Menu

Utilisateurs connectés

1 utilisateur connecté

Canaux de syndication RSS

Traduction Google

Revenu Citoyen Verrouillé

Revenu Minimum de Dignité et Revenu Citoyen Pages pointant cette page Imprimer
HistoriqueCommenter
Deux sites importants à ne pas manquer sur ce sujet du " Revenu d'existence " : http://www.revenu-existence.org/ et http://www.allocationuniverselle.com/

Trois articles concernant le "Revenu Citoyen" (ou Revenu Minimum de Dignité)



Un revenu de base dans l’actuelle situation de crise économique


Il vient d’être créé une sous-commission au sein du Parlement espagnol pour étudier la pertinence d’un revenu de base.

La crise économique frappe d’une façon plus grave que tout ce qu’on pouvait penser il y a seulement quelques mois.
Actuellement toutes les personnes disposant d’un minimum d’information partagent l’opinion que nous sommes face à une situation de crise sans précédent depuis le crack de 1929.

Or, il y a un peu plus d’une année, beaucoup de monde considérait que nous nous trouvions dans une situation économique mauvaise, mais de courte durée. Il s’agissait, selon cette façon de voir les choses, d’une crise semblable à celles qui ont eu lieu depuis la moitié du siècle passé. Tout montre que ce n’est pas le cas.

Les conséquences sociales de cette crise économique s’avèrent graves.

Même s’il est impossible d’assurer, à la moitié de l’année 2009, que nous sommes aux débuts o à l’équateur (sûrement pas à la fin) de la crise, un certain nombre de ses conséquences sont déjà catastrophiques. En particulier pour les secteurs de la population qui sont en train de perdre leur emploi.

L’augmentation du chômage se produit à une vélocité et avec des magnitudes inconnues depuis longtemps. Toutes les prévisions se sont relevées courtes quand on connaît les chiffres réels. Aucune prévision n’avait mentionné que le taux du chômage arriverait au 17,3 % au premier trimestre 2009, comme il est avéré maintenant. Les estimations de certains chercheurs évaluent même que le taux du chômage pourrait atteindre 30 % à la fin de 2010. En tout cas, au milieu de 2009, le nombre de chômeurs dans le Royaume d’Espagne dépasse déjà officiellement les 4 millions.

Le futur se présente plus grave quand on sait que la récupération économique - quand elle se produira - ne pourra pas absorber en peu de temps ce niveau de chômage. Dans le meilleur des cas, il faudra plusieurs années de croissance soutenue pour absorber les 5 millions de chômeurs qu’on manquera d’atteindre, y compris qui seront surpassés au moment culminant de la destruction de l’emploi.
Le pourcentage des pauvres dans l’économie espagnole est resté assez stable ces dernières décennies. Mais la crise économique induit une augmentation rapide de la pauvreté. Il y a fallu des taux de croissance économique substantiels au long des derniers lustres, pour maintenir le pourcentage de pauvres aux environs du 20 %, tandis que la situation actuelle augmente le nombre des personnes qui se trouvent en dessous du seuil de pauvreté.

L’impact généralisé de la crise fait apparaître clairement les faiblesses évidentes d’un réseau de protection sociale déficient, fragmenté et contradictoire.

Le gouvernement s’est trouvé, en plus, dans la situation d’activer précipitamment de nombreuses mesures d’urgence face à la crise qui aggravent - si cela est possible - l’arbitraire et les formes de notre système de protection sociale.

Face à une situation comme celle que nous connaissons actuellement, nous pensons que la proposition d’un revenu de base - une assignation monétaire inconditionnelle pour tous les citoyens et les personnes disposant de la résidence légale - pourrait avoir beaucoup de bienfaits pour les secteurs de la population les plus durement frappés par la crise.

Il est bien évident que le revenu de base, même avec les effets importants qu’il pourrait avoir, n’est pas une mesure qui pourrait en soi-même mettre fin à la crise. Mais nous n’avons pas de doute qu’il pourrait amoindrir ses conséquences les plus dures pour ces secteurs de la population.

Par ailleurs, défendre l’idée d’un revenu de base dans une situation de crise économique ne signifie pas que nous considérons qu’il n’y a pas aussi de bonnes raisons pour la défendre en périodes de bien-être économique. Nous voulons seulement signaler que certaines des qualités du revenu de base qui peuvent avoir des effets bénéfiques dans une situation économique stable, ont encore plus de force dans une situation de crise économique grave comme l’actuelle.

Pourquoi ?

Disposer d’un revenu de base fixe, en cas de perte de l’emploi, offrirait la possibilité d’affronter le futur de façon moins préoccupante. En dépit du fait qu’il s’agit d’une mesure valable dans toutes les conjonctures économiques, dans une situation de crise où le taux du chômage est beaucoup plus importante et où les pertes de postes de travail s’accroissent de façon accélérée, la caractéristique mentionnée du revenu de base prend une importance sociale majeure.

Disposer d’un revenu de base quand le volume des chômeurs est croissant, et par conséquent les promesses de réinsertion ou d’en trouver un emploi, résonnent comme de pieux mensonges, permettrait d’assurer, même sous forme précaire, l’avenir le plus immédiat.

La pauvreté n’est pas seulement la privation des moyens matériels d’existence. La pauvreté se traduit aussi par la dépendance de la volonté ou la cupidité pour d’autres, et la rupture de l’estime du soi, l’isolement et la compartimentalisation sociale de ceux qui la subissent.

Un revenu de base - équivalent au moins au revenu du seuil de pauvreté - serait une forme pour s’en sortir et lutter contre ses effets d’une façon très directe.

Dans une situation de dépression économique dans laquelle, comme on l’a dit, les pourcentages de pauvreté augmentent de façon significative et pourraient atteindre prochainement la proportion d’un pauvre pour quatre habitants, le revenu de base pourrait constituer une bonne digue de contention à cette vague de pauvreté.

Un revenu de base constituerait, en même temps, un puissant encouragement pour la recherche d’emploi pour toutes les personnes l’ayant perdu, car à différence des prestations conditionnées qui existent maintenant, il ne disparaîtra pas comme tel quand on commencera à toucher un salaire.

Le revenu de base finirait ainsi avec le «piège du chômage », en permettant d’affronter la recherche d’un emploi avec plus d’efficacité et avec moins de pressions contraignantes pour les travailleurs – qui conduisent fréquemment à la prolifération des emplois mal payés, à peine qualifiés et la baisse de la productivité - en ouvrirait en plus des perspectives intéressantes pour la croissance de l’emploi à temps partiel choisi volontairement.

La perception d’un revenu de base suppose aussi une réduction du risque au début des certaines activités d’auto emploi (ou emploi par sa propre compte).

