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Luigi Chiavarini (Bruxelles)
Plusieurs articles de Luigi Chiavarini, sur Agoravox ou sur son blog, sont "décapants" . Avec son autorisation, j'en recopie ici quelques uns.
Luigi Chiavarini est professeur d’économie et de finance auprès d’Investa Euronext à Bruxelles http://www.investa-bourse.be .Un des objectifs est de donner les clés d’analyses de l’économie afin d’en décrypter les mécanismes pour mieux les maîtriser. Rédige des analyses (dont certaines sont à votre disposition sur le Blog : http://investor.over-blog.com ) et enfin webmaster de http://www.investor.be.cx


Table des matières





Quelles sont les perspectives suggérées par l’évolution de la démographie dans les 50 prochaines années ?

http://investor.over-blog.com/article-1605934.html


Les conséquences du vieillissement et de la dénatalité de la population sur le système de santé, sur les services sociaux et sur les pensions inquiètent nos gouvernements depuis quelques années. Mais quels sont les enjeux sociaux, politiques et économiques soulevés par la perspective d'une population dont le taux de renouvellement est décroissant?

Ainsi, à l’horizon 2050, l’Asie compterait selon l’ONU 5,2 milliards d’habitants (soit 1,4 milliards de plus qu’aujourd’hui); l’Afrique, 1,8 milliards (soit un accroissement de près d’un milliard) ; l’Amérique latine, 768 millions (contre 543 aujourd’hui) ; l’Amérique u Nord, 448 millions (soit un gonflement de 122 millions d’habitants). Isolée, l’Europe perdrait près de 95 millions d’habitants, passant de 726 millions, aujourd’hui, à 632 millions en 2050. A l’échelle continentale, seule l’Europe connaîtrait donc un déclin démographique. L’Asie? resterait le continent le plus peuplé, puisqu’elle devrait alors compter 58 % de l’humanité, l’Inde passant devant la Chine comme le pays le plus peuplé avec quelque 1,5 milliards d’habitants. Paradoxalement l’accroissement significatif du poids des retraités dans l’OCDE, consécutif de l’allongement de l’espérance de vie et de l’arrivée à la retraite des générations du baby-boom, intervient simultanément avec l’accroissement rapide des effectifs d’actifs jeunes dans les pays à bas revenus, résultant de leur entrée dans la transition démographique. Cette situation, unique dans l’histoire moderne, offre une fenêtre d’opportunité pour l’économie mondiale: les excédents d’épargne des pays riches, accumulés par les générations précédentes et/ou constitués dans un but de retraite, pourraient financer l’équipement des nombreux jeunes actifs des pays en développement. Ces complémentarités peuvent ainsi être un puissant facteur de rattrapage des pays émergents et une alternative au manque de potentiel de croissance dans les pays occidentaux.

La bonne nouvelle est que la planète reste suffisamment grande pour héberger l’humanité, il est prévu que la population mondiale atteigne son maximum en 2065 (1] avec 9 à 10 milliards d’habitants et ce, après avoir connu une explosion sans précédent ces cents dernières années (Figure 1) , l’autre nouvelle est qu’il va falloir que les organisations humaines s’articulent par rapport à un modèle où la logique de croissance illimitée ne sera plus de mise.


Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité :

  • quatre générations issues d’une même famille sont susceptibles de se connaître. Ce phénomène ne sera pas sans conséquence sur la redéfinition de la solidarité intergénérationnelle,

  • les hommes et les femmes d’une génération, celles des baby boomers, ont les connaissances et les moyens financiers pour vaincre la pauvreté sur la Terre et plus encore de décider de la pérennité de l’espèce humaine à l’horizon de la fin de ce siècle.

Les pays développés (2]

Selon des données empiriques, les baby-boomers (né entre 1946 et 1966) ont l’intention de continuer à dépenser leur argent en vieillissant. Nous constatons que, contrairement aux générations précédentes qui adoptaient un train de vie plus modeste et vendaient leurs maisons à l’approche de la retraite, de nombreux baby-boomers âgés de plus de 50 ans achètent des propriétés plus luxueuses ou des résidences secondaires et contractent de nouveaux emprunts hypothécaires. Le niveau élevé de leur revenu disponible entraîne en outre la création de nouveaux marchés et l’élargissement des marchés existants. Ainsi, ils représentaient 44 % de la clientèle en chirurgie esthétique en 2001, et ils ont fait grimper à 10,6 millions le nombre de clients des navires de croisière en 2004, alors qu’il n’était que de 4,5 millions en 1990. La demande en loisirs et en produits de luxe, haut de gamme (besoin de valorisation de soi) va progresser rapidement au fur et à mesure de l’arrivée des baby boomers qui ont atteint 50-65 ans. Il est par ailleurs très évocateur de mettre en perspective la pyramide des âges avec la pyramide des besoins de Maslow afin de définir les marchés à hauts potentiels de croissance. Ces mêmes clés d’analyses permettent de définir le profil social type des baby-boomers qui pourrait se caractériser par les adjectifs suivants : recherche de la sécurité, résistance au changement, corporatisme, protectionnisme, conservatisme politique, gérontocratie, laxisme moral, xénophobie, syndrome de peter pan, jeunisme.

