5. Et dans un autre registre, mais tout aussi fréquentable, L 'EUROPE
des CONSCIENCES, notamment à travers sa Charte :
http://www.europe-des-consciences.org/frames.html

J'en profite encore pour féliciter et encourager les personnes citées ci-dessus qui "dérangent vraiment notre monde"
Bons échanges. Bon travail et bel été.
Bien à vous
Jacques Hallard.


Editorial 10 - Blair pousse l'UE à se réformer ... - AJ Holbecq - 24 juin 2005


Blair pousse l'UE à se réformer pour affronter la Chine et l'Inde
Le Premier ministre britannique Tony Blair a mis l'Europe en garde jeudi contre le risque d'"un échec stratégique à grande échelle" si elle échoue à se réformer et s'adapter à la mondialisation face à l'émergence de puissances économiques comme la Chine et l'Inde.
Exposant sa vision de l'UE, à l'aube de la présidence britannique qui débute le 1er juillet, Tony Blair a dit soutenir "une Europe sociale" mais estimé qu'en l'état actuel et sans réformes le modèle européen était mal adapté aux exigences du 21e siècle.
"Les Etats- Unis sont la seule superpuissance mondiale. Mais la Chine et l'Inde, dans quelques décennies, seront les deux plus importantes économies dans le monde, chacune d'elles avec une population triple de celle de l'UE", a déclaré Tony Blair dans un discours devant le Parlement européen à Bruxelles.
"Si l'Europe cède à l'euroscepticisme, ou si les nations européennes, confrontées à cet immense défi, décident de se réfugier ensemble en espérant que nous puissions éviter la mondialisation (...), alors nous risquons l'échec. Un échec stratégique à grande échelle", a-t-il averti.
Plus globalement, pour Blair, il s'agit d'inciter ses homologues notamment français Jacques Chirac et allemand Gerhard Schröder à épouser la cause des réformes d'inspiration libérales, seules à même, selon lui, d'assurer que l'Europe pourra se montrer compétitive.
"Il est temps pour nous d'affronter la réalité, d'entendre le signal d'alarme", a-t-il affirmé.
"Le but de notre modèle social devrait être de renforcer notre capacité à être compétitifs, d'aider les gens à faire face à la mondialisation (...) Bien sûr nous avons besoin d'une Europe sociale, mais ce doit être une Europe sociale qui fonctionne", a fait valoir M. Blair.
"Ce n'est pas seulement la Chine et l'Inde. Prenez des pays comme le Vietnam ou la Thaïlande aujourd'hui: ils opèrent des changements étonnants et dramatiques dans leurs économies", a-t-il encore dit.

Vous n'en avez pas assez de cette mondialisation économique et commerciale ?
Oui évidemment pour la mondialisation des idées, des communications entre humains. Non pour cette mondialisation au "moins disant", cette mondialisation qui ne peut que tous nous " tirer vers le bas", cette mondialisation des échanges inutiles, juste "pour le prix", sans s'occuper des effets induits, particulièrement ceux dues aux transports...( plus de 4,5 millions de camions par an au péage de Vienne, sur l'autoroute du sud !)
Quand deux pays se retrouvent en concurrence avec l'un dont l'heure de main d'œuvre est le 1/10° de l'autre, que croyez vous donc qu'il puisse se passer ?
Je ne vais pas m'étendre dans cet éditorial, nous avons sur ce site tous les articles nécessaire pour amener à la réflexion y compris des propositions comme sur "Nouvelle OMC"
Car: la force de l’ultra-libéralisme a été d’être propagé et même imposé par les nations dominantes les plus puissantes pour justifier et moraliser leur suprématie.
Ce credo libre-échangiste repose d’ailleurs sur une base scientifique quasiment nulle. Il s’appuie sur :
- une contre-vérité : le règne d’une concurrence pure et parfaite,
- une erreur technique majeure : la monnaie n’est pas un simple voile, élément neutre de la théorie de l’équilibre général (loi de l’offre et de la demande),
- une situation historique périmée : la théorie de Ricardo sur les « avantages comparatifs » supposait la non-circulation du capital entre les pays
- nombre de postulats infirmés par la réalité (« le libre échange permet de créer des emplois ! »).

Voulons nous la concurrence, la compétition, ou la COOPERATION entre humains et entre peuples?

... et pour son numéro 764 du 23 juin, "Courrier International" titre " Pétrole: 2006, le début de la fin..."