En grands traits, il y a deux types d’entrepreneurs : (i) ceux qui ont un soutien (familial, dans la plus part des cas) qui leur permet de s’engager dans un petit projet d’entreprise d’une façon raisonnablement sûre, et (ii) ceux pour qui l’auto emploi est la seule possibilité de travail. Dans le second cas, le risque possible ne consiste pas seulement dans la perte de l’investissement, mais aussi la perte des moyens de subsistance, ce qui fait qu’une telle décision est fréquemment plus hasardeuse. Mais le risque est plus large : dans beaucoup de cas, le manque d’un capital initial minimum fait reculer les éventuels entrepreneurs.

Le revenu de base, par contre, permet aux entrepreneurs du second type d’en capitaliser le petit projet d’entreprise et, en même temps, de ne pas être dépendants de son succès pour survivre.

Dans une situation dépressive, le revenu de base, en plus de représenter un stimulant - en tout cas meilleur que rien – pour entreprendre des tâches d’auto emploi, représenterait une garantie majeure pour faire face, même partiellement, aux éventualités d’un possible échec de réelles initiatives, ainsi que la possibilité d’entreprendre d’autres avec de meilleures chances.

Dans une situation de crise économique, les attaques contre les postes de travail et les salaires sont fréquents : le Fond Monétaire International, le Banco de España, le Banco de Bilbao Viscaya Argentaria ou la patronal CEOE, entre autres organismes, se sont manifestés sans la moindre retenue pour la modération salariale, le licenciement conséquent, la diminution du « coût salarial » et ils sont pour rogner encore plus les pensions et la protection sociale.

Nous assistons à l’annonce permanente et renouvelée de présentations de dossiers de liquidation ou de régulation de personnel, sans compter les innombrables petites entreprises qui ferment leurs portes.
Les luttes de résistance avec plus ou moins d’intensité pour tenter d’éviter les licenciements et la détérioration des conditions de travail sont fréquentes.

Le rôle de caisse de résistance que le revenu de base pourrait jouer dans les luttes des travailleurs pour défendre leurs postes de travail se verrait, pour le moins, augmenté.

La crise économique peut déboucher sur une grande régression des acquis sociaux durement obtenus. Le revenu de base pourrait constituer un instrument efficace dans les mains des travailleurs pour résister à cette régression, mais aussi une idée imaginative pour renforcer et (ré) désigner ces acquis sociaux, en incorporant les principes d’une meilleure individualisation, l’intégration avec le système fiscal, la progressivité, la redistribution, la lutte contre la stigmatisation et l’universalité de la protection.

La crise actuelle a mis en évidence que - quand il y a intérêt et l’on trouve nécessaire - s’utilisent des énormes quantités des fonds publics pour essayer de sauver une situation provoquée par ceux qui ont misé sans le moindre frein à la maximalisation de la rentabilité dans la spéculation financière.

Le volume de ressources à mobiliser ou la complexité politique et administrative n’est pas une raison, en soi, pour s’opposer à prendre en considération des propositions si importantes et de poids comme le revenu de base.

Ce sont quelques réflexions qui nous amènent à présenter aux organisations sociales, partis politiques, syndicats, mouvements sociaux et à la citoyenneté en générale cette proposition sociale, le revenu de base, pour qu’elle soit prise sérieusement comme une forme d’éviter les conséquences de la crise sur les secteurs sociaux qui sont les plus lésés, et ne sont absolument pas responsables de son déclanchement.

Il vient d’être créé une sous-commission au sein du Parlement espagnol pour essayer d’étudier la pertinence d’un revenu de base. C’est une bonne occasion pour expliquer les possibilités de cette proposition sociale.

Dans la littérature académique spécialisée, il y a longtemps qu’on discute avec une rigueur scientifique cette idée, où sont présentées et considérées les diverses alternatives par rapport à sa financiarisation, ainsi que les moyens pour sa concrétisation politique.

Nous pensons que le moment est arrivé pour ajouter à la rigueur académique et scientifique, la volonté politique pour avancer dans le chemin du revenu de base. La précarité et l’insécurité économique s’élargissent partout, jusqu’au point d’en toucher des secteurs sociaux qui, dans un passé pas si lointain, jouissaient des degrés importants de sécurité socio-économique. Dans ce contexte, le revenu de base, en tant que réseau matériel garanti universellement au moyen d’une réforme du système d’imposition, apparaît comme une voie pour renforcer et améliorer la sécurité matérielle de l’ensemble de la population, condition nécessaire pour l’exercice de la citoyenneté.

Mai 2009 Red Renta Básica Traduction: Hugo Moreno ESPAGNE
LE VIVANT-EUROPE électronique
N° 67 (mai 2009)


mercredi 15 avril 2009

Monnaie complémentaire et Revenu Minimum de Dignité

Le principe du RMD.


Rappelons tout d'abord le principe de ce Revenu Minimum de Dignité, ou R.M.D.

Nous avions proposé http://www.blemaire.org/PDF l'instauration d'un Revenu Minimum de Dignité – que l'on pourrait aussi appeler Revenu d'Appartenance Communautaire – qui attribuerait à chaque adulte de notre communauté nationale l'équivalent du ¼ du PIB national moyen, soit environ 625 euros mensuels, nets d'impôts ou d'autres déductions.

L'objectif de cette allocation universelle est double et signifie que toute collectivité est constituée d'individus, hommes ou femmes, aux talents et aux compétences diverses, mais qui partagent tous le même statut, celui d'appartenance à une même communauté, ce que l'on peut traduire par le principe de non-exclusion.

D'où le premier objectif: démontrer concrètement que tout membre de cette collectivité doit être reconnu en tant que tel, et avoir donc 'droit' à cette reconnaissance. Ce droit, dans une économie essentiellement marchande dans laquelle le travail est de plus en plus spécialisé, et où les individus sont de plus en plus interdépendants, ne peut se concrétiser que par un revenu 'monétaire'. Nous reviendrons sur ce point à l'occasion de notre proposition d'une "monnaie RMD".

Le deuxième objectif, relativement indépendant du premier, est d'améliorer, en cette période de crise, le pouvoir d'achat de tous, et en particulier des plus faibles et des plus démunis, en tentant, de plus, d'orienter ce renouveau de consommation vers des produits 'éthiques', 'bio', respectueux de l'environnement, des conditions sociales de production. Cette orientation va donc plus généralement vers ce qu'il est convenu d'appeler 'développement soutenable', et humaniste.