D’un point de vue organisation des sociétés, il est probable et souhaitable qu’un modèle de gestion d’entreprise basé sur le pilotage par les clients se substitue à l’actuel fondé sur la satisfaction de l’actionnaire et surtout de ses intermédiaires. L’écoute et la réactivité face à la demande, haut de gamme, du client implique un service personnalisé en temps réel, le respect de ces exigences n’est pas compatible avec un modèle directif opérant du haut vers le bas. Ce nouveau modèle pourra amener à considérer le profit comme un moyen et non comme une finalité, à défaut de cette approche l’économie de marché pourrait développer des tendances suicidaires.

En terme d’emploi les secteurs porteurs seront : les services de proximités conseillers en gestion patrimoniale, infirmiers, aides soignants, personnels d’entretiens, techniciens de maintenance, personnels de maison de retraite…, les services nécessitant une expertises de plus en plus pointues informaticiens, cadres commerciaux multiculturels, légistes international, chercheurs … et enfin des nouveaux métiers issus des recherches en nanotechnologie, robotique, biotechnologie, cybernétique, physique/chimie quantique et moléculaire. En revanche, certains métiers devraient continuer à décliner comme celui d’ouvriers non qualifiés de la mécanique, du textile du cuir et du bois.

Le monde agricole Européen devrait lui aussi être touché d’autant plus que les récents accords de l’OMC ont planifié d’abolir les subsides de la communauté à l’horizon 2013. L’avenir des baby-boomers, généralement radieux, est assombri à deux égards : l’incertitude quant à la pérennité des pensions de l’État, et la croissance des coûts des soins de santé. En 2040, les soins de santé devraient monopoliser 40 % de toutes les recettes fiscales. Le tableau se complique en outre par le fait que, à mesure que les rangs des baby-boomers à la retraite grossiront, le nombre de travailleurs contribuables diminuera. Cette situation laisse les gouvernements devant des choix difficiles : couper dans les investissements, augmenter les impôts ou enregistrer des déficits. Macroéconomiquement il faut s’attendre à une inflation faible, voire proche de la désinflation car la structure "amphorique" (figure 2) de nos pyramides d’ages invite à conclure qu’il n’y aura probablement pas d’excès de demande par rapport à la capacité de l’offre, au contraire la déferlante des produits discounts, venu des pays émergents, continuera à orienter vers le bas l’indice des prix.

Toutefois, ce raisonnement doit être pondéré par le risque d’augmentation qui subsiste quant à l’évolution des prix des matières premières et par l’accroissement sournois des dépenses forcées des ménages (loyer, services financiers, téléphone, emprunts, eau, électricité, chauffage, taxes). Ces paramètres associés à celui de l’évolution du prix de l’immobilier justifieront probablement les prochaines remontées des taux directeurs qui pèseront sur le budget des ménages ayant souscrit un emprunt à taux révisable. Enfin, en termes d’allocation d’actif, une stratégie d’investissement sans risque pourrait consister à surpondérer les obligations d’entreprises de haute qualité, les titres à revenu fixe et miser sur les nouveaux producteurs dans les pays avec une croissance à 2 chiffres, d’autre part en matière d’immobilier de rapport il s’avérerait judicieux de vendre l’essentiel de ceux-ci avant que la pénurie de demande et la baisse des loyers ne surviennent dans un horizon de 4 à 8 ans.

Les pays en développements

Le vieillissement de la population ainsi que les perspectives économiques des pays occidentaux vont de pair avec un autre phénomène: l’émergence de nouveaux partenaires (et rivaux) économiques puissants comme l’Inde, la Chine et le Brésil. Leur essor a déjà provoqué de profonds bouleversements. La quantité de produits de consommation fabriqués à bon marché en Chine puis exportés en occident est telle qu’ils contribuent à contenir l’inflation causée par l’augmentation des matières premières et des dépenses forcées.

Cependant, la relation démographique entre l’Occident et les marchés émergents ne se limite pas aux activités de fabrication. Comme le taux de fécondité dans la plupart des pays occidentaux est maintenant inférieur au seuil de renouvellement des générations, à savoir 2,1 enfants par femme, il faut accueillir davantage d’immigrants qualifiés. Par exemple, déjà 22 % de tous les Indiens diplômés en sciences infirmières se trouvent un emploi à l’étranger. Pendant ce temps, des sociétés occidentales donnent certaines activités en infogérance dans des pays comme l’Inde, où le secteur de la haute technologie s’enrichit de 70 000 emplois par an. Aux portes de l'Europe, des réservoirs de populations très jeunes se pressent et atteindront dans vingt ans, 100 millions pour la Turquie, 100 millions pour le Maghreb et 100 millions pour l'Égypte, sans parler de l’Europe de l'Est et du continent asiatique aux réserves inépuisables. L’efficacité de leurs intégrations sera directement corrélée à notre volonté de les aider à accroître leur niveau de formation et d’employabilité. Enfin il serait indécent de passer sous silence que près de 20% de la population des pays en développement, dont un africain sur trois, souffrent de sous-alimentation et, si toute chose restent égales, ce désastre s’amplifiera.

Par ailleurs, parallèlement à la masse importante de population, l’explosion économique de la Chine et bientôt de l’Inde auront pour conséquence un accroissement phénoménal de la consommation de ces pays-continent dès lors que se passera-t-il s’ils se mettent à consommer autant que les américains aujourd’hui ? La réponse est simple : la planète ne pourra soutenir le rythme et s’étouffera. Heureusement, à peu près tout ce dont nous avons besoin pour construire une économie compatible avec ce progrès est déjà fait dans plusieurs pays. Par exemple les fermes éoliennes en Europe, les toits solaires au Japon, la reforestation en Corée du Sud, les moyens de transports non-polluants. Ne manque qu'un ingrédient de taille : la volonté politique. Reste à espérer que les décideurs de Davos entendront l'urgence. Il est important de comprendre qu’une économie d’abondance et de gaspillage basée sur l’utilisation de l’énergie fossile comme carburant, la voiture comme moyen de locomotion personnelle et des consommateurs du prêt-à-jeter ne pourra plus continuer si nous voulons assurer la pérennité de l’espèce.