Editorial 9 - VUELING AIRLINES - Espagne – début 2005 - AJ Holbecq - 30 mai 2005


Laissez-moi vous raconter cette petite histoire, extraite d'un document interne du SNPL (Syndicat National des Pilotes de Ligne)

VUELING AIRLINES - Espagne – début 2005
Dans une salle d'un immeuble de Barcelone, une quarantaine de candidats venus de toute l'Europe, pilotes qualifiés d'Airbus 320, ont répondu à une offre d'emploi de pilotes pour une nouvelle compagnie "low coast"
Entre une jeune femme qui après un bref salut, se dirige vers un tableau pour y inscrire les conditions de travail: 5000 euros nets, cotisations sociales, assurance perte de licence, cotisations retraite, défraiements d'escale.
" Que ceux qui acceptent ce contrat de travail lèvent la main" annonce la femme qui se retourne et constate que toutes les mains sont levées.
Elle efface alors " assurance perte de licence" puis réitère sa question…
Un pilote ne lève pas la main. "Vous pouvez sortir, merci d'être venu"
Elle retire ensuite " cotisations retraite"
Le processus se poursuit jusqu'à ce qu'il ne reste plus que le salaire net sur le tableau, devant les yeux de la trentaine de candidats restants.
Le salaire proposé diminue ensuite régulièrement, et finalement seuls treize pilotes restent en lice: ils sont embauchés sur A 320 pour 1800 euros nets par mois.evil

''Imaginez les conséquences sur la qualité de vie des pilotes, les pouvoirs d'achats, les caisses de retraites !…
Ce qui s'applique à ces pilotes s'applique maintenant à de nombreuses professions. Et bientôt les médecins, les infirmières, les professeurs , VOUS …?

Non, vraiment, cette Europe libérale est mortifère... lisez donc un peu plus bas l'éditorial 7 ...''



Editorial 8 - Des bonnes réponses aux mauvaises questions - Brieuclef - 2 mai 2005




Depuis toujours, le politique l'affirme: gouverner, c'est prévoir! Hors, prévoir, à son tour, impose de se poser des questions, puis de trouver les réponses à ces questions, et enfin d'appliquer les réponses pertinentes aux questions. Mais encore faudrait-il que les questions elles-même soient pertinentes, car il est certains qu'à poser les mauvaises questions, on n'obtient que de mauvaises réponses.

Depuis longtemps, nos hommes politiques semblent abonnés aux mauvaises questions, ce qui, bien qu'ils y apportent les bonnes réponses, ne peut guère nous mener bien loin.

Des exemples? En voici, avec à chaque fois, dans l'ordre, la mauvaise question, la bonne réponse à la mauvaise question, et ce qui pourrait être la bonne question. A nous d'y donner la bonne réponse!

-Comment sortir de la crise de l'énergie? En en produisant plus, et particulièrement du nucléaire. Mais la bonne question, c'est "Comment réduire nos besoins en énergie, de façon à pouvoir en produire un maximum avec du renouvelable?"

-Comment réduire la pollution automobile? En développant des véhicules propres. Mais la bonne question c'est "Comment rendre la voiture individuelle inutile, et comment réduire le besoin de transport des marchandises, en particulier par camion?"

- Comment réduire la menace terroriste? En abattant, par la force et donc la guerre, les gouvernements soupçonnés de collusion avec le terrorisme. Mais la bonne question, c'est "Comment donner aux peuples les conditions de vie compatibles avec le respect mutuel et la paix?"

-Comment réduire la criminalité organisée, et particulièrement le trafic de drogue? En luttant pied à pied contre les traficants. Mais la bonne question, c'est "Comment donner à tous les paumés de nos villes des conditions de vie qui ne nécessitent plus l'usage de la drogue?"

-Comment réduire l'immigration clandestine? En imposant des contrôles stricts aux frontières, et en refoulant tous les clandés qui sont attrapés, dans un cadre de coopération renforcée des Etats trouvant les clandés sur leurs sol. Mais la bonne question, c'est "Comment donner à ces gens la possibilité de vivre chez eux, en paix et en dignité?"

-Comment relancer la croissance? En relançant la consommation, ce qui implique de favoriser les faibles coûts de production (baisse des salaires, délocalisations) et la concurrence, en incitant à "désépargner", en favorisant le crédit, et, accessoirement, en fabricant de faux besoins par le marketing (publicité). Mais la bonne question, c'est "Comment faire vivre heureux 6,5 milliard de personnes dans une société d'abondance?"

-Comment rendre l'Europe plus forte? En élargissant toujours plus ses frontières, et en encadrant son fonctionnement par une constitution. Mais la bonne question c'est "Quel est le projet politique de l'Europe?"