C'est sur ce point que l'introduction d'une monnaie ad hoc, la "monnaie RMD" va, elle aussi, remplir un double objectif:
a) le financement, partiel ou total, du R.M.D.,
b) et la ré-orientation de la demane 'solvable', et donc de la production, vers cette économie de développement soutenable.

Comment financer le Revenu Minimum de Dignité.
Sans revenir sur les chiffres déjà évoqués,- se reporter aux billets précédents – rappelons que le surcroît net de ressources nécessaires est de l'ordre de 15 milliards d'euros mensuels. Ce chiffre est obtenu en partant de 31 milliards bruts mensuels, desquels on enlève environ 16 milliards de prestations qui n'auraient plus lieu d'être, comme expliqué par ailleurs.

Si l'on considère que la relance de la consommation peut nous faire passer d'une prévision (OCDE) de décroissance de 3% à une croissance de 1% (soit une variation du PIB de 72 milliards – 6 milliards mensuels), on serait ainsi ramené à 9 milliards mensuels.

Mais, plus important encore, - à côté de ce besoin de financement, important certes, mais non insurmontable (puisque de l'ordre de 6 à 10% du PIB, montant déjà annonçé pour le plan Sarkozy, beaucoup plus 'classique' – et qui ne s'attaque pas vraiment au fond du problème- voir un précédent billet – se pose la question de la méthode utilisée pour diffuser ce RMD, ainsi que la façon d'orienter son utilisation.

Une monnaie complémentaire pour financer le RMD.

Pur ceux qui veulent approfondir le sujet des monnaies complémentaires, je ne peux que conseiller les livres de J. Blanc et de B. Lietaer sur le sujet, ou encore un certain nombre de discussions qui se sont tenues sur le blog de Paul Jorion.
Je me contenterai ici de dire que la monnaie 'RMD' (on peut lui donner tout autre nom, bien sûr) sera une monnaie complémentaire à notre Euro européen. Un 'Euro RMD' aura la même valeur qu'un Euro 'classique', mais aura deux propriétés bien particulières.

Tout d'abord, la quantité émise sera connue à l'avance. Si on finance l'ensemble du RMD (brut ou n et) avec cette monnaie en « Euros RMD », on émettra (le « On » étant l'Etat, ou les collectivités territoriales, déjà chargées du RMI – c'est un point à débattre) 31 milliard (ou 15 milliards) d'Euros RMD par mois. Si on décide que c'est plus commode de procéder par quinzaine, ou par semaine, on ajustera les quantités en conséquence.

Comment distribuer cette monnaie RMD.
Le plus simple me paraît de distribuer à chaque adulte une carte RMD (qui peut ressembler à une carte Vitale, voir être une carte Vitale modifiée, les possibilités techniques sont nombreuses), carte RMD qui serait donc abondée chaque mois, ou chaque quinzaine, ou chaque semaine – suivant la solution retenue – du montant de 'monnaie RMD' prévu.

Pour les enfants, soit on passe par l'intermédiaire des adultes 'tuteurs' de ces enfants, soit on utilise une méthode voisine: là encore, c'est à débattre.

Quelle est la durée de vie de cette monnaie? Là encore, on peut en débattre. On peut ne mettre aucune restriction sur la durée de vie de la monnaie distribuée, soit on peut décider que cette monnaie a une durée de vie limitée, par exemple à quelques mois. Mais ce n'est pas le plus important.

De l'utilisation éthique et 'sociétale' de la monnaie 'RMD'.

De fait, la deuxième propriété de cette monnaie est d'être 'spécialisée', dans le sens suivant.
L'idée de base d'une monnaie spécifique (dans le cas contraire on aurait pu distribuer une carte 'Vitale RMD' libellée directement en euros 'classiques' – au fronçement de sourcil de la BCE et de Bruxelles près) est de permettre d'orienter les dépenses vers ce que la collectivité juge souhaitable.

D'où l'idée complémentaire suivante. Demander aux distributeurs, grossistes, importateurs, producteurs, commerçants d'indiquer, en supplément des codes bar classiques, la 'provenance' des produits (provenance géographique ou 'sociétale' ou 'éthique' ou 'écologique' ou …), par un label 'RMD compatible'.
Les détenteurs de monnaie RMD auraient ainsi un bonus – qui peut être très important -, voire seraient les seuls à pouvoir acheter ces produits 'RMD'.

Quelques exemples pour illustrer ce point.
Supposons qu'un produit quelconque, un jouet par exemple, provienne d'un pays aux conditions sociales jugées contraires à la dignité humaine, mais à un prix de vente affiché très bas. Ce produit n'aurait évidemment pas le label 'RMD'. Un jouet, à l'utilité comparable, mais labellisé RMD – et sans doute proposé plus cher – pourra être acheté au m^me prix, ou à un prix voisin en 'monnaie RMD'. Pour d'autres produits de consommation courante, mais importés, et donc sans concurrence locale possible, comme le café, on peut là encore lablliser 'RMD' les produits dont les conditions de production seraient jugées acceptables sur le plan de la dignité humaine.
Deux autres exemples, orientés 'investissement' ou 'biens durables'. Pour financer l'achat d'une automobile 'écologique', il n'y aurait aucune prime pour les achats en monnaie normale (euro), mais, par exemple, une remise de 30% si le véhicule était payé uniquement en « monnaie RMD ». Même idée pour des travaux d'économie d'énergie, au lieu de faire intervenir des crédits d'impôts toujours délicats à gérer. (ce ne sont que des exemples, bien sûr).

La monnaie RMD est une vraie monnaie.
Pour ceux qui penseraient que la monnaie RMD ne serait pas une vraie monnaie, si elle ne recevait pas l'aval de la BCE ou d''autres autorités internationales, rappelons la définition fondamentale de toute monnaie.
Une monnaie est un « moyen de paiement possédé par X et reconnu comme tel par la communauté à laquelle appartient X »

On peut, de plus, définir les 5 points essentiels pour garantir le bon fonctionnement d'une telle monnaie RMD:
a) Qui émet (Les collectivités territoriales, missionnées par l'Etat)
b) Combien on émet (chaque mois, 9 ou 15 milliards d'euros, ou plutôt d'"euros-RMD", à parité avec l'euro pour faciliter les calculs)
c) Comment on émet (par le biais d'une carte de type 'VITAL' ou 'Moneo', lisible par tout terminal bancaire et toute caisse d'hyper marché, et tout lecteur de carte de commerçant)
d) Pour quoi, pour qui: pour financer le RMD, pour chaque membre de la communauté
e) Qui contrôle: la collectivité, lors de l'émission et le 'renflouement' de chaque carte, au début de chaque mois.