Quelles conclusions en tirer?

Le caractère inéluctable de l’évolution démographique influera sur le marché dans plusieurs secteurs, notamment ceux, des services financiers, de l’immobilier, des soins de santé et de l’exploitation et transformation des matières premières.

En matière d’immobilier de rapport l’effet conjoint d’un retournement de l’équilibre de l’offre et de la demande en faveur de la demande et de la baisse du pouvoir d’achat des générations plus jeunes, le marché de la location subira des pressions importantes à la baisse.
L’un des secteurs clés est celui de la mise au point de nouveaux médicaments qui réduiront l’incidence de maladies communes, notamment les maladies cardiaques. Ainsi, la Grande-Bretagne? a récemment autorisé la vente sans ordonnance d’un nouveau groupe de médicaments hypocholestérolémiants, dans l’espoir d’économiser des fonds publics en réduisant la fréquence des crises cardiaques parmi la population.

La technologie jouera également un rôle clé, étant donné que les gouvernements et les entreprises font davantage appel à celle-ci pour accroître la productivité malgré le vieillissement de la main-d’œuvre. Rien d’étonnant à ce que le Japon, dont la population est l’une des plus âgées du monde, soit le pays qui a installé le plus de robots en usine. De surcroît, des sociétés comme Microsoft ont instauré des programmes visant à mettre au point de nouveaux produits informatiques qui aideront les employés vieillissants à continuer à travailler efficacement. Les Baby Boomers vont travailler jusqu'à un âge avancé, soit jusqu'à 65 et 70 ans, tout simplement parce qu'ils ne sont pas toujours prêts financièrement à prendre leur retraite mais aussi parce qu'ils aiment travailler. La conjoncture démographique fera en sorte qu'ils seront recherchés par les employeurs mais ils exigeront en contrepartie une grande flexibilité dans leur travail. Leurs enfants "la génération des enfants Roi" en demandent déjà. Allons-nous bientôt vivre dans une société de loisir où le travail devient lui aussi un loisir?

Les innovations technologiques vont également bouleverser notre vie quotidienne comme par exemple : vivre jusqu'à 120 ans grâce à la DHEA, regarder la télévision sur un écran fin comme du papier et s'éclairer sans le moindre fil électrique, bénéficier d'une transfusion de sang artificiel, dormir les fenêtres ouvertes sans bruit grâce aux inverseurs de fréquence, faire le plein de carburant d'hydrogène liquide. Recourir à une greffe de cerveau pour augmenter ses connaissances, prendre ses vacances dans le cosmos, se faire opérer à distance, avoir sa pharmacie dans le corps, utiliser le clonage thérapeutique, se faire assister par un robot "humanoïde". Non, ces innovations ne relèvent pas de la science-fiction ! Nombre d'entre elles sont déjà au point, sur le plan théorique tout au moins.

De part le conflit d’intérêt du à la structure de la pyramide des âges, le modèle des pensions par répartition et la solidarité mutualiste et syndicale intergénérationnelle va être mise à rude épreuve dans les prochaines années pour faire place à des formes d’engagements plus corporatiste, associatif et/ou intrafamilial.

La démographie fait présager également des changements majeurs dans nos habitudes de vie confortables et ce à l’horizon 2010 . Ces ajustements pourraient s’apparenter à ceux que nos aïeux ont du consentir lors de la grande récession, à la différence contemporaine majeure de l’existence des phénomènes conjoints de libéralisation et de mondialisation de l’économie qui traduisent l’unité fondamentale de la société humaine et qui pourront nous permettre d’intégrer un réseau mondial gagnant/gagnant, assurant la prospérité du plus grand nombre cette intuition étant d’autant plus probable que l’humanité aura atteint sa vitesse de croisière d’ici 50 ans, ce qui laisse envisager un équilibre durable de l’organisation sociale et politique qui gouvernera ,espérons le démocratiquement, la planète mondialisée et arrivée à son maximum de population humaine. Si l’avenir de la population mondiale pose donc de nombreuses questions, il reste une certitude : les hommes sont en voie de maîtriser la croissance de leur population. Mais pour vivre convenablement à 10 milliards nos élus politiques doivent avoir le courage de prendre, dès maintenant, des décisions veillant à mieux gérer les ressources de la planète et à les partager de façon plus équitable. Il est irresponsable voire suicidaire de croire que seules les vertus rééquilibrantes du marché pourront redonner un sens durable à une croissance mieux répartie et plus respectueuses de l’environnement. À long terme, la survie de l’espèce humaine dépend autant sinon plus de la façon dont les hommes vivront que de leur nombre. Et bien que "à long terme nous serons tous morts", comme l’ironisait le célèbre économiste John Maynard Keynes, l’analyse de l’évolution démographique, tel un radar, nous permet d’ébaucher une carte de l’avenir, sachons en faire bon usage afin de manoeuvrer proactivement le paquebot "Terre" pour éviter les écueils et emprunter une route viable pour l’humanité. Il appartient à notre génération, celle des "Baby Boomer", d’évaluer la gravité de situation et de l’urgence des réponses à y apporter pour faire en sorte que la vie puisse continuer sur la planète dans un horizon de 100 ans au plus.