Etc, etc. Après cela, il devient évident que critiquer les réponses des différents partis au pouvoir ne portera rien de plus, car de fait, le problème aujourd'hui, ce sont les questions. Et si vous continuer à faire confiance à des gens qui se trompent avec insistance de question depuis des décennies, et bien, allez donc voter "Oui" le 29 mai prochain! Dans le cas contraire, votez "Non", c'est plus sûr.


Editorial 7 - Vous l'avez voulu ? .. vous l'avez! - AJ Holbecq - 21 avril 2005



Depuis le premier janvier 2005, date de levée des quotas d'importation du textile avec la Chine, voulu par le commissaire européen au commerce Pascal Lamy (grand défenseur du "OUI" au projet de Constitution européenne) , les importations de textiles ont fait, par exemple, un bond en volume de 5674% pour les chaussettes et de 901% pour les pantalons en janvier et février 2005, par rapport aux mêmes mois de 2004 .
Ce n'est pas mieux aux Etats- Unis: sur la même période, plus 1250% pour les chemises, + 1500 % pour les pantalons.
Et ce n'est qu'un début car les Chinois cassent les prix ( ils sont 90 millions à vivre du textile).
D'après la Fédération textile européenne, Euratex, l'Europe devrait perdre un million d'emplois d'ici fin 2006 ... plus de 1300 par jour. et les Etats- Unis perdent 1,3% par mois de leurs 665000 emplois dans le textile.
Evidemment nous leurs vendons des Airbus... ne les auraient-ils pas de toute façon achetés ?

Bien sur, pour être tout à fait honnêtes, nous nous protégeons: du moins nous pouvons le faire et limiter, mais seulement jusqu'en 2008, la croissance des importations à 7,5% par an.

C'est ici qu'intervient l'impossible choix de nos trois personnalités (consommateur, salarié, citoyen )

Les choix de consommateur
Les choix (valeurs) de salarié
Les valeurs de citoyen

Lorsque le consommateur recherche le prix le plus faible pour n'importe quel achat, il pense qu'il profite du système et de la concurrence..

Lorsque le salarié voit son salaire diminuer (car c'est le levier principal permettant de réduire un prix de revient), il pense au contraire que la concurrence est néfaste, mais ce n'est pas pour cela que lorsqu'il se retrouvera dans la "personnalité consommateur" qu'il va pour autant changer ses choix.

Sa troisième personnalité, celle de citoyen, doit se trouver bien ennuyée, car elle sait que le choix consommateur est fondamentalement néfaste pour l'avenir de la société mais aussi son propre avenir puisqu'il "tire" tous ses revenus, mais aussi ceux de tous les travailleurs, vers le bas.

Il est probable qu'inconsciemment soit tenu le raisonnement suivant: " bien sur en achetant à bas prix je justifie les bas salaires et j'échapperais peut être, de même que j'échapperais peut être à la délocalisation, ultime "technique" pour faire descendre les prix de revient qui vont me permettre à moi consommateur de payer moins cher. Mais aussi j'augmente le chômage dans mon pays par la même occasion... tant pis, moi je m'en sortirai sans doute..." on peut aussi penser qu'il pense " bien sur en achetant à bas prix je justifie les bas salaires, y compris les miens, ceux de mes enfants, de mes amis et de mes concitoyens, mais de toute façon, ce qui importe ce n'est pas tellement le montant du salaire, mais sa "valeur relative", ce qu'il me permet d'acquérir, ce qu'on nomme "pouvoir d'achat"

La seule solution pour sortir de ces dilemmes, c'est que l'individu accepte qu'un "individu supérieur", je veux parler de la collectivité qui agira par l'intermédiaire de lois et règlements, agisse pour le "bien commun" en imposant une régulation à la dérégulation.

Et c'est donc aussi ici qu'il faut reconnaître que le projet de Constitution est néfaste, en mettant en concurrence des pays aux niveaux de vie et de salaires aussi différents que sont les pays de la zone euro (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays- Bas, Portugal) et certains des pays nouveaux (parmi les 10 que sont Chypre, Malte, Slovénie, Pologne, Hongrie, République Tchèque, Estonie, Lettonie, Lituanie, Slovaquie , et bientôt les 2 ou 3 en plus: Bulgarie, Roumanie , et peut être la Turquie) .

Car, comme je l'écrivais dans un autre article, Adam Smith, un des pères du libéralisme, recommandait des protections douanières vis-à-vis des pays dont les règles du jeu n’étaient pas les mêmes que les nôtres: pourquoi les fonctionnaires de l'OMC et de Bruxelles veulent-ils faire mieux ?

Il n'est pas question évidemment de fermer nos frontières... mais de les ouvrir progressivement...



Créé par: AJH Dernière modification: Mercredi 28 de Mai, 2008 13:56:54 CEST par AJH


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