Toujours pour montrer l'impact du RMD et d'une monnaie RMD pour une économie 'humaniste', respectueuse de l'homme et de son environnement, citons enfin une remarque de Philippe Derudder: «une telle monnaie peut aussi permettre l' ouverture simultanée de chantiers d'activités à vocation sociétale permettant la mutation écologique.
(...Ainsi) Ouvrir un vaste champ d'activités sociétales (avec formation rémunérée pour permettre l'utilisation prioritaire de toutes les personnes actuellement exclues, ou marginalisées) conduisant à restaurer "le plein emploi", activités rémunérées en monnaie complémentaire ayant cours légal... »

Dans l'attente de suggestions, observations, critiques, B.L.


Étude pour un Revenu Citoyen.


AJH
mars 2000 - révision février 2006

_

Bien que rejetée dans le rapport " minima sociaux, revenus d’activité, précarité " de Jean-Michel? Belorgey remis à Monsieur Jospin (Le Monde du 29 février 2000), cette idée du Revenu Citoyen fait son chemin. Ignacio Ramonet, rédacteur en chef du journal "Le Monde Diplomatique", dans son éditorial de janvier 2000 qu'il intitule "L'Aurore", explique: "Établir un revenu de base inconditionnel pour tous, octroyé à tout individu, dès sa naissance, sans aucune condition de statut familial ou professionnel. .../... Son instauration repose sur l'idée que la capacité productive d'une société est le résultat de tout le savoir scientifique et technique accumulé par les générations passées. Ainsi les fruits de ce patrimoine doivent-ils profiter à l'ensemble des individus, sous la forme d'un revenu de base inconditionnel. Lequel pourrait s'étendre à toute l'humanité, car d'ores et déjà le produit mondial équitablement réparti suffirait à assurer une vie confortable à l'ensemble des habitants de la planète."

J'ai repris dans l'étude qui suit quelques un des arguments développés dans "Le revenu de citoyenneté, un projet pour le Québec" par Michel Bernard, philosophe, et Michel Chartrand, syndicaliste (Éditions du Renouveau Québécois, 144 pages, 1999.), ainsi que ceux apportés par Jean-Marc? Flament.

1 - Définition:
Le Revenu Citoyen (RC) serait attribué à tous les citoyens. Il serait d'un montant suffisant pour permettre l'acquisition des biens de première nécessité : nourriture, vêtements, logement, éducation, santé, loisirs de base, tous biens utiles au respect de soi-même et au rôle de citoyen. Il réalisera l'objectif de pauvreté zéro. Le montant en sera égal pour tous. Cumulable avec des revenus de travail ou d'autres ressources, l'ensemble sera imposable directement (impôt sur le revenu) et indirectement (TVA).

Deux hypothèses d'application peuvent être envisagées:
- Le Revenu Citoyen est distribué à la majorité. C'est cette hypothèse que nous prendrons pour le calcul en annexe, mais uniquement pour simplifier, et non par choix véritable.
- Le Revenu Citoyen est distribué dès la naissance, progressif avec l'âge, avec suppression pure et simple des allocations familiales. Cette option est très défendable: il suffit de considérer qu'il s'agit d'un" dividende social ". Chaque enfant qui naît hérite bien d’une dette publique en raison de sa seule appartenance à un Etat et, bien que n’ayant aucune responsabilité à l’origine de cette dette, il devra l’assumer le moment venu. De même, chaque enfant qui naît est aussi l’héritier de l’actif social. Ce qui existe est dû au travail et aux impôts des générations précédentes. Par exemple, les technologies (dont il bénéficiera, mais en payant) ont été produites grâce aux investissements des générations précédentes, via l’impôt, dans l’enseignement sans lequel il n’y aurait ni recherche ni technologies..

2 - Historiquement:
Au gré de l'enrichissement de la société et des difficultés financières pour certains citoyens, nous avons instauré divers systèmes d’aides. Cela s'est fait plus ou moins spontanément sans plan d'ensemble suivant l’avantage politique offert par ces programmes : le RMI, les indemnités chômage, les allocations familiales puis les crédits d'impôts, puis les places en garderies, puis des aides à la rentrée scolaire, les prêts et bourses aux étudiants. D'autres systèmes d’aides s’ajoutèrent, comme le congé parental, et d'autres s’ajouteront probablement encore..

En somme, pour assurer l'accès aux biens de première nécessité ou a un revenu de base, on a créé de multiples statuts, dont certains obligent les citoyens à devenir de perpétuels demandeurs dans le labyrinthe des programmes et des aides. Pour régler des problèmes qui sont fondamentalement de même nature, on a multiplié les types d’aides. Pourquoi cet arsenal alors qu'un revenu citoyen pourrait se charger de l'accès aux biens de première nécessité ? C'est une nouvelle direction vers un mode de collaboration sociale, plus centré sur la valeur de l'existence humaine en soi, sans égard au statut, plus respectueux des principes qui ont fondé le droit social.

3 - Un revenu inconditionnel
Les revenus de transfert actuels sont conditionnés par le montant des ressources, la situation familiale, l'engagement à la recherche d'un emploi, l'âge, l'aptitude ou non au travail, etc. Avec l'adoption du RC, il n'y aura plus de personnes en situation de demandeurs, plus de catégories constituées en fonction de différents critères, (prestataires de l'aide sociale ou de l'assurance emploi, bénéficiaires de pensions de vieillesse, femmes à la maison sans revenu, étudiants en train de s'endetter, etc.,). Il n'y aura que des citoyens égaux en dignité recevant le RC.

Le RC n'est pas du en charité mais en droit, car seul le droit est compatible avec la dignité humaine. Il n'y aura donc plus de vexations pour ne pas dire d'humiliations, pas d'enquêtes, pas de programmes d'emplois bidons. Pas de questionnaires, ni de formules. Tout se passe actuellement comme si les gouvernements voulaient enlever aux bénéficiaires le respect des autres qui est pourtant un ingrédient du respect de soi. Avec l'adoption du RC, celui qui subirait une exclusion à cause des risques sociaux, celui qui perdrait son emploi n'aurait pas à s'expliquer: il recevrait déjà son RC sans condition.

4 - Fondement dans le droit social:
Pour fonder l'inconditionnalité du RC ou d'une rente d'allocation universelle, certains militants Européens (Bresson, Van Parijs, Ferry) ont voulu le fonder sur le fait qu'en tant que citoyen d'un État, nous sommes propriétaires des ressources naturelles du territoire de cet État et des progrès, des savoirs issus des générations passées: Celui qui se retrouve sans rien a été extorqué d'un droit naturel par des conventions humaines.

On peut aussi fonder le RC sur les droits de la personne, particulièrement les droits sociaux. Il ne faut pas laisser la question de l'accès aux biens de première nécessité ni à la compassion des riches, ni à la charité. On doit combattre la tendance à laisser toutes les affaires humaines à l'économie, au marché.