01/01/2006
Luigi Chiavarini (3]




1. Source : Investor’s Business Daily, 22/4/2004, recherche : Nations Unies.
2. Pays ayant un indice de développement humain supérieur ou égal à 0,8 : cela concerne 53 pays.
3. Professeur d’économie et de finance auprès d’INVESTA et International Account Director GETRONICS,




Notre modèle financier est, par essence, voué à disparaître


Pourquoi notre système économique et financier, basé sur le papier-monnaie comme vecteur et le dollar comme dictateur, est-il voué à se transformer, voire à disparaître?

La fonction principale de la finance est d’assurer le transfert de la (nos) « valeur/s » dans le temps.

En réalité, la finance ne fait que vendre, contre de la monnaie (qui, elle, donne droit à jouir immédiatement d’une part de la richesse produite aujourd’hui), un « droit » sur une part de la richesse qui sera produite dans le futur. Et elle organise, jusqu’à leur échéance, la revente de ces droits, leur circulation. Ces droits sur la richesse future ne sont en réalité que des promesses. Et une promesse n’engage que celui ou celle qui y croit. Rien, absolument rien, ne permet en effet d’en faire des droits sûrs, qui seront honorés quoi qu’il arrive dans le futur. Pour que notre « système » économico-financier basé sur une logique capitaliste « économie de marché » continue de fonctionner, nous sommes condamnés à faire confiance à ses acteurs, à leurs capacités à assumer la fonction principale : « la promesse de transférer la richesse dans le temps », et à croître afin d’augmenter, à travers le temps, la valeur de cette richesse, quoi qu’il arrive. En effet, les deux piliers du temple capitaliste sont la confiance et la croissance. Si l’un deux vient à faillir, d’une façon durable, tout l’édifice s’écroule.

Après avoir défini l’objectif et les enjeux de cette partie, expliquons-en les règles : l’économie, c’est assez compliqué, c’est plein de poudre aux yeux et d’idéologie, et le quidam - à qui on n’a jamais appris comment ça fonctionne - ne peut que s’attarder à dénoncer (exercice parfaitement vain...) des symptômes visibles comme les inégalités, le sous-emploi, la lourdeur de la réglementation, les faillites, la volatilité des marchés, le « twin deficit », les fraudes, etc. Alors, on englobe tout ça dans le "système", sorte de grosse bestiole mythologique à l’ADN indéchiffrable, grâce auquel vit un microcosme impénétrable de fonctions à haute-valeur-inutile synthétisées sous le vocable ésotérique : la finance de l’économie de marché.

Pourtant, ce n’est pas si compliqué. En fait, la première chose à constater est que la fin du système est inscrite dans la logique même du système : le jeu de Monopoly a une fin. Et notre système économique (qui est fort différent du Monopoly) a aussi une fin.
Et, deuxièmement, que l’origine des symptômes réside exclusivement dans le système de papier-monnaie qui régit le monde actuellement.

En bref, le seul problème économique, comme dirait mon épicière, c’est l’argent.

La manière la plus pédagogique d’expliquer le fonctionnement d’un système est de jouer à un petit jeu. Appelons-le le « jeu de C. »,

D’abord le jeu à 2.

Vous, vous êtes le banquier central, et votre ami Alan est votre client. En tant que banquier central, vous émettez des billets de banque de la seule monnaie dont vous autorisiez la circulation : par exemple, vous appelez votre monnaie l’UJC (unité du jeu de C). L’UJC, comme l’euro ou le dollar, ne sont bien sûr le substitut d’aucune richesse réelle.

Sur votre photocopieuse, vous fabriquez donc 100 billets de 1 UJC, que vous prêtez à Alan pour une durée de 1 an, à un taux d’intérêt de 5% l’an. Après 1 an, Alan doit donc vous rembourser 105 billets de 1 UJC.

La fausse monnaie étant interdite dans le jeu, à votre avis, comment Alan fera-t-il pour trouver les 5 billets manquants ?
Car les 5 billets des intérêts, eh bien, ils n’existent pas. Dès la première minute du jeu, Alan est déjà insolvable : même s’il offre tous ses biens en échange des billets manquants, il ne les trouvera pas, puisqu’ils n’existent pas.
La seule manière pour qu’Alan puisse rembourser est que vous remettiez votre photocopieuse en route afin de lui prêter les 5 billets qui manquent. Naturellement, vous prêtez ces 5 billets toujours à du 5% l’an. Et s’il vous remet, cette année-là, les 105 billets, il n’y a plus aucun billet en circulation, alors qu’Alan a toujours une dette de 5 unités. Les intérêts continueront donc à courir à l’infini. Et chaque année, vous serez obligé d’émettre de nouveaux billets que vous prêterez à Alan, billets qu’il utilisera pour vous payer les intérêts échus. La dette d’Alan s’accroîtra donc à l’infini (en théorie du moins : car lorsqu’Alan dira : "Ce jeu est trop con, j’arrête de jouer", alors le jeu s’effondrera).
Voilà : si vous avez compris ça, vous avez déjà compris l’essentiel du fonctionnement du papier-monnaie, et, partant, de notre système économique.

Maintenant, le jeu à 3.

Vous êtes toujours le banquier central. Vous prêtez 100 billets de 1 UJC à Alan et 100 billets de 1 UJC à Jean- Claude.

Jean- Claude et Alan doivent chacun vous rembourser 105 UJC à la fin de l’année. Et le problème est toujours le même : il n’y a que 200 UJC en circulation.
Et c’est ici que les choses deviennent intéressantes, et mériteraient une petite caméra-espion comme dans le loft : afin de pouvoir rembourser 105 billets à la fin de l’année, Alan va tenter de soutirer des billets à Jean-Claude?, et inversement. De la sorte, s’il est le plus malin (ou s’il est armé), Alan sera solvable, mais pas Jean- Claude.

Le système n’est ainsi conçu que pour pouvoir rembourser, il ne sert à rien ni de travailler, ni de produire des richesses : la seule manière de continuer le jeu est de prendre - d’une manière ou d’une autre - de l’argent chez les autres.

Dans un jeu plus élaboré, où tout le monde est contraint par les milices de fonctionnaires armés de participer, le jeu peut ainsi se poursuivre pendant des décennies. Et plus le temps passe, plus l’insolvabilité globale augmente, et plus les gens auront tendance à utiliser tous les moyens (et la violence notamment) pour tenter, individuellement, de surnager.

On notera que deux risques surgissent à cette occasion :
(1) toujours le risque qu’Alan dise : "Je ne joue plus", c’est-à-dire qu’il refuse de continuer à travailler, à inventer et à entreprendre dans ces conditions, et
(2) le risque que la violence ainsi générée entre individus finisse par se retourner contre le système.

Et c’est à contenir ces deux risques que sert l’Etat.

Pour contenir le premier risque, l’Etat impose son monopole sur la monnaie, et fait voter, année après année, des lois de plus en plus répressives censées interdire toute autre forme d’échange.

Et pour contenir le deuxième, l’Etat a pris pour rôle d’être la "réserve" de la dette : plutôt que de laisser s’endetter outre mesure directement les individus (ce qui aurait provoqué un chaos tel que le système serait par terre depuis longtemps), l’Etat s’endette lui-même au nom des individus. Ce faisant, l’Etat fait coup double : il sert de "vase d’expansion" à la dette globale (ce qui limite, comme dans un circuit de chauffage, la surpression des individus), tout en s’assurant le financement des indispensables capacités répressives afin, d’une part, de maintenir tout le monde dans le bocal fermé du système (il s’agit bien d’un système autarcique), et d’autre part, de pouvoir pomper les richesses produites par les citoyens.

L’Etat?, (sur)endetté, tente parallèlement de maintenir un bon "rating" de sa dette, c’est-à-dire la capacité de pouvoir emprunter à des taux pas trop élevés. Le "rating" de chaque Etat est attribué par des agences de notation internationales, qui notent la capacité de l’Etat à honorer le paiement des intérêts de sa dette.

Comme le système n’est pas stable (vu l’inéluctable endettement, toujours croissant), les Etats se voient contraints de renforcer leur pouvoir afin de maintenir le rating de leur dette à un niveau raisonnable.

Mais l’exemple japonais (rating A2 depuis peu) montre qu’il y a néanmoins une chose qu’aucun Etat ne pourra jamais faire : c’est contraindre les gens à s’enthousiasmer pour le surendettement, à continuer à inventer et à donner le meilleur d’eux-mêmes pour cela. En URSS, le ressort s’est cassé pour de bon dès les premières purges. Au Japon, il s’est cassé voici plus de dix ans. Et maintenant, c’est à notre tour, d’abord les USA, et ensuite les Européens.

Avant d’inventer le Jeu de C., nous jouions à un jeu moins virtuel car, alors, la monnaie était le substitut d’une richesse physique disponible en quantité limitée (or, immobilier, actions, pétrole, oeuvres d’art, etc.), il n’y avait aucun problème de solvabilité (et aucun besoin d’un monopole quelconque !), puisque les richesses étaient produites (ou extraites) par le travail.

Par exemple, si votre monnaie est un substitut de l’or, et si vous prêtez, de fait, l’équivalent monnaie de 100 grammes d’or à Alan, il suffit pour Alan (directement ou indirectement) de se retrousser les manches et de trouver chaque année 5 grammes d’or dans le sol, qu’il vous remet, que vous stockez dans votre coffre, et que vous utilisez comme garantie pour émettre de nouveaux billets (ou vous pouvez aussi inverser l’ordre, et faire rentrer les billets correspondant aux intérêts dans le circuit via des achats à la mine d’or).

A l’origine, l’intérêt représentait naturellement le prix du renoncement de la jouissance immédiate d’un bien par un prêteur. Quelle est la justification de l’intérêt que demandent la BCE ou la FED ou les autres banques centrales pour l’émission, non contrôlée, de leur papier-monnaie (qui n’a rien d’une richesse !), à part l’intérêt bien compris de certains à perpétuer le Jeu de C ?