5 - Le RC ne crée pas de nouveaux droits:
Il prend au sérieux les droits sociaux qui sont déjà dans la Déclaration universelle des droits de l'homme : Article 25 : " Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que les services sociaux nécessaires"

Les Constitutions proclament des droits-libertés et des droits sociaux. Les droits-libertés protègent le pouvoir d'agir de l'individu contre les autres et contre l'État en garantissant la liberté d'expression, les droits politiques, les droits judiciaires, le droit d'association et celui de la propriété privée. Les droits sociaux sont des pouvoirs d'obliger l'État à fournir une prestation, ils instaurent une créance de l'individu à certains droits ; par exemple, le droit à l'instruction publique gratuite, aux services de santé, etc.. Cette ambiguïté des droits a marqué les débats depuis plus d'un siècle. Comme le RC prend au sérieux les droits sociaux, il est au centre de ce débat. Par exemple, les néolibéraux nient l'existence des droits sociaux ; ceux qui se sont enrichis en respectant le droit de propriété ne doivent rien à personne ; la doctrine du néolibéralisme est en progrès, c'est hélas indiscutable .

6 - Jusqu'où aller dans l'égalité ?
Notre mode de collaboration sociale devrait être structuré de telle façon qu'il respecte les libertés de base et les droits sociaux. Ainsi, l'obtention de plus de biens pour certains ne peut être justifié par la perte de droits fondamentaux chez les autres. Donc, le revenu de citoyenneté n'est pas l'application d'une utopie égalitaire qui risquerait de réduire à la fois la part des bien nantis et des défavorisés. Il ne s'agit pas d'une position fondée sur l'envie qui voudrait enlever aux autres ce qu'on n'a pas pour soi-même. Il ne s'agit pas d'uniformiser les individus qui pourront se distinguer comme ils le veulent par leur définition du bien, par leurs projets de vie, par leur travail, par leur instruction, par leur richesse même : mais pas par la présence ou l'absence des biens de première nécessité, car le respect de l'humanité présent dans chaque individu et l'égalité des chances impliquent cet accès pour tous.

L'égalité des chances suppose que ceux qui veulent améliorer leur sort puissent le faire par un véritable accès à l'éducation et aux postes de responsabilités. Cela ne se réalise pas seulement avec l'éducation gratuite et l'accès égal aux soins de santé. Il faut viser les institutions qui marient efficacité et justice. Le système de collaboration social doit développer tous les talents et il est entendu que le résultat final n'est pas l'égalité absolue. Nous considérons aussi que le RC doit compenser l'effet de la loterie naturelle: personne n'est responsable de sa position de départ, mais chacun est responsable de développer son talent et la société doit lui permettre de le faire. Les inégalités légitimes sont celles qui ne réduisent pas l'égalité des chances, car en absence d'égalité des chances, toutes les inégalités apparaissent injustes ; c'est pourquoi le principe de l'égalité de chances est inviolable. Sans le système de collaboration sociale, nous ne pourrions réaliser qu'une infime partie de nos potentiels. Chacun peut réaliser une trajectoire d'excellence parce qu'il peut compter sur les autres pour le libérer du reste.

Certains préconisaient d'abolir l'héritage pour favoriser l'égalité des chances : nous suggérons plutôt d'accorder positivement à chacun son héritage venu du travail passé des hommes, par le RC, héritage qui ne doit pas servir à enrichir une minorité ou accentuer les inégalités naturelles ou sociales.

L'égalité face aux biens de première nécessité est un moyen vers l'égale dignité des personnes: il ne peut y avoir sur ce point de citoyens de première classe et de deuxième classe. Par exemple, nous avons exprimé de grandes réticences face à la médecine à deux vitesses. L'homme vaut en soi et non seulement comme travailleur ou comme ustensile d'enrichissement d'une minorité. Il faut cesser de reproduire les inégalités héréditaires et les classes sociales. L'égale dignité implique l'égalité des chances et l'accès égal aux fonctions que crée notre mode de collaboration.

7 - Comment financer le revenu citoyen ?
Ce qui coûte cher c'est de laisser les talents en friche; c'est l'exclusion, la pauvreté. Mais le manque d'intelligence et de leadership politiques et la comptabilité gouvernementale archaïque (par exemple le calcul du PIB, dans lequel entrent les dégâts d’une " marée noire " ou d’une tempête) ne tiennent pas compte des coûts cachés provoqués par l'absence du traitement intelligent des problèmes d'exclusion d’aujourd'hui lesquels se traduiront par des coût réels décuplés dans les années futures. Il faut rompre avec l'image simpliste du gâteau à partager car l'élimination de la pauvreté, la fin de la précarité, l'éducation, la santé, le logement ont cette faculté de justement grossir le gâteau, si bien que tous auront plus en fin de compte. L'amélioration de la position des mal lotis n'implique pas nécessairement la détérioration de la position des bien nantis.

Le programme de revenu citoyen s'autofinancerait probablement, si on veut bien calculer correctement en soustrayant le coût des multiples programmes actuels qui seraient remplacés, les recettes fiscales découlant de l'activité économique supplémentaire (relance de la consommation) occasionnée par le revenu citoyen et les coûts indirects de l'exclusion . Il entraînera une hausse dans la demande de biens essentiels. Il permettra aussi une croissance remarquable des activités non marchandes qui ont une valeur économique certaine même si la comptabilité nationale ne les codifient pas comme du travail. Ferry parle du secteur quaternaire : des activités sociales de soutien, de formation, d'animation dans les domaines associatifs, communautaires et culturels, hors des secteurs de la grande production. Il faut aussi quantifier la valeur de la réduction de l'insécurité, de l'humiliation et de la souffrance qui l'accompagne.

8 - La dissociation du travail et du revenu.
La réduction du temps du travail est une réalité sociologique. L'humanité a toujours cherché à réduire le travail et elle y réussit très bien. Le chômage croissant est dissimulé sous le travail à temps partiel, temporaire, autonome. On entre plus tard sur le marché du travail et le nombre d’années de vie après la retraite augmente. Les emplois à temps partiel croissent plus vite que le salariat à temps plein. Le capital est propriétaire de la technologie et partage de moins en moins avec les travailleurs. Au Canada, 23% des chefs de famille pauvres ont travaillé, aux USA c'est 20% des travailleurs qui sont sous le seuil de pauvreté. Nous produisons plus que jamais avec de moins en moins de travail et nous persistons néanmoins à définir le travail rémunéré comme le seul mode d'accès aux biens (hors l'héritage et les revenus du capital). Heureusement, c'est un premier pas, en France on vient de voter la semaine de 35 heures malgré l'immense force de lobby du patronat.

Actuellement, il n'est plus nécessaire pour la plupart des gens de travailler à la production de biens d’existence. Si une minorité de moins de 20% de la population active peut produire ce genre de biens pour la population entière d'une société donnée, pourquoi ne pas trouver les moyens de redistribuer ces produits, ce qui assurerait la survie de tous. Une partie de la population reste dans l'insécurité quant aux biens premiers, car nous maintenons une structure d'insertion sociale et d'accès aux biens fondée sur un travail qui s'amenuise. La situation devient de plus en plus absurde car, d'une part les biens abondent et, d'autre part, le travail diminue. On continue de voir le travail comme le seul mode d'intégration sociale et d'accès aux biens. On continue aussi de lier certaines aides à la preuve de recherche d'un emploi.

Mais néanmoins, si 20% de la population peuvent produire les biens de première nécessité, ce ne sont pas les seuls biens nécessaires. Comme si seule existait la production de richesses !

Il reste tant à faire ! Pas seulement en Europe mais dans le monde entier. Bien sûr, tout ce qui reste à faire n’est pas directement rentable à court terme (sinon ce serait déjà fait) mais si, justement, nous avons réussi à limiter à 20% la main d’œuvre nécessaire à la production, c’est pour qu’on s’intéresse davantage à la personne humaine.

Quelques exemples:
-N’avons nous pas trop souvent des classes surpeuplées. Une augmentation du nombre d’enseignants ne permettrait-elle pas de réduire l’échec scolaire, d’apporter un surplus de compétence aux enfants …ce qui se traduirait à moyen ou long terme par une économie ou une amélioration des performances ?
-Les organismes publics comme la poste et les administrations d’une part, les commerces d’autre part sont-ils accessibles à ceux qui travaillent. Ne pourrait-on les dédoubler par un service d'horaires élargis qui permettrait d’éviter les files qu’on rencontre presque à toutes heures du jour et qui occasionnent du stress et de l’énervement ?
-Y a t-il une prise en charge suffisante des problèmes psychologiques et sociaux des gens ? Un travail de prévention ne devrait-il pas être réalisé par des intervenants sociaux ? Quand on connaît un peu les conséquences des problèmes que les gens rencontrent dans l’éducation, le suivi scolaire de leurs enfants, dans les méandres de l’administration, dans leur méconnaissance des lois, etc…on imagine aisément l’économie à long terme que permettrait l’affectation d’intervenants sociaux en nombre suffisant du point de vue des placements en institution évités, des impôts à percevoir plutôt que des allocations à pourvoir.
-Les personnes âgées ou moins valides n’ont-elles pas besoin de services qui n’existent pas à présent faute de rentabilité mais qui leur éviteraient des risques d’accident, d’agression et leur ouvriraient d’autres horizons ?
-Tous les livres sont-ils traduits en braille ?
-N’y a-t-il pas un travail énorme à réaliser dans les pays du Tiers-Monde? ?

9 – Objections et réponses
Objection 1: Les désirs de l'homme sont illimités et que la création de nouveaux produits et services maintiendra le travail comme pratique d'accès au revenu et aux biens.
Notre réponse: Cette logique conduit à une impasse, car les ressources de la Terre sont limitées et la multiplication de désirs de plus en plus marginaux ne répond pas au besoin de sens inscrit dans toute activité humaine.

Objection 2 : le RC désinciterait à travailler.
Notre réponse: Cet argument est réfuté par le fait que le revenu de travail se cumulerait au RC. Personne n'aura intérêt à demeurer inactif afin de recevoir ce minimum vital. Toutefois, le travailleur pourrait mieux refuser un travail dangereux, rébarbatif ou épuisant. Le RC confère une force de négociation aux travailleurs. C'est sans aussi une raison pour laquelle les lobby patronaux s'y opposent.
Mais aussi: le revenu citoyen sera favorable à la famille. Notre système économique équivaut à une guerre contre la famille et les enfants, dont les conséquences en terme d’inaptabilité à la société sont multiples. Muni du revenu citoyen, un conjoint pourra décider plus librement de rester au foyer pour s'occuper de ses enfants en bas âge.

Objection 3: La charge serait insupportable pour la collectivité.
Notre réponse: A notre sens, il faut tenir compte des gains de productivité phénoménaux qui vont intervenir dans les 40 années qui viennent (c'est la raison pour laquelle nous proposons une mise en application progressive), de la suppression des autres aides au fur et à mesure qu’un individu reçoit le RC, des arguments humanistes, etc.

Objection 4: Il y a injustice pour tous ceux qui ne rentrent pas dans le système (ceux qui sont nés trop tôt)
Notre réponse: Objection probablement juste. Peut être le mouvement pourra t'il être accéléré, en démarrant "aussi" par les personnes les plus âgées, ou en incluant, tous les ans, les 2 années de naissance suivantes..?
Mais aussi: d'une part, les non bénéficiaires de ce RC continuent de vivre suivant l'ancien système, et d'autre part, si on ne commence pas à appliquer cette idée et que l'on attende que tous, d'un bloc, puissent en être bénéficiaires, on risque de reporter une éventuelle application à l'éternité...

Bref, si l'on ne fait rien, il ne se passera rien!


Objection 5: L'un des problèmes est la "paresse naturelle" de l'homme et son égoïsme. L'homme, pour le moment, n'est pas, comme le pensait Rousseau, "naturellement" bon (et courageux). Il risque d'être insupportable, pour ceux qui travaillent, de voir une grande partie de la population se tourner les pouces. Outre le Quebec, cette idée du Revenu Citoyen revient aujourd'hui en RFA dans les milieux écolo-sociaux. Mais....elle est combattue aussi par Joschka Fischer, le ministre vert-social par excellence qui montre l'ex RDA et l'URSS du doigt et dit: "officiellement le Revenu Citoyen n'existait pas, mais en réalité c'est comme cela que la population s'était organisée et vivait. C'est ce qui a produit la défaite économique dans ces pays. Donc, attention!"
Nos réponses: Elles dépendent des sensibilités et de l'appréciation de chacun, et nous apportons deux réponse qui néanmoins se rejoignent.
1 - C'est vrai, l’objection est d’importance ; pour devenir "bon" et donc apporter "naturellement" sa part à la communauté, l'homme doit être (bien) éduqué. Tout commence donc par l'éducation où il faut créer chez l’enfant la notion d’humanisme envers l’autre. Mais, aujourd’hui, l’acquisition passe par un système de récompense en " biens matériels " (sucre, chocolat, ou argent!) ou punition. Le problème est donc de trouver une autre forme de récompense pour des actions positives envers " l’autre " et qui ne soit pas des biens matériels . Il faut obtenir que la " reconnaissance sociale " ne se fasse pas en comparaison avec la " position sociale " de l'autre (car actuellement, le but de l’éducation est souvent de former à " plus "; d’être plus malin, plus habile, plus fort, mieux s’en sortir, que le voisin … et non d’être meilleur, plus gentil, plus doux, plus respectueux, plus aidant). On arrive très vite à une notion " d'humanisme nécessaire " qui doit être inculqué dès le plus jeune âge.
2 – C'est faux: il est clair pour ne pas dire aveuglant que l’Homme est naturellement " bon " mais que la société l’empêche de le rester. En général, l’homme est sociable, quoiqu’un peu égoïste mais il est de plus en plus fréquemment sur la défensive. Un exemple sera plus parlant. Stéphane P. est un citoyen Belge qui remue ciel et terre pour tenter de sauver une petite Ougandaise qui a besoin de soins coûteux. Il se heurte à des institutions, même humanitaires, qui ne peuvent pas l’aider parce qu’elles n’ont pas le budget mais il est certain que si l’affaire pouvait être médiatisée, il trouverait les fonds nécessaires dans la population..

Supposons que vous ayez tout juste les moyens de donner une chance à la vie de cette petite fille et que vous les donniez. Vous voici avec un pouvoir d’achat quasi nul pour le restant de vos jours et un pouvoir d’action très limité. Vous serez au plus bas de l’échelle sociale et vous ne pourrez plus soutenir vos proches quand ils auront besoin de vous. Pis ! vous serez peut-être un jour à leur charge. Et quand vous croiserez dans la rue, descendant de sa Mercédès le temps d’entrer dans la banque, le trafiquant du coin, n’importe quel quidam verra en lui la personne digne de confiance ou du moins " à respecter " et en vous le clochard dont il vaut mieux s’éloigner avant qu’il ne mendie.

Et ce sera ainsi aussi longtemps que l’argent restera la seule valeur de référence conduisant au pouvoir d’achat. Le lien entre la position sociale et la reconnaissance sociale n’est pas le produit de l’éducation mais le résultat de la simple observation de la réalité laquelle est transmise par les parents dès le plus jeune âge. Ils souhaitent naturellement la réussite sociale de leurs enfants parce qu’ils veulent les voir heureux et les enfants perçoivent très bien les " valeurs " que ça recouvre.

C’est pourquoi il semble impossible de former des jeunes " plus doux, plus gentils, plus serviables" tout en conservant le système économique actuel. Veut-on créer des inadaptés sociaux ? Veut-on prévenir une probable révolution quand les maîtres du monde pousseront plus loin encore leur arrogante recherche du profit ? Veut-on tout simplement les rendre malheureux en les transformant en loosers, incapables d’affronter la concurrence des jeunes loups que certaines écoles privées ne manqueront pas de continuer à former ?

Qu’est-ce donc que l’éducation sinon le processus par lequel on adapte l’enfant à la société dans laquelle il devra évoluer ?

Il n’est pas cohérent d’élever des moutons pour les envoyer dans une forêt infestée de loups…sauf bien sûr si l’objectif est de nourrir les loups.

Objection 6 : Il faut néanmoins " imposer " une fonction productrice minimale à chaque bénéficiaire !
Notre réponse: Nous ne le pensons pas. Ce serait la négation même de l’idée du RC, dont l’attribution ne doit pas être soumise à conditions.

10 – Conclusion
Nous croyons donc profondément que le revenu citoyen constituerait un progrès. La dignité citoyenne consiste en la liberté de faire partager des idées et de tenter d'en faire une définition générale du bien à promouvoir collectivement.

Le système socio-économique actuel est basé sur une équation fausse et toute tentative pour en corriger les effets en aval de cette règle du jeu qui fait de l’argent la seule valeur de référence est vouée à l’échec ou provoquera des effets secondaires néfastes. Par exemple le boycott des articles produits grâce à l’exploitation de la main d’œuvre enfantine se traduira par une croissance de la prostitution enfantine. La solution correcte consiste à payer décemment le travail des parents, ce qui contrevient à la loi de l’offre et de la demande du système actuel.

Le revenu citoyen doit faire partie d'un nouveau programme politique Européen qui propose une alternative. Une alternative réaliste, car elle aurait des effets économiques positifs tout en favorisant l'égalité des chances et en réalisant le programme de la pauvreté zéro. Le revenu citoyen pourrait être un élément important des Constitutions européennes. Si nous mettons plus de justice dans l'ordre social, nous créerons des hommes plus justes et ce sont les autres qui nous imiteront.

Se pose enfin la question de l’accès au Revenu Citoyen dans les Pays "pauvres" ou les PVD.

AJH
mars 2000 - révision février 2006

Ajout au 6 juin 2000: Quel doit être le montant de ce RC ? Il semble évident que le coût de la vie et les "besoins" ne sont pas identiques partout à travers le monde. Mais: "Le RC doit permettre de vivre et de satisfaire tous les besoins de base. Il doit aussi satisfaire le confort moral minimum de telle manière à ce qu'aucun citoyen ne se sente rejeté ou humilié par l'absence d'un élément qui ne soit pas nécessairement considéré comme un besoin de base, mais qui, par son absence, pourrait lui donner le sentiment d'être marginalisé".

Il est aussi entendu que: "Le citoyen voudra, contre salaire ou autre rémunération qui s'ajoute dans tous les cas à ce RC, apporter ses capacités (par une activité justement rémunéré) à la société, laquelle rémunération lui permettra d'améliorer le confort dont il peut jouir, lui et les siens..."

Le RC ne doit donc pas se substituer à la juste rémunération d'une activité.

Créé par: AJH Dernière modification: Vendredi 22 de Mai, 2009 12:08:00 CEST par AJH


Dernières modifications

  1. Appel à référendum
  2. Sortir de l'UE
  3. Organisation Politique1
  4. NecroCarburants
  5. NouvelleOMC
  6. Malheur et austérité
  7. EMS
  8. Accueil
  9. Actu-Euro
  10. Actu-Societales
  11. Sortie de l'euro
  12. Actu-Politiques
  13. Actu-Eco
  14. Monnaie - durable
  15. 10 mensonges
  16. Les petites phrases
  17. Glass-Steagall Act
  18. Motion NDA à l'A.N.
  19. Changer de Paradigme
  20. Editos2010
  21. Retraites
  22. ChristianGomez
  23. Desobeissance europeenne
  24. Argent, dettes et banques
  25. Stochocratie et argent
  26. 100% money
  27. TrenteAnsPerdus
  28. Vous ne pourrez pas dire
  29. Editos2009
  30. Argent mode d'emploi
  31. Arnaque
  32. droit de création monétaire
  33. Arnaque dette 2
  34. Lettre Deputes
  35. Ecosocietalisme1
  36. Arnaque dette
  37. Sortir de la crise
  38. Promouvoir La Havane
  39. La verite sur la dette
  40. DettePublique
  41. SaviezVous3-USA
  42. Grand Emprunt
  43. Monnaie et dette
  44. Impots et taxes
  45. DebatVGE
  46. Revenu Citoyen
  47. Crise et monnaie
  48. EMS-4p
  49. Petition Services Publics
  50. TirageAuSort
  51. Popullulation
  52. SitesAmis
  53. Procès Citoyen
  54. Plan Fisher
  55. Fiction sortie UE
  56. Elections Europeennes
  57. CreationMonetaire2
  58. RevenuExistence
  59. UserPagembdl
  60. PouvoirsParlementEuropéen
  61. Manifeste 3M
  62. SaviezVous2
  63. PageDutrieux
  64. ChangerDeParadigme
  65. PageADED
  66. Madagascar
  67. UserPageAJH
  68. Allais Fiscalité
  69. Proposition Robertson
  70. Bugs
  71. Ecosocietalisme0
  72. Sommaire_ES
  73. Investissement Public
  74. Editos2008
  75. Jeanneney
  76. MoneyAsDebt
  77. MedicamentsGeneriques
  78. DettePublique.org
  79. AN_YvesCochet
  80. J-G_Bardet
  81. Ecosocietalisme4
  82. PETITION
  83. Definitions
  84. Echeancier
  85. LogementEco
  86. FaceCachee
  87. Freemen
  88. Projet Ecoocivique
  89. Projet Ecoocivique p1
  90. Projet Ecoocivique p5
  91. Projet Ecoocivique p4
  92. Projet Ecoocivique p3
  93. Projet Ecoocivique p2
  94. CreationMonetaire
  95. FAQ2
  96. VideoJutier
  97. Subventions
  98. La Dette Publique
  99. EcologieDeMarche
  100. Gap 130608
  101. Un Regard Citoyen
  102. Cage Mentale
  103. Agregats monetaires
  104. Editos2004
  105. Editos2007
  106. Editos2006
  107. Editos2005
  108. TVA-Sociale
  109. AuCommencement
  110. FichesPratiques
  111. Sand Box
  112. Votre profil
  113. EtSiJetais
  114. ProblemesEtSolutions
  115. EcrireUnePageWiki
  116. Virus15Mai
  117. Dialogue
  118. Manipulation
  119. FauxAmi
  120. Ultraliberalisme2
  121. Ultraliberalisme3
  122. VulgarisationBLF
  123. Discours ENA
  124. Marjolaine AJH
  125. Welcome_EN
  126. RevenuOption1
  127. MonnaiesSoc
  128. Objectif2007
  129. YakaFaucon
  130. CactusDansLeSlip
  131. AllaisSecession
  132. Mutation Silencieuse
  133. Le Dogme Economique
  134. TransverselEcoute
  135. DerniereMinute
  136. Ecosocietalisme9-FAQ
  137. Ecosocietalisme10
  138. AppeldeNDA
  139. CoupDeMarteau
  140. BdF-BCE-SBCE
  141. Souv_Alimentaire
  142. RCetTVA
  143. Petitions
  144. Bip40
  145. PieceDeTheatre
  146. Desencombrement
  147. PetitPrince
  148. SaviezVous
  149. FinGratuite
  150. Cuba
  151. CombienCaCoute
  152. Fin de largent
  153. Notre Cri
  154. Alliance
  155. E-dons
  156. ComprendreMarx
  157. NonAuReferendum
  158. SeSouvenir
  159. InformatiqueCoop
  160. SystemeDeTroc
  161. PIPetStructures
  162. PIP
  163. Association ACS
  164. ComparatifCoopSel
  165. Viol politique
  166. Traite Simplifie
  167. Similitudes
  168. Demembrement
  169. Monnaie et Souverainete
  170. Lettre a Sarkozy
  171. LesAutruches
  172. MonnaiePublique
  173. RevenuCitoyen2
  174. RevenuCitoyen1
  175. TSC
  176. Evolutions du Societalisme
  177. Vouloir le pouvoir
  178. DiversSEL
  179. Societalisme
  180. PouvoirEtSavoir
  181. Actions
  182. Surveillance
  183. PlanMedia
  184. CharteGraph
  185. SyntSites
  186. OrgaArbo
  187. Forfaiture
  188. EMS-18points
  189. UtopieRealisable3
  190. UtopieRealisable2
  191. UtopieRealisable1
  192. ActuelPIB
  193. CorinneLepage
  194. Pacte N Hulot
  195. Scenarii2050
  196. Energie2
  197. Energie1
  198. EnergieJancovici
  199. MoraleRealiste
  200. MiseEnOeuvre
  201. Charte
  202. EcoMonetarisme2
  203. EcoMonetarisme1
  204. EcoMonetarisme0
  205. Idees Fausses
  206. CoutDuProgramme
  207. PageVIDAL
  208. Parti Vivant
  209. PageCHOUARD
  210. Manifeste CIPMF
  211. Comparatif
  212. Le NAIRU
  213. PageLUIGI
  214. PageDL
  215. Richesses
  216. TitanicOuMetamorphose
  217. Hyperliberalisme
  218. Tueur-a-gage
  219. FONAES
  220. FauxMonnayeurs
  221. DicoSocietal
  222. QuelJeuDeC
  223. Non Monsieur Fillon
  224. CerveauxDisponibles
  225. Etat-Dette-Monnaie
  226. PatrickViveret
  227. QuitterOMC
  228. AccordTacite
  229. FiscaliteEmploi
  230. Monnaie Nationale
  231. Allais
  232. FracturesSociales
  233. CharteLaHavane
  234. BailEmphytheotique
  235. Ecosocietalisme3
  236. Ecosocietalisme2
  237. Ecosocietalisme8
  238. Ecosocietalisme7
  239. Ecosocietalisme6
  240. Ecosocietalisme5
  241. BankingQuotes
  242. Postulats
  243. DossierAImprimer
  244. Tracts
  245. Vulgarisations
  246. Abondance
  247. Resume
  248. Ultraliberalisme1
  249. Agissons
  250. HomePage
...plus
Utilise Tikiwiki Utilise PHP Utilise Smarty Utilise ADOdb Utilise CSS Utilise RDF
Syndication RSS Wiki