A ce sujet, voici une belle prémonition, celle du père du financier Warren Buffet, Howard Buffet, qui était membre du Congrès US en 1948. Il disait, lors d’une intervention prophétique : “Human Freedom Rests on Gold Redeemable Money” http://www.fame.org/PDF/buffet3.pdf

En voici un extrait :

« En raison de la puissance économique des Etats-Unis?, cela peut prendre du temps jusqu’à ce qu’on arrive à la fin de l’expérience du papier-monnaie. Mais quand ce jour viendra, notre gouvernement trouvera certainement qu’il est plus sage de faire une guerre à l’étranger que d’engager un débat dans le pays. C’est ce qu’ont fait Hitler et d’autres dirigeants.
Si l’on veut sauvegarder la liberté humaine, il n’y a pas de défi plus important que de gagner le combat pour la réintroduction d’une monnaie honnête, c’est-à-dire convertible en or. C’est le seul moyen d’être sûr que les fruits de notre travail nous resteront. »

Enfin, et c’est probablement la menace la plus importante à laquelle nous, Européens, devons réagir : il est urgent de constater que l’actuelle Convention européenne, dans son article III-77, risque de constitutionnaliser l’indépendance (la dictature) de la BCE et donc son pouvoir monopolistique incontrôlé.
En effet, l’indépendance de la BCE à l’égard des gouvernements et des élus, et la mission unique qui lui est assignée- la stabilité des prix - risquent d’être constitutionnalisées. Aucune autorité ne peut sanctionner la BCE, aucune majorité ne peut la contrôler. Rien n’est dit sur l’harmonisation et la coordination budgétaires. Elle n’a même pas, dans l’énoncé de son objectif, la mission d’assurer la croissance et l’emploi, contrairement à la FED qui, pour sauvegarder sa croissance, recourt à la stratégie de reflation. Son seul objectif, la lutte contre (ou le maintien de) l’inflation. Accepter cette convention en l’état, ce serait mettre en péril, hypothéquer le bien-être des générations futures d’Européens. En tant qu’investisseur averti, nous nous devons de faire preuve de responsabilité citoyenne en mettant en avant ce danger d’autodestruction auprès de nos représentants politiques.

Bis repetita, une guerre à financer, des déficits abyssaux, un pétrole cher, des taux d’intérêts très bas, l’or à la hausse , cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose ? Bien sûr, nous sommes dans les mêmes circonstances qu’en 1971 , l’année qui, entre autres évènements importants, a vu définitivement s’évanouir les accords de Bretton Woods (convertibilité du $ en or).

Le miroir de l’histoire lui renverra-t-elle le négatif de son image ? Quoi qu’il en soit, nous sommes à la veille d’un changement majeur dans les règles du « jeu de C. »

Rendez service à nos contemporains, distribuez cet article, car il n’y a rien de plus absurde que de participer à un jeu duquel on ne connaît pas les règles !

Vous l’aurez compris :
• Notre système financier n’est pas éternel parce qu’il est fondé sur des concepts manipulables et virtuels, alors que seule la valorisation de nos richesses à partir d’un étalon physique présent en quantité mesurable et limitée (rare) sur notre planète peut rendre pérenne la transmission de la (notre) richesse dans le temps.
• Notre système financier n’est pas éternel parce qu’il est issu du commerce des promesses, et une promesse n’engage que celui ou celle qui y croit, rarement celui ou celle qui l’a faite.
• Notre système n’est pas définitif parce qu’il est fondé sur un postulat simple : l’entreprise doit être dirigée dans le seul intérêt de ses actionnaires, qui se confond insidieusement avec celui de ses dirigeants.
• Notre système financier n’est pas durable parce que, comme il est condamné à croître, nous nous apprêtons à léguer aux générations à venir des dettes financières majeures et des pénuries matérielles irréversibles.
Tout se passe comme si le présent était notre seul avenir. Dès lors, pourquoi transférer nos richesses dans le temps ? Ne serait-il pas préférable de transférer nos valeurs, celles qui font que la vie vaut d’être partagée et vécue ?




Le fabuleux destin de l’économie à court terme justifierait-il le précaire destin de la planète ?



Au XVIIe siècle, les économistes pensaient que la richesse ne pouvait être augmentée, il est vrai qu’il aura fallu 6000 ans depuis la première civilisation économiquement organisées, celle des Sumériens, pour que la machine à produire de la croissance démarre. Mais une fois lancée (en 1785, découverte de la machine à vapeur), l’économie mondiale a réalisé des prouesses. Production, échanges, pollution, démographie… tout a explosé ou presque. Voici quelques données éloquentes qui tentent à prouver que nous sommes une génération de nantis en sursis qui ne s’en rend pas toujours compte.


Mais avant, nous voudrions vous parler de la précarité d’un homme pourtant très puissant. Il n’avait pas de télévision, pas de DVD, de IPOD, de radio, de voiture pas même une vieille mobylette rouillée. Il dormait sous un toit, certes, mais dans un immeuble de banlieue puant et glacé, sans électricité et dépourvu d’eau courante. Pour ses besoins ? Un seau. Pour ses enfants malades ? Aucun médicament. Presque pas de livres et jamais de cinéma. Et avec ça aucune assurance, ni allocation familiale, ni CPAS, ni chômage, ni assistance : un pur scandale social. Son espérance de vie ? 33 ans au plus. Quel prolétaire occidental accepterait de vivre aujourd’hui dans d’aussi sordides conditions et avec si peu d’espoir de s’en sortir ? Aucun, évidemment. En son temps, pourtant, ce misérable n’était pas le plus à plaindre : il s’appelait Louis XIV. Et oui tout est relatif, au début du XVIIIe siècle l’homme le plus riche du monde, installé sur le trône d’un des pays les plus puissants de l’univers, était plus pauvre que le quidam contemporain. L’image est forte mais elle donne la mesure de l’éclat du feu d’artifice de croissance qui illumine la planète depuis deux cents ans et qui nous permet d’être aujourd’hui 20 fois plus à l’aise que les sujets de son temps.

Pendant des millénaires les courbes étaient comme la Belgique : pratiquement plates. Ni croissance, ni progrès, ni expansion démographique et puis, il y a un peu plus de 200 ans, les compteurs de l’économie mondiale se sont subitement affolés. 5000% d’augmentation du PIB, 800% de hausse de revenu par habitant, 500% de croissance de la population et tout est l’avenant. Nous sommes en moyenne six fois plus riches que nos grands parents.

Nos arrières arrières Grands Parents vivaient dans un monde ou l’on travaillait deux fois plus et sans congé ni couverture sociale, ou l’on produisait 30 fois moins, ou l’agriculture employait 75% de la population Européenne (5% aujourd’hui), ou l’espérance de vie se traînait aux environs de 50 ans, ou le monde comptait dix fois moins d’habitants. D’un point de vue purement financier, si l'on prend en compte l'inflation, le rendement annuel composé de la Bourse américaine, depuis 1802, a été de 7% exactement. En ne considérant pas l'inflation, le rendement annuel moyen de la Bourse a été de 10,2%. En termes de moyen de locomotion s’il fallait 9 jours de diligence en 1750 pour aller de Bruxelles à Venise il ne faut aujourd’hui qu’une heure quinze de vol. Dans un autre registre, le libéralisme et le système financier capitaliste permet aujourd’hui à tous nos contemporains occidentaux d’avoir le droit et l’accès à la propriété individuelle tandis que le socialisme ébauche les solidarités sociales. Et ceci sous la tutelle d’un système politique basé sur la représentativité des avis de chacun : la démocratie représentative.


Nous aurions matière à nous réjouir, mais toute médaille a son revers.


Dans le même temps, les inégalités entre les grandes régions ce sont creusées. En 1820, un Africain était trois fois moin riche qu’un Américain ou Européen. Il est aujourd’hui 20 fois moins bien loti. Le bien être des occidentaux attise tragiquement la ferveur religieuse orientale creusant chaque jour un peu plus le fossé Nord/Sud. Le fabuleux essor de l’économie mondiale se solde également en émission de gaz carbonique (100 fois plus qu’en 1800), déforestation (30 % des forêts de la planète ont disparu), disparition d’espèces animales et épuisement des ressources fossiles et halieutiques.

La croissance de la population (et donc de cerveaux et de consommateurs) à été le principal moteur de ce phénomène de croissance exponentielle soutenue par le rythme rapide des découvertes majeures (le gouvernail d’Etambot, la machine à vapeur, le chemin de fer, l’électricité, l’atome, le semi conducteur, Internet…)

Et pourtant à la dimension de l’univers ce fabuleux destin humain reste insignifiant bien que paradoxalement déterminant pour la pérennité de la vie sur Terre, jugez en :

Prenons les six journées de la Genèse pour représenter ce qui, en fait, s'est passé en quatre milliards d'années. Une journée égale donc environ 660 millions d'années. Notre planète est née le lundi à zéro heure. Lundi, mardi, et mercredi jusqu'à midi, la terre se forme. La vie commence mercredi à midi et se développe dans toute sa beauté organique pendant les trois jours suivants. Samedi après-midi, à quatre heures, les grands reptiles apparaissent. Cinq heures plus tard, à neuf heures du soir, lorsque les séquoias sortent de terre, les grands reptiles disparaissent. L'homme n'apparaît qu'à minuit moins trois minutes. L’an 0 de notre ère naît à un quart de seconde avant minuit. A un quarantième de seconde avant minuit, commence la révolution industrielle et la croissance effrénée avec ce qu’elle entraîne en termes de destruction et d’entropie...Il est maintenant minuit, samedi soir, et nous sommes entourés de gens qui croient que ce qu'ils font depuis un quarantième de seconde peut continuer indéfiniment.

Il est illusoire, voire suicidaire, de croire que nous pourrons croître à l’infini sur une planète qui dispose de ressources en quantité finie. Préservons Gaia (2] afin que ce fabuleux patrimoine de bien être puisse être transmis aux générations futures. La solution est simple : ralentir la machine à consommer, éviter les gaspillages, faire appel aux énergies renouvelable, rien de bien difficile en somme. Par exemple, l’application de ces trois principes permettrait à une famille standart (2 adultes, 2 enfants) de diminuer sa consommation de 130 KWh/m²/an à moins de 15 KWh/m²/an (3] soit 8 fois moins d’énergie par habitation par an. Sachant qu’il y a +/- 4.4 millions de ménages en Belgique, vivant en moyenne dans 100m², cela représenterait une économie de 50.600 millions de KWh par an. Soit 506.000 tonnes (4] de CO2 en moins par an dans l’atmosphère et an moins 1600 € d’épargne4 en moyenne par famille par an. Cela est évocateur n’est ce pas ? Il est remarquable de constater que nous accordons vraiment de l’importance aux choses dès lors quelles sont mesurable et mesurée. Dans ce contexte, puisse le Royaume du Bhoutan (5] être le précurseur de notre nouvel étalon de mesure de la croissance et de la pérennité : le BNB (Bonheur National Brut).

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(1] Professeur d’économie et de finance auprès d’INVESTA et International Account Director GETRONICS,

(2] Dans la mythologie grecque, Gaïa (aussi connue sous les noms Gè, Gaéa ou Gaia) est une déesse identifiée à la Terre-Mère?.

(3] Source : La maison économe / Jean-Christian? Lhomme

(4] Nous prenons 0.1kg de CO2 par kWh économisé (http://www.ademe.fr/outils/) et 0.13c par kWh non consommé.

(5] Cet état mesure le bonheur individuel de chaque citoyen BNB plutôt que le PNB. Il prend en compte pour cela quatre facteurs : le développement socio-économique durable et équitable, la préservation de l'environnement, la protection du patrimoine culturel et la bonne gouvernance.




Le capitalisme profite impunément des carences de régulations de la mondialisation aux dépends des salariés


De toute évidence, la mondialisation économique est allée plus vite que la mondialisation politique, et les effets économiques de la mondialisation plus vite que notre aptitude à la comprendre, à l’orienter et à gérer ses conséquences par des processus politiques.

Qu’est-ce que le capitalisme ? Essayons d’en démonter la logique.

Le capitalisme, c’est l’exploitation du travail collectif à des fins d’enrichissement personnel sous l’alibi de la mise à disposition des moyens de productions, aussi appelés capital.

Le libéralisme définit l’ensemble des conditions nécessaires à la mise en œuvre du capitalisme.

Les piliers du libéralisme économique sont la libre circulation des capitaux, des marchandises, des services et de la main-d’œuvre. Il est communément admis qu’entraver une de ces quatre libertés aurait pour conséquence de sombrer dans le protectionnisme, c’est-à-dire le nationalisme , la xénophobie mais ce sont des idées reçues , un conditionnement d’esprit que l’on pourrait déconstruire en remettant à l’ordre du jour la Charte de La Havane (2] qui proposait , à la sortie de la guerre, une autre façon d’organiser le commerce international fondé sur la coopération « Chaque Etat achète autant que l’autre lui vend, leurs balances des paiements doivent être en équilibre sauf s’ils en décident autrement d’un commun accord », plutôt que sur la concurrence et le libre-échange. La mondialisation correspond à ceci : financer là où les capitaux sont le moins chers, produire là où les coûts sont le plus bas, et vendre là où est le marché est le plus « consommateur » et où les profits sont le plus élevés. En fait, la mondialisation réorganise le travail à l’échelle planétaire grâce au libre-échange sans en réguler les conditions.


Pourtant, qualifier le processus de mondialisation des activités économiques de « libéral » est une erreur. Parce que le libéralisme n’est pas un système entendu comme une organisation économique et sociale concrète, mais relève du domaine des idées. L’erreur est d’autant plus regrettable que le libéralisme présente deux facettes distinctes, quoique liées entre elles. Le libéralisme est une philosophie politique qui met l’individu libre au centre de sa problématique. C’est aussi une doctrine économique qui elle-même contient deux volets. Le premier est une justification du capitalisme fondée sur le fait que la propriété privée serait un droit naturel - et non pas circonstanciel et lié à une société particulière, datée historiquement - et qu’ainsi la recherche de l’intérêt individuel conduirait au bien-être général. Il en découle un discours normatif sur ce capitalisme, qui constitue le second volet du libéralisme économique : la régulation de la société doit se faire par le libre jeu des mécanismes de marché, hors de toute intervention publique. Et c’est là que le jeu est faussé.


Le libéralisme authentique vise, au contraire, à élargir l’autonomie réelle de chacun et ses possibilités de développement personnel dans un cadre sociétal plus juste (dont l’Etat est garant) en coupant l’omelette politique sur les deux bords : l’ultra capitalisme in- égalitariste et monopoliste d’un côté, et le social-étatisme totalitaire de l’autre, qui sont deux ennemis des libertés concrètes de tous les citoyens et qui, nous le savons, peuvent tout à fait fusionner, comme dans certains pays d’Extrême -Orient, avec les conséquences despotiques qui en découlent. Dans ce contexte, la démocratie n’est pas une fin en soi, mais le moyen de la liberté.


Il serait possible d’arrêter cette tendance, nous l’avons évoqué. Il faudrait réintroduire de la régulation, mais au niveau international, il n’y a pas de structure pour cela, ni la volonté d’en avoir, et le niveau national a été court-circuité en Europe par une UE sans légitimité constitutionnelle.


Tout cela s’achèvera par un soulèvement général, sauf si d’aucuns prennent conscience du changement fondamental de la dimension espace/temps auquel nous tous sommes confrontés depuis l’avènement des moyens de communications, de la rapidité des moyens de transport, des standardisations techniques et réglementaires multiples rendant par ces faits la planète virtuellement plus petite. Ce changement d’échelle nous oblige à raisonner macroscopiquement, et à nous organiser en conséquence, d’où la nécessité urgente de régulations sociales, écologiques, économiques, financières et politiques équilibrées et concertées interculturellement et planétairement.


A défaut de réaliser cette gouvernance démocratique mondiale, le postulat de Rothschild Brothers restera valable pour très longtemps encore : “Les rares personnes qui comprendront le système seront soit si intéressées par ses profits, soit si dépendantes de ses largesses qu’il n’y aura pas d’opposition à craindre de cette classe-là ! La grande masse des gens, mentalement incapables de comprendre les immenses intérêts en jeu, en supportera le poids sans se plaindre !" (3]

++++++++++++++++++

(1] Luigi Chiavarini, professeur d’économie et finance auprès d’INVESTA et International Account Director GETRONICS.


(2] Cette charte est signée le 24 mars 1948 mais elle n’est pas ratifiée par le Congrès américain ce qui eut pour conséquence la création de l’OMC.


(3] Rothschild Brothers of London, communiqué aux associés à New York 25 juin 1863



Créé par: AJH Dernière modification: Mardi 06 de Mai, 2008 10:49:00 CEST par AJH